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Comedia all'italiana


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196 réponses sur ce sujet

#1 Prosopopus

Prosopopus

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Posté 11 March 2009 - 00:42 AM

L'âge d'or du cinéma italien s'étend des années cinquante à la fin des années soixante dix. Un seul genre va couvrir pleinement cette période. La comédie italienne va évoluer peu à peu, se faisant le miroir d'une société politiquement bouleversée et socialement chamarrée. Très ancrée dans la tradition latine des récits picaresques, la comédie doit plus à la culture italienne (notamment le Satyricon de Pétrone) qu'à l'exemple américain.

La comédie italienne des années cinquante est un genre populaire par excellence, pour un public venu rire et se détendre. L'aspect social est présent dans la comédie mais elle se différencie du néo-réalisme par sa volonté de plaire aux spectateurs. Néo-réalisme et comédie ne sont pas pour autant antinomiques et un réalisateur comme Vittorio de Sica réalisera quelques comédies très respectées et jouera dans d'autres.

L'acteur comique italien le plus célèbre des années cinquante sera Toto, qui jouera dans une longue série de films plus ou moins grotesques, bénéficiant du talent de Monicelli pour certains d'entre eux, et servant de gagne-pain pour Lucio Fulci (réalisation et scénarii) et Antonio Margheriti. Hélas, je n'ai vu qu'un seul film de cette série : Des oiseaux petits et gros, de Pasolini, tentative de détourner la série, pas forcément le meilleur film pour juger du reste de la série. Toto semble avoir été un De Funès italien (et vice versa, les deux acteurs ayant d’ailleurs joué ensemble), avec ses grimaces et son air d'ahuri.


Toto !

La critique sociale va être de plus en plus prégnante dans les films, comme le démontre la trilogie du Pain et Amour, et surtout en 1958 le Pigeon de Monicelli, oeuvre phare du genre qui cristallise tous les éléments passés (Toto y joue un petit rôle) en affirmant les nouveaux canons : la comédie all italiana sera caustique, féroce, dure et de haute tenue plastique (en N&B ou en scope couleur), n'hésitant pas parfois à se laisser aller à une certaine mélancolie.

Les années soixante vont marquer l'émergence des quatre réalisateurs phares du genre : Mario Monicelli, le plus classique et expérimenté (un film : Le Pigeon), Luigi Commencini, le plus féroce (un film : L'argent de la vieille), Ettore Scola, le plus respecté (un film : Nous nous sommes tant aimés) et Dino Risi, le plus mélancolique et mon préféré (un film : Le Fanfaron).

D'autres réalisateurs, spécialisés ou non dans le genre vont oeuvrer dans la comédie : Felini, Pietro Germi, Marco Ferreri, Vitorio De Sica, Pasquale Festa Campanile...

Ils seront épaulés par des acteurs solides, jouant fréquemment des rôles peu flatteur de mâles ridicules, de pleutres, de pauvres, de loosers ou de crapules. Le quatuor de tête le voici :



Dans l'ordre Alberto Sordi, Vittorio Gassman (spécialiste du rôle de macho), Nino Manfredi et bien sûr le beau Marcello.

Les femmes sont aussi présentes, mais tout de même moins (par contre elles sont très belles, même lorsqu'elles jouent des habitantes de bidonvilles.)

La comédie va péricliter dans les années quatre-vingt, même si elle aura ses héritiers en la personne notamment de Roberto Begnini ou de Nani Moretti dont j'avoue ne pas connaître le cinéma.

La comédie aura par ailleurs engendré un monstre à double-tête : la comédie populo où se mêle le sexy et la farce. On y retrouve pas mal d'acteurs transalpins du bis, réalisateurs ou acteurs (Edwige Fenech !)


Il est maintenant temps de parler des films : autant prévenir, je me garde pour moi Le Fanfaron, L'argent de la vieille et Au nom du Peuple Italien !

#2 Zoran Reznik

Zoran Reznik

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Posté 11 March 2009 - 01:14 AM

Récemment j'ai vu Il Bidone de Fellini.
Ça commence comme une comédie avant de bifurquer à mi-chemin vers le néo-réalisme sur un ton désenchanté, avec une critique sociale prégnante tout le long.



Mais ça m'a pas laissé un grand souvenir, j'ai trouvé la première partie atrocement bavarde et bruyante, ça a refréné mon empathie et du coup la seconde partie fut sans impact (ou si peu).
Voilà, très certainement ma dernière contribution car le genre m'attire pas trop pour le moment. mellow.gif

#3 Kissoon

Kissoon

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Posté 11 March 2009 - 01:15 AM

Je suis d'origine italienne, toute ma famille est venue de son petit village d'Italie du sud en 1967 pour fuir la misère. C'est peu dire que je doit mes premiers souvenirs musicaux et cinématographiques à mes parents et mes oncles et tantes, on se réunissait plusieurs soirs par semaine pour mater des films et écouter de la musique.
Au milieu des films de kung-fu, d'horreur, des westerns, des péplums, du funk et du disco, on se matait régulièrement des comédies italiennes. Toto effectivement était l'équivalent de De Funes niveau popularité et dans le style d'humour. J'ai vu un paquet de ces films, mais comme ils sont quasi invisibles aujourd'hui en VF ou VOSTF, j'aurais un mal de chien à en causer ...

Je te rejoins dans ta description de films qui sont à la fois des comedies ET des films sociaux, voir politiques. Bref, des films populaires. C'est surement ce qui différencie le plus les comédies italiennes des autres. Je ne vois guère, étrangement, que HK et la Corée pour sortir ce type de films.

J'ai clairement tiqué sur ceci : "des acteurs solides, jouant fréquemment des rôles peu flatteurs de mâles ridicules, de pleutres, de pauvres, de loosers ou de crapules". Mon père m'avait expliqué étant enfant que l'auto-dérision était la 1ère religion des italiens, qu'on pouvait rire de tout, même des choses les plus tristes, grossières, cruelles, mais à condition de se mettre aussi dans le paquet ... Et oui, dans ces films les "héros" étaient souvent bardés de plein de tares, sales, méchants, sournois, infidèles, voleurs, mais on les aimait, on les soutenait, car au fond ils nous ressemblaient sweat.gif

Le problème de ces films, comme tu le dis aussi, c'est qu'ils ne se font plus. C'est une période précise du cinéma italien, avec un début et hélas une fin. "L'Argent de la Vieille" est sans doute mon préféré de tous, et j'ai une affection profonde pour "Affreux, sales et méchants".
"Je modère plus rien ici, ranafout" (OrsonZ, modo)

#4 profondo rosso

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Posté 11 March 2009 - 02:06 AM

Ah finalement tu m'as devancé Proso smile.gif Très grand fan du genre mélange de statire féroce, de méchanceté gratuite et égratignant les travers humains avec brio tout en étant capable de faire preuve de vraie tendresse. Ta présentation résumant parfaitement le genre autant parler des films directement ça tombe bien maté ce soir Le Pigeon de Mario Monicelli






Une bande de petits malfrats prépare un gros coup. Mais Cosimo, le cerveau de l'affaire, est arrêté pour un misérable vol de voiture. Afin de le faire sortir de prison, ses comparses se mettent en quête d'un pigeon qui endossera le vol.

