Mad Movies: Cloclo - Florent-Emilio Siri (2012) - Mad Movies

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Cloclo - Florent-Emilio Siri (2012)

#271 L'utilisateur est hors-ligne   Cfury 

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Posté 22 mars 2012 - 09:37

Voir le messageMcClane, le 22 mars 2012 - 00:01 , dit :

(...) mais tout le dispositif de mise en scène de Cloclo sert à construire un propos dont la finalité est véritablement de mettre le spectateur dans les chaussures du chanteur sans jamais s'essayer à une psychanalyse de ses états d'ame susceptible de desservir son propos (...)

C’est pourtant ce à quoi s’emploie le film durant la partie se déroulant en egypte où il faut déjà mettre le spectateur dans certaines dispositions quant au futur de Claude François. A savoir qu’il savait taper sur les djembés et qu’il avait déjà un super jeu de jambes sur des rythmes arabes. Comme il fallait déjà en faire quelques caisses sur son profil méticuleux (répété en boucle dans le film).

Quant aux ellipses, aux personnages dont on ne sait pas trop le "pourquoi du comment" de leur éviction, je dirai que pour un film sous contrôle (parce qu'il l'est, c'est une évidence), et qui a du mal à projeter autre chose que tout ce que j’ai déjà reproché au film, la meilleure idée aurait été d’evaluer le bouzin sous l’angle de la musique (si je connais pas assez bien l'artiste au point d'en faire une critique façon geek, je sais où il a pompé sa musique, et sa rencontre avec Lamont Dozier –entre autre- aurait beaucoup donné au caractère visionnaire du chanteur, que ne fait qu’effleurer finalement le film de Siri).
Parce que l'on mesure bien qu'en 2H30, en dehors de son caractère maniaque et de ses frasques sexuelles, y’avait pas grand-chose à raconter sur Claude François.


Voir le messageMccoy, le 22 mars 2012 - 01:55 , dit :

Voir le messageCfury, le 21 mars 2012 - 19:19 , dit :

Faire un truc qui mette la patate sur les tubes de Claude François, c'est ça le défi putain, des idées qui fédèrent autour de ces chansons, que Claude Francois ne reste pas seulement le mec dont on passe "Ces années là" dans les anniversaires de mémé, sans déconner.

Ba c'est marrant mais c'est exactement comme ça que j'ai vu le film, comme quoi.

Je cherche à convaincre personne que c'est nul, hein, et surtout pas ceux qui ont trouvé ça jouisséreux™
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#272 L'utilisateur est hors-ligne   McClane 

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Posté 22 mars 2012 - 11:31

Voir le messageCfury, le 22 mars 2012 - 09:37 , dit :

Voir le messageMcClane, le 22 mars 2012 - 00:01 , dit :

(...) mais tout le dispositif de mise en scène de Cloclo sert à construire un propos dont la finalité est véritablement de mettre le spectateur dans les chaussures du chanteur sans jamais s'essayer à une psychanalyse de ses états d'ame susceptible de desservir son propos (...)

C’est pourtant ce à quoi s’emploie le film durant la partie se déroulant en egypte où il faut déjà mettre le spectateur dans certaines dispositions quant au futur de Claude François. A savoir qu’il savait taper sur les djembés et qu’il avait déjà un super jeu de jambes sur des rythmes arabes. Comme il fallait déjà en faire quelques caisses sur son profil méticuleux (répété en boucle dans le film).

Quant aux ellipses, aux personnages dont on ne sait pas trop le "pourquoi du comment" de leur éviction, je dirai que pour un film sous contrôle (parce qu'il l'est, c'est une évidence), et qui a du mal à projeter autre chose que tout ce que j’ai déjà reproché au film, la meilleure idée aurait été d’évaluer le bouzin sous l’angle de la musique (si je connais pas assez bien l'artiste au point d'en faire une critique façon geek, je sais où il a pompé sa musique, et sa rencontre avec Lamont Dozier –entre autre- aurait beaucoup donné au caractère visionnaire du chanteur, que ne fait qu’effleurer finalement le film de Siri).
Parce que l'on mesure bien qu'en 2H30, en dehors de son caractère maniaque et de ses frasques sexuelles, y’avait pas grand-chose à raconter sur Claude François.



