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Cloclo - Florent-Emilio Siri (2012)


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424 réponses sur ce sujet

#241 Ho c Anne*

Ho c Anne*
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Posté 21 March 2012 - 13:40 PM

Pour ma part, Claude François n'est absolument pas de ma génération et j'avoue que je ne le connaissais qu'à peine de nom. C'est face au film que je me suis dit "Ah, ok, c'est lui qui chantait tout ça... Ben, finalement, je connais beaucoup de ses chansons".. (et franchement, c'est trop variétoche pour moi, mais là n'est qu'une question de goût). Le film ?... Ben pour être franche, j'ai trouvé ça naze. Ok, c'est l'histoire d'un type rejeté par son père et qui a obstinément (et surtout maladroitement) cherché à se faire aimer des autres. Ok, en matière de marketing, il a peut-être changé des choses dans l'histoire de la musique, mais c'était apparemment bien plus par mégalomanie névrotique que sur un coup de "génie" artistique. Au final, j'ai trouvé ce type puant, stupide et irrespectueux des autres. De plus, ça va, il faudrait signifier au scénariste et réalisateur que c'est parfaitement inutile d'appuyer lourdement sur certains faits (le coup avec Bécaud - seul le regard qu'il lance à Janet suffisait, on avait déjà compris la finalité -, Sinatra - ben oui, le monde entier connait My Way, inutile de préciser en mode larmoyant "oh, Sinatra a repris MA chanson, c'est trop beau" - etc. etc. Bref, c'est lourdingue comme ça pendant 2h30 et ça m'a royalement saoulée). Et puis il a eu une mort très conne, avouons-le, mais à son image... du coup, cela ne m'a pas émue une seule seconde et j'étais contente que ce calvaire (pour son entourage dans la vie, et pour moi dans la salle) se termine enfin. Reste Jérémie Rénier, parfait (comme souvent) dans la peau de ce type imbuvable et vulgaire... ils lui donneront sûrement un César pour ce rôle (j'ai remarqué qu'ils aiment bien récompenser la vulgarité aux Césars) et j'ai aussi bien aimé celle qui interprète France Gall (dans le film sur Gainsbourg, c'était Sara Forestier qui l'incarnait - quand je vous dis qu'ils kiffent les trucs vulgaires en France, la preuve -). Bref, à part ces deux comédiens-là, j'ai trouvé tout le reste trop appuyé, lourd, chelou, insupportable... bref, ultra naze.

#242 Redux

Redux

    Du rire aux larmes

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Posté 21 March 2012 - 14:13 PM

(je parle de la scène de rupture où est prononcée "Gilbert Bécaud" ou pas?


Moi, je suis pour...

#243 Crazy Von Schweetz

Crazy Von Schweetz

    Laurence Ruquier

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Posté 21 March 2012 - 14:28 PM

(je parle de la scène de rupture où est prononcée "Gilbert Bécaud" ou pas?


Moi, je suis pour...


Moi aussi.

#244 Lupus

Lupus

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 21 March 2012 - 14:41 PM

Contrairement à pas mal de jeunes de ma génération (celle des twenteenagers), je n'ai absolument rien contre Claude François ni ses chansons et, sans être non plus fana à attendre le film avec impatience, j'étais curieux d'en savoir un peu plus sur le personnage via ce biopic et surtout de voir quel en serait le traitement: Cirage de pompes ou non ?

Quoiqu'il en soit, la réponse étant dans le film, j'ai passé un excellent moment et le temps ne m'a pas paru plus long que ça malgré les 2h30 du métrage, fort heureusement bien rythmé, en plus d'en jeter visuellement. Les (nombreuses) séquences musicales (que ce soit lors de clips, concerts, enregistrement d'émissions ou répètes) se marient parfaitement bien avec la narration et ont rapidement tendance à foutre la pêche, tandis que la mise en scène propose de bien jolies choses tels que deux plans séquences de ouf et d'autre plus oniriques et riches symboliquement (Claude F. slammant et se "noyant" dans la foule en délire lors d'un live...).

Ledit Claude justement, personnage complexe et complexé à tendance auto-destructrice mais conscient du côté éphémère du succès et, de part le fait, cherchant toujours à se renouveler, même en proposant au public ce qui lui fait plaisir, mais pas forcément ce qu'il aurait aimé faire... Un perso à situer entre le connard perfectionniste limite malsain (dans sa vie sentimentale, entre autres) et le tendre loser manquant de confiance en lui (son besoin d'être rassuré et aimé) malgré la vie de roi qu'il s'offre, parfois au prix de sa santé.

