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Henri Verneuil


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40 réponses sur ce sujet

#1 The Octagon

The Octagon

    Otacon

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Posté 25 June 2010 - 09:51 AM

Henri Verneuil


Henri Verneuil, de son vrai nom Achod Malakian, né le 15 octobre 1920 à Rodosto (auj. Tekirdağ, en Turquie) et mort le 11 janvier 2002 à Bagnolet

Image IPB


Biographie

En décembre 1924, petit réfugié ne parlant pas français, Henri Verneuil débarque à 4 ans, sur le quai de la Joliette à Marseille, avec sa famille rescapée du génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman.

Après des études à Aix-en-Provence, il devient d'abord ingénieur Arts et Métiers (aujourd'hui Arts et Métiers ParisTech) en 1943[2], puis journaliste au magazine Horizon en 1944.

En 1947 a lieu sa première rencontre avec Fernandel, pour un court métrage sur Marseille Escale au soleil. Fernandel, déjà célèbre, accepte de tourner avec un réalisateur inconnu.

En 1949, il « monte » à Paris, où il décroche un emploi comme assistant réalisateur. Parallèlement, il tourne plusieurs courts-métrages, et le 20 novembre 1950, Henri Verneuil commence la réalisation de son premier grand film La Table aux crevés avec Fernandel qui y interprète Urbain Coindet.

En 1959 il obtient son premier grand succès au cinéma pour La Vache et le Prisonnier, toujours avec Fernandel, qui devient son acteur fétiche, et y interprète le rôle de Charles Bailly avec la vache Marguerite. De 1959 à 1991, il réalisera de nombreux films à succès, mettant en scène les plus grands acteurs français et étrangers : Jean Gabin, Fernandel, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Michel Simon, Yves Montand, Charles Boyer, Daniel Gélin, Henri Vidal, Raymond Rouleau, Philippe Noiret, Lino Ventura, Omar Sharif, Anthony Quinn, Dirk Bogarde, Charles Bronson, Mel Ferrer, Henry Fonda, Yul Brynner etc.

En 1991, il réalise Mayrig (Maman en arménien), un sujet qui lui tient à cœur. Tiré du livre qu'il a écrit après la mort de sa mère et qui a été traduit dans 37 langues, le film rend hommage à toutes les mamas arméniennes.

Le vendredi 11 janvier 2002, Henri Verneuil décède dans une clinique de Bagnolet à l'âge de 81 ans. Ses obsèques religieuses sont célébrées le jeudi 17 janvier 2002 à l'église apostolique arménienne de Paris, rue Jean Goujon, en présence d'Alain Delon, Charles Aznavour, Pierre Cardin, Gérard Oury, Pierre Schoendoerffer, Claudia Cardinale, Jean Piat, Michel Drucker, Guy Lux, Daniel Toscan du Plantier et Georges Cravenne. Il sera ensuite enterré au cimetière Saint-Pierre à Marseille


Courts métrages

1947 : Escale au soleil

1948 :

  • Cuba à Montmartre
  • Rythmes de Paris
  • Un juré bavard
  • 1949 :
  • À la Culotte de zouave
  • À qui le bébé ?
  • Entre deux trains
  • La Kermesse aux chansons
  • Les Nouveaux Misérables
  • Trente-troisième chambre
  • Une journée avec Jacques Hélian et son orchestre
1950 :
  • Les chansons s'envolent
  • Pipe chien
  • On demande un bandit
  • Maldonne
  • La Légende de Terre-Blanche
  • L'Art d'être courtier
Long Métrages

