- "Alien3" : premier bousin difficile pour Finchouille, qui a pas forcément commencé par le plus facile. Et même si le film a obligatoirement souffert de son development hell burné, même s'il souffre de quelques longueurs et maladresses flagrantes, pour un premier essai faut quand même admettre que c'est tout sauf déshonorant. Formellement ça bute déjà pas mal, et Fincher revient surtout aux sources, en s'éloignant de la surenchère bourrine entamée par Big Jim pour retâter du survival spatial quasi "intimiste" à l'instar du Scott. Une semi réussite donc, même si le lascar en sort grandi. 4/6
- "Se7en" : en 1995 il met tout le monde d'accord par contre... Son deuxième essai est juste ahurissant de maîtrise formelle, le tout soutenu par un scénar en or et des acteurs en état de grâce (avec un très léger bémol pour Pitt, un peu trop en force par moment, m'enfin je chipote là). Pas grand chose à dire sur "Se7en" tellement tout flirte avec la perfection, si ce n'est qu'il est sans doute le plus grand triller des 90's, ni plus ni moins. 6/6
- "The Game" : l'idée d'enchainer sur un autre thriller après "Se7en" est sans doute le point le plus handicapant pour ce "The Game", qui va inévitablement souffrir de la comparaison. La faute à un scénar des plus bancals essentiellement. Mais j'avoue que si j'ai eu tendance à facepalmer vénère lorsque je l'avais découvert au cinéma à sa sortie, j'ai eu tendance à le revoir à la hausse à chaque vision. OK y a vraiment des phases WTF qui méritent un méchant blam, la fin notamment, mais je sais pas, j'aime le concept et l'ambiance du bousin, Douglas et Penn, la beauté glacée et troublante d'Hunger, etc etc... Un de mes pêchers mignons made in Fincher quoi...
- "Fight Club" : sans doute vexé par l'accueil plus que tiédasse réservé à son précédent bousin, Fincher revient en force pour la fin de siècle avec une bombe qui va marquer toute une génération de cinéphiles... Enragé, puéril, jouissif, basique, profond, cathartique, gay, ludique ou dément, chacun son adjectif, chacun son "Fight Club". Le film marque un tournant évident dans la carrière de Fincher, qui semble avoir atteint ici un paroxysme dans ce cinoche graphique et écorché qui rythmait jusque là sa filmo. L'éternel grand ado terrible "vendeur de basket" arrive au terme de sa crise d'ado. La fin d'une époque. Mais la ptain d'sa mère quelle fin !!! 6/6
- "Panic Room" : retour au thriller burné en 2002, et même si la forme demeure époustouflante, on sent que la flamme n'y est plus, et que Fincher se fait prendre à son propre jeu. A trop vouloir épater la galerie avec des mouvements de caméra inouïs, il en délaisse le fond, avec un scénar-concept un peu trop étriqué et un manque d'âme avéré. Sans être désagréable, le film déçoit, à juste titre, surtout après la claque "Fight Club". Mais Fincher saura en tirer les enseigements pour faire rebondir sa carrière vers de nouveaux défis. 2/6
- "Zodiac" : encore un thriller, avec une trame finalement très proche de celle d'un "Se7en", mais l'école a changé. Ici la forme s'efface derrière le fond, et les prouesses visuelles derrière une mise en scène posée, solide et mature, et on parvient à se passionner devant ce travail de reconstitution rigoureux et à la précision horlogère, que d'aucun aurait rendue pénible et indigeste. La masse d'informations pourtant considérable passe comme une lettre à la poste, et cet anti-"Se7en" finirait presque par égaler son négatif. Surtout avec des acteurs de la trempe de Downey Jr., Ruffalo ou Gyllenhaal, cette enquête pharaonique a définitivement un délicieux goût de "reviens-y". Qui l'eut cru. 5/6
- "L'Étrange Histoire de Benjamin Button" : on sent que Fincher voulait transformer l'essai de "Zodiac", en réalisant ce faux conte fantastique / vrai mélo familial, dont l'académisme baveux n'a d'égal que son absence absolue de cœur. Un comble. Et même si Pitt livre là sa meilleure presta de l'époque, que Blanchett irradie tous les plans de sa beauté intemporelle, et que certains SFX deviendraient presque "dérangeants" de par leur réalisme confondant, la sauce ne prend jamais vraiment, et on se retrouve devant une vitrine technique certes impressionnante, mais complètement désincarnée. Dommage. 2/6
- "The Social Network" : celui-là, j'avais autant envie de le voir que le trou de balle de Maïté. Et pourtant. Comme à son habitude, Fincher semble réussir pleinement un film sur deux, et ce biopic sur un personnage dont je me contrefous comme de ma première chemise a su me passionner de bout en bout. On retrouve la réal (apparemment) simple et limpide de "Zodiac", mais Fincher fait toujours des progrès. Il livre ici une démonstration désarmante, tant toute sa mise en scène fleure bon l'évidence et la perfection. Il prouve ainsi qu'une réal d'orfèvre peut rendre n'importe quelle histoire fascinante, même le destin d'un jeune geek fadasse et arriviste. Une leçon. 5/6
- "Millenium" : je n'aimais déjà pas spécialement la version suédoise. Il n'y aura pas de miracle avec celle-ci. Niveau réal l'adaptation gagne au change bien sûr, et c'est rien de l'écrire, pour le reste rien n'est moins sûr. Craig assure le steak tranquillement, mais malgré tous ses efforts, Mara peine à faire oublier Rapace, et au final Fincher n'a pas grand chose à dire de plus. Une simple mise à jour "sexy" du bousin suédois, rien de plus. 3/6
Donc en gros : Finchouille c'est la Vie.

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