Alien - La saga de Ridley Scott (1979) à Jean-Pierre Jeunet (1997)
#16
Posté 07 octobre 2004 - 11:09
Mais voilà, les films ayant du succès, la saga Alien est devenue synonime de 2 choses : grosses bêtes qui bavent et Ripley. Je pense que c'est avec Alien 3 que le personnage de Ripley prend vraiment de l'importance dans la série au détriment de la menace Alien, notament parce qu'à la fin du film, elle était devenue une menace elle même. De plus, toujours à la fin d'Alien 3, c'est bien Ripley que la Compagnie vient chercher ( parce qu'elle a un alien en elle certes ), elle devient l'objet principal de l'attention de la Compagnie, et par la même occasion du réal et des spectateurs ( bon là je m'avance un peu c'est vrai ). D'ailleurs on remarquera qu'à partir du 3ième volet les dévelopements commencés par Cameron à propos de la race alien ( la Reine, les liens entres les bestioles, etc... ) seront abandonnés.
Arrive le "problème" Alien resurrection. Dans l'absolu l'idée d'une Ripley déhumanisée par son clonage et son contact prolongé vec les aliens ne me dérange pas. Mais le traitement éffectué par Jeunet est clairement foireux. Pourtant ça repartait sur des bases "classiques", avec l'armée qui continue de vouloir créer une arme alien malgré les échecs cuisants d'Alien et Aliens. Mais le coup de l'alien hybride c'est n'importe quoi filmé n'importe comment. Je ne me souviens si c'est Hutch ou Cheeckoo qui parlait de Cronenberg du pauvre, mais c'est vrai que c'est un peu ça.
Sinon pour Alien 5 filmé par Anderson, si jamais ça se fait je rase les studios de la Fox au napalm.
#17
Posté 07 octobre 2004 - 11:13
Rendons à Stick Boy ce qui est à lui.
Sinonpareil que le Cap et J. Rico.
et pour les Alien 5, 6 et même 12 ranafoutre
#18
Posté 07 octobre 2004 - 11:57
Le film de R. Scott est une des dernières réussites de l’horreur ’70, d’un ciné intelligent et posé, de l’école documentariste - à la Friedkin. Pourtant Alien arrive deux ans après SW, alors que ce genre de ciné a déjà commercialement rendu l’âme (cf Sorcerer de Friedkin justement, sorti dans les salles en même temps que le film de Lucas).
Alien est un film "d'ambiance", par rapport aux canons d'aujourd'hui en tout cas.
Scott ralentit volontairement le rythme de l'histoire et part d'un postulat anti-starwars : dans le futur, tout est lent, lourdingue, englué dans les procédures et les conflits de fonctionnaires (qui va toucher sa prime, qui commande, etc...).
Avec Cameron, on passe au bourrinage ’80, ou les gros succès sont les films comme Terminator (et les suites de SW, etc…). C’est plutôt sympa, pas décervelé et les décors et les trucages sont trippants (esthétique dérivée du manga), inventifs, le tout à un moindre coût.
Avec Alien 3, les choses se gatent.
C’est pas encore la dèche totale (c’est l’époque de Batman 2) et Fincher n’est pas un manchot mais déjà ça commençait à sentir le rance : les studios savent plus quoi inventer et les réals sont des petits bricoleurs d’images (Proyas, qui annoncent deja les couilloneries des W. Brothers – ahah je sens que je vais me faire lyncher) sans génie et qui peine à sortir d’un univers adolescent ou au mieux à établir des esthétiques faussement fin de siècle qui emprunte plus à la pub nike qu’au vécu.
L'image faussement crade a définitivement remplacé l'école documentariste. L'ère du numérique se profile à l'horizon.
(révolution esthétique que je trouve scandaleuse et toute pourrie, mais je suis un vieux con)
La preuve tout de suite avec :
Alien Ressurection
Voilà c'est fini, c'est rendu, c'est sûr maintenant on est dans le nawak le plus total, la saga Alien a consommé son divorce avec ce qui en faisait l'intelligence.
Le ciné est mort.
La synthèse et les trucages modernes ont tué le ciné de genre.
Voilà fin de l’histoire.
Edifiant, non ?
Sinon, encore un petit mot sur le sous-texte de la saga.
