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L'Empire du Soleil - Steven Spielberg (1987)


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13 réponses sur ce sujet

#1 jigsaw

jigsaw

    Gremlins

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Posté 04 December 2010 - 19:25 PM

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Le 8 décembre 1941, James Graham, un jeune britannique, se trouve à Shanghai, en territoire occupé par l'armée impériale japonaise, avec sa famille, le jour où l'empire du Japon, ayant envahi la Chine depuis 1937, déclare la guerre aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

Séparé de ses parents et emmené dans un camp de prisonniers, le jeune garçon va transformer sa détention en aventure, se rendant indispensable à tous.

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Considéré par une majorité de la critique comme un cinéaste commercial et marchand de divertissements sans substances, Steven Spielberg est, depuis quelques années (disons à partir de La Liste de Schindler, sorti en 1993), relativement reconsidéré. On reconnait au réalisateur une volonté d’aborder des sujets sérieux et à connotation historique comme l’esclavage (Amistad), la seconde guerre mondiale (Schindler, Il Faut Sauver le Soldat Ryan) le conflit israélo palestinien (Munich) mais aussi d’autres sujets plus contemporains liés à un certain 11 septembre 2001 : l’obsession du tout sécuritaire et la corruption étatique (Minority Report) ou la peur de l’anéantissement (La Guerre des Mondes)…

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On reconnait que le cinéaste que l’on a trop vite considéré comme un amuseur public a mûri. Le raccourci apparaît très peu judicieux si l’on se remémore avec exactitude la carrière de Spielberg : Sugarland Express (1974), contait la fuite d’un jeune couple marginal déterminé à retrouver leur enfant qui leur a été retiré par une famille d’accueil. Bien que ne manquant pas d’humour, le film était tiré d’un fait divers tragique et ne faisait aucune concession quant à ce dernier.

La Couleur Pourpre en 1985 constitue pour le réalisateur de Cincinnati sa première approche d’un sujet historique : la condition des noirs dans le sud des Etats Unis des années 1900. Suscitant la polémique (la critique considéra choquant qu’un réalisateur juif et blanc adapte le roman d’une femme noire sur un tel sujet !), le film n’est pas inoubliable mais constitue un essai qui sera transformé deux ans plus tard et qui donnera naissance à un chef d’œuvre : Empire du Soleil.

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Se déroulant lors d’une période historique que l’on retrouve régulièrement dans la filmographie du réalisateur (la seconde guerre mondiale), le film adopte le point de vue d’un enfant de bonne famille arrogant et mal élevé qui s’adaptera à l’horreur de la guerre et en sortira traumatisé à jamais.

Le premier plan du film symbolise clairement le propos du film : un cercueil laissant apparaitre un cadavre vogue sur l’eau au son de la berceuse galloise traditionnelle Suo Gan. Ce lien entre la berceuse pleine d’illusions et de réconfort et la réalité crue de la mort trouvera son point d’ancrage dans le personnage de James. Ce jeune garçon fera son apprentissage de la vie sans parents mais par le biais de Basie, un américain roublard et cynique, le long d’un parcours physique et psychologique semé d’embûches qui fera connaitre à James la faim, la mort et la vie des vaincus. Lui qui était nanti s’adaptera à vivre de l’autre coté de la barrière sociale.

James parvient à s’y accommoder mais aura toujours des problèmes d’adaptation. Sa passion pour l’aviation militaire manquera souvent de lui faire perdre pied avec la réalité mais sa quête d’héroïsme lui apportera un sens de la débrouille et une ténacité essentielles à la survie en milieu hostile. Le jeune garçon pourrait être un double du réalisateur qui hurle ici son admiration d’enfant les aviateurs comme on le voit dans une magnifique scène où James salue les kamikazes sur l'une des plus belles partitions de John Williams.

Le point de vue choisi par Spielberg qui nous fait autant côtoyer la fantaisie que le sordide donne un film atypique dans la carrière du réalisateur et aussi dérangé que son personnage principal. Sans être moralisateur, n’épargne rien à son héros et au spectateur. Malgré un final apaisant le héros semble porter à jamais les stigmates de ses mésaventures qui l’auront marqué à jamais. Comme pour démontrer que Spielberg était capable de porter à l’écran des sujets adultes et cohérents sans concessions hollywoodiennes (le gosse en a bavé !).

