Terrible, effectivement.
La construction du récit est assez implacable dans le cheminement progressif à travers la violence et le désespoir, de ce jeune gardien de prison qui, alors qu'il vient juste repérer les lieux la veille de son premier jour, se retrouve pris au cœur d'une émeute. Le tout n'est certes pas exempt de défauts, notamment les scènes nous montrant quelques instants de bonheur entre le gardien et sa femme en flashback, mais ses scènes ont le mérite d'être assez courtes. La relation entre les perso de Juan Oliver le jeune gardien et Juan Malamadre, un détenu bourrin et badass, est assez bien écrite.
La mise en scéne est efficace, sans être extraordinaire. Pourtant, le climat de violence et la tension inhérente au postulat de base sont parfaitement retranscrites. Le budget ne me semble pas mirobolant et Daniel Monzón s'en sort toutefois avec une certaine maitrise dans certains plans et dans certaines séquences où le "pris sur le vif" fait efficacement oublier le manque de moyen.
Les acteurs sont excellents. Luis Tosar qui incarne Malambre est impressionnant. Bourrin, bourru, gueulant sur tout le monde de sa voix enrayée, imposant par sa présence physique ; et pourtant assez réglo dans le semblant de code d'honneur qu'il entretient et dans les diverses revendications qu'il formule. Alberto Amman qui joue Juan Oliver, le gardien, est lui aussi très bon dans le rôle et nous fait passer par une gamme d'émotion allant de la peur, au désespoir, pour finir dans la rage.
Excellent...
5/6