  • 1951 : La Table aux crevés
  • 1952 : Le Fruit défendu
  • 1952 : Brelan d'as
  • 1953 : Le Boulanger de Valorgue
  • 1953 : Carnaval
  • 1953 : L'Ennemi public numéro un
  • 1954 : Le Mouton à cinq pattes
  • 1955 : Les Amants du Tage
  • 1955 : Des gens sans importance
  • 1956 : Paris, Palace Hôtel
  • 1957 : Une manche et la belle
  • 1958 : Maxime
  • 1959 : Le Grand Chef
  • 1959 : La Vache et le Prisonnier
  • 1960 : L'Affaire d'une nuit
  • 1960 : La Française et l'Amour
  • 1961 : Le Président
  • 1961 : Les lions sont lâchés
  • 1962 : Un singe en hiver
  • 1963 : Mélodie en sous-sol
  • 1964 : Cent mille dollars au soleil
  • 1964 : Week-end à Zuydcoote
  • 1967 : La Vingt-cinquième heure
  • 1968 : La Bataille de San Sebastian
  • 1969 : Le Clan des Siciliens
  • 1971 : Le Casse
  • 1973 : Le Serpent
  • 1975 : Peur sur la ville
  • 1976 : Le Corps de mon ennemi
  • 1979 : I comme Icare
  • 1982 : Mille milliards de dollars
  • 1984 : Les Morfalous
  • 1992 : Mayrig
  • 1993 : 588, rue Paradis


#2 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 25 June 2010 - 19:39 PM

Merci pour la création de ce topic !
J'adore ce cinéaste et j'en avais un peu marre de poster mes critiques de ses films dans des topic un peu hors sujet.
Je reviendrai plus tard pour faire du copier/coller.

Sinon c'est moyen de mettre la photo de sa tombe (j'arrive pas à lire le nom dessus mais j'imagine que c'est ça), je trouve ça assez glauque quoi.

#3 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 27 June 2010 - 11:21 AM

Le président (1961)



J'ai envie de dire que c'est une tuerie intégrale. Je connais, d'ailleurs très peu voire pas du tout, l'âge d'or du cinoche français. Alors un long métrage réunissant le quatuor magique Michel Audiard/Henri Verneuil/Jean Gabin/Bernard Blier c'est une première pour moi. Et quel dépucelage !
En premier lieu, je tiens à signaler que le gros point fort du film, ce sont les dialogues. C'est dingue, chaque réplique fait mouche.
En terme d'écriture c'est juste le haut du panier, difficile de faire mieux, et en plus si c'est joué par de grands acteurs (comme c'est le cas ici) et bien c'est le panard total.
Pour s'en convaincre, il suffit d'une scène: le monologue du président du conseil Émile Beaufort (incarné par le monstrueux Jean Gabin) à l'assemblée nationale. Là on atteint des sommets, quel sens de la répartie, quelle verve. C'est impressionnant, j'en veux plus souvent des présidents comme ça.
A côté de cela, la réalisation n'est pas en reste, Verneuil a un sacré sens du cadre: sa composition de l'image est millimétrée, et par conséquent ses plans sont superbes.
Le président est, à mon sens, un chef d'oeuvre. Et il nous démontre, malheureusement, que malgré le poids des années (un demi siècle tout de même) la politique n'a pas fondamentalement changée. Il me reste donc à découvrir les autres oeuvres du cinéaste, avec si possible Michel Audiard en tant que dialoguiste.

6/6

#4 babar

babar

    Wookie

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Posté 02 July 2010 - 00:39 AM

Un des plus grands.( et que les americains nous enviaient).

sa filmographie est une tuerie incroyable.

Sauf, concernant ses deux derniers films: Mayrig et 588, rue Paradis
Dommage, car c'était deux films autobiographiques, mais qu'il a totalement raté( Claudia Cardinale dans le rôle de sa mère, était d'un ridicule!).

mon film préféré dans sa filmo: Week-end à Zuydcoote

#5 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 02 July 2010 - 14:49 PM

100 000 dollars au soleil (1963)



Là aussi grosse claque dans la tronche !
Alors, effectivement, le film met un peu de temps à démarrer, mais quand c'est parti ça ne s'arrête plus, c'est haletant et excellent jusqu'à la fin du métrage.
100 000 dollars au soleil est une sorte de road movie/western situé au coeur de l'Afrique: désert du Sahara.
En plein cagnard, c'est une course poursuite de camions entre un chauffeur (devenu voleur de marchandise), et son collègue qui est ordonné par son patron, de récupérer le tout.
Verneuil filme avec brio cette histoire (de superbe cadres, j'adore sa mise en scène) et Audiard livre des dialogues cultes de chez cultes.
Pas grand chose à redire, si ce n'est que j'ai trouvé Belmondo un peu agaçant à la longue. Je ne saurai dire si c'est le personnage moqueur ou bien l'interprétation un peu fade qui me donne cette impression. Probablement un peu des deux !

