
The Kick Inside (1978)

Premier album et classique instantané pour ce véritable ovni sorti en pleine période punk en Angleterre. Kate Bush n'a alors que 19 ans et doit ce début précoce au leader de Pink Floyd David Gilmour, ami de la famille à qui elle a soumis ses démos qu'elle compose depuis l'adolescence. Ce dernier épaté par la qualité des titres de la gamine décide de la lancer. Ce sera d'abord avec le mythique single Wuthering Heights puis quelques mois plus tard l'album The Kick Inside. On constate l'énorme influence de ce mentor sur le son du disque qui est une sorte de condensé parfait de tout les artistes des 70'ayant mêlé sensibilité pop et avant gardisme. On pense donc beaucoup au premiers album de Roxy Music avec Brian Eno (avec qui elle réalisera un single en 1987), à Pink Floyd évidemment (le son de guitare très identifiable de Gilmour, les arrangements de piano) voire à du Carole King bizarre. Gilmour délivre les grand moyens à sa protégée avec un son typique 70's très abouti et quelques musiciens prestigieux qui viennent prêter main forte comme le guitariste de Alan Parson Project qui produit le disque et lâche le solo final mémorable de Wuthering Heights. Loin de se laisser déborder Kate Bush impose sa personnalité unique dès ce premier disque. C'est donc la découverte d'un chant sensible, outrancier avec cette voix aiguë si identifiable (et agaçante si on accroche pas)et l'allure unique de la chanteuse largement exploitée dans les clips plus tard puisqu'elle a une formation de danseuse classique et de mime qui lui permettent de joindre le geste à la paroles de ses compositions les plus étranges. Donc ambiance étrange,excentrique et envoutante (Moving, The Man with the child in is eye) et un univers original et très personnel que ce soit l'aspect très féminin (The Saxophone song dont les paroles parlent de manière voilée de masturbation, Strange Phenomena du cycle menstruel) ou littéraire. Pour ce dernier c'est dans Wuthering Heightsqu'il éclate puisque c'est le titre original des Hauts de Hurlevents et que Kate Bush s'identifie dans les paroles à Cathy l'héroïne du roman de Emily Brontë et de ses amours tumultueuses avec Heathcliff. Gros carton commercial qui lance une grande carrière.
Lionheart (1978)

Suite au carton inattendu de The Kick Inside, la maison de disque réclame une suite au plus vite, d'où ce second album enregistré dans l'urgence et sorti la même année. Du coup ça ne se détache pas du son du disque inaugural, la surprise et les composition mémorable en moins. On est pourtant très loin du ratage, le ton féérique de In Search of Peter Pan, la grandiloquence et le chant outré de Kate Bush sur l'incroyable Wow, l'ambiance cabaret de Coffee Homeground qui annonce Babooshka soit autant de grands moments où on peut constater une ambiance cinématographique plus prononcée (vraiment dommage qu'elle n'ait jamais fait de BO). Le disque marche moins bien commercialement et Kate Bush s'en montrera peu satisfaite, du coup grande révolution sur le mémorable successeur.
Never For Ever (1980)

Grosse révolution sur ce 3e disque où Kate Bush prend la même orientation que les Beatles à l'époque de Revolver. Elle renonce définitivement aux tournées et se fait construire son propre studio où elle produira elle même ses disques. Le résultat c'est ce magistral album à ranger parmi ses meilleurs. Dès l'ouverture sur Babooshka, on distingue le changement : arrangements bien plus sophistiqués, effets de voix démultilpliés et tout ça au service d'un tube imparable. D'ailleurs hormis cette chanson et les très Roxy Music (et les titres les plus enlevés)The Wedding List et Violin(elle chante vraiment comme Bryan Ferry en mode hystérique là dessus) Kate Bush fait taire ceux qui ne voient en elle qu'une hystérique roulant des yeux. Le chant est doux sans perdre son côté excentrique et se fond dans les atmosphères luxuriantes (Delirious) délicates (All we ever look for) et étranges tandis que sur Egypt on a l'impression d'entendre du Cocteau Twins avant l'heure. Gros carton grâce aux 2 singles Babooshka et la somptueuse Army Dreamer toute en retenue lorgnant sur Ennio Morricone. Ce n'est plus du rock, ni de la pop c'est du Kate Bush !
The Dreaming (1982)

L'album préféré de nombreux fans et celui où elle acquiert définitivement sa réputation de sorcière de studio. Les expérimentations de Never for ever son poussée encore plus loin, la production est encore plus dérangée et Kate Bush change de manière de chanter à chaque titre tour à tour doux, rauque posée ou complètement dérangé (Pull out the pin, Leave it open). Les ambiances sont plus inquiétante et menaçante surtout la première moitié de l'album où il n'y a que le diabolique single Suspended in a gaffa auquel se raccrocher. La seconde moitié avec des titres plus calmes mais pas moins glaçants (Night of the swallow) et comporte une de ses meilleures chanson avec Houdini.Plus difficile d'accès, l'album ne remporte pas le même succès que son prédécesseur.
Hounds of Love (1985)