Les seconds rôles gravitant autour de la star ne sont, par contre, pas tous logés à la même enseigne, en particulier les officielles de Cloclo, qui se suivent et se ressemblent un peu trop pour vraiment marquer, à l'exception de France Gall, peut-être la mieux traitée (car plus "importante" médiatiquement parlant ?). L'accent pied noir de Paul Ledermann peut prêter à sourire en période de "Vérité si je mens! 3" mais ajoute une touche de sympathie à cet homme, ici de bon conseil pour son poulain (ce que l'on peut en lire ou en entendre dans la réalité diffère un peu, mais bon, un producteur se faisant casser du sucre sur le dos...). En outre, la sous-intrigue sur l'addiction de la mère ne m'a pas semblé indispensable mais n'est pas gênante.

Pour conclure, j'ai vu là un film bien rythmé avec des personnages qui m'ont plu, de jolies chansons, des séquences qui envoient, le tout m'ayant donné envie d'écouter un peu plus de Claude François...

Et si Cloclo ne décroche aucune récompense l'année prochaine, ça voudra bien dire que c'est les films à César qui ne veulent pas que je les aime, pas le contraire...

5/6

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#245 Gutburger

Gutburger

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Posté 21 March 2012 - 15:00 PM

sans déconner c’est quoi ces acteurs :mellow:?

Les acteurs sont tous très bon, c'est parce que tu l'as pas vu en VO.

#246 Goldanus

Goldanus

    Les fions qui m'aimaient

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Posté 21 March 2012 - 17:19 PM

Rho ba oui, même Magimel alors qu'il est franchement pas aidé par les prothèses super cheum.

Et concernant les ellipses tu n'es jamais paumé genre "je comprend plus ce qu'il se passe", y a juste un moment ou effectivement le récit va très très vite.

Par contre c'est vrai que le défilé de sosies pas très ressemblant peu gêner genre passage obligé.

Pour my way c'est surtout que les paroles renvoi au chanteur qui fait son dernier show avant de passer l'arme à gauche et le fait d'avoir l'accent horrible de cloclo sur cette séquence ou tu as l'impression qu'il réalise enfin son rêve je trouve pas que ça rentre dans la case "humour involontaire". En terme de sensation c'est assez étrange, c'est touchant et un peu facepalm mais il ne sombre jamais dans le cynisme vis à vis de son personnage principale.
C'est une scène un peu à l'image du film ou il te le montre souvent de façon ridicule mais ou il reste toujours touchant (certaines scènes mentale avec son père sont réellement puissantes) même quand il peut être détestable.

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#247 Goldanus

Goldanus

    Les fions qui m'aimaient

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Posté 21 March 2012 - 18:35 PM

Cfoury is back in this shit!
Bah écoute le seul souvenir "musicale" niveau chansons de Cloclo dans le film en dehors de "comme ma bite rude" c'est "Twist nabuz", "Ces années là" et "Alexandrie, Alexandra".
Sur Nabuz j'ai trouvé la mise en image du bide mortel (enfin mortel...c'est drôle, et l'idée passe direct) surtout que la scène suit l’enthousiasme de CF quand il a son idée "faisons un twist en arabe!".
Sur "Ces années là" je trouvais ça assez pêchu aussi avec le montage de scènes enchainés, les split-screens quand il se dédouble, l'idée passe et ça fout la pêche.

Et la dernière chanson qui évite au film de sombrer de la "larmoyance" la plus totale sur son générique de fin.

Enfin j'essaye mais je ne suis pas très objectif Nid de Gueppes et l'Ennemi Intime sont des films qui m'ont vraiment ému (limite bouleversé pour le deuxième), j'aime bien la sensibilité du mec en fait (j'ai trouvé que Cloclo transpire vraiment son cinéma).

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#248 Crazy Von Schweetz

Crazy Von Schweetz

    Laurence Ruquier

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Posté 21 March 2012 - 19:56 PM

C'est "Alexandrie, Alexandra" qui conclut le générique.
Je suis assez d'accord avec Cfury concernant le fait que Florent Emilio Siri use et abuse d'artifices de mise en scène tels qu'on a pu les voir dans des films terriblement consensuels comme certains de la filmographie de Zeffirelli, que je mentionnais dans mon avis sur "Cloclo".
Cette accumulation dessert le propos et range le film dans une catégorie bien lisse et surtout bien fade, en dépit des efforts de Jeremie Renier. A tel point, et je repense à Gutburger qui me demandait précédemment s'il s'agissait d'une boutade alors que je jure mordicus que non, que "Cloclo" m'a vraiment rappelé "Walk Hard, the Dewey Cox story" par ce côté outrancier dans la surenchère la moins subtile. Le problème reste que que c'était voulu par Jake Kasdan, moins par Florent Siri à mon avis. D'où cette considération de nanar à laquelle me fait songer cette biographie.