5,5/6

#6 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 19 February 2011 - 10:21 AM

Je reposte une vieille critique:

Le clan des siciliens (1969)

Image IPB

Le cinéaste Henri Verneuil nous démontre encore une fois avec cette oeuvre son aisance dans le domaine du divertissement. Sur celui ci, il s'attaque au film policier et on peut dire qu'il s'est donné les moyens de ses ambitions, en atteste la dernière demi heure où les truands détournent un avion de ligne pour le poser sur une autoroute en construction.
Du grand cinéma populaire, les deux heures passent à une vitesse inouïe, c'est joué par une partie des plus grands acteurs de l'époque (Gabin/Ventura/Delon), mis en scène par un réalisateur toujours inspiré et porté par un scénario solide: avec notamment des dialogues excellents comme d'habitude. Sans oublier que c'est le grand Ennio Morricone qui a composé la musique (un brin répétitive sur la fin, il faut l'avouer), donc cette histoire de mafia sicilienne a encore plus de charme.
Qu'est-il donc arrivé au cinéma français d'aujourd'hui pour que je devienne petit à petit nostalgique d'une époque que je n'ai absolument pas connu (je précise: je découvre depuis seulement quelques mois le cinéma de Verneuil)...

5/6


Et j'en profite pour faire un récapitulatif des films que j'ai vu de lui:

Le Président: 6/6
Cent mille dollars au soleil: 5,5/6
Le clan des siciliens: 5/6
Mille milliards de dollars: 4,5/6
Week-end à Zuydcoote: 4,5/6
Un singe en hiver: 4/6
Le Serpent: 4/6
Peur sur la ville: 3/6
Le Corps de mon ennemi: 2,5/6

#7 ogamiitto

ogamiitto

    Wookie

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Posté 19 February 2011 - 11:36 AM

<b>100 000 dollars au soleil (1963)</b>

<img src="http://joeyy.free.fr..._au_soleil.JPG" border="0" class="linked-image" />

Là aussi grosse claque dans la tronche !
Alors, effectivement, le film met un peu de temps à démarrer, mais quand c'est parti ça ne s'arrête plus, c'est haletant et excellent jusqu'à la fin du métrage.
100 000 dollars au soleil est une sorte de road movie/western situé au coeur de l'Afrique: désert du Sahara.
En plein cagnard, c'est une course poursuite de camions entre un chauffeur (devenu voleur de marchandise), et son collègue qui est ordonné par son patron, de récupérer le tout.
Verneuil filme avec brio cette histoire (de superbe cadres, j'adore sa mise en scène) et Audiard livre des dialogues cultes de chez cultes.
Pas grand chose à redire, si ce n'est que j'ai trouvé Belmondo un peu agaçant à la longue. Je ne saurai dire si c'est le personnage moqueur ou bien l'interprétation un peu fade qui me donne cette impression. Probablement un peu des deux !

5,5/6


" Un sourire d'enfant , des yeux qu'ont l'air de rêver ... Une salope quoi ! "

- "Si vous allez aussi vite que je vous emmerde, pour une fois vous serez en avance sur l'horaire."