Même s'il y a eu nombre de comédie italienne populaires réalisées durant les 50's, c'est le succès international celle ci associée à la reconnaissance critique qui lance véritablement le genre. Monicelli reste dans la veine sociale du néoréalisme avec ses personnages de va nu pied cherchant à s'en sortir, par le cadre du récit tourné dans les banlieues et quartiers populaire de Rome en reconstruction mais en versant cette fois dans le comique pur même si les moments grinçant ne manque pas. Le début est un modèle d'introduction où l'équipe de bras cassés qui va tenter le vol est présentés à travers la quête du pigeon destiné à libérer le cerveau de l'affaire. Des personnalités hautes en couleurs avec des acteurs remarquables comme Vittorio Gassman (qui brisait là son images associée à des rôle d'intellectuels) en gros bras séducteur, le grand Marcello Mastroiani en voleur encombré d'un bébé, la superstar comique Toto en professeur es cambriolage et une flopée de second rôle tordant comme le petit vieux pique assiette, le type séquestrant sa soeur trop belle (la toute jeune Claudia Cardinale dans un de ses premiers rôle si ce n'est le premier).
Le contexte social est omniprésent, que se soit par la nécéssité des héros ou quelques allusion comiques mais bien réelle de la situation économique italienne, comme cette séquence où Cosimo en prison maudit toute les mère des prisonniers ne lui offrant pas de cigarette, mais ceux ci tous orphelins n'en ont cure. Une très grande comédie qui entre jolie petites histoires (la love story entre Cardinale et Renato Salvatori), dialogues tordants (le Il ira en prison quand il sera grand de Mastroiani à propos de son bébé m'a tué) et situation comique énormes (Gassman qui vient se dénoncer à la place de Cosimo et qui en fait des caisse icon_mrgreen.gif ) nous tient parfaitement attentif jusqu'au cambriolage final. Là c'est un très grand numéro comique où le thème de l'échec omniprésent tout du long se manifeste pour de bon avec l'équipe de loser qui fait face à toutes sorte de tuiles imprévus en tout genres. Et très jolie fin douce amère. 5,5/6


CITATION(Zoran Reznik @ 11 3 2009 - 01:14) <{POST_SNAPBACK}>
Voilà, très certainement ma dernière contribution car le genre m'attire pas trop pour le moment. mellow.gif


Zoran Fellini c'est assez particulier quelque soit le genre qu'il aborde (imagine que t'ai attaqué le Péplum avec son Satyricon ça t'aurait destabilisé aussi) que ça ne t'empêche pas de tenter d'autre titre plus représentatifs wink.gif

#5 profondo rosso

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Posté 11 March 2009 - 02:20 AM

Et je relance aussi sec avec quelques autres perles vu récemment ou pas (il y a du recyclage de posts pour Affreux sales et méchants icon_mrgreen.gif )

Mariage à l'italienne de Vittorio De Sica (1963)



Durant de nombreuses années, Filumena, ancienne protituée, a été à la fois servante et maîtresse de Domenico. Ce dernier a finalement décidé de se marier avec une jeune fille de bonne famille. C'est alors qu'elle décide de lui tendre un piège en lui faisant croire qu'elle est mourante et que son dernier désir est de se faire épouser. Dès que l'homme cède, la mourante ressuscite et lui apprend qu'il est déjà le père d'un de ses enfants...

Un des fleurons époustouflant de la comédie italienne. Un scénario brillant qui alterne avec brio la grosse farce outrancière, le drame et le romantisme par la grâce d'astuce narratives bien placées (les 2 flashback sous les points de vue des deux protagoniste en ouverture) de révélations bien amenées qui relancent constamment l'action et font basculer le film dans quelques chose de plus profond qu'il n'y parait à première vue. Une Sophia Loren qui livre une prestation époustouflante, avec un personnage qui évolue de jeune fille naïve découvrant la vie à la quarantenaire bafouée bien décidé à regagner son honneur de femme en suscitant le respect et l'amour de Mastroiani en l'épousant. Ce dernier est tout aussi brillant, arrivant à rendre humain et attachant un personnage de coureur égoïste vraiment odieux par instants. Le film trahit ses origines théâtrale dans le bon sens du terme à travers les engueulades dantesque Mastroiani/Loren en forme olympique (la scène qui suit la révélation sur la santé de Sophia Loren est un grand moment laugh.gif ) et De Sica par sa réalisation tout en mouvement apporte une belle énergie à l'ensemble, avec en prime une direction artistique splendide, une photo superbe et un Naples en pleine reconstruction brillamment illustré en arrière plan (discrète allusion au passé néo réaliste de De Sica). Quelques moments vraiment bouleversant comme lorsque Loren révèle son passé douloureux à ses fils qui la rencontre pour la première fois, les quelques scènes pathétique où elle subit le mépris inconscient de Mastroiani dans sa jeunesse (la sortie au champ de course vide, l'enterrement de la mère) et bien sur le final magnifique où elle laisse enfin couler ses larmes. Grande comédie, grand film.


Le très féroce "Affreux, Sales et méchant" de Ettore Scola" (1976)



Dans un bidonville de la banlieue romaine. Patriarche égrillard, Giacinto(Nino Manfredi) règne en despote sur une famille d'une vingtaine de membres qui vivent entassés dans une bicoque en bois branlante. Il veille aussi jour et nuit sur un magot d'un million de lires, perçu comme indemnités pour avoir perdu un oeil dans la cimenterie où il travaillait. Car chacun de ses dix fils, sans compter les belles-filles et les beaux-frères, lorgne sur le trésor qu'il change fréquemment de cachette. Dans cet univers sans foi ni loi, les empoignades féroces et les accouplements illégitimes sont monnaie courante, tout le monde défendant avec acharnement son maigre bien ou cédant sans retenue à ses pulsions.