#249 Gutburger

Gutburger

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Posté 21 March 2012 - 19:57 PM

@ Fury : J'ai l'impression que tu nous décris un biopic sur Francky Vincent. :sweat:

#250 Gutburger

Gutburger

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Posté 21 March 2012 - 20:11 PM

(le coup des femmes qu'il baise à tour de bras).

#251 Gutburger

Gutburger

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Posté 21 March 2012 - 20:33 PM

Oui oui, je sais.

(c'était une tentative d'humour, aucunement un acte qui tentait de te contre-dire, d'ailleurs plus ou moins tout ce que tu dis est bien dans le film, sauf qu'à moi ça m'a plu).

#252 mochegirl

mochegirl

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Posté 21 March 2012 - 20:39 PM

Z'avaient quoi contre Gilbert Bécaud?

:angry:
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#253 Kaneto

Kaneto

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Posté 21 March 2012 - 22:07 PM

Z'avaient quoi contre Gilbert Bécaud?

:angry:


Il a piqué la meuf à cloclo !! :ninja:

#254 McClane

McClane

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Posté 21 March 2012 - 23:01 PM

C'est "Alexandrie, Alexandra" qui conclut le générique.
Je suis assez d'accord avec Cfury concernant le fait que Florent Emilio Siri use et abuse d'artifices de mise en scène tels qu'on a pu les voir dans des films terriblement consensuels comme certains de la filmographie de Zeffirelli, que je mentionnais dans mon avis sur "Cloclo".
Cette accumulation dessert le propos et range le film dans une catégorie bien lisse et surtout bien fade, en dépit des efforts de Jeremie Renier. A tel point, et je repense à Gutburger qui me demandait précédemment s'il s'agissait d'une boutade alors que je jure mordicus que non, que "Cloclo" m'a vraiment rappelé "Walk Hard, the Dewey Cox story" par ce côté outrancier dans la surenchère la moins subtile. Le problème reste que que c'était voulu par Jake Kasdan, moins par Florent Siri à mon avis. D'où cette considération de nanar à laquelle me fait songer cette biographie.


Je connais pas la filmo de Zeffirelli, mais tout le dispositif de mise en scène de Cloclo sert à construire un propos dont la finalité est véritablement de mettre le spectateur dans les chaussures du chanteur sans jamais s'essayer à une psychanalyse de ses états d'ame susceptible de desservir son propos. Perso, je vois la narration comme une volonté de Siri de lui faire traverser sa vie à la manière d'un rêve que l'on arpenterait, rythmé par, les contrastes émotionnels traversés par le personnage. D'où des transitions parfois abruptes (genre la séparation avec Lederman, même si on devine facilement qu'il a voulu voler de ses propres ailes), puisque seul prévaut la "couleur" émotionelle du moment, dégraissée de pauses explicatives ou de liaisons démonstratives qui prendraient le risque de s'apesantir en extrapolations sur le caractère du bonhomme au cours desquelles la réal perdrait de son impact pour tomber dans des travers purement illustratifs. Ici, tout ce qui est susceptible d'entraver l’énergie cinétique perpétuellement renouvelée est tout simplement balayée, comme si il ne s'agissait de conserver de la notion de linéarité que le processus menant d'un pic émotionnel à un autre ( un peu comme les courbes dans un tableau statistique sans les explications chiffrées et annexes). A ce titre, la scène déjà cité de l’échec de la première rencontre de Claude François avec son public via l'épisode du Nabut Twist est exemplaire: dans le contenu, l’exécution aurait pu paraître lourdement insistante, mais le découpage du tout (bienvenue dans la tridimensionnalité à son pic) ne conserve que le rythme, entretient une excitation à la mesure de la rage engendrée par la déception qui suit.

C'est pour cela que je trouve que le film est un sommet de mise en scène pure, puisque toutes les émotions véhiculées passent par un travail de réalisation purement sensoriel (non mais sérieux, y a au moins une dizaine d'idées de montages simplement monstrueuses) sans passer par une quelconque explication orale (d'où les ellipses bien senties, comme la rencontre narrée par François lui-même entre lui et un parolier qui ne voulait pas entendre parler de lui. Filmer la rencontre aurait ralenti le rythme du récit et n'aurait rien apporter en terme émotionnel, en revanche laisser à François le soin de la raconter lui-même permet de montrer son emprise sur les choses tout en se concentrant sur autre chose). Ca permet à mon sens de véritablement vivre avec le mythe tout en conservant paradoxalement une distance avec les tentatives de psychanalyse de l'"homme", ce qui permet, agrémenté du rythme effréné, d'être perpétuellement sur les qui-vive quand à ses réactions tout en maintenant une empathie extrêmement forte envers lui.