#8 Scalp

Scalp

    Booby Lapointe

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Posté 31 July 2011 - 07:18 AM

Le Corps de mon Ennemi Henri Verneuil - 1976

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Bien sympa ce Verneuil, ça m'a énormément fait penser à Coup de Tête, tant la trame narrative est identique avec un gars un peu seul contre tous qui va se venger des bourgeois qui ont fait main basse sur sa ville ( et une fois de plus le gros méchant est président d'un club de foot ).
Le résumé du film spoil un peu trop une fois de plus malheureusement puisqu'il dévoile une photo qu'on apprend après plus d'une heure de film ( le complot contre Bebel ).
On suit donc le retour de Belmondo dans sa ville natale après 7 ans de prison pour meurtre, bien entendu c'est Bébél donc il est pas coupable ( et y a pas de faux suspens là dessus ) mais la narration en flashback est très habile et nous donne les infos au fur et à mesure, par contre quelques trucs reste un peu obscur comme les motivations de Belmondo ( pourquoi il s'insère dans la famille ? quel est son vrai but quand il ouvre la discothèque ? ) de même que les motivations de Blier quand il dénonce son complice ( y a rien qui l'oblige ), bon la vengeance reste finalement très sommaire mais en même temps ça colle avec le personnage, il a pas de préparé de plan de folie, non la vengeance sera à l'image du personnage.
Verneuil arrive à nous tenir pendant presque 2heures alors que finalement le suspens se révèle assez mince ( on sait rapidement qui est à l'origine du truc ) et c'est pas un mince exploit car en général ça m'emmerde vite quand je devine tout à l'avance et là la construction en flashback se révèle très agréable et apporte un réel plus au film.
Après y a quelques truc too much de l'époque avec Belmondo qui emballe tout le cast féminin en 20 secondes ( j'exagère à peine ) et une scène de strip tease marrante.
Et puis comme souvent Audiard rehausse le niveau du film grâce à d'excellent dialogues, pas de grosses punchlines mais du bon dialogue.

La réal de Verneuil est très académique à part sur la fin où il se lache un peu, mais c'est du bon taf et il soigne ses enchainements entre passé et présent.

Le cast est très bon outre un impeccable Belmondo très bon dans son personnage cynique et mélancolique mais avec toujours ce coté désinvolte à la Bébel sans tout fois tombé dans le cabotinage habituel et c'est très agréable ( et puis un Belmondo sans cascade ça fait toujours du bien de temps en temps ), Marie-France Pisier est sublime et campe un personnage ambigu magnifiquement détestable, Blier comme toujours assure bien ( la scène où il gueule sur sa femme est excellente ), Claude Brosset en travesti c'est un peu autre comme truc :mrgreen:, Nicole Garcia est très bien ( jamais j'aurais pensé qu'un jour je dirais du bien d'elle ), Bernard-Pierre Donnadieu a une seule scène où il se prend un coup de boule.
La BO de Francis Lai dans un style d'époque est très bien.
Petit thriller convenu tiré vers le haut par une très bonne narration et un casting en forme, a ranger dans les bons films du duo Verneuil/Bebel.

4/6


1959 : Le Grand Chef : 1/6
1959 : La Vache et le Prisonnier : 1/6
1962 : Un singe en hiver : 4,5/6
1963 : Mélodie en sous-sol : 5/6
1964 : Cent mille dollars au soleil : 5/6
1968 : La Bataille de San Sebastian : 3/6
1969 : Le Clan des Siciliens : 4,5/6
1971 : Le Casse : 3/6
1975 : Peur sur la ville : 4,5/6
1976 : Le Corps de mon ennemi: 4/6
1982 : Mille milliards de dollars : 4,5/6
1984 : Les Morfalous : 2/6

#9 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 01 August 2011 - 12:03 PM

Les Morfalous (1984)

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Pendant une grande partie du film, j'ai pensé à De l'or pour les braves, si bien que j'ai eu l'impression que c'était un remake. J'ignore s'il est hautement utile de préciser que le film de Verneuil est moins bon que son homologue américain.
Mais c'est tout de même une oeuvre agréable à voir et plutôt efficace à certains instants.
D'autant plus que Michel Audiard est encore une fois présent en tant que dialoguiste, et même si ce scénario sent un peu la fin de carrière pour lui (avec des répliques un peu redondantes et prévisibles), il n'en reste pas moins quelques moments hilarants voire cultes.