Destiné à la base a etre un documentaire (sur les vrais bidonvilles de la banlieue de Rome dans les 70's), Ettore Scola décide finalement d'en faire une fiction mais en conserve certains éléments, Nino Manfreddi est le seul acteur professionnel le reste étant de vrais habitants de bidonville (qui est criant de vérité dans le film bien que reconstitué). Le film décrit le processus de pauvreté poussé a un point tel que les plus démunis finissent par effectivement devenir monstrueux, d'où le affreux sales et méchants. Cependant un peu à la manière de la Cité de Dieu dans un style complètement différent le film n'est pas un long pensum ennuyeux mais avant tout une comédie hilarante truffée de scènes d'anthologie:Giacinto qui tire sur un de ses fils tentant de dérober son argent, une bagarre homérique entre Giacinto et sa femme, la scene ou sa famille tente de l'empoisonner, Giacinto se retirant le poison avec une pompes à velo. Nino Manfredi est grandiose en patriarche despotique capable du pire pour conserver son gain. Pas un personnage pour rattraper l'autre, le ton du film est tellement désespéré qu'il ferait passer la série "Marié deux Enfants" pour du Walt Disney. Les dialogues sont à l'avenant :"La famille c'est comme la merde, plus elle est proche et plus ça pue !", "Tu as un corps de pute pourquoi tu ne l'assumes pas"...
Sans cet humour bien noir le film serait désespérant et glauque mais ne le détournent pas de son message social comme le montre l'ultime scéne du film particulièrement sombre et qui hante très longtemps après le visionnage... Prix de la mise en scène à Cannes en 1976 quand ils récompensaient encore les grands films.


En autres Scola excellent découvert récemment il y a aussi "Nos héros réussiront ils à retrouver leurs ami mystérieusement disparu en Afrique ?" (1968)



Alberto Sordi riche homme d'affaire las de son quotidien ennuyeux décide de partir pour l'Afrique en compagnie de son comptable Bernard Blier afin de retrouver son beau frère Nino Manfredi disparu là bas depuis des années. Comédie et aventure picaresque se marie à merveille avec en sous texte un féroce message anti colonialiste où l'européen hautain et conquérant en prend pour son grade. Alberto Sordi campe un personnage aussi insupportable qu'attachant et forme un joyeux duo comique avec un Blier blasé emabarqué làs contre son gré. Il y a un côté "Au coeur des ténèbres" de Conrad burlesque dans la construction de l'histoire et les péripéties traversées par les héros les confrontant à la réalité de l'Afrique post coloniale (peuplade traitées avec mépris, les mercenaires en quête d'action qui rodent encore dans les parages) notammant la dernière partie où on retrouve Nino Manfredi devenu le sorcier d'une d'une tribu africaine reculée. Une très belle réalisation de Scola (hormis un stock shot assez grossier lorsqu'un rhinocéros attaque la Land Rover des héros) qui adopte volontairement un tempo nonchalant et même idéalement en valeur les splendides paysages d'Angola.

Faudra évidemment revenir sur "Nous nous sommes tant aimés" et un paquet d'autres super topic !

#6 Starsky

Starsky

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Posté 11 March 2009 - 10:47 AM

CITATION
Faudra évidemment revenir sur "Nous nous sommes tant aimés" et un paquet d'autres super topic !.



Ah oui, il faut!
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Ah! Faut-il qu'on l'aime, ce putain de pays...

#7 profondo rosso

profondo rosso

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Posté 11 March 2009 - 13:01 PM

La Comédie italienne, c'est aussi l'âge d'or d'un genre le film à sketch où il nous aurons offert pas mal de classiques du genre et d'autres chose plus méconnues tout aussi réjouissantes. Je remet ici ce que je disais de certaines dans le topic Films à sketches

Boccace 70 (1962)

Un film à sketch transposant l'esprit de Boccace, écrivain italien du moyen age spécialiste de la farce paillarde. Le tout dirigé par la crème des réalisateurs italiens de l'époque avec un casting de reve sur une musique de Nino Rota. Revue des différents sketch dans le détails :

La tentation du Docteur Antonio de Federico Felini
Un homme obsédé par le respect des bonnes moeurs et de la morale pète gentiment un cable lorsqu'on affiche en face de chez lui une publicité géante pour le lait avec une blonde pulpeuse incarnée par Anita Ekberg. Le tout se complique quand la blonde quitte son affiche pour le harceler. Bon généralement j'ai du mal avec Felini mais là sur format court c'est tout simplement genial. On retrouve cette atmosphere de reve éveillé et d'onirisme qui le caractérise, des moments surréaliste comme lorsque Anita ekberg s'evade de son affiche tout en conservant sa taille gigantesque et erran dans la ville tel Godzilla. Un humour dévastateur avec toutes les crise de nerf du heros dès qu'il vois un comportement contraire au bonne moeurs et qui nous invite à quitter la salle et essaie de nous cacher la vue quand Anita Ekberg se déshabille. Excellent ça m'a redonné envie de me mettre à Fellini.

Le travail de Luchino Visconti
Un homme(Tomas Milian) embringué dans un scandale avec des call girls s'etonne du peu de réaction de sa femme (Romy Schneider). De très loin le sketch le plus faible du film et pourtant généralement j'adore Visonti. La fin est d'une cruelle ironie mais c'est vraiment trop bavard et pompeux j'ai failli m'endormir plusieur fois malgré Romy Schneider resplendissante.

La loterie de Vitorio De Sica
Une curieuse loterie avec pour enjeux une nuit avec Sophia Loren attire tout les vieux pervers de la ville. C'est à ce moment que celle ci en profite pour tomber amoureuse d'un forain. Tres drole cette partie, les hommes en prennent pour leur grade et Sophia Loren (absolument affolante en robe moulante rouge décolleté wub.gif ) livre une superbe interprétation en femme sans éducation cherchant à s'en sortir.

Renzo et Luciana (les mariés du dimanche) de Mario Moticelli
Ce sketch avait été coupé du film à l'époque pour en raccourcir la durée (et restitué sur la version longue du dvd) ce qui est dommage c'est peut etre le meilleur du film. On comprend pourquoi néanmoins tant il est à contre courant du reste casting amateurs sans aucune stars et récit réaliste (presque néorealiste). On suit le parcours de jeune marié sans le sous obligé de vivre chez leurs parent sans aucune intimité et de dissimuler leurs union au travail sous peine d'etre licencié (c'était le règlement à l'époque). Une tranche de vie simple et touchante et portrait idéal de l'Italie du début des 60's.