Je vois vraiment pas en quoi ces éléments de sa jeunesse seraient une tentative du réalisateur d'explorer le personnage sous un angle psychologisant (d'autant que sa minutie n'est suggérée que par petites touches, à travers certaines de ses attitudes. Pas de scène de 3 plombes dans lesquelles le mec repasse 250 fois sa chemise et fait les gros yeux à ses gosses parce qu'ils ont pas brossé leur dents). C'est surtout pour annoncer un destin, un peu comme l'élu providentiel qui parviendrait à changer l'eau en vin durant sa jeunesse (en terme purement symbolique s'entend, d'où pour moi l'assimilation des partis-pris narratifs du film à un songe). Surtout, cinématographiquement, ça permet à Siri de faire émerger le personnage comme maestro de sa trajectoire, à savoir qu'il commence à cet instant à envisager avec le spectateur sa carrière de chanteur (à un niveau intradiégétique), mais aussi à conditionner le rythme général du film, comme si la mise en scène s'inventait en même temps que les pas de Cloclo. Là encore, on est dans une optique purement rythmique et émotionnelle, le caractère méticuleux et perfectionniste du bonhomme constituant davantage une extrapolation du spectateur à ce moment donné qu'une volonté du réalisateur d'en constituer un propos (surtout qu'on embraye rapidement sur autre chose, d'où l'idée que c'est le personnage et la mise en scène sont en symbiose parfaite).

Dans l'absolu, tu as largement raison et tort à la fois quand tu écrit que c'est un film sous contrôle, puisqu'on a l'impression que le personnage décide (à son insu) du découpage du film. Ses pas, sa musique et la façon de vivre les choses précipitent les événements d'une plage émotionnelle à une autre, à un niveau qui se jouerait évidemment dans son inconscient (quelque part, à la fin, apaisé, c'est une manière pour lui de se réveiller, laissant nous laissant avec les autres personnages dans les décombres du rêve dans lequel il fut le héros).

Musicalement parlant, le film met quand même l'accent sur le fait que le mec fut le premier (enfin il me semble) chanteur à prendre sa carrière en main jusqu'à éliminer les intermédiaires entre lui et le public, souligne sa volonté de diversifier ses activités pour contrôler son image et s'infiltrer dans les divers secteurs médiatiques (le premier artiste-businness man en somme), met en lumière sa compréhension instinctive d'importer les modes musicales U.S en France (quel aboutissement lorsqu'il inverse la tendance avec My Way).

D'ailleurs, celle-ci est spécialement pour toi, mais à plusieurs reprises je me suis fait la réflexion que quelque part, Booba se présentait comme l'équivalent contemporain et rapologique de Claude François (et pas dans le mauvais sens).

#273 L'utilisateur est en ligne   Mccoy 

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Posté 22 mars 2012 - 15:24

Voir le messageMcClane, le 22 mars 2012 - 11:31 , dit :

Booba se présentait comme l'équivalent contemporain et rapologique de Claude François (et pas dans le mauvais sens).

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(mais pourquoi??…..je t'aime bien pourtant mec…)

Mais gros plussin au reste quand même, surtout sur le fait que Siri ne s'attarde pas 3 plombes sur le côté Maniac du perso, tout est montré par petit bout (un très bon exemple est ce plan séquence qui suit Claude Francois de sa fête dans son jardin à la chambre de son fils, ou il replace un cadre de traviole). Tu te dis que la finalité du personnage n'en est que plus logique, que limite ça ne pouvait qu'arriver qu'il meurt de cette façon.
Comme Brakanus j'ai beaucoup pensé à Boogie Nights, surtout lors de la période égo-trip du personnage, rendue absolument jouissive par un sens du rythme qui force le respect (ce montage!!), des idées de mise en scène qui rappel Paul Thomas Anderson d'ailleurs, avec une utilisation intelligente du plan séquence, qui a les deux premières fois passe d'un endroit calme à un endroit à l'ambiance survolté, à l'inverse la troisième fois avec le passage de sa fête à la chambre de son fils. Et Siri infuse une sacré pêche à ses scènes musicales, franchement foutre la banane sur du Claude Francois je dis bravo (et encore sans être un détracteur, je suis loin de trouver que ses musiques sont nulles à chier). J'ai une réserve sur certains passages musicaux, trop longs et appuyés (les clips nottament, et la fin avec My way, je suis pas du tout entré dans le trip), mais la plupart des morceaux sont choisis avec pertinence (voir la naissance de Comme d'habitude, ou le nabout twist) et tendent à décupler l'émotion lors de certaines scène (dont une putain de scène onirique qui m'a foutu la larme à l'oeil).
J'ai senti une longueur vers la fin également mais le reste est tellement maitrisé que je ne peux que m'incliner.
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#274 L'utilisateur est hors-ligne   Gutburger 