En atteste cette scène:

http://www.youtube.com/watch?v=haEo2FfSIwQ

3,5/6

#10 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 12 November 2011 - 20:58 PM

La Bataille de San Sebastian (1967)

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En tout premier lieu, j'ai envie de dire que ça fait bizarre de voir un cinéaste français tourner (à la grande époque du genre, qui plus est) un western sur le continent américain. Avec notamment deux grands acteurs américains, et un compositeur tout simplement mythique.
A peu près tout les ingrédients sont réunis pour accomplir (au minimum) un bon western, et c'est ce que parvient à faire Verneuil. A défaut, d'un chef d'oeuvre ou d'un film prétendu culte.
Le scénario n'est probablement pas original, mais il m'a plu. Il est relativement bien construit, l'évolution du personnage principal (incarné par Anthony Quinn) est intéressante, et c'est suffisamment bien rythmé pour éviter tout ennui.
Pas un film formidable, mais j'ai passé un bon moment vu que c'est bien joué, bien réalisé et bien composé (Morricone a déjà fait des BO pourries ?).
Par contre, autant prévenir, pour les adorateurs de Charles Bronson, qui n'auraient pas encore vu ce long métrage: son temps de présence est minime, c'est quasiment de la figuration.

http://www.youtube.com/watch?v=n-DBIavPlnY

4/6

#11 comedian17

comedian17

    Leprechaun

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Posté 15 November 2011 - 22:20 PM

Le Serpent avait aussi de quoi étonner aussi.Une distribution incroyable (Bruyner ,Noiret , Fonda) dans une histoire d'espionnage dans les réglés de l'art tourné sur plusieurs pas je crois .Et la première fois que j'ai vu le film , ce fut un choc , j'ai vraiment adoré ce film trés méconnu qui n'a meme pas eu droit a une sortie dvd je crois
Tu peux toujours tonner camarade ....

#12 Scalp

Scalp

    Booby Lapointe

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Posté 20 February 2012 - 12:36 PM

Week-end à Zuydcoote Henri Verneuil - 1964

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Il est bien ce film, on dirait Jarhead en réussit ( ceci est un attaque complétement gratuite mais la comparaison fait quand mal au cul de Mendes ).
Une des bonnes réussite du duo Belmondo/Verneuil avec Peur sur la Ville, Le Corps de mon Ennemi et 100 000 dollars au soleil, finalement le seul film vraiment pas génial de leur collaboration c'est Le Casse ( ceci dit j'ai toujours pas revu Les Morfalous qui a l'air quand même bien pourri ).
Cette partie de la WW2 c'est une qu'on a pas trop l'habitude de voir au cinéma en fait à part la 7ème Compagnie y a même pas d'autres films qui traite de la branlée française de 1940 ( y a bien l'excellent Bon Voyage mais il adopte le point de vue civil ), ici Verneuil adopte un ton tragicomique casse gueule qui fonctionne à merveille.
On suit donc Belmondo qui va errer pendant 2h dans cette ville en bord de mer ( le film a un aspect road movie je trouve ), rythmé par les bombardements incessant allemand et les rencontres plus ou moins incongru, c'est typiquement le genre d'histoire sans enjeux qui peut vite me souler si je m'attache pas au personnage mais làla nonchalance de Belmondo fait des merveilles, elle retranscrit très bien les états d'âmes d'un personnage qui ne sait pas quoi faire, qui ne comprend pas ce qui arrive ( d'ailleurs personne ne comprend ), la légèreté des dialogues tranchent avec la gravité de la situation ( car ici c'est pas la 7ème Cie quand même ) et malgré une construction narrative proche du film à sketch, le film reste prenant de bout en bout ( mais bon cette structure narrative même si elle fonctionne à pour moi quelques petites faiblesse qui fait qu'on a pas le chef d'oeuvre qu'on aurait put avoir ).