Les Monstres de Dino Risi (1963)



Un des plus fameux films à sketch du cinéma italien bénéficiant d'une espece de dream team de la comédie italienne à tout les niveau. Ettore Scola (futur real de Affreux sales et méchants, Nous nous sommes tant aimé...) et le duo Age/Scarpelli (scenariste renommé de comique, qui coécriront "Le bon, la brute et le truand) et l'omnipresence de Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi qui jouent dans les 19 sketchs du films ensemble ou séparément avec un complicité jubilatoire.

Le film traite des petites bassesses quotidiennes dont l'etre humain est capable à travers 19 sketchs se situant dans l'Italie du début des 60's qui encore aujourd'hui surprenent par leurs humour noir sans pitié, une méchanceté jusqu'au boutistes et des situations délirante. Essentiellement axés sur les travers masculin le film offre un tableau peu glorieux avec des personnages laches, cupides, vaniteux et vicieux.

Parmis les sketch les plus mémorable entre autres :

- Un père de famille qui laissent ses enfants crever de faim pour aller regarder un mach de foot
- La journée type d'un parlementaire pourri jusqu'à la moelle.
- Un piéton qui insultent tout les automobilites avant de prendre sa voiture et s'averer le pire chauffard qui soit.
- Un homme tellement lobotomisé par sa télé qu'il ne se rend pas compte que sa femme le trompe dans la pièce voisine.
- Un avocat vereux qui humilie totalement un témoin (Vitorrio Gassman grandiose biggrin.gif en avocat).

Tout le reste est du meme niveau et l'ultime sketch du film est une vrai perle qui se détache du lot au niveau du ton avec son boxeur sur le retour qui se fait avoir par un manager fauché et qui se fait démolir sur le ring. Le ton se fait vraiment plus noir et nettement moins drole et la derniere image est particulierement émouvante.


Les Nouveaux Monstres de Ettore Scola, Mario Monicelli et Dino Risi (1978)




Suite du film "Les Monstres" sorti en 1963, un des dernier sursauts de la comédie italienne avant la débacle des 80's et un petit bijou de méchanceté et d'humour noir.

Comme dans le premier volet on retrouve ces petits portraits acide de la bassesse humaine et de la cruauté ordinaire avec cette fois en toile de fond discrète tout le contexte politique et la violence qui a secoué l'Italie durant les 70's.

La crème des acteurs comique italien de l'époque (Vittorio Gassman, Alberto Sodrdi, Ugo Tognazzi...) s'en donnent à coeur joie dans cette suite d'histoires où la religion, la famille, le couple, le sexisme et d'autres chose passe à la moulinette avec une férocité inouïe.

Comme tout les films du genre c'est inégal mais les sketches mémorable ne manque pas entre autres :

- "Comme une reine" ou la journée d'un homme avec sa mère agée qu'il compte abandonner à son insu dans un hospice sordide...

- "Pornodiva" où des parents par appat du gain livre leurs enfant à un casting des plus glauque...

- "sans Paroles" l'histoire d'amour très fleur bleue et cliché entre une hotesse de l'air (Ornella Muti wub.gif ) et un touriste tourne au drame bien cynique...

- "Tantum Ergo" un cardinal (fabuleux Gassman laugh.gif ) de passage suite à une panne de voiture remet dans le droit chemin une congrégation qui se mettais à douter...

Le duo Age-Scarpelli au scénario s'en donne à coeur joie dans la dérision et l'humour à froid c'est parfois tellement poussé dans la noirceur qu'on a presque du mal a en rire.

Seul bémol sur le dvd seule la vf est disponible (sauf quelques sketches dispo en VO en bonus) ce qui attenue parfois la truculence de certains sketches (comme Premier Soin qui gache la prestation de alberto Sordi en riche débauché incapable de secourir un accidenté) mais elle est globalement de qualité et un sympathique documentaire sur la comédie italienne des 50's au 70's, son contexte et ses influences. 5/6


Sept fois femme de Vittorio De Sica (1967)




Suite de sept sketches illustrant sept aspects de la femme : romantique, réaliste, impudique, volage, jalouse, capricieuse, amoureuse.


Le film est surtout une ode au charme et au talent de Shirley McLane qui interprète chacune des sept facette de la femme de chacun des sketches. L'humour italien devastateur est par moments un peu noyé sous le poids de la production internationale (casting héteroclite où Vittorio Gassman cotoie Philippe Noiret et Michael caine, tournage à Paris en langue anglaise...) dans quelques sketch un peu poussif : Paulette (chaque sketch porte le nom de l'héroïne) où une jeune veuve cède aux avances d'un prétendant en plein enterrement par appat du gain, Maria teresa où une femme trompée décide de se venger en cédant au premier venu, et Eve où Shirley Mclane campe une megère hysterique qui va tout faire pour empecher une rivale de venir à l'Opera avec la même robe qu'elle. De bonnes idées mais pas poussée assez loin (Maria Teresa pas loin de céder à la prostitution) et des histoires qui trainent en longueur.

A côté de ça quatre grandes réussites :

Linda
Shirley Mclane campe une jeune femme cédant au plaisir de l'esprit uniquement et qui va rendre fous deux prétendant qu'elle a invitées chez elle. Le sketch le plus fou et osé du film avec Shirley Mclaine nue la plupart du temps et qui se termine en partie à trois. Des instants hautement folklorique avec les deux hommes virant limite hysterique sous le charme provoquant de Linda et une ambiance psyché pop des plus agréable.

Edith
Une femme au foyer est délaissée par son mari écrivain qui fantasme sur ses créations littéraires de femmes libérées et excentrique. Mais quand elle se met à adopter le même genre de comportement pour plaire à son mari elle passe pour folle. Très belle prestation de Shirley Mclaine vraiment pathétique et touchante et la conclusion est vraiment belle.

Marie
Un couple adultère desepéré décide de se suicider ensemble par amour dans une chambre d'hotel. Superbe huis clos où on passe du gros comique avec les messages enregistrés, la difficile organisation du suicide (qui tire sur qui en premier, où alors des pilules ?) à une chute des plus triste et réussie, Shirley Maclaine est une nouvelle fois exceptionnelle.