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Posté 22 mars 2012 - 15:46

En même temps, si le mec est hyper maniac mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il nique souvent mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il est hyper possessif mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran etc... On montre quoi à l'écran alors ?

Cfou dit :

la meilleure idée aurait été d’evaluer le bouzin sous l’angle de la musique

Bah c'est qu'en même un des trucs qui est au cœur du film (avec le côté maniac/possessif tout ça), dans le fond ou dans la forme la musique imprègne Cloclo the movie à plusieurs reprise.
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#275 L'utilisateur est hors-ligne   McClane 

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Posté 22 mars 2012 - 16:30

Voir le messageMccoy, le 22 mars 2012 - 15:24 , dit :

Voir le messageMcClane, le 22 mars 2012 - 11:31 , dit :

Booba se présentait comme l'équivalent contemporain et rapologique de Claude François (et pas dans le mauvais sens).

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(mais pourquoi??…..je t'aime bien pourtant mec…)



Nan mais je kiffe B2O hein, je pensais juste au modèle de carrière, avec le regard tourné vers les States, la volonté de décliner son image dans d'autres secteurs médiatiques, les critiques et jalousies engendrés par tout ça auprès de ses pairs...


Voir le messageGutburger, le 22 mars 2012 - 15:46 , dit :

En même temps, si le mec est hyper maniac mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il nique souvent mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il est hyper possessif mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran etc... On montre quoi à l'écran alors ?



+1 (Srt que c'est présent, mais jamais sous un angle qui se voudrait pathologique).

#276 L'utilisateur est hors-ligne   Cfury 

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Posté 22 mars 2012 - 20:02

Voir le messageMcClane, le 22 mars 2012 - 11:31 , dit :

Je vois vraiment pas en quoi ces éléments de sa jeunesse seraient une tentative du réalisateur d'explorer le personnage sous un angle psychologisant (d'autant que sa minutie n'est suggérée que par petites touches, à travers certaines de ses attitudes. Pas de scène de 3 plombes dans lesquelles le mec repasse 250 fois sa chemise et fait les gros yeux à ses gosses parce qu'ils ont pas brossé leur dents). C'est surtout pour annoncer un destin, un peu comme l'élu providentiel qui parviendrait à changer l'eau en vin durant sa jeunesse (...)

Ben cette répétition, elle existe pourtant. Pas sur de longues scènes de 3 heures (personne n'aura d'ailleurs prétendu ça), mais sur des plans assez nombreux dans le film pour bien piger a qui l’on avait affaire.
Dans ce que tu appelles "l’annonce d’un destin", et bien j’y vois un manque de subtilité certain pour croquer un personnage réel (l'hyper-stéréotype du biopic). Je pourrai malheureusement pas te dire autre chose que, la jeunesse de François en Égypte, renvoie bien à son analyse (à ce titre, l’échange de regard coquin entre son père et sa gouvernante, permettra d’identifier le côté coureur de Claude Francois : c’est dans les gênes dira le cinéaste avec sa caméra... -> ici le smiley de ton choix).
Apres quand je crois Cloclo sous "contrôle", ce n’est pas, comme toi, pour assurer un dispositif narratif, mais plutôt parce que dans un film où il y'aura des comptes à rendre, j'aurai bien aimé qu'on balaie tout consensus moral au profit de la chronique musicale.
Quant au niveau diégétique du film, il n'y aura guère qu'un moment que je trouve assez formidablement réussi, et sur tous les plans en plus, c'est ce "merci" indirect de Sinatra à François : le film pour les fans d'un fan; bon je trouve cet instant plutot fort, en plus d'être le seul moment où j'ai pas envie de mettre une droite à Jeremy Renier (et émotionnellement ça m'a saisi)
On ne sera de toute façon pas d'accord avec nos visions respectives du film, mais l'analogie avec booba est bien vu effectivement (l'imagerie rococo, le côté self made man, les textes minimalistes, la tentative de coller au près au son US... il n'a manqué à cloclo que les punchlines en fait)
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#277 L'utilisateur est hors-ligne   McClane 

