Vu hier soir.
Alors vous me croirez ou vous me croirez pas (ou vous vous en foutrez, ce qui est l'option la plus probable), mais j'ai bien aimé.
Déjà, y a pas à dire, voir le logo Hammer dans un long métrage en salle, ça m'a fait plaiz'. Quand bien même le design et l'animation dudit logo sont outrageusement pompés sur celui de la branche ciné de Marvel.
Ensuite, c'est beau. Pas spectaculairement bioutifoule, mais dans le genre gothique, ça claque. Photo savament travaillée, décors bien exploités, ambiance palpable, du beau boulot. Le film peut porter la bannière Hammer avec fierté (sauf que ça manque de servante en décolleté pigeonnant).
Et après , je sais pas du tout comment ça se fait, mais ça a marché à fond sur moi. Est-ce que j'ai oublié d'être un vieux aigri qui s'est coltiné des tartines et des tartines de films d'horreur en entrant dans la salle ? Est-ce que l'intrigue aurait eu une résonnance quelconque avec une angoisse existentielle nichée quelque part dans le dedans de moi (et pourtant, c'est pas comme si j'avais pas déjà vu quasi la même chose whatmille fois) ? Est-ce la qualité de l'ambiance et le côté ouvertement classique du truc qui ont comblé une attente après tant de merdes paranormalactivitèsques soporifiques ? Honnêtement, je sais pas.
C'est d'autant plus troublant que le gros du film fonctionne essentiellement sur le
jump scare, a.k.a "le niveau zéro du suspense", alias "Réaliser un film d'horreur pour les nuls, chapitre 1". Le truc de base de tous les trains-fantôme dans toutes les fêtes foraines de l'univers. Après, y a pas de mystère : Le
jump scare, on s'en sert souvent parce que c'est facile et que ça marche. A un niveau tellement basique et reptilien que ça en est vulgaire, mais ça marche. Sinon, l'Histoire du Cinéma ne serait pas rempli de chats innocents balancés contre leur grè par un opérateur hors-champs devant une caméra paresseuse.
Et puisqu'on en cause, je demande une minute de silence à leur mémoire.
(...)
Merci.
Donc, j'ai beau être très rapidement blasé devant un tel procédé, ben là y a un truc qui a fait que j'ai été happé par le bidule. Inutile que je m'étende plus là-dessus, c'est du pur subjectif inexplicable. 'Fin je crois. En dehors de ça, le film est pas mal fichu, l'espace est bien rendu (la disposition de l'interieur de la baraque au centre de l'histoire est très vite intégrée), et le film prend le temps de poser l'atmosphère (ce qui peut se réveler un peu chiant, j'ai moi-même failli décrocher).
Bref,
La Dame en noir, c'est du classique tranquile, pas prise de chou outre mesure et vraiment pas désagréable. Et je dis bien "du" classique, parce que je doute fortement que ça devienne "un" classique. J'ai bien aimé, mais faut pas déconner : le film ne tiendra pas 5 secondes face à, au pif,
L'échine du Diable sur la durée. Je suis même pas sûr qu'il se revoit très bien, une fois la mécanique largement dévoilée à la première vision.
La Dame en noir ne propose en effet rien de plus. On peut avoir une personne mille fois, mille personnes une fois... vous connaissez la suite.