Perso, j'avais du mal à trouver mes mots à la sortie de la salle, tout simplement le meilleur film de ce début d'année décidément bien généreux. Arriver à cinématiser la variété française des 70's avec une fluidité scénique, une excitation cinétique qui n'a rien à envier à un Scorsese qui se déchainerait sur un morceau des Rolling Stones, ce n'est plus du talent mais du génie à l'état pur. 6/6 CASH!!

#255 Gutburger

Gutburger

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Posté 21 March 2012 - 23:43 PM

Ca fait plusieurs fois que je le pense sans jamais l'avouer, mais McClane je t'aime (ton avis sur Avatar était le meilleur du topic, avec celui de Jesus Gris).

(et même quand je ne suis pas d'accord avec toi, comme dans Le Choc des Titans par exemple, tu dis quand même pas d'la merde).

(et même si parfois tu vois de l'or fondu dans de la pisse, je t'aime quand même).

(bref).

#256 McClane

McClane

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Posté 22 March 2012 - 00:06 AM

:wub:

Je me sens tout chose du coup.

Spoiler


#257 Mccoy

Mccoy

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Posté 22 March 2012 - 00:55 AM

Faire un truc qui mette la patate sur les tubes de Claude François, c'est ça le défi putain, des idées qui fédèrent autour de ces chansons, que Claude Francois ne reste pas seulement le mec dont on passe "Ces années là" dans les anniversaires de mémé, sans déconner.

Ba c'est marrant mais c'est exactement comme ça que j'ai vu le film, comme quoi.
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#258 Gutburger

Gutburger

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Posté 22 March 2012 - 05:13 AM


Faire un truc qui mette la patate sur les tubes de Claude François, c'est ça le défi putain, des idées qui fédèrent autour de ces chansons, que Claude Francois ne reste pas seulement le mec dont on passe "Ces années là" dans les anniversaires de mémé, sans déconner.

Ba c'est marrant mais c'est exactement comme ça que j'ai vu le film, comme quoi.

C'est clair que les scènes de concerts sont incroyables, elles mettent une patate putain !
Et la scène où il chante My Way, l'émotion ne devait pas passer par le fait qu'il devait chanter un Anglais parfait, c'est surtout ce qu'elle représente à ce moment là du film. "I did it my way" ça sonne comme une lettre d'adieu au public, il aimait ça faire des chansons comme des lettres auvertes au public (voir l'autre morceau dans lequel il disait en gros "mais aimez moi putain, je suis pas méchant comme les rumeurs le prétendent !").

(et tous les artifices de mise en scène que vous trouvez pourris ont fonctionné à bloc sur moi, comme quoi aussi... ^^).

#259 McClane

McClane

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Posté 22 March 2012 - 10:31 AM


(...) mais tout le dispositif de mise en scène de Cloclo sert à construire un propos dont la finalité est véritablement de mettre le spectateur dans les chaussures du chanteur sans jamais s'essayer à une psychanalyse de ses états d'ame susceptible de desservir son propos (...)

C’est pourtant ce à quoi s’emploie le film durant la partie se déroulant en egypte où il faut déjà mettre le spectateur dans certaines dispositions quant au futur de Claude François. A savoir qu’il savait taper sur les djembés et qu’il avait déjà un super jeu de jambes sur des rythmes arabes. Comme il fallait déjà en faire quelques caisses sur son profil méticuleux (répété en boucle dans le film).

Quant aux ellipses, aux personnages dont on ne sait pas trop le "pourquoi du comment" de leur éviction, je dirai que pour un film sous contrôle (parce qu'il l'est, c'est une évidence), et qui a du mal à projeter autre chose que tout ce que j’ai déjà reproché au film, la meilleure idée aurait été d’évaluer le bouzin sous l’angle de la musique (si je connais pas assez bien l'artiste au point d'en faire une critique façon geek, je sais où il a pompé sa musique, et sa rencontre avec Lamont Dozier –entre autre- aurait beaucoup donné au caractère visionnaire du chanteur, que ne fait qu’effleurer finalement le film de Siri).
Parce que l'on mesure bien qu'en 2H30, en dehors de son caractère maniaque et de ses frasques sexuelles, y’avait pas grand-chose à raconter sur Claude François.