Verneuil dresse un état des lieux sans concession et désabusé de la situation entre les futurs collabo ( excellent Pierre Mondy en déserteur prête à tout pour gagner du fric ) et le chaos ambiant où pillage et viol sont au programme, on voit ça à travers les yeux innocent de Belmondo qui lui aussi cédera à des pulsions, ici pas de manichéisme et on l'impression que chaque personnage est un mort en sursit, tant la mort frappe à n'importe quel moment, et on ressent vraiment ce sentiment d'impuissance alors que l'ennemi est invisible ( on voit 3 soldats allemand en tout est pour tout ).
Comme souvent avec les films de cet époque, c'est très bien dialogué ( et puis des bons dialogue dans le bouche de Belmondo c'est toujours quelque chose ).

Techniquement Verneuil c'était un gars bien doué, et ici en plus il a des gros moyens à sa disposition, la reconstitution d'époque est foisonnante, entre les milliers de figurants, les bombes qui pètent toute les 10 minutes, les maisons en ruines, tout les engins de guerre, non franchement c'est jamais cheap et c'est clairement appréciable, après sur la réal en elle même, y a des bons petits plans séquences, quelques idées avec l'utilisation réussit de la vue subjective ( la fin avec Belmondo mais surtout le passage où l'allemand tombe avec son parachute ).

Belmondo fait le boulot, pas sa meilleure prestation, mais c'est solide et son personnage change des idéalistes de ce genre de film, on s'attache immédiatement à son personnage, de même qu'a tout ses collègues avec un bon casting : Jean Pierre Marielle ( excellent dans un rôle de curé soldat ), Pierre Mondy, François Périer et Georges Géret, par contre Catherine Spaak elle joue faux sur la moitié de ses répliques, ça le fait moyen quand même ( le pire c'est le passage avec l'actrice qui joue sa soeur, on dirait du AB production ).

La zic de Jarre en rajoute dans le ton tragicomique et elle est vraiment plaisante à entendre.
Verneuil réussit avec brio son plaidoyer contre la guerre, c'est jamais lourd ( c'est souvent le soucis principal de ce genre de film ) et c'est très pertinent, film un peu oublié de la longue film de Verneuil qui mériterait d'être plus reconnu.

4,5/6



#13 profondo rosso

profondo rosso

    Bluette Prof

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Posté 25 April 2012 - 19:40 PM

Les Amants du Tage (1955)

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Le Français Pierre Roubier, après avoir été jugé en France pour le meurtre de son épouse, s'est reconverti en chauffeur de taxi à Lisbonne. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de la séduisante Kathleen Dinver, veuve d'un lord, et en tombe éperdument amoureux. Mais Pierre découvre bientôt que Kathleen fait l'objet d'une filature, soupçonnée d'avoir assassiné son mari.

Les Amants du Tage n'est pas le titre le plus connu de la très populaire filmographie d'Henri Verneuil mais certainement une de ses grandes réussites. Le film est adapté d'un roman de Joseph Kessel (également au scénario) pour un beau mélodrame où on trouve surtout l'aspect dépaysant et romantique rattaché à l'auteur plutôt que sa veine politique. L'ouverture offre un fulgurant moment de cinéma annonçant la nature passionnée des évènements à venir. Au lendemain de la guerre, Pierre Roubier (Daniel Gélin) de retour au foyer trouve son épouse au lit avec son amant. C'en est trop pour lui après ses mois de séparation et dans un élan de folie il abat celle-ci de la mitrailleuse dont il était encore armé. Son passé de soldat héroïque lui vaut un acquittement miraculeux grâce à la plaidoirie brillante de son avocat et la bienveillance du jury.

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La punition que la justice lui a refusée a refusée, il se l'infligera seul dans un exil solitaire qui le mènera à Lisbonne où il officie en tant que taxi. Là, il traîne sa culpabilité ressasse les idées noires en attendant le bateau qui l'emmènera ailleurs où il reproduira ce cycle. Daniel Gélin totalement éteint est excellent pour exprimer la dérive du personnage avec une certaine dualité entre cette apathie mentale lui valant la bienveillance de son entourage et une flamme qui ne demande qu'à être ranimée. Ce sera le cas avec l'arrivée de Kathleen (Françoise Arnoul) la veuve française d'un lord avec qui il va vivre une folle passion.