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Posté 22 mars 2012 - 23:53

Voir le messageCfury, le 22 mars 2012 - 20:02 , dit :


Ben cette répétition, elle existe pourtant. Pas sur de longues scènes de 3 heures (personne n'aura d'ailleurs prétendu ça), mais sur des plans assez nombreux dans le film pour bien piger a qui l’on avait affaire.
Dans ce que tu appelles "l’annonce d’un destin", et bien j’y vois un manque de subtilité certain pour croquer un personnage réel (l'hyper-stéréotype du biopic). Je pourrai malheureusement pas te dire autre chose que, la jeunesse de François en Égypte, renvoie bien à son analyse (à ce titre, l’échange de regard coquin entre son père et sa gouvernante, permettra d’identifier le côté coureur de Claude Francois : c’est dans les gênes dira le cinéaste avec sa caméra... -> ici le smiley de ton choix).
Apres quand je crois Cloclo sous "contrôle", ce n’est pas, comme toi, pour assurer un dispositif narratif, mais plutôt parce que dans un film où il y'aura des comptes à rendre, j'aurai bien aimé qu'on balaie tout consensus moral au profit de la chronique musicale.
Quant au niveau diégétique du film, il n'y aura guère qu'un moment que je trouve assez formidablement réussi, et sur tous les plans en plus, c'est ce "merci" indirect de Sinatra à François : le film pour les fans d'un fan; bon je trouve cet instant plutot fort, en plus d'être le seul moment où j'ai pas envie de mettre une droite à Jeremy Renier (et émotionnellement ça m'a saisi)
On ne sera de toute façon pas d'accord avec nos visions respectives du film, mais l'analogie avec booba est bien vu effectivement (l'imagerie rococo, le côté self made man, les textes minimalistes, la tentative de coller au près au son US... il n'a manqué à cloclo que les punchlines en fait)


Et en plus, ils alignent les meufs à leur pieds (quoi qu’avant, on les appelait "conquêtes", aujourd'hui on dirait juste "biatch").

Après, ce que tu trouves être de la répétition bien insistante, je l'ai vu simplement comme un moyen d'assurer la cohérence de la caractérisation du personnage, surtout dans la mesure ou tu peux pas je pense te permettre de croquer un destin aussi atypique sans convoquer les traits de caractère qui l'ont mené là ou il est (pour le meilleur comme pour le pire).

Pour la scène que tu mentionnes avec le père, je l'ai surtout perçu comme le volonté de montrer que comme son fils plus tard, c'est non seulement un homme qui plaît aux femmes, mais qui se donne un mal de chien pour conserver cette apparence séductrice (sans vraiment vouloir se l'avouer d'ailleurs...Contrairement à son fils, qui acquérira une hyper-conscience de son image).

+1 par contre pour la scène avec Sinatra qui est vraiment saisissante, même si le film multiplie à mon sens les idées de mise en scène pour procéder occasionnellement à ce genre de mise en abyme (même le rapport extra/intradiégétique procède davantage d'une perspective émotionnelle et rythmique que réflexive).

#278 L'utilisateur est hors-ligne   Dark_Phoenix 

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Posté 23 mars 2012 - 04:15

Etrange toutes ces personnes qui disent détester Claude François, à la sortie de "Podium", tout le monde avait l'air d'apprécier l'artiste (y compris ici il me semble, mais j'ai pas retrouvé le topic du film en question pour vérifier), mais là il y a une espèce de consensus un peu partout pour dire que c'était un connard fini. C'est à la mode en 2012 de chier sur Cloclo, dommage pour Florent Siri, mauvais timing.

Je connaissais pas plus que ça la vie de Claude François, j'aime bien ses chansons de manière générale, beaucoup d'émotion dans sa façon de chanter, un timbre de voix très particulier, c'est de la bonne variété française, sans doute un des meilleurs chanteurs interprètes qu'on a eu en France.