Je vois vraiment pas en quoi ces éléments de sa jeunesse seraient une tentative du réalisateur d'explorer le personnage sous un angle psychologisant (d'autant que sa minutie n'est suggérée que par petites touches, à travers certaines de ses attitudes. Pas de scène de 3 plombes dans lesquelles le mec repasse 250 fois sa chemise et fait les gros yeux à ses gosses parce qu'ils ont pas brossé leur dents). C'est surtout pour annoncer un destin, un peu comme l'élu providentiel qui parviendrait à changer l'eau en vin durant sa jeunesse (en terme purement symbolique s'entend, d'où pour moi l'assimilation des partis-pris narratifs du film à un songe). Surtout, cinématographiquement, ça permet à Siri de faire émerger le personnage comme maestro de sa trajectoire, à savoir qu'il commence à cet instant à envisager avec le spectateur sa carrière de chanteur (à un niveau intradiégétique), mais aussi à conditionner le rythme général du film, comme si la mise en scène s'inventait en même temps que les pas de Cloclo. Là encore, on est dans une optique purement rythmique et émotionnelle, le caractère méticuleux et perfectionniste du bonhomme constituant davantage une extrapolation du spectateur à ce moment donné qu'une volonté du réalisateur d'en constituer un propos (surtout qu'on embraye rapidement sur autre chose, d'où l'idée que c'est le personnage et la mise en scène sont en symbiose parfaite).

Dans l'absolu, tu as largement raison et tort à la fois quand tu écrit que c'est un film sous contrôle, puisqu'on a l'impression que le personnage décide (à son insu) du découpage du film. Ses pas, sa musique et la façon de vivre les choses précipitent les événements d'une plage émotionnelle à une autre, à un niveau qui se jouerait évidemment dans son inconscient (quelque part, à la fin, apaisé, c'est une manière pour lui de se réveiller, laissant nous laissant avec les autres personnages dans les décombres du rêve dans lequel il fut le héros).

Musicalement parlant, le film met quand même l'accent sur le fait que le mec fut le premier (enfin il me semble) chanteur à prendre sa carrière en main jusqu'à éliminer les intermédiaires entre lui et le public, souligne sa volonté de diversifier ses activités pour contrôler son image et s'infiltrer dans les divers secteurs médiatiques (le premier artiste-businness man en somme), met en lumière sa compréhension instinctive d'importer les modes musicales U.S en France (quel aboutissement lorsqu'il inverse la tendance avec My Way).

D'ailleurs, celle-ci est spécialement pour toi, mais à plusieurs reprises je me suis fait la réflexion que quelque part, Booba se présentait comme l'équivalent contemporain et rapologique de Claude François (et pas dans le mauvais sens).

#260 Mccoy

Mccoy

    Mccouille

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Posté 22 March 2012 - 14:24 PM

Booba se présentait comme l'équivalent contemporain et rapologique de Claude François (et pas dans le mauvais sens).

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(mais pourquoi??…..je t'aime bien pourtant mec…)

Mais gros plussin au reste quand même, surtout sur le fait que Siri ne s'attarde pas 3 plombes sur le côté Maniac du perso, tout est montré par petit bout (un très bon exemple est ce plan séquence qui suit Claude Francois de sa fête dans son jardin à la chambre de son fils, ou il replace un cadre de traviole). Tu te dis que la finalité du personnage n'en est que plus logique, que limite ça ne pouvait qu'arriver qu'il meurt de cette façon.
Comme Brakanus j'ai beaucoup pensé à Boogie Nights, surtout lors de la période égo-trip du personnage, rendue absolument jouissive par un sens du rythme qui force le respect (ce montage!!), des idées de mise en scène qui rappel Paul Thomas Anderson d'ailleurs, avec une utilisation intelligente du plan séquence, qui a les deux premières fois passe d'un endroit calme à un endroit à l'ambiance survolté, à l'inverse la troisième fois avec le passage de sa fête à la chambre de son fils. Et Siri infuse une sacré pêche à ses scènes musicales, franchement foutre la banane sur du Claude Francois je dis bravo (et encore sans être un détracteur, je suis loin de trouver que ses musiques sont nulles à chier). J'ai une réserve sur certains passages musicaux, trop longs et appuyés (les clips nottament, et la fin avec My way, je suis pas du tout entré dans le trip), mais la plupart des morceaux sont choisis avec pertinence (voir la naissance de Comme d'habitude, ou le nabout twist) et tendent à décupler l'émotion lors de certaines scène (dont une putain de scène onirique qui m'a foutu la larme à l'oeil).
J'ai senti une longueur vers la fin également mais le reste est tellement maitrisé que je ne peux que m'incliner.
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