darkcowboy, le 02 décembre 2010 - 11:56 , dit :
Allez, je vais faire mon ronchon :
Ce fim semble participer a un nouveau courant, genre, qui plait vachement aux geeks cinéphiles (et qui laisse complètement indifférent le grand public.), j'ignore si ce courant a un nom, si c'est le cas, j'aimerais bien le connaitre. Ce courant, ce "genre", c'est ce qu'on pourrait appeler l'inverse d'un remake. Un remake, c'est reprendre, re-raconter la même histoire dans un style plus moderne, hors, ici, le truc est de faire un film "comme dans le temps", reprendre le même style de photographie, de cadrage, de musique, de réalisation, etc, pour lui donner une patine, mais sans faire un remake.
Cela tiens de l'exercice de style "cinéphile".
On peux citer plusieurs films déjà dans ce courant. HOUSE OF THE DEVIL, ou AMER, par exemple. J'aime bien ces films.
Mais... On peux déjà relever un "soucis". (Je sent que vous allez hurler.) C'est qu'on sent que c'est l'exercice de style cinématographique qui les interesse. Uniquement. Cela s'adresse aux cinéphiles, aux amateurs d'experiences. En un mot : l'histoire, l'intrigue, le scénario est laissé de côté, voir délaissé, et avec eux le grand public (qui, comme moi, aime qu'on lui raconte des histoires, pas qu'on lui montre juste des images et des scènes mises bout a bout, même très jolies).
bon ben c'est à peu de choses près exactement ça

(quel devin ce darkcowboy

) (sauf que House of ze… et Amer sont des chef-d'œuvres en comparaison)
vu en full vo, et ça se suit sans encombres vu le peu de dialogue et le caractère parfois sibyllin de ces derniers…
quant au film, il sera loin de faire l'unanimité, sauf dans le camp de ceux qui détesteront (et ils seront nombreux, à n'en pas douter…).
difficile de pitcher l'histoire sans spoiler des trucs tant l'intrigue est anémique (z'êtes prévenu), mais en gros, une jeune fille mutique semblant dotée de pouvoirs psy est retenue dans une sorte d'institut futuriste (1983 = le futur…) par un obscur thérapeute coiffé comme Carl Sagan (LE trait d'élégance masculine du film)…
alors visiblement, ce qui intéresse Panos et sa bande (directeur photo, sound designer, directeur artistique, compositeur) c'est de créer un objet filmique sensoriel très travaillé… là-dessus le fiston Cosmatos met le paquet, et toute question de goût mise à part, force est de reconnaitre que le film a de la gueule… le score, sorte de rejeton improbable de John Carpenter et Wendy Carlos, colle parfaitement à l'image et maintient le spectateur qui n'aura pas été rebuté par les choix casse-gueule du réalisateur dans une ambiance de rêve éveillé (chiante et répétitive à souhait)…
donc, comme si ça ne suffisait pas d'imposer une esthétique tranchée (proche du vidéoclip dans certaines séquences), Cosmatos s'enfonce dans son refus de raconter une histoire comme tout le monde (de façon intelligible ?), mais quelque part ça tombe bien vu qu'il n'a pas grand chose à dire, et c'est bien là le plus gros souci du film : quitte à opter pour des choix narratifs extrêmes, autant avoir un minimum de fond, ça parait essentiel pour que le film ne tourne pas à vide en tombant dans la démonstration technique bien vaine… c'est malheureusement pas mal le cas ici, non pas que l'histoire en elle-même soit inintéressante, mais son déroulement volontairement intrigant nique tous les enjeux potentiels du film, et, comble du luxe en matière ce crétinerie, débouche sur un final d'une laideur incompréhensible compte tenu de ce qui a précédé en terme de facture visuelle, et se terminant tel un gag… c'est bien simple, le final est ahurissant de bêtise et trahit l'intention véritable de Cosmatos qui n'était peut-être que d'épater la galerie (seul le dernier plan à le mérite d'être joli)… dans le cas présent c'est raté, les petites épaules de l'auteur/réalisateur ayant cédées sous le poids de sa propre ambition démesurée.
la SF planante, c'est bien lorsqu'elle est porteuse de sens, ou tout du moins quand elle ouvre sur un questionnement… ici ? rien… alors qu'il y avait pourtant de la matière intéressante dans le script, quel gâchis…
cependant, et étrangement, je n'ai pas détesté le
film voyage, en tout cas la (grosse) première heure… pourquoi donc ? me direz-vous, alors que l'histoire et son dénouement sont si péraves… c'est bien simple, pour l'audace ! parce que Cosmatos a
osé, il a choisi d'essayer de proposer autre chose, et même si par moment c'est n'importe quoi, se casser autant le cul pour que ça ait de la gueule, que ça sonne bien, et finir par accoucher d'une telle merde, ça force le respect

chapeau bas Panos

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