
Après l’excellent Event Horizon, Paulo rempile l’année suivante avec un nouveau space op d’après un script de David Webb Peoples (Blade Runner). Soldier reste à ce jour le plus gros budget du réalisateur (entre 60 et 70 millions, soit un très gros budget pour l’époque) et pourtant ce sera un bide monstre. Déjà que Event Horizon était à peine rentré dans ses frais, le pauvre Paulo voit son film sortir en DTV un peu partout après son score de 15 millions aux USA. Ce qui fait de Soldier, le DTV le plus cher sorti en France (par contre, il est sorti en Belgique). Pourtant le film a tout sauf la gueule d’un blockbuster. C’est une vraie série B avec des burnes, plus proche d’un Universal Soldier que d’un Star Wars. A croire que le film aurait pu se faire avec 3 fois moins de budget... Déjà, il paraît que Kurt Russell avait pris une bonne partie du gâteau, ce qui fait cher le mot puisque son personnage ne lâche qu’une centaine de mots durant tout le film. Le film s’offre toutefois des décors impressionnants de la planète poubelle Arcadia (qui est aussi le nom du bateau de Wesker dans RE : Afterlife), ainsi que deux gros camions bumper transformés en blindé surarmé. Donc de la série B de luxe à la manière du Règne du feu avec un soldat abandonné qui prend les armes pour sauver des civils (dont Michael Chiklis avec des cheveux).
C’est court, carré, efficace mais pas trop ambitieux. Le film se suit comme un bon défouloir où notre Sergent Todd élimine un bataillon de super soldat, dont Jason Scott Lee en gros beauf, avec tout ce qu’il trouve sous la main : couteau, gatling, lance-roquettes... Le space opéra est rapidement éclipsé pour un rambo-like avec un héros taciturne qui va se découvrir des sentiments. Genre la quéquette qui se dresse en mattant les lolos de Connie Nielsen. Bon y’a un petit garçon auquel le héros va s’identifier (il est aussi muet et inexpressif). Je plaisante mais je trouve Kurt Russell excellent dans la façon de s’exprimer uniquement avec le regard. Il paraît monolithique et pourtant il dégage quelque chose. Sinon y’a Gary Busey au casting, ce qui est un bon point. Même si son rôle est pourri, tout comme le méchant incarné par Jason Isaacs (habitué de Anderson depuis Shopping comme Sean Pertwee, qui joue le père). Bref, c’est pas mal même s’il paraît que le résultat final est loin du script d’origine...
Sinon la page wiki donne des anecdotes marrantes :
* Le tournage a débuté le 2 février 1998 et s'est déroulé à Los Angeles.
* Parmi les états de service de Todd affichés sur un écran d'ordinateur, on peut lire :
o Les batailles de la Porte de Tannhauser et de la Ceinture d'Orion (références à Blade Runner (1982), co-écrit par le scénariste de Soldier)
o Réception de la « Médaille Plissken » (référence à New York 1997 (1981) et Los Angeles 2013 (1996))
o Réception de la « Récompense de l'Anneau d'O'Neil » (référence à Stargate, la porte des étoiles (1994))
o Réception de la « Médaille d'Honneur » (référence à Tango & Cash (1989))
o Réception de la « Croix MacReady » (référence à The Thing (1982))
o Réception du « Trophée Capt Ron » (référence à Capitaine Ron (1992))
o Réception du « Prix du Feu McCaffrey » (référence à Backdraft (1991))
o Réception du « Prix Dexter Riley » (référence à The Computer Wore Tennis Shoes (1969), Now You See Him, Now You Don't (1972) et The Strongest Man in the World (1975))
o Citations pour la campagne des lunes Nibiennes, la guerre d'Antares Maelstrom et la guerre des flammes de la perdition (références à Star Trek II : La Colère de Khan (1982)).
* Au beau milieu des carcasses visibles sur la planète, on trouve l'USS Franklin Delano Roosevelt, le F-117X Remora d'Ultime décision (1996), un véhicule spinner de Blade Runner (1982) et une partie du Lewis & Clark d'Event Horizon, le vaisseau de l'au-delà (1997).
* Todd, le personnage principal du film, apparaît 85% du temps à l'écran, mais ne dit, en tout et pour tout, que 104 mots.
* La bande annonce du film contenait une bataille spatiale impliquant de 20 à 30 vaisseaux, qui n'est finalement pas présente dans le métrage final.
* Dans la scène où Caine 607 pilote la chenille, les commandes qu'il utilise pour faire feu ne sont qu'un simple joystick Saitek X36 PC pour ordinateur familial.
* Lors de la scène de Guerre des Six Villes, la carte accrochée au mur représente la ville de Moscou.

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