Jean
Une jeune femme est suivie toute une après midi par un homme (michael caine)) et va se livrer à un cache cache des plus romantique avec lui. Le meilleur sketch du film, un charme fou tout du long grâce à une Shirley Mclane mutine et espiègle et un Michael caine timide et mysterieux tandis que le Paris retro 60's offre un cadre idéal au récit. Puis vient une conclusion des plus cynique qui nous ramène brrutalement sur terre.

Inégal mais dans l'ensemble très réussi et plaisant. J'ai d'ailleurs sous la main "Moi la Femme" de Dino Rsi qui semble fonctionner sur le même principe, on va voir ce que ça vaut...

#8 Starsky

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Posté 11 March 2009 - 13:18 PM

CITATION
- "Comme une reine" ou la journée d'un homme avec sa mère agée qu'il compte abandonner à son insu dans un hospice sordide...


- "sans Paroles" l'histoire d'amour très fleur bleue et cliché entre une hotesse de l'air (Ornella Muti ) et un touriste tourne au drame bien cynique...


Deux petits chef d'oeuvres monstrueux. Surtout Comme une reine, qui avait traumatisé mon père (je devais avoir 14 ans et je m'en rappelle encore).
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#9 Nosfé

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Posté 11 March 2009 - 13:34 PM

J'ai eu droit, durant mes études, à un TD "Cinéma et civilisation italienne". Ce qui fait qu'au travers d'une rétrospective rapide, je usi passé du "cinéma des téléphones blancs" (période Ducce) jusqu'au Nouveaux Monstres
Il Soliti Ignoti m'a laissé le souvenir d'un film énorme, pas misérabiliste pour un sou, et vraiment bien écrit.
à ce titre, Affreux sales et méchants est aussi grandiose, un vrai film anar, qui renvoit les Dardennes à un statut de cinéastes petit-bourgeois.

PS: c'est dans "Sans Paroles que Ornella se révèle etre des Brigades Rouges, ou un truc comme ça?

#10 profondo rosso

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Posté 11 March 2009 - 13:37 PM

CITATION(Nosfé @ 11 3 2009 - 13:34) <{POST_SNAPBACK}>
PS: c'est dans "Sans Paroles que Ornella se révèle etre des Brigades Rouges, ou un truc comme ça?



Pas tout à fait c'est son petit ami un peu demeuré et muet qui s'avère être un terroriste qui lui laisse une bombe dans sa valise sous forme de cadeau. J'avais plus pensé à un terroriste arabe qu'au Brigade Rouges vu qu'il ne parlait pas italien...


Voilà de quoi te rafraichir la mémoire on ri vraiment jaune sweat.gif

#11 Nosfé

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Posté 11 March 2009 - 14:00 PM

Ah oui, en effet! biggrin.gif
j'avais confondu avec celui-ci:



#12 profondo rosso

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Posté 12 March 2009 - 02:35 AM

Terrible celui là aussi et bien grinçant, dans l'ensemble "Les Nouveaux Monstres" c'est quand même beaucoup plus acide et noir que le premier quand même. Ces extraits sur youtube avec vo et sous titres français sont assez énervant quand je vois mon édition Seven 7 où il n'y a que la vf, c'est vraiment aberrant dry.gif

Dommage pas retrouvé "Comme une reine" sur youtube, mais bon on va pas balancer tout le film non plus en même temps faut laisser découvrir...


Une Vie Difficile de Dino Risi (1961)



Pendant la deuxième guerre mondiale Silvio Magnozzi est résistant et participe à la rédaction d'un journal clandestin. Alors qu'il cherche refuge dans un hôtel il est découvert par un allemand qui veut le fusiller. Il est sauvé de justesse par Elena, la fille de la patronne de l'hôtel. Celle-ci le cache et ils tombent amoureux. Quelques mois plus tard Silvio reprend le maquis. La guerre finie il travaille comme journaliste et à l'occasion d'un déplacement professionnel décide de la retrouver. Elena le suit à Rome où ils se marient. Mais les prises de positions radicales de Silvio ne rapportent pas d'argent et ils n'ont pas toujours de quoi manger. Suite à sa participation spontanée à une tentative d'insurrection Silvio est incarcéré, il débute la rédaction d'un roman "une vie difficile".


Très beau film, parfaitement équilibré entre le récit intimiste, la farce et une facette plus noire et politisée. Quand doit on renoncer à ses rêves et ambitions pour se résigner et se ranger dans une vie normale et rangée ? Tel est la question que ce posera tout le film le héros incarné par Alberto Sordi, un intellectuel de gauche aux rêve de grandeur qui se voit régulièrement confronté à la dure réalité, constamment victime de son tempérament grande gueule et de son intégrité le plaçant dans des situations difficiles. Un personnage jusqu'au boutiste ne renonçant jamais à ses principes, quitte à s'autodétruire et à perdre progressivement tout ceux qu'il aime. Un personnage formidablement incarné par Alberto Sordi passant avec de l'orgueil démesuré à la bouffonerie pure en passant par le pathétique avec brio. Le film analyse très bien l'évolution de la société italienne, du tout politique de la fin de la 2e guerre mondiale au matérialisme naissant du début des 60's qui va broyer le héros. On voi peu à peu les espoirs de gauche nés de la libération s'ffondrer à l'image de la vie du héros. Quelques grands évènements politiques du pays sont passées en revues et le film exprime certaines notions comme l'opposition entre les riches du nord et les paysans pauvres du sud, l'opposition étant encore vivace alors. Ca n'en oublie pas pour autant d'être très drôle lorsque Sodi ne peut s'empêcher de ruer dans les brancards quoiqu'il advienne. Une scène très drôle dans le genre est celle où le couple de héros affamés et fauchés parvient à s'incruster à dîner chez des royalistes un soir d'élections et que Sordi ne peut s'empêcher de se réjouir ouvertement (après avoir fait bien des efforts pour se contenir) de la victoire de son camp face au convive effondrés. d'autres moments bien cruels aussi comme lorsque ivre, déverse sa frustration et sa rancoeur à sa femme (magnifique Lea Massari). La dernière partie où il finit par abandonner à ses principes et se rabaisser aurait pu faire basculer le film dans un bien triste renoncement mais la cinglante et réjouissante dernière scène montre que les idéaux demeure intacts. 5/6

#13 profondo rosso

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Posté 13 March 2009 - 00:18 AM

A Cheval sur le tigre de Luigi Comencini (1961)



Ciacinto, pas vraiment délinquant ni très méchant, se fait pincer alors qu'il simulait le vol de sa camionnette. En prison, il est entrainé malgré lui dans une évasion par de redoutables tueurs...