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Ce choc, cette rupture entre l’innocence de l’enfance et du cynisme du passage (trop) prématuré à l’âge adulte constitue l’essai transformé de Spielberg après La Couleur Pourpre. Radical et désabusé, Empire du Soleil est aussi une rupture dans la carrière de Spielberg. Bien qu’abordant dans la suite de sa carrière des sujets ambitieux, aucun ne sera aussi dérangeant que le parcours de James Graham car les personnages principaux de Schindler, de Ryan ou Munich seront avant tout des adultes donc des êtres déjà conscients de la crudité du monde.

#2 Nicholas Angel

Nicholas Angel

    JarJar

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Posté 04 December 2010 - 19:43 PM

Dans mon top 3 des musiques de film.

#3 Pierru

Pierru

    Japoniais

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Posté 06 December 2010 - 23:16 PM

Et pour ceux qui auraient pas reconnu le mouflet sur les photos, c'est Christian Bale.
(après, sa voix aura beaucoup muée. Voir Batman pour plus d'infos)

Moi aussi je garde un très bon souvenir de la zique, mais un peu moins du film par contre.

J'avais un peu (de mémoire) la sensation que le gamin en avait pas grand chose à foutre de ce qui l'entoure, qu'il évoluait dans ces camps, en plein milieu de la guerre, comme un electron libre mais un brin nihiliste (ou je-m’en-foutiste, au choix).
Au final, c'est l'empathie pour le perso principal qui n'avait pas pris du tout pour moi. Alors pour rentrer dans le film quand on a constamment envie que le gamin se fasse buter, c'est ptet pas l'approche comme Spielberg l'aurait pensé ou voulu.

Du coup, c'était raté pour apprécier.

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#4 FRANK2009

FRANK2009

    Wookie

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Posté 04 April 2012 - 23:05 PM

Alors pour rentrer dans le film quand on a constamment envie que le gamin se fasse buter, c'est ptet pas l'approche comme Spielberg l'aurait pensé ou voulu.

Du coup, c'était raté pour apprécier.



Freddy Krueger sors de ce corps !!!
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#5 Nosfé

Nosfé

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 05 April 2012 - 09:38 AM

Pour le coup, je suis assez d'accord avec Pierru. Le film ne manque pas d'ampleur ni de morceau de bravoure, la représentation qu'il a de la guerre est assez méchante, mais on a le sentiment que le môme, à garder sa fascination pour ces engins de mort que sont les avions, à évolué dans son camp de prisonniers comme si il s'agissait d'un parc d'attraction (déplacements filmés avec emphase par Spielby), est complétement déconnecté de la réalité, s'invente son univers et ses jeux pour survivre dans ce monde en guerre. Et Spielby de lui donner raison à ce voiler ainsi la face.
Bref, sans vouloir le voir crever à chaque plan, on peine à suivre ce môme, à s'attacher à lui, et finalement à croire à cette histoire (aussi vrai soit-elle, puisque adapté du bouquin semi-autobiographie de James Ballard).
Dans la série "môme face à la guerre", c'est à 1000 coudés en dessous de Come and See

#6 dj fest

dj fest

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 05 April 2012 - 10:13 AM

on a le sentiment que le môme, à garder sa fascination pour ces engins de mort que sont les avions, à évolué dans son camp de prisonniers comme si il s'agissait d'un parc d'attraction (déplacements filmés avec emphase par Spielby), est complétement déconnecté de la réalité, s'invente son univers et ses jeux pour survivre dans ce monde en guerre.

Je suis d'accord avec ça...

Et Spielby de lui donner raison à ce voiler ainsi la face.

... Mais pas avec ça.
Mourir, c'est pour les idiots.

Charlie Sheen

#7 Ace Rothstein

Ace Rothstein

    JarJar

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Posté 07 April 2012 - 17:28 PM

Très beau film de Spielberg pour ma part mais pourtant assez méconnu dans sa vaste filmo, qui est peut-être mon favori chez lui (j'ai du le remater un bon paquet de fois) et que je range aux côtés de AI qui lui ressemble pas mal, car il arrive à être démesuré et intime à la fois. Puis j'éprouve beaucoup d'attachement aux films qui utilisent le point de vue de l'enfance pour traiter de sujets difficiles, comme ici la guerre, montrée sans fard et sans naiveté.

