Posté 03 janvier 2012 - 20:30
Mouai, la thématique de l'immeuble est surtout apparu à partir de son très bon moyen métrage A Louer. Si je ne m'abuse, le cinéma de Balaguero, c'est avant tout sonder l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir et concernant La secte sans nom et Darkness, c'est clairement illustrer la naissance d'un mal ultime se nourrissant de ce qui est bon dans l'homme. En gros, l'amour donne naissance à la mort. Bref, pour en revenir à Malveillance, je comprends totalement pourquoi Balaguero a voulu réaliser ce film, il est clair que les thématiques qui en ressortent s'imbriquent parfaitement dans la filmographie du monsieur. Ce que je veux dire, et c'est juste mon avis hein, c'est que le film ne décolle jamais vraiment. Pour moi, c'est clairement un film mineur et je trouve la filiation à Hitchcock un peu beaucoup surestimée pour le coup. Il y a un manque d'énergie, de punch et d'ampleur évident. Je ne parle pas forcément de rythme, celui languissant du film (accentué par une absence de musique jouissive) convient parfaitement, je parle surtout d'une vraie force permettant d'élever considérablement un scénario "d'intrusion" parfaitement convenue. Sincèrement, et je suis pourtant fan du bonhomme (j'aime à un niveau stratosphérique Darkness et Fragile) j'ai trouvé la mise en scène de Balaguero très paresseuse, et je me surprends vraiment à constater que des spectateurs ont trouvé certaines séquences tendues... Vraiment, après avoir découvert les deux films de Guillem Morales (El habitante Incertio et Les yeux de Julia, que je vous invites à découvrir si cela n'est pas déja fait) Malveillance fait vraiment pale figure. Mais bon après, les goûts et les couleurs... Concernant le terme "viscérale", je pense qu'il est au contraire parfaitement approprié. Le film se revendique comme un thriller hitchcockien et c'est justement par le biais de cette filiation que le film aurait du être viscérale. Et viscérale ne veut pas dire gore et sanglant, mais simplement prendre aux trips, hanter durablement après la projection. Cela n'a malheureusement pas été mon cas tant la malveillance du titre se résume à pas grand chose au final. Et oui, la fin est pour le moins cruelle mais assez malhabile. On est loin de la dernier demi heure apocalyptique de Darkness par exemple qui enchainait les révélations et les séquences traumatisantes. L'épilogue de Malveillance est le plus faible de la filmo de Balaguero je trouve. Prévisible (on nous balance les clés du final plusieurs minutes avant donc niveau surprise c'est zéro SPOILER SPOILER SPOILER le coup du viol aurait justement du arriver lors du final, ce qui n'est pas le cas, par conséquent on sait parfaitement que le bébé est le fruit du dit viol.). Non vraiment, la mise en scène était un peu beaucoup trop plan plan mais c'est surtout le scénar qui aurait mérité d'être nettement plus approfondi. Putain mais il y aurait pu avoir un sacré bordel dans cet immeuble, une zizanie de fou qui aurait pris racine dans la connaissance parfaite qu'a le concierge de ses voisins, s'étirant d'étages en étages pour s'achever dans un final furieux. Bon je refais le film là, je vous l'accorde mais je continue à penser qu'ils sont passés à côté d'un grand film. L'idée de cet homme se satisfaisant du malheur des autres était pourtant intéressante. Un des points positif du film est d'arriver tout de même à rendre son anti-héro presque attachant mais là encore c'était franchement pas nouveau et, question de gouts, beaucoup mieux traité ailleurs, (l'excellent One Hour Photo de Mark Romanek avec le non moins excellent Robin Williams)dans un style différent certes, mais l'essence du barge qu'on en vient à aimer reste la même.