Suite au gros succès du "Pigeon", Monicelli et Comencini s'associent avec le duo de scénariste Age/Scarpelli (responsable du Bon La Brute et Le Truand entre autres) pour créer leurs propre société de production et "A Cheval sur le tigre" sera leurs premier film. Pas totalement convaincant car voulant reproduire de manière trop visible le mix comédie/néoréalisme du Pigeon, et cela au détriment de l'intrigue et du genre dans lequel le film s'inscrit au départ, la comédie policière.
La première partie est pourtant géniale, plongeant le héros Nino Manfredi trouillard et pas très fûté au milieu de bandits de grands chemin aux mine patibulaire. On rit de bon coeur plus d'une fois à le voir se faire intimider et se prendre régulièrement des raclées à chaque gaffe commise. Nino Manfredi est génial comme à son habitude et la présentation des truands l'entourant est des plus inventive, entre la brute épaisse Tagliabue, le fourbe La Souris et le fantasque Paliateo (joué par Gian Maria Volonte). La scène d'ouverture qui voit le héros mettre en scène de manière lamentable sa fausse agression est des plus tordante aussi.
Passé l'évasion (beaucoup trop tarabiscotée), ça s'écroule un peu. Alors qu'on s'attend à voir Giacinto embarqué contre son gré dans le banditisme de grand chemin, le film perd de vue peu à peu tout les personnages géniaux introduit au début et s'attarde plus que de raison sur la cavale erratique des évadés. Malgré quelques moments amusant (la petite fille kidnappée pour rien) c'est assez ennuyeux avec de longues description de la misère paysanne qui ralentissent l'intrigue. Le film souffre surtout de la période de sa conception où il fallait introduire du social et du néoréalisme à tout prix, réalisé quelque années plus tard on aurait un bijou de comédie policière. L'ultime retournement de situation et le misérabilisme bien poussé qui le précède confirme cette voie et c'est bien dommage, ça commençait si bien. Heureusement j'ai "L'argent de la vieille de Comencini sous la main, j'imagine que ça doit être autrement plus fun. 3/6

#14 Prosopopus

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Posté 13 March 2009 - 18:07 PM

C'est bien, il marche tout seul ce topic...



Le Fanfaron - Il Sorpasso - Dino Risi - 1962

Sous le soleil de plomb du 15 août à Rome, Bruno Cortona (Vittorio Gassman) roule dans des rues désertes au volant de sa décapotable. A la recherche d'un paquet de clopes et d'un téléphone il s'impose chez le jeune étudiant Roberto Mariani (Trintignant) puis lui propose d'aller boire un coup. Les voilà partis pour une longue virée sur les routes italiennes

Le Fanfaron
n'est pas seulement une comédie, c'est aussi un road movie, un buddy-movie dramatique, et un de mes films préférés. Enorme succès de la comédie à l'italienne ce n'est pourtant pas une pure comédie à l'italienne, Dino Risi y insufle une tristesse qui prend parfois le pas sur le côté mordant.
Portrait d'un matamore, caricature de mâle italien, le film offre un rôle très fort à Vitorio Gassman. Conduisant une voiture de sport, drageur, beau parleur, fier de ses prouesses automobiles (il se vante sur sa "moyenne"), Bruno Cortona est l'archétype de l'italien insouciant, profitant pleinement de la vie. Roberto Mariani est un personnage plus timide, méfiant, il préfère que l'on ne le remarque pas.
Exact opposé de son accolite, Roberto vit difficilement la cohabitation. Tout au long du voyage il quittera à plusieurs occasions son compagnon, mais finira toujours par le retrouver. Bien que les manières de Bruno heurtent fortement Roberto, celui-ci est mu d'une certaine fascination envers ce personnage qui rabroue des ecclésiastiques, dépasse tous les autres véhicules sur la route (d'où le titre italien d'Il Sorpasso), se moque de ses compatriotes, est parfois rasciste (une courte scène avec une jeune noire) et n'hésite pas à draguer ouvertement des filles de passage pour coucher avec elles.

L'intelligence de Risi est d'approfondir son personnage, de montrer ses faiblesses.
Hormis sa voiture, Bruno ne possède pas grand chose, il a une ex-femme dont il est encore amoureux et une fille qu'il aime mais dont il ne s'occupe pas vraiment. Argument sexy du film (Catherine Spaak, Le Chat à Neuf Queues), la fille de Bruno est un personnage étrange dans le film. Elle attire Roberto par son innocence, mais sort avec un homme d'affaires âgé, ce qui déçoit par ailleurs son père, même si ce dernier profite un peu de la situation pour se faire inviter sur le bâteau de son "gendre".


Catherine Spaak ! Va va voum (mais c'est pas dans le film)

Finalement on s'attache un peu à ce grand beauf, alors qu'on a régulièrement envie de dérider le personnage de Roberto à coups de pieds dans le cul. Roberto se déride progressivement, sûrement au contact de la fille de Bruno. Et on comprend qu'il y a beaucoup d'envie dans le regard qu'il porte à Bruno, que finalement, il aimerait lui aussi se mettre à vivre avec insouciance. Et ce sentiment, le spectateur (toi là dans ton canap, fauteuil, lit...) finit par le ressentir aussi. On aimerait vivre vite, se foutre de tout, klaxonner comme des cons, rouler à fond dans la campagne italienne en écoutant de la musique, draguer des minettes, picoler et se marrer.

Oui mais non... je n'irais pas plus loin pour ne pas tout dévoiler...

Le film est donc un monument du road movie, grosse inspiration sur Dennis Hooper pour Easy Riders, énorme succès en Italie, la zik est signée Riz Ortolani, mais il y a aussi du tubes pop italiens. Risi peaufine les travellings, cadre vite mais bien, sait calmer le jeu, remettre du nerf et dirige ses acteurs avec une belle justesse, tellement que l'on ne voit pas la direction d'acteurs. Tout semble naturel et pas outré comme c'est parfois (volontairement ou non) le cas dans la comédie italienne.




Après si vous préférez vous faire chier devant un Mizoguchi, ça vous regarde...

La prochaine fois je vous raconterai pourquoi le petit garçon pleure dans "Le voleur de bicyclettes"...

#15 profondo rosso

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Posté 14 March 2009 - 01:54 AM



Excellent en effet "Le Fanfaron" un très bon souvenir, et la conclusion assez abrupte refroidi pas mal après la bonne humeur de tout ce qui précède...