Rien que pour ça total respect, monsieur Spielberg ! :)

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#8 Gutburger

Gutburger

    Je suis un grand fan de FFX

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Posté 01 May 2012 - 12:16 PM

Pour le coup, je suis assez d'accord avec Pierru. Le film ne manque pas d'ampleur ni de morceau de bravoure, la représentation qu'il a de la guerre est assez méchante, mais on a le sentiment que le môme, à garder sa fascination pour ces engins de mort que sont les avions, à évolué dans son camp de prisonniers comme si il s'agissait d'un parc d'attraction (déplacements filmés avec emphase par Spielby), est complétement déconnecté de la réalité, s'invente son univers et ses jeux pour survivre dans ce monde en guerre.


J'avais un peu (de mémoire) la sensation que le gamin en avait pas grand chose à foutre de ce qui l'entoure, qu'il évoluait dans ces camps, en plein milieu de la guerre, comme un electron libre mais un brin nihiliste (ou je-m’en-foutiste, au choix).


Bah c'est un peu le sujet du film, la Guerre vu par les yeux d'un gamin.
Ce gamin qui n'a aucun sentiment nationaliste (quand le doc lui dit qu'il est Anglais, il lui répond qu'il n'y est jamais allé...), il est juste fasciné par les avions, qu'ils soient Japonais ou Américain, peut lui importe. Comme si la violence de la Guerre était tellement absurde et insensé qu'elle n'était pas perceptible par un enfant, qui lui continue de rêver lorsqu'il voit des avions. Il continuera jusqu'à la fin à les voir comme des objets fascinant, synonyme de liberté et non d'engin de mort. Je trouve ça très beau le fait que la Guerre ne lui a pas ôté toute son innocence et cela en partie grâce à la passion que ce gamin voua pour les avions.
Spielberg aussi, était fascinait par les avions de Guerre étant gamin, je pense que lorsqu'il prit conscience de leur bute premier, ça a dû lui faire bizarre. La fin de l'innocence quoi, et dans son film le gamin arrive jusqu'au bout à garder cette part de rêve.

Bref, un excellent film pour moi.
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#9 palplathune

palplathune

    Leprechaun

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Posté 01 May 2012 - 18:08 PM

Bah c'est un peu le sujet du film, la Guerre vu par les yeux d'un gamin.
Ce gamin qui n'a aucun sentiment nationaliste (quand le doc lui dit qu'il est Anglais, il lui répond qu'il n'y est jamais allé...), il est juste fasciné par les avions, qu'ils soient Japonais ou Américain, peut lui importe. Comme si la violence de la Guerre était tellement absurde et insensé qu'elle n'était pas perceptible par un enfant, qui lui continue de rêver lorsqu'il voit des avions. Il continuera jusqu'à la fin à les voir comme des objets fascinant, synonyme de liberté et non d'engin de mort. Je trouve ça très beau le fait que la Guerre ne lui a pas ôté toute son innocence et cela en partie grâce à la passion que ce gamin voua pour les avions.
Spielberg aussi, était fascinait par les avions de Guerre étant gamin, je pense que lorsqu'il prit conscience de leur bute premier, ça a dû lui faire bizarre. La fin de l'innocence quoi, et dans son film le gamin arrive jusqu'au bout à garder cette part de rêve.


Ca confine à de l'autisme à ce niveau.

Qu'il garde une part de rêve par rapport aux avions et au sentiment de liberté qu'ils procurent, pourquoi pas. Mais, vu le contexte dans lequel il évolue, il faut avoir de méchants blocages psychologiques pour ne pas faire l'association avec la guerre et ses conséquences dramatiques. Pour faire dans l'analogie, c'est comme si un professeur fasicné par les atomes faisait éclater (ou voyait) une bombe atomique exploser et s'extasierait sur la beauté de la chose sans se préoccuper des conséquences. On dirait qu'il a un grain. L'enfance a bon dos ici. Etre capable de combiner ces deux orientations (amour des avions/réalisation de leur aspect négatif et de l'horreur de la guerre de manière plus générale) serait une évolution nettement plus intéressante pour le personnage, plus adulte et plus crédible AMHA. A moins que Spielberg souhaite évoquer l'autisme à travers son film mais j'en doute...

Si on compare à Come And See, L'Empire du Soleil est loin derrière. Mais je trouve qu'une comparaison plus appropriée peut se faire avec le Hope and Glory de John Boorman qui ne tombe justement pas dans les travers du film de Spielberg.