Ce sous-texte (en gros : intérêt du capital vs valeur de la vie humaine) est décliné sur 3 grandes catégories d'individus au cours de la trilogie: les ouvriers, les militaires, puis enfin les prisonniers - on voit déja tout de suite à quel point de l'opus 4 passe à côté du schmilblic, d'ailleurs.
Cameron s'attachait plutôt à tenir un discours édifiant sur les ingérences entre l'occident et le "reste du monde", Scott privilégie une approche métaphorique en faisant en faisant de la peur un élément plus psychologique, totalement indissociable de l'environnement humain quotidien.
Ainsi quand le Nostromo - univers technologique totalement conçu par l'homme et donc normalement maîtrisé- se transforme progressivement en un milieu hostile, Scott touche l'essence de la peur moderne : celle d'être éliminé par le système duquel on dépend, le Système avec un big S. Voilà pourquoi on voit si peu l'alien dans le film de Scott (vous fatiguez pas à argumenter, je sais bien qu'il a fallu couper le monstre au montage), le véritable danger, c'est le milieu, dont l'Alien ne représente finalement qu'une déjection (il surgit du corps avec violence, accouchement, défequation, etc...).
Voilà aussi pourquoi on transpire autant dans Alien, on saigne du nez, on vomit du liquide blanc, toutes ces déjections symbolise le retour de l'organique et viens nous livrer le sens de l'histoire. L'homme était un animal (voila aussi pourquoi le chat s'en sort), il a évolué jusqu'à construire lui-même son milieu de vie et ce milieu est devenu la source d'un nouveau danger pour lui.
Et ce nouveau danger se résume en deux mots, tirés du film : "CREW EXPENDABLE" ! L'équipage peut être sacrifié ! Voilà la peur moderne ultime, celle d'un monde qui fait de nous de la chair à pâtée, de la "flesh for the beast", bordel, et cette « beast », c’est le fameux MOLOCH de Métropolis de Fritz Lang, j’ai nommé LE GRAND CAPITAL ! (L'Alien n'est pas le véritable ennemi, il aurait pu être maîtrisé dès le départ, le véritable ennemi, c'est l'homme lui même.)
Pour en revenir au sujet, donc, les suites, bof bof...
(même si celle de Cameron est sympa).
Tout simplement parce le film de Scott, c'est du travail d'orfèvre
Si Alien est un film lent (par rapport aux canons actuels), la bande son et le travail photographique (girophares, stroboscopes et signaux d’alarmes, quelle symphonie audio-visuelle !) donnent au film sa densité : impossible de s’emmerder une seule minute. Il y’a toujours quelque chose à voir, à entendre.
Les suites n'en sont que des décalques, au mieux sympa, au pire foireuses.
#19
Posté 07 octobre 2004 - 13:00
Ce sous-texte (en gros : intérêt du capital vs valeur de la vie humaine) est décliné sur 3 grandes catégories d'individus au cours de la trilogie: les ouvriers, les militaires, puis enfin les prisonniers - on voit déja tout de suite à quel point de l'opus 4 passe à côté du schmilblic, d'ailleurs.
Voilà pourquoi BigM est mon idole du moment.
#20
Posté 07 octobre 2004 - 13:39
:oops:
ça c'est gentil.
....
Bon mon post est un peu fourre tout et je suis un peu déçu du résultat, mais je vais essayer de résumer (parce que j'aime bien parler de Alien et consorts, je trouve ça over passionnant)
Dans les 3 premiers films, Les Aliens ont chaque fois une fonction symbolique très forte :
1 : la plus complexe, qui lie l'organique et le fonctionnel, l'idée de déjection et la place de l'homme dans la société qu'il a crée (bon y'a d'autre truc, mais c'est un gros morceau ce film, pas facile de synthétiser)
2 : Le rapport à l'ennemi extra monde occidental (Viet-nam, etc...)
3 : Une fonction mystique, religieuse.
Dans le 4, les Aliens, c'est des Muppets qui font Ksss ksss, voir Pwa pwa comme le fils de Godzi'.
Sinon, le traitement de Ripley, aucun rapport avec l'univers d'Alien.
C'est nimp'
voilà.
