Posté 18 juillet 2012 - 20:16
C’est l’été, en congés, donc du temps pour soi. J’arrive largement après la bataille, mais je voulais poster mon avis vu que j’ai donc pris le temps de découvrir LOST ces mois-ci.
Du fait de mes faibles revenus, je découvre toujours des séries sur le tard, en me les procurant par occasion (je ne télécharge jamais, je suis très DVD). En général, je me procure la saison 1 pour voir si j’accroche, et éventuellement la suite, et c’est ce qui est arrivé avec cette série, dont je n’avais jamais regardé un seul épisode, du temps où elle battait son plein, parce que je fais un blocage sur JJ Abrams (qui finalement a peu travaillé dessus).
Pour faire bref, LOST est pour moi une série divertissante, traversée par quelques fulgurances, mais n’est ni un classique, ni une série géniale. Toutes les tares de Lindolf vues dans Prometheus de R. Scott se retrouvent dans LOST.
Ce que je retiens de cette série, c’est la découverte de 2 acteurs géniaux : Terry O’Quinn (Locke) et Mickael Emerson (Ben Linus), qui font partie de ces acteurs TV (comme Amy Acker ou Alexis Denisof dans le Buffyverse) gros gros coups de cœur. Locke est une parfaite personnification de la condition humaine, dans ses efforts méritoires et admirables pour sortir d’une vie misérable.
A côté d’eux, malheureusement, le reste du casting est très inégal : il y a d’autres bons acteurs et interprètes solides (Matthew Fox qui réussit le tour de force de rendre attachant un perso connoté comme très positif, Naveen Andrews, le gars qui joue M. Eko, l’ex-Hobbit, les deux coréens) qui côtoient un bon nombre de gossips-boys-and-girls absolument irritants (les Shannon, Boone, Claire, Nikki, Paulo, etc), mais surtout Evangeline Lily (Kate) et Josh Holloway (Sawyer) gravures de mode particulièrement médiocres. Quand ça touche des persos très secondaires qui dépassent pas une saison, ça passe encore, mais quand ça concerne 2 personnages principaux qu’on se tape jusqu’à la fin, ça gâche une bonne partie du visionnage. Je serais un peu moins sévère pour Holloway qui s’améliore vers la fin de la saison 5, mais qui retombe dans son jeu de bimbo boy par la suite, à 2 expressions (yeux froncés pour faire genre ‘je suis un mec ambigu’, sourire fossettes). Par exemple, Daniel Dae Kim, qui comme Holloway a une belle gueule (on dirait un Tony Leung Kar-Fai coréen, période l’Amant), ne fait jamais bimbo boy.
Ces deux là qui sont sensés faire les 2/3 d’un love triangle sont les 2 maillons faibles, n’arrivent pas à dégager la moindre sensualité (le début de la saison 3 est gâché en grande partie à cause de ces 2 têtes à claques, qui se croient dans un pub pour gel douche Ushuaia) et à incarner les ambigüités de leurs personnages respectifs. La honte pour Lily, c’est que la toute botoxée Elizabeth Mitchell réussit le tour de force d’être plus émouvante qu’elle. Quand on regarde la suite de leurs carrières (rôle muet dans Mission Impossible 4, rôle de potiche gloussante dans Real Steel pour l’autre), on a la confirmation qu’ils savent pas jouer. Quand je vois que dans un des flashbacks de Kate, son ex-mari était joué par Nathan Fillion, quel crève-cœur que celui-ci n’ait pas joué Sawyer plutôt que Holloway…
Comme les interprètes sont inégaux, il y a une grande disparité dans l’intérêt de leurs flashbacks (au-delà même de leur écriture). C’est pour ça que pour la revoyure, j’aurai sans doute du mal à regarder un épisode entier sans faire avance rapide sur les acteurs qui m’énervent, sauf une poignée d’épisodes parfaits comme les Desmond-centrics des saisons 3 et 4, qui sont exceptionnels, ou les duos Ben/Locke (le jouissif « Man from Tallahasse » ou l’émouvant « Life and death of Jeremy Bentham »).
Si les 3 premières saisons comportent quelques longueurs, pas mal de passages laborieux (franchement un épisode sur le tatouage de Jacko ? un épisode sur la mini grenouille tuée par Sawyer ? un épisode sur les sangliers qui détruisent la tente de Sawyer ? un épisode sur la ridicule transe de Locke ? là où le coup du faux pacemaker aurait bien mérité un arc sur 5 épisodes, des personnages secondaires qui méritaient un épisode comme Ethan au lieu des innombrables redondances sur Kate), elles savaient maintenir l’intérêt. Un gros coup d’accélérateur sur la saison 4, qui par les flashforwards introduit une mélancolie, une tristesse bienvenues (par la sobriété, la musique), et qui est bien rendue par le jeu de Matthew Fox dont on sent le perso de Jack brisé. La saison 5 est LA saison parfaite, avec un aboutissement des personnages très réussi (notamment Juliette). Pour moi, LOST s’arrête à cette saison, et je me suis empressée de revendre la saison 6.
J’ai ressenti cette saison 6 comme un gros foutage de gueule pour une saison qui prétendait porter les personnages en pinacle. J’ai trouvé au contraire qu’elle a complètement flingué les personnages (Sayid dont finalement le grand amour serait Shannon, les coréens qui ne servent plus à rien, paie ta crise de fou rire nerveux avec Claire en mode Rousseau, et j’en passe) en plus d’introduire des énièmes persos sans intérêt.
Ce qui m’a le plus agacée dans cette saison, c’est son manichéisme primaire : c’est un supplice de voir un Emerson si subtil et si brillant les 4 saisons précédentes, regarder la caméra les larmes aux yeux dire des niaiseries du genre « oh j’ai été un bon numéro 2, que je suis honoré, merci Hurley », « si tu savais comme je regrette de t’avoir tué ». Que dire des deux dieux/frères ennemis : Jacob et machin-chose, dont l’histoire n’a aucun intérêt. Ce Jacob arrive en tête des têtes à claques parmi les acteurs d’ailleurs, avec son regard de poisson pourri mort.
En fait, au visionnage de la saison 1, j’étais persuadée que les mystères de l’Ile, les murmures et le parcours de Jack étaient une resucée de l’idée principale des films le 6ème sens de Shyamalan et Les Autres d’Amenabar. J’en étais pas loin, mais ce mauvais syncrétisme des clichés judéo-chrétiens mis en scène dans cette pathétique saison 6 a gâché le potentiel d’une fin « mystique », à laquelle je n’étais pas forcément contre a priori. Idem pour un développement sur le mode repentir pour Ben, mais c’est fait de manière si grossière, c’est si mal écrit, que ça ne pouvait emporter mon adhésion.