L'album de la consécration puisque cette fois il marche non seulement en Angleterre, en Europe et aux Etats-Unis. Kate Bush a retenu les leçon du précédent avec cette fois un disque plus homogène (sans doute grâce à la collaboration avec le compositeur Michael Kamen) et divisé en deux parties correspondant au 2 faces du vinyle. Sur la première c'est un pilonnage de single infernal, l'hypnotique Running up that hill (le clip génial contribuera largement au succès), la bondissante Hounds of Love,The Big Sky accrocheuse et épique et la magnifique Cloudbusting où elle n'a jamais mieux chantée . La deuxième moitié est plus aventureuse mais cette fois l'évidence mélodique constante ne perd jamais l'auditeur sur cette longue suite. L'intimiste And dream of sheep(là aussi chant scotchant), l'intrusion de musique celtique sur Jig of Life ou la mélodie puissante de Hello Earth tout fonctionne parfaitement. Elle a réussi à mêler idéalement sa veine expérimentale et pop et ne retrouvera jamais complètement cet équilibre par la suite.
The Sensual World (1989)

Kate Bush prend son temps pour donner un successeur à son classique mais ne chôme pas pour autant avec notamment le célèbre duo avec Peter Gabriel Don't Give Up. The Sensual world prolonge les atmosphères de la 2e moitié de Hounds of Love en les accentuant, le côté world music est plus présent, le côté épique grandiloquent aussi (Love and anger et son riff de guitare puissant) ajouté à une tonalité sensuelle et romantique plus prononcée. Elle a collaboré ici les vocalistes de Bulgarka et aussi Alan Stivell qui contribue au ton chaleureux et cosmopolite du disque. En dessous de Hounds of Love et fonctionnant bien mieux quand il met la pédale douce sur la world music (très belle Reaching Out et son refrain galvanisant) c'est une suite tout à fait honorable. Par contre ce n'était pas un problème sur les précédents totalement intemporels mais là les sonorités voulues modernes mais surtout très marqués 80's annoncent ce qui gâchera grandement le suivant.
The Red Shoes (1993)

Le seul vrai gros ratage de Kate Bush et la preuve que s'entourer d'invité prestigieux (ici Prince, Jeff Beck, Eric Clapton le violoniste virtuose Nigel Kennedy) ne suffit pas à faire un bon disque. Sans égaler ses meilleurs titres les compositions de Kate Bush sont réussies mais alors la production "moderne" à la ramasse plombe la plupart. L'électro pop poussive de Rubberand Girl donne le ton avec ses cuivres en carton, le riff de Jeff Beck qui fait plus penser à Van Halen qu'autre chose et la boite à rythme immonde. Pareil pour And So is Love à la mélodie somptueuse et au paroles touchantes que l'emballage sonore transforme en inédit de Cock Robin et on peut en dire autant de la bonne soupe FM de Eat the music. On en sauve quelques unes plus dépouillées comme Moments of pleasure mais 1993 c'est l'année du Debut de Bjork (qui va illuminer de la même manière les 90's de son inventivité excentrique) et à côté Kate Bush paraît complètement dépassée. S'ensuivra un très long break... (désolé Roboris
Aerial (2005)

Après une longue absence (et avoir mis au monde un enfant en 98) Kate Bush revenait aux affaires avec ce Aerial qui hormis un vrai titre accrocheur et une certaine monotonie par instant égale les meilleurs album des débuts. Alors que les deux albums précédents pêchaient par une production surchargé, là le choix est d'offrir le son le plus dépouillé possible les mélodies et la voix de Kate Bush font le reste. Folk, reggae, rock, world music, new age c'est un peu de tout ça que propose l'envoutant voyage à travers ce Aerial double album divisé en deux partie nommé A Sea of Honey et Sky o Honey. On est d'emblée aspiré par la batterie tribale et la mélodies planante de King of Mountain en ouverture, la chanteuse à abandonnée toutes les modulations étranges qu'elles pouvaient donner à sa voix pour se fondre dans le ton apaisé du disque. Le minimalisme lui va bien Pi avec une guitare sèche et une boucle electro tiens magistralement la route, tout comme le ton moyen âgeux de Bertie sublimement chanté par Kate Bush ou le simple piano de A Coral Room (meilleure chanson du disque) qui conclut le premier disque. On regrettera encore qu'elle n'ait jamais fait de BO quand on entend la montée de Prologue, et certains titre montre que même dépouillée sa musique est toujours aussi inventive (An Architect Dream fabuleuse). Elle n'a plus besoin de se cacher sous une avalanche d'effets et parvient à conserver son originalité une merveille d'album épuré. Déjà 5 ans depuis ce retour en force Kate reviens !

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