#21
Posté 07 octobre 2004 - 13:45
je préfère le 2 et le 3 au 1 (Ridley Scott déjà pour moi c'est mouais bof quoi : c'est un peu Halloween dans l'espace : c'est bien mais c'est pas brillant)
mais oui : aux chiottes Alien 4
ah oui pour le 3 : justement c'est marrant que tu fasses le parallèle avec Batman Returns parce que je me suis toujours dit que c'était deux beaux moyens d'enterrer définitivement une franchise en lui apportant une conclusion imparable et faire un excellent film par la même occasion
donc Alien 3 = gut gut
#22
Posté 07 octobre 2004 - 13:54
PS : j'ai l'impression que des gens voulaient qu'on refasse un Alien ? ou un Aliens ?
Alors après, malhereusement, on aurait crié au repompage...
PPS : Non, en fait, pour moi, Aliens est déjà différent dans son traitement d'Alien, idem pour le 3...et il n'y a pas de raisons que ça ne continue pas, tant que c'est possible...(donc j'ai voté carte blanche)...diverses visions du truc, ça évite de s'enliser dans une recette qui tournera au vinaigre à force...
PPS : Evidemment, ça n'inclut pas le fait de saccager une myhtologie en en la respectant pas...et je n'ai pas crié au sacrilège en voyant Alien 4.


#23
Posté 07 octobre 2004 - 14:13
Exit aussi le coté fascinant des Aliens qui n'ont plus qu'un role fonctionnel, une simple menace, et n'incarne rien réellement.
Après, toutes les idées originales, comme la reine qui accouche, n'y changent rien. Ce sont des gadgets qui, selon ta vision de l'oeuvre, peuvent être marrants, mais restent assez vains.
Sinon si on centre la thématique sur Ripley, y a peut-être des choses à trouver, même si je serai plutôt de l'avis de Johnny Rico sur ce coup là (assez jouissif la Ripley über-balaise, mais pas vraiment d'empathie).
Enfin bon, de toute façon y a des plans en courtes focales sur les narines des acteurs, Big pouvait pas aimer, mais il peut pas non plus le dire comme ça, ça ferait pas sérieux.
#24
Posté 07 octobre 2004 - 14:26
Pour continuer dans le retour de l'organique, on peut remarquer que même le Nostromo subit ce traitement, avec ses cales suintantes, ses ateliers dégoulinants d'eau, les salles de machines d'où s'échappent des voluptes de vapeur... Au passage ça permet de faire une rupture par rapport aux précédents films de s-f genre 2001, qui présentaient un univers aseptisé et clinique ( des vaisseaux bien proprets, etc... ).
C’est pas encore la dèche totale (c’est l’époque de Batman 2) et Fincher n’est pas un manchot mais déjà ça commençait à sentir le rance : les studios savent plus quoi inventer et les réals sont des petits bricoleurs d’images (Proyas, qui annoncent deja les couilloneries des W. Brothers – ahah je sens que je vais me faire lyncher) sans génie et qui peine à sortir d’un univers adolescent ou au mieux à établir des esthétiques faussement fin de siècle qui emprunte plus à la pub nike qu’au vécu.
L'image faussement crade a définitivement remplacé l'école documentariste. L'ère du numérique se profile à l'horizon.
Alors là je me sens obliger de prendre la défense de Fincher. Déjà c'est son 1er film, en plus les conditions de tournage étaient vraiment catastrophiques ( les bonus du coffret Alien quadrilogy sont d'ailleurs très intéressants à ce propos , pas de langue de bois, on peut voir les producteurs éxécutifs squattés le plateau et empecher Fincher de faire son boulot correctement ). Ceci dit, le film reste très bon. Déjà, il dégage les 2 survivants superflus d'Aliens, ce qui est une très bonne idée. Parce que mine de rien, entre Ripley, le marines et la gamine, on se serait retrouvé avec une cellule familliale ( toutes proportions gardées hein ), chose qui n'a strictement rien à foutre dans Alien à mon humble avis. De plus je te trouve bien dur avec l'ambiance du film. Je trouve que l'idée d'une prison abandonnée va plutôt bien avec le perso de Ripley, qui d'une certaine manière est aussi abandonnée, à la dérive, après qu'elle se soit rendu compte de la mort de ses compagnons. Ce qui est dommage, c'est que cette approche du perso de Ripley ne dure pas longtemps, elle redevient assez vite l'héroïne qui blaste des aliens dans la joie et la bonne humeur. De plus la conclusion du film est parfaite pour terminer la trilogie, dumoins dans l'idée, parce que dans la forme les sfx ont du mal.