Bon je t'emboîte le pas sur celui là découvert ce soir et ça tue merci du conseil

L'argent de la vieille de Luigi Comencini (1972)




Une vieille milliardaire américaine (Bette Davis) sillonne le monde au gré de sa fantaisie et, dans chaque pays, elle se plaît à affronter les gens des bidonvilles dans de grandes parties de cartes pour prouver qu'elle est riche parce qu'elle est plus astucieuse.

En quelque sorte, sa fortune serait méritée.

Son jeu préféré est la scopa, jeu de mémoire et de réflexion.

Mais la donne est faussée, précisément parce qu'elle est très riche. Comme il s'agit d'un jeu d'argent et qu'à chaque fois elle double la mise, elle est certaine au final de pouvoir poursuivre indéfiniment, et donc de gagner de manière écrasante.

Peppino (Alberto Sordi) et Antonietta (Silvana Mangano) sont ses adversaires, mais également serviteurs, amis, dans une interminable partie à épisodes où tout un bidonville de Rome se cotise pour défier la vieille.



Contrairement au déchets de l'humanité d'un "Affreux, sales et méchants", Comencini porte un vrai regard amusé et attachant sur son couple de héros, leurs famille et la communauté du bidonville. La première partie du film décrit les difficultés de toutes sorte auxquelles doivent faire face les héros et qui pourrait être résolus par une victoire au carte face à la vieille. La misère ambiante est montrée sans complaisance, mais de manière bien réelle avec une bonne touche d'humour pour alléger le tout, en opposition au luxe opulent dans lequel vit la vieille. Alberto Sordi en mari simplet et gaffeur est excellentissime comme d'habitude et forme un duo parfait avec une Silvana Mangano au rôle plus ambivalent. Après plusieurs parties où le couple est ridiculisé, gros tournant en milieu de film où ils se trouvent en position d'arracher une vraie fortune à la vieille. Intervient alors plus précisément un des grand thèmes du film, où se jouent les rapports de classe. Le couple grisé par la fortune qui lui sourit enfin poursuit le jeu selon le bon désir de la vieille, qui de dame affable et souriante montre son vrai visage de mégère cruelle incapable d'accepter la défaite et usant de tout son pouvoir pour l'éviter. Bette Davis (qui a quand même dû être vieillie pour le rôle elle pouvait quand même pas déjà être dans cet état en 72) excelle en vieille peau manipulatrice et faussement amicale joue pour beaucoup dans la tension extrême dégagée par les partie de scopa (pas besoin de comprendre les règle pour apprécier).
Comencini montre comme la fortune peut monter à la tête des gens de modeste condition à travers le personnage de Silviana Mangano, grisée par l'enjeu et incapable de s'arrêter même lorsque la vieille est mourante, le rapport dominant/dominé s'exprimant dans leurs incapacité à stopper la partie de leurs propre fait. Le rapport entre la vieille et le couple de héros est ainsi très ambigu et loin d'être manichéen, chacun faisant preuve d'un comportement détestable à un moment donné et révélant ainsi les travers de chaque classe, bien humain au final.
Très drôle et palpitant de bout en bout, truffé de personnage haut en couleur comme Le professeur ou Richetto le joueur professionnel, le film déçoit uniquement dans sa conclusion qui laisse un poil sur sa faim comparé au niveau du reste. En tout cas d'office dans mes comédies italienne favorites. 5,5/6



#16 Prosopopus

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Posté 14 March 2009 - 02:22 AM

Rhâââââââââ ! enflure ! icon_mrgreen.gif

Donc ouais, c'est tout ce que t'en as dit. C'est ma comédie italienne préférée (mais j'en ai encore pas mal à découvrir). Je trouve pas que la fin soit si décevante, bien au contraire c'est plutôt hardcore et finalement bien trouvé dans le déroulement du film et par rapport au personnage en question.

Bon pour moi, le prochain devrait être Ma femme est un violon, donc pas touche (puis fait gaffe maintenant que je sais que tui traines à Gibert j'ai de grandes chances de te croiser et tu paieras)

Tu peux continuer sur Au nom du peuple italien de Risi, c'est pas aussi terminal mais très sympa, par contre c'est très cynique pour le coup.

(puis tout ça ça me retarde sur César et Cléopatre... ça a l'air un peu chiant)

#17 profondo rosso

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Posté 14 March 2009 - 02:32 AM

Ah désolé de te l'avoir soufflé mais je suis bien parti dans ma série là (et attention j'ai Au Nom du peuple italien sous la main aussi icon_mrgreen.gif mais tu ne craint rien pour Ma Femme est un Violon) pour la fin en fait je m'attendais à ce que ça soit dramatiquement plus poussé qu'il gagnent où qu'ils perdent là la conclusion de la partie fleuve c'est presque le climax du film et la dernière avec Richetto qu'on ne voit pas est un peu frustrante. Sinon c'est clair que la conclusion est bien hardcore et abrupte et j'aime bien la réconciliation bien bien outrée (à l'italienne quoi) entre Alberto Sordi et Silviana Mangano

#18 Prosopopus

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Posté 15 March 2009 - 04:02 AM


Ma Femme est un Violon - 1971 - Pasquale Festa Campanile

Nicolo Vivaldi, malgré son patronyme, est un violoncelliste sans talent. Cela ne serait pas si grave s'il ne passait pas en plus inaperçu. Son chef d'orchestre oublie son nom pourtant particulier, et même ses "amis" au sein de l'ensemble ne le remarquent jamais. Rongé par cet anonymat, Nicolo trouve son salut dans le corps de sa femme, Costanza, en se rendant compte qu'on le remarque et l'envie quand il exhibe sa femme, nue de préférence.

Ma femme est un violon , dont le titre français devait être à la base Ma femme est un violonsex, est une sexy comédie particulièrement réjouissante qui a pour elle un argument de poids.




Le film permet effectivement d'observer Laura Antonelli, sexe symbole de l'époque et compagne en son temps de Jean-Paul Belmondo. Du coup difficile de s'ennuyer, mais Pasquale Festa Campanile ne se contente pas de dévêtir sa très belle actrice puisque le portrait de Nicolo est le centre du film. Névrosé, lache et pervers, Nicolo est un personnage négatif classique de la comédie italienne, à la fois abject et attendrissant. On comprend aisément sa frustration. Face à ce personnage complexe, Laura Antonelli joue le rôle d'une femme innocente et naïve, prête à tout pour sauver son couple.