#10 Gutburger

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Posté 01 May 2012 - 19:52 PM

Bah c'est un peu le sujet du film, la Guerre vu par les yeux d'un gamin.
Ce gamin qui n'a aucun sentiment nationaliste (quand le doc lui dit qu'il est Anglais, il lui répond qu'il n'y est jamais allé...), il est juste fasciné par les avions, qu'ils soient Japonais ou Américain, peut lui importe. Comme si la violence de la Guerre était tellement absurde et insensé qu'elle n'était pas perceptible par un enfant, qui lui continue de rêver lorsqu'il voit des avions. Il continuera jusqu'à la fin à les voir comme des objets fascinant, synonyme de liberté et non d'engin de mort. Je trouve ça très beau le fait que la Guerre ne lui a pas ôté toute son innocence et cela en partie grâce à la passion que ce gamin voua pour les avions.
Spielberg aussi, était fascinait par les avions de Guerre étant gamin, je pense que lorsqu'il prit conscience de leur bute premier, ça a dû lui faire bizarre. La fin de l'innocence quoi, et dans son film le gamin arrive jusqu'au bout à garder cette part de rêve.


Ca confine à de l'autisme à ce niveau.

Qu'il garde une part de rêve par rapport aux avions et au sentiment de liberté qu'ils procurent, pourquoi pas. Mais, vu le contexte dans lequel il évolue, il faut avoir de méchants blocages psychologiques pour ne pas faire l'association avec la guerre et ses conséquences dramatiques. Pour faire dans l'analogie, c'est comme si un professeur fasicné par les atomes faisait éclater (ou voyait) une bombe atomique exploser et s'extasierait sur la beauté de la chose sans se préoccuper des conséquences. On dirait qu'il a un grain. L'enfance a bon dos ici. Etre capable de combiner ces deux orientations (amour des avions/réalisation de leur aspect négatif et de l'horreur de la guerre de manière plus générale) serait une évolution nettement plus intéressante pour le personnage, plus adulte et plus crédible AMHA. A moins que Spielberg souhaite évoquer l'autisme à travers son film mais j'en doute...


Mmmmmmmmh... C'est une vision un peu terre à terre, à mon avis. C'est comme dire qu'Ofelia dans Le Labyrinthe de Pan est autiste et folle, avec ses histoires de faune et de crapaud. C'est balayer d'un revers l'aspect "poétique" pour ne garder que le réel et le concret de la chose. Évidement que dans la vraie vie n'importe quel gamin en aurait plus rien à foutre des avions s'il crevait de faim. Tu parles de la bombe atomiqe, mais lorsque celle d'Hiroshima explose, James (qui est à plus de 1000 kilomètres) pense que la lumière blanche dans le ciel est en fait l'âme de la femme qui meure dans ses bras au même moment. Là aussi si on ne garde pas la porté symbolique de la scène, on peut se dire que ce gamin est complètement con.
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#11 palplathune

palplathune

    Leprechaun

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Posté 01 May 2012 - 21:48 PM

C'est une question d'équilibre. L'exemple que tu donnes ne me choque pas. Mais le film pêche à mon avis par un excès de cette "veine poétique". Ca nuit à la portée qu'il pourrait avoir. Encore une fois, au risque de me répéter, je conseille la vision de Hope and Glory pour comparaison.

Et évidemment qu'Ofélia est une tarée :mrgreen:

#12 Gutburger

Gutburger

    Je suis un grand fan de FFX

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Posté 01 May 2012 - 23:05 PM

Mais je ne pense pas que James se voile la face non plus hein. Il sait très bien les dégâts que peuvent faire ces avions. Mais il s'accroche jusqu'au bout à ce qu'ils représentent pour lui. Comme si c'était les seuls vestiges qui lui restaient de son cocon d'enfance. Je trouve que l'équilibre est parfait, puisque le film reste quand même cru et pas aseptisé, on a comme une double vision, celle du gamin (que nous montre Spielberg) et celle qu'on a nous, avec nos yeux d'adulte et qu'on interprétera pas comme James.
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#13 Nérodiaman

Nérodiaman

    Ghoulies

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Posté 02 May 2012 - 16:12 PM

:zombhead: J'ai revu le film dont j'ai acheté le DVD il y a de ça quelques semaines avec toujours autant de plaisir, notamment pour l'excellent jeu de Christian BALE. C'est, à mon avis, un des meilleurs films de Steven SPIELBERG qu'on a plaisir à voir et à revoir sans modération !

#14 fanatic

fanatic

    Faut que j'aille dormir

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  • Location:Avec Cliff, Norm et les autres...

Posté 22 November 2012 - 19:29 PM

Test du blu-ray français.
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