A propos d'sfx, j'admet que l'Alien numérique est très moche dans Alien 3, d'autant plus dans la version longue, vu que les images "toillettées" font que l'alien numérique fait encore plus mal aux yeux. Mais de là à critiquer le numérique dans son ensemble, je vous trouve un poil excessif mon bon Big Monster.
#25
Posté 07 octobre 2004 - 14:56
Euh tu veux parler d'Alien ressurection je suppose,parceque je me souviens pas d'un alien numérique dans le 3.
#26
Posté 07 octobre 2004 - 16:35
...
non mais franchement. Bien sur qu'il y avait des plans numériques dans Alien 3, même qu'ils sont super visibles...
#27
Posté 07 octobre 2004 - 17:33
Voilà aussi pourquoi on transpire autant dans Alien, on saigne du nez, on vomit du liquide blanc, toutes ces déjections symbolise le retour de l'organique et viens nous livrer le sens de l'histoire. L'homme était un animal (voila aussi pourquoi le chat s'en sort), il a évolué jusqu'à construire lui-même son milieu de vie et ce milieu est devenu la source d'un nouveau danger pour lui.
Et ce nouveau danger se résume en deux mots, tirés du film : "CREW EXPENDABLE" ! L'équipage peut être sacrifié ! Voilà la peur moderne ultime, celle d'un monde qui fait de nous de la chair à pâtée, de la "flesh for the beast", bordel, et cette « beast », c’est le fameux MOLOCH de Métropolis de Fritz Lang, j’ai nommé LE GRAND CAPITAL ! (L'Alien n'est pas le véritable ennemi, il aurait pu être maîtrisé dès le départ, le véritable ennemi, c'est l'homme lui même.)
*smiley qui applaudit*
J'ai failli pleurer.
J'aimerais bien rebondir sur tous ces points, histoire de ne pas se contenter de jeter des fleurs aux posts des autres, mais je suis pas sûr de pouvoir... Trop de choses intéressantes, trop de trucs à dire, pas le temps de la réflexion... Arf...
Enfin je repasserai, mais bon, 100% d'accord quoi (et c'est un fan de Matrix qui le dit!
#28
Posté 07 octobre 2004 - 17:47
Et encore, les trucs plus juteux du documentaire ont été jartés du docu à la demande de la Fox.
[quote]Déjà, il dégage les 2 survivants superflus d'Aliens, ce qui est une très bonne idée[/quote]
ARRRRRRGGGGGHHHHLLLLLL! Que lis-je? Superflus? Bonne idée? Mais quelle horreur! Ce choix scénaristique est surement la plus grosse raison pour laquelle j'ai du mal à blairer Alien3. Cette décision c'est un crachat visqueux à la gueule de Cameron et de tout son boulot pour nous faire nous attacher aux personnages. Hicks et Newt sont des personnages mémorables et des figures centrales d'Aliens, les tuer de façon aussi lâche c'est juste une HONTE! Cameron a bien raison de balancer une grosse vanne vacharde là-dessus dans le commentaire audio tiens. Tiens d'ailleurs pour moi le vrai Alien3 c'est la BD de Mark Verheiden et Denis Beauvais.
[quote]Parce que mine de rien, entre Ripley, le marines et la gamine, on se serait retrouvé avec une cellule familliale ( toutes proportions gardées hein ), chose qui n'a strictement rien à foutre dans Alien à mon humble avis.[/quote]
Les créateurs de la série sont visiblement en desaccord avec toi puisque le trio fonctionne déjà exactement comme ça dans Aliens (la volonté de Ripley de protéger Newt parce qu'elle voit en elle un substitut filial déjà bien évident dans la version ciné est encore plus flagrant dans la version longue où Ripley apprend que sa vraie fille est morte pendant qu'elle dérivait dans l'espace), et qu'on peut aussi voir en l'équipage du Nostromo une cellule familiale.[/quote]
Sinon il y a bien un alien numérique dans le 3. Il est très très laid.
#29
Posté 07 octobre 2004 - 18:06
Quant à Alien Resurrection, même si il est très décrié, j'aime beaucoup, parce que 1) Sigourney a les cheveux très long et ça la rend beaucoup plus sexy, 2) j'adore le thème du clônage, 3) Jeunet et le vert c'est une histoire d'amour et j'adhère à fond, 4) la fin alternative excellente (et la fin normale ça va aussi).
Bref, Ripley,mobile.

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