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La différence entre les deux personnages exprime toute la grande question du film : la sincérité. Gélin est un être authentique, à fleur de peau et écorché vif dont le visage est un véritable miroir de ses émotions. A l'inverse Françoise Arnoult véhicule une séduction, un mystère et un secret de tous les instants dans une performance énigmatique dont elle a le secret. Verneuil exprime d'ailleurs cette idée visuellement en montrant dès l'ouverture le crime fatal et regretté de Gélin, tandis que le mystère plane longtemps sur le passé de Françoise Arnoul reste longtemps flou puis que le doute s'instaurera insidieusement sur sa propre culpabilité dans le crime dont elle est accusée. Comme le soulignera un dialogue en fin de film, les passés criminels (établi pour lui questionné pour elle) qui les semblent les rapprocher les sépare en fait par leurs motivations. Gélin est l'auteur d'un pur acte passionnel quand Arnoul est soupçonné d'avoir agi dans un unique but véniel. Dès lors la deuxième partie se fera pesante et sombre en semant le doute dans le couple harcelé par l'affable mais tenace inspecteur de Scotland Yard incarné magistralement par Trevor Howard. Les dialogues sophistiqués de Kessel renforcent le désenchantement de l'ensemble.

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Le spectateur est dans la même expectative contredisant une première partie aux envolées romantiques somptueuse et envoutante. Verneuil capte magnifiquement la respiration de cette Lisbonne ensoleillée avec une mise en scène sublime d'élégance. Les palaces somptueux mais oppressant où Arnoul croise d'anciennes connaissances huppées laisse bientôt place aux rues grouillantes de la ville, à ses bars en bondés où se jouent des fados mélancoliques et langoureux. Théâtre de cette romance, Lisbonne est saisie dans toutes ses excentricités et son folklore (les femmes en noir venant sur la plage implorer la mer de ramener leur hommes) par son réalisateur divinement inspiré dont le sens visuel n'a jamais été plus aboutit.

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Le summum est atteint sur la belle séquence nocturne sur la plage où les deux amants déambulent, s'apprivoisent et s'unissent dans une étreinte d'une grande sensualité. Françoise Arnoul n'a peut-être jamais été plus désirable qu'ici, Verneuil la magnifiant constamment dans des poses lascives et charnelle. Cette beauté est pourtant à double tranchant, signifiant un dangereux piège comme un paradis où s'abandonner. On retiendra ce moment où Gélin devient soupçonneux et interroge son amie, mais il suffira que la caméra parcoure lentement les courbes de Françoise Arnoul pour que la discussion soit interrompue.

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L'ambiguïté et le doute restent entiers jusqu'aux tout derniers instants, résolus par une bouleversante conclusion. On aura déjà précédemment eu le fin mot de l'histoire quant au passé de Françoise Arnoul mais ce final résout le doute sur ces sentiments de la plus belle des manières. Sans doute séparés pour de bon, les amants du Tage n'ont jamais été plus proches. 5/6

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#14 Leeo

Leeo

    Gremlins

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Posté 26 April 2012 - 18:05 PM

Quoi ? Un topic sur Verneuil et pas un mot sur I comme Icare, film d'espionnage sorti en 1979, avec un Montand au sommet de la gloire ? Je me dois de réparer l'oubli :

Image IPB

L'ensemble du film se déroule dans un pays fictif qui évoque cependant fortement les États-Unis (notamment avec les drapeaux et la devise du pays, le dollar). On peut constater dans certains plans, l'insistance sur l’aspect international du scénario par la multitude des langues présentes, par exemple sur les panneaux indicateurs, et par un décor très neutre, rendant l'action possible dans n'importe quel pays.