La mise en scène du film est top et généreuse, on sent une volonté d'offrir une vraie diversité dans les différentes séquences, avec à chaque fois un découpage et un choix de plans très pertinents, mention spéciale au plan long où Claude est dans sa bagnole, cadré de profil, avec les nanas qui s'agrippent pour lui glisser un mot. L'implication de Florent Siri est totale, et je ne trouve pas la réalisation et les indices disséminés ici et là lourdingues, tout est au service de la finalité du film et de la vie du perso interprété par Jérémie Renier.
Mon gros regret porte sur la scène de la salle de bain, ou plutôt du dernier tiers du film, tout s'enchaîne trop vite, et le sentiment d'inachevé se fait ressentir. Peut-être une note d'intention du réalisateur pour faire un parallèle avec la vie de Cloclo sans doute, mais ça reste frustrant.

Globalement j'ai vraiment beaucoup apprécié le film qui est riche en anecdotes, pas mal de trucs que j'ignorais sur la vie du chanteur (son 1er "tube", son gosse caché, ses liaisons, sa relation avec sa mère accro aux jeux, etc), Claude François est montré avec tous ses défauts mais prend aussi une dimension plus importante que dans la réalité puisque finalement, les noms d'autres grands chanteurs comme Gainsbourg ne sont que mentionnés, ça aurait été intéressant pour le coup de reprendre l'acteur qui a récemment interprété Gainsbourg le temps d'une scène, faire un Avengers chez les chanteurs, en France.

Là où je trouve qu'il y a une énorme prise de risque, qui est à la fois une vraie qualité mais aussi un énorme défaut, c'est d'avoir fait jouer à Jérémie Renier le perso de Claude à l'âge de 20-22 ans... Personne n'y croyait dans la salle. Quand Claude dit "j'ai 22 ans", il y a eu pas mal de rires, j'ignore l'âge de l'acteur mais il fait au moins 35-40 ans, on aurait pu nous épargner cette ligne de dialogue... Mais c'est couillu d'avoir pris un acteur (en dehors du môme, bon là évidemment y avait pas le choix.. quoique ça aurait été fendard)largement passé la trentaine pour jouer un perso de 20 à 40 ans. Normalement tu prends un acteur de 20 ans et tu le vieillis, style Retour vers le futur, ou alors tu prends 2 acteurs (mais ça c'est naze en général, cf Superman), mais là prendre un mec qui a pratiquement l'âge du perso à sa mort pour lui faire jouer sa quasi adolescence, c'est couillu. Ou stupide.

Je pense que c'était vraiment intéressant de faire un film sur un tel perso, et que l'exécution est plutôt vraiment réussie. On aurait pu voir plein d'autres choses évidemment, mais on a un vrai point de vue, qui n'est pas le point de vue de Michel Drucker, avec pas mal de prises de risque auxquelles j'adhère totalement, comme avoir mis 2 fois en full "Comme d'habitude" (une fois en français, une fois en anglais), ça c'est typiquement le genre de truc qui a du être l'objet de grosses prises de tête, et c'est justement symbolique que ce soit cette song qui y passe: dans sa version anglaise, elle reflète le parcours d'un mec qui n'accepte pas les compromis, qui emmerde les formats, et qui fait son truc, et je trouve que ça s'applique à la fois extrêmement bien à Claude François (bien plus qu'à Sinatra) et aussi à un réalisateur comme Florent Siri, donc choix impeccable, je valide à 200%. Et pourtant on est dans un film à-priori tout public, formaté etc etc, sauf qu'en fait, pas du tout.

Franchement une bonne surprise, normalement les films de Florent Siri m'endorment (son 1er film .. "1 minute de silence" je crois, soporifique, "L'ennemi intime" même topo, "Nids de guêpes" c'est mieux) mais je sais que sa réal est à chaque fois excellente, donc là vu que le sujet m'intéressait, la sauce prend, pas loin d'un sans faute, chapeau l'artiste. Bon ma review est merdique, mais en tous cas pour ceux qui ne l'ont pas vu et qui se sont tapé plusieurs pages de critiques aigries, moi je vous dis allez le voir, c'est le meilleur film que j'ai vu en ce début d'onnée. Il est tout ronron le cloclo.
"C'est un film d'auteur avec un scénario, mec! " Johnnada666 à propos de Edge of Tomorrow (178 millions de dollars de budget, Tom Cruise, réalisé par un mec underground "Mr & Mrs Smith" et "La mémoire dans la peau")

#279 L'utilisateur est hors-ligne   Evil Seb 

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Posté 23 mars 2012 - 09:21

Voir le messageGutburger, le 22 mars 2012 - 15:46 , dit :

En même temps, si le mec est hyper maniac mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il nique souvent mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il est hyper possessif mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran etc... On montre quoi à l'écran alors ?

