
MERANTAU, donc, c'est un film à l'histoire un peu spéciale : Garret H. Evans, le réalisateur, est un gallois qui réalisait un documentaire sur un art martial malaisien appellé le Silat. Il rencontra dans une école de pratiquants, Iko Uwais, et il fut impressionné par son charisme et sa capacité d'adaptation à la caméra, si bien qu'il le propulsa en tête d'affiche de son premier film d'art martial.
Le Merantau, c'est donc un rite initiatique où le jeune villageois doit quitter son foyer pour aller affronter la vie, dans la grande ville de Jakarta. Yuda (Iko Uwais), y va donc pour apprendre le Silat à de jeunes enfants. Malheureusement, sa route croise bien vite le chemin d'esclavagistes sexuels européens, et va se retrouver à protéger une jeune fille et son petit frère des méchants.
La construction narrative du film est bien connue, avec des premières séquences où le héros fait des démos de son art, et le salaud est bien félin. Puis, ça enchaîne les rouages narratifs hasardeux, où le héros sauve donc la fille une fois (mais celle-ci perd son boulot donc lui en veut), puis se retrouve encore une fois comme par hasard à re-sauver la fille, à l'instant t à l'endroit X très précisément.

Yuda le héros, Adit le petit frère de la lead girl, Eric le pratiquant de Silat corrompu, et Johnny l'intermédiaire du trafic.
Ceci étant, y a rien de véritablement ronflant dans tout ça : les décors naturels sont très beaux, et l'architecture de Jakarta est assez hypnotique tant elle est étouffante (les rues piétonnes entre les batiments sont de vraies coupe-gorges).
Au niveau du casting, les bad guys sont mieux traités que d'habitude, le duo d'européens est particulièrement suave et adepte de la punch-line incisive à tout instant, de même qu'il semble y avoir une étrange relation entre les 2 (amis très proches ou homos refoulés, on en saura pas plus), qui rend leurs séquences assez sympatoches.

Ratger (à droite) après avoir expliqué à Luc (à gauche) que se prendre une bouteille dans la gueule, ç'est vexant...
Voilà. Le film est également très gore par moments. Y a de rares séquences où le sang coule, mais quand ça le fait, ça plaisante pas.
Parlons fights à présent : ben c'est très dans la lignée de BORN TO FIGHT et ONG BAK : combats tous filmés en plans larges, quasiment aucun champ/contre-champ, les acteurs/cascadeurs s'en prennent plein la figure et voltigent gaiement dans le décor, et ce à intervalle régulier.
La dernière demi-heure prend la forme d'une longue course-poursuite, avec de plus en plus de combats, et de plus en plus de séquences hallucinantes, voir des mecs se faire balancer d'un échafaudage et se crouter le dos au sol, mais t'as mal pour eux quoi...
Bref, des combats rapides, secs, et vifs, et bien sûr un Burly Brawl final. Même si je pense qu'ils auraient pu se passer de faire des 2 européens bad guys des combattants émérites, ça faisait un peu too much.
Voilà, j'ai passé un bon moment devant ce projet pas exempt de défauts, mais sincère, honnête, et qui veut faire plaisir au spectateur.
4/6.

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