À la suite de l'assassinat du président Marc Jarry récemment réélu, une commission d'enquête dirigée par le président de la Haute Cour de Justice, Frédéric Heiniger, est instituée afin d'élucider les circonstances de l'attentat. Le rapport final de cette commission précise qu'il n'y a eu qu'un seul tireur, Karl-Erich Daslow, ayant agi seul, par folie et avec préméditation. Ces conclusions ne satisfont pas le procureur Henri Volney (Montand), à qui sont remis les pleins pouvoirs afin de continuer l'enquête.

I comme Icare imagine une situation fictive, fortement inspirée de la théorie d'un complot ayant conduit à l'assassinat de John F. Kennedy.

Le film s'appuie sur l'allégorie d'Icare : à vouloir trop s'approcher de la vérité, on se brûle les ailes. Mais d'une manière générale, ce film est une critique féroce du pouvoir dans les sociétés modernes et approche particulièrement la manière dont un pouvoir, quel qu'il soit, peut amener un quidam à effectuer des actes d'une grande cruauté.

(source : Wiki)


Un bon petit thriller parano, qui se regarde bien malgré les années et incite à réfléchir
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avec une
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comme beaucoup de films à l'époque.

4,5/6
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#15 darklinux

darklinux

    Truand 2 La Grammaire

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Posté 26 April 2012 - 19:44 PM

I comme Icare est clairement un chef d 'œuvre , comme le corps de mon ennemi
Spoiler
. Le Serpent j ' en est de vague souvenir ...ce style de film manque à la production française , mais ont préfère financé du " Prénom" ou du " Maman " avec Mathilde Seigner , tout est dit

#16 Squirrel

Squirrel

    Gremlins

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Posté 15 June 2012 - 11:59 AM

J'ai revu I comme icare, et c'est un vrai chef-d'oeuvre. Bien moins chiant que JFK :mrgreen:
Aaaah, cette époque où la France n'avait pas à pâlir de ses thrillers ...

#17 Cooper

Cooper

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Posté 15 June 2012 - 12:08 PM

Entièrement d'accord jusqu'à la comparaison avec JFK :mrgreen:

#18 Squirrel

Squirrel

    Gremlins

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Posté 15 June 2012 - 13:38 PM

(Non mais j'adore JFK, hein ...)

#19 Gatsu

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    Faut que j'aille dormir

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Posté 25 June 2012 - 13:27 PM

Sortie le 22 Avril dernier, il me le faut.

Henri Verneuil, profession conteur

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Que reste-t-il d’un des plus grands réalisateurs français ? Plutôt méconnu du grand public malgré ses succès au box-office, Henri Verneuil, né Achod Malakian, a pourtant filmé les plus grands. De Fernandel à Delon, de Belmondo à Gabin, en passant par Montant, comment a-t-il dirigé ces légendes du cinéma français ? Pour répondre à ces questions, la parole est laissée à ses proches et ses collaborateurs. Considéré comme le plus américain des cinéastes français, comme un conteur professionnel, Henri Verneuil laisse derrière lui des chefs d’œuvre du Cinéma français comme “La vache et le prisonnier”, “Mélodie en sous-sol”, “Un singe en hiver”, “Le clan des siciliens” et un total de plus de 90 millions d’entrées sur toute sa carrière. Avec la participation de Françoise Arnoul, Claude Pinoteau, Pierre Mondy, Jacques Bar, Patrick Malakian, Robert Hossein, Costa-Gavras, Richard Berry, Jonathan Broda.


Contenu du DVD : Henri Verneuil, profession conteur

Le documentaire
- L’ennemi public n°1, de Jules Dassin à Henri Verneuil.
- Mélodie en sous-sol, les dialogues de Michel Audiard.
- Henri Verneuil, la méthode de travail.
- Verneuil-Belmondo, les anecdotes de tournage.


Ils en parlent plus longuement ici (avec un extrait du doc):

http://www.forgotten...henri-verneuil/

#20 Gatsu

Gatsu

    Faut que j'aille dormir

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Posté 28 June 2012 - 13:36 PM

Ah putain, c'est l'un de mes films préférés du cinéaste. En espérant que le transfert HD soit de qualité.
L'autre jour le film est passé à la téloche, avec une image immonde: recadrée et en couleurs.




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