Si si on le montre. Et bien.
Faut croire que si on ne surligne plus les choses les spectateurs sont incapables de les comprendre. Alors que c'est montré tout au long du film. Du début à la fin presque sans interruption d'ailleurs.

Maintenant le film est un peu inégal mais y'a de grands moments de cinéma la dedans.

Ah puis j'oubliais, Magimel est parfait en Sarkozy Lederman. Fils!
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#280 L'utilisateur est hors-ligne   Gutburger 

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Posté 23 mars 2012 - 14:56

Voir le messageEvil Seb, le 23 mars 2012 - 09:21 , dit :

Voir le messageGutburger, le 22 mars 2012 - 15:46 , dit :

En même temps, si le mec est hyper maniac mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il nique souvent mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il est hyper possessif mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran etc... On montre quoi à l'écran alors ?

Si si on le montre. Et bien.
Faut croire que si on ne surligne plus les choses les spectateurs sont incapables de les comprendre. Alors que c'est montré tout au long du film. Du début à la fin presque sans interruption d'ailleurs.

Je crois que t'as pas compris ce que je disais, ou alors c'est moi qui ai rien bité.
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#281 L'utilisateur est hors-ligne   Evil Seb 

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Posté 23 mars 2012 - 16:47

Voir le messageGutburger, le 23 mars 2012 - 14:56 , dit :

Voir le messageEvil Seb, le 23 mars 2012 - 09:21 , dit :

Voir le messageGutburger, le 22 mars 2012 - 15:46 , dit :

En même temps, si le mec est hyper maniac mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il nique souvent mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran, s'il est hyper possessif mais qu'il faut pas trop le montrer à l'écran etc... On montre quoi à l'écran alors ?

Si si on le montre. Et bien.
Faut croire que si on ne surligne plus les choses les spectateurs sont incapables de les comprendre. Alors que c'est montré tout au long du film. Du début à la fin presque sans interruption d'ailleurs.

Je crois que t'as pas compris ce que je disais, ou alors c'est moi qui ai rien bité.

Je croi qu'il doit y avoir un peu des deux :mrgreen:
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#282 L'utilisateur est hors-ligne   FRANK2009 

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Posté 24 mars 2012 - 03:37

Voir le messageDark_Phoenix, le 23 mars 2012 - 04:15 , dit :

Etrange toutes ces personnes qui disent détester Claude François, à la sortie de "Podium", tout le monde avait l'air d'apprécier l'artiste (y compris ici il me semble, mais j'ai pas retrouvé le topic du film en question pour vérifier), mais là il y a une espèce de consensus un peu partout pour dire que c'était un connard fini. C'est à la mode en 2012 de chier sur Cloclo, dommage pour Florent Siri, mauvais timing.


Là où je trouve qu'il y a une énorme prise de risque, qui est à la fois une vraie qualité mais aussi un énorme défaut, c'est d'avoir fait jouer à Jérémie Renier le perso de Claude à l'âge de 20-22 ans... Personne n'y croyait dans la salle. Quand Claude dit "j'ai 22 ans", il y a eu pas mal de rires, j'ignore l'âge de l'acteur mais il fait au moins 35-40 ans, on aurait pu nous épargner cette ligne de dialogue... Mais c'est couillu d'avoir pris un acteur (en dehors du môme, bon là évidemment y avait pas le choix.. quoique ça aurait été fendard)largement passé la trentaine pour jouer un perso de 20 à 40 ans. Normalement tu prends un acteur de 20 ans et tu le vieillis, style Retour vers le futur, ou alors tu prends 2 acteurs (mais ça c'est naze en général, cf Superman), mais là prendre un mec qui a pratiquement l'âge du perso à sa mort pour lui faire jouer sa quasi adolescence, c'est couillu. Ou stupide.