L'autre intérêt du film est de mettre en image cette vision surréaliste de la femme en violoncelle (comme dans la photo de Man Ray)



Ma femme est un violon est donc une sexy comédie qui offre un peu plus que d'autres exemples du genre plus racoleurs (les nombreuses comédies avec Edwige Fenech). La réalisation est par certes un peu datée avec ses effets de flous et ses travellings et zooms un peu chaotiques, mais le scope est suffisamment classieux pour supporter cela. Je regrette juste que le film ne se soit pas essayer à plus de romantisme dans certaines situations plutôt que de sombrer dans le cynisme mordant, cela aurait sûrement été bénéfique au film, qui en l'état est tout de même fort sympatique.





ça se trouve en dvd Z2 dans une édition hélas pas forcément au top au niveau de l'image, trop floue par moment pour profiter pleinement des belles fesses de Laura (c'est tout de suite moins classe que Dragonwyck...)

#19 Capitaine Vimaire

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Posté 15 March 2009 - 10:59 AM

Ma femme est un violon : Les images entrevues dans un magasine TV avaient fortement marqué l'adolescent en ébullition que j'étais icon_mrgreen.gif


Alors je vais profiter de ce sujet pour vanter les mérites d'une sympathique comédie d'Ettore Scola : Nos héros retrouveront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ?

L'histoire : Un riche éditeur ( Alberto Sordi ) s'ennuie dans sa vie mondaine et bourgeoise. Il décide alors de retrouver son beau-frère ( Nino Manfredi ) disparu depuis plusiseurs mois en Angola. Et c'est parti pour l'aventure en compagnie d'un pauvre comptable blasé ( Bernard Blier ).

Ce film réjouissant aurait pu être retitré Tintin en Angola tant sa structure, son rythme et même son ambiance évoquent Tintin au Congo de Hergé : découverte de la société coloniale ( ici portugaise ), jeu sur les stéréotypes inhérents au continent africain ( tribus armées de sagaies, sorciers, missionnaires; ... ) et rencontre d'un bestiaire varié ( lions, rhinocéros, Onyx, Zèbres, Chimpanzés,... ). Une même simplicité, voire naïveté, semble parcourir l'oeuvre. Pourtant, chez Scola, cette naïveté n'est qu'apparente.

Là où Hergé montre sa sympathie évidente pour le colonialisme, Scola joue des codes du récit d'aventure afin de nous retourner le discours colonialiste en plein gueule. Doté d'un humour caustique efficace, Scola joue en maestro des clichés. Ainsi chaque scène stéréotypée du genre se retrouve ici inversée : la chasse au lion se termine piteusement, l'accoutrement d'explorateur de Sordi est ridicule, quand les africains brandissent des sagaies c'est pour délivrer les héros, les missionnaires sont soit séniles, soit cupides,... Mais d'après l'exemple le plus subtil de ce retournement des valeurs est le suivant :
Dans Tintin au Congo, le héros est accompagné d'un gentil africain débrouillard mais lâche et un peu fripouille. Cela traduisait la vision condescendante portée par les européens sur les africains. Dans le film de Scola on trouve un personage semblable mais il est portugais. C'est donc un colon et cela change tout au discours.
De fait l'odyssée africaine, empreinte de pensée coloniale, telle que rêvée par le héros est désuète. Elle est un vestige voué à disparaître. Ainsi les aventures, souvent risibles, des protagonistes sont le contrepoids, à la fois critique et bouffon, des gravures du XIX° ouvrant le générique et montrant la supériorité du conquérant blanc. D'ailleurs, dans ces gravures, les explorateurs ont comme point commun avec le personnage de ne considérer la culture et la vitalité africiane qu'à travers son folklore. C'est encore le cas aujourd'hui.

Scola se montre donc très critique envers le colonialisme. Tourné en Angola, alors qu'elle était encore portugaise, le long métrage montre une Afrique européenne agonisante. La société coloniale y est malade ( les missionnaires, la folle ) ou violente ( la scène où un colon portugais tente d'aider les héros à traverser un fleuve ). Quand aux militaires blancs ce sont des mercenaires à la fois soldats et brigands. Mercenaires qui sont le juste reflet de l'épouvantable manière par laquelle les européens ont tenté d'imposer leur domination après les indépendances ( lire l'excellent La françafrique de Verschave pour constater l'ampleur des dégâts ! ).
A ce colonialisme moribond et anarchique, empreint de veulerie et de cupidité, Scola oppose une population africaine pleine de noblesse et dont il aime filmer la beauté. A l'exubérance des blancs répond la retenue des angolais ( les larmes coulant sur les joues de la jeune fille lors du départ de Manfredi ). Là aussi c'est une inversion claire et nette des clichés.
Le réalisateur joue la partition d'une odyssée bouffonne jusqu'au bout. Ainsi Scola se permet de livrer un pastiche de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad ( comme l'a judicieusement évoqué Prof' ). Le personnage de Sordi lui même évoque, à un moment, cette filiation. Ainsi le pitch du film est semblable à celui de Conrad : Un homme part à la recherche d'un autre homme disparu et explore pour cela une contrée inhospitalière. Il finira par retrouver le disparu devenu le dieu blanc et terrible d'une société primitive.
Mais exit la noirceur de Conrad, place au duo burlesque et savoureux de l'extraverti Sordi et du savoureux Blier.

Toutefois tout n'est pas parfait dans cette oeuvre réflexive et amusante. On peut reprocher quelques effets de style très daté et des stock shots de rhinocéros pas très heureux. Mais bon ne boudons pas notre plaisir. Nos héros... est oeuvre rythmée, intelligente et amusante qui par certains points évoque le Voltaire de Zadig ou de Candide ( une oeuvre réflexive habillée des atours du récit d'aventure le plus stimulant ).

Un film qui convoque Conrad, Hergé et Voltaire c'est quand même pas si mal !

#20 profondo rosso

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Posté 15 March 2009 - 14:57 PM



Bien vu l'allusion à Tintin, très bon ce Scola et effectivement hormis les stock shots foireux de rhinocéros c'est vraiment classe visuellement. SNC nous a pas mal gâté niveau sortie italienne ces temps ci.

Prosopus tu m'a bien alléché avec "Ma Femme est un violon" et puis Laura Antonelli sous toute les couture ça ne se refuse pas. D'ailleurs des titres à recommander en comédies sexy italiennes ? J'ai souvent été tenté mais peur de tomber sur une merde...




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