Mauvais Timing ? Je ne le pense, quand je vois que le film a fait un million d'entrée en une semaine(et pour un film d'une durée de 2h30) + le film a obtenu un taux de 95 % de satisfaction auprès du public qui l'a vu.

Certaines personnes ont chié sur Claude François dans le passé, actuellement cela n'a pas changé et dans le futur cela sera pareil ( cela n'empêchera pas tout les produits comme les CD, livres, film,... de se vendre comme des petits pains car il est toujours populaire malgré son côté Kitsch).




Concernant l'âge de Rénier et qu'il n'est pas crédible en cloclo Jeune !!!: tu étais avec qui dans la salle? la famille de Ray Charles et de Gilbert Montagné ? :mrgreen:


Alors là (de mon point de vue), Rénier est très crédible en jeune Cloclo !(dans la vingtaine).
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Jérémie Régnier à 31 ans, et il fait quand même un peu plus jeune que son âge.
Son look habituel:

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oui, je sais actuellement avec sa tronche barbu/cheveux court lors de la promo, il fait un poil plus vieux, car c'est tout simplement son look dans un film sur un prêtre




Cloclo dans La trentaine:
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Moi au contraire, ce qui me faisait peur avant de voir le film, c'était : " cet acteur qui a 30 ans et fait plus jeune que son âge, va t'il être crédible physiquement en Cloclo proche de la quarantaine ans ???"

Ben, oui.

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Bon, je pense que le maquilleur aura droit à son César :mrgreen:
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#283 L'utilisateur est hors-ligne   Mr Jack 

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Posté 24 mars 2012 - 11:02

J'ai pas trouvé d'un grand intérêt ce film. Certes la mise en scène est parfois intéressante (la fameuse scène de la voiture et des fangirls) mais c'est assez mal joué dans l'ensemble, excepté Jérémie Renier qui joue sans imiter le mythe Cloclo. Trop linéaire, dénué d'humanité, tout sonnait un peu faux, ça m'a pas mal fait penser à Dreamgirls dans le même genre (mais ricain). La deuxième partie est clairement plus intéressante que la première mais l'ensemble reste trop superficiel pour se démarquer des autres biopic du même genre (je pense surtout à Gainsbourg, qui reste la référence).

2/6

#284 L'utilisateur est hors-ligne   mochegirl 

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Posté 24 mars 2012 - 15:44

Je voudrais parler de la scène où on voit Claude dans sa voiture "assailli" par ses fans.

Elle s'inspire de cette vidéo. Regardez bien, c'est le même endroit.


http://www.ina.fr/ar...es-fans.fr.html

Regardez la première minute, surtout.

Que montre cette vidéo?
La volonté de montrer "Regardez, je suis une star". Le caméraman est dans la voiture, pour rappel. C'est une mise en scène de célébrité, il roule doucement, laisse sa fenêtre ouverte. Il pourrait venir en douce avec un chauffeur derrière des vitres teintées, mais non. Les fans l'attendent déjà, au bon endroit, parce qu'elles ont été mises au courant (avec un mec pour filmer, de préférence). Je dis par des conneries, je tiens ça des témoignages de l'entourage de cloclo lors d'émissions diverses.

Tout ça pour dire que cette scène me parait indispensable dans le film. Elle ne montre pas le succès du chanteur en lui même, mais encore une fois, l'image du chanteur à succès qu'il veut se donner.

Le film, que je ne trouve pas parfait, est cohérent de bout en bout, dans les pièces qu'il se fout dans les manches, les godasses sales du guitariste, le repoudrage de nez du père, etc... Enfin je vais pas raconter tout le film...
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#285 L'utilisateur est hors-ligne   Paullux 

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Posté 25 mars 2012 - 21:56

Voir le messageHo c Anne, le 21 mars 2012 - 14:40 , dit :

Pour ma part, Claude François n'est absolument pas de ma génération et j'avoue que je ne le connaissais qu'à peine de nom. C'est face au film que je me suis dit "Ah, ok, c'est lui qui chantait tout ça... Ben, finalement, je connais beaucoup de ses chansons".. (et franchement, c'est trop variétoche pour moi, mais là n'est qu'une question de goût).



Je passe sur le jugement esthétique ( :closedeyes: ), mais t'as quel âge pour ne connaître Claude François que de nom ? :closedeyes:


Sinon, elle a les yeux bleus Belinda/6
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