La Comédie italienne, c'est aussi l'âge d'or d'un genre le film à sketch où il nous aurons offert pas mal de classiques du genre et d'autres chose plus méconnues tout aussi réjouissantes. Je remet ici ce que je disais de certaines dans le topic
Films à sketchesBoccace 70 (1962)

Un film à sketch transposant l'esprit de Boccace, écrivain italien du moyen age spécialiste de la farce paillarde. Le tout dirigé par la crème des réalisateurs italiens de l'époque avec un casting de reve sur une musique de Nino Rota. Revue des différents sketch dans le détails :
La tentation du Docteur Antonio de Federico Felini
Un homme obsédé par le respect des bonnes moeurs et de la morale pète gentiment un cable lorsqu'on affiche en face de chez lui une publicité géante pour le lait avec une blonde pulpeuse incarnée par Anita Ekberg. Le tout se complique quand la blonde quitte son affiche pour le harceler. Bon généralement j'ai du mal avec Felini mais là sur format court c'est tout simplement genial. On retrouve cette atmosphere de reve éveillé et d'onirisme qui le caractérise, des moments surréaliste comme lorsque Anita ekberg s'evade de son affiche tout en conservant sa taille gigantesque et erran dans la ville tel Godzilla. Un humour dévastateur avec toutes les crise de nerf du heros dès qu'il vois un comportement contraire au bonne moeurs et qui nous invite à quitter la salle et essaie de nous cacher la vue quand Anita Ekberg se déshabille. Excellent ça m'a redonné envie de me mettre à Fellini.
Le travail de Luchino Visconti
Un homme(Tomas Milian) embringué dans un scandale avec des call girls s'etonne du peu de réaction de sa femme (Romy Schneider). De très loin le sketch le plus faible du film et pourtant généralement j'adore Visonti. La fin est d'une cruelle ironie mais c'est vraiment trop bavard et pompeux j'ai failli m'endormir plusieur fois malgré Romy Schneider resplendissante.
La loterie de Vitorio De Sica
Une curieuse loterie avec pour enjeux une nuit avec Sophia Loren attire tout les vieux pervers de la ville. C'est à ce moment que celle ci en profite pour tomber amoureuse d'un forain. Tres drole cette partie, les hommes en prennent pour leur grade et Sophia Loren (absolument affolante en robe moulante rouge décolleté

) livre une superbe interprétation en femme sans éducation cherchant à s'en sortir.
Renzo et Luciana (les mariés du dimanche) de Mario Moticelli
Ce sketch avait été coupé du film à l'époque pour en raccourcir la durée (et restitué sur la version longue du dvd) ce qui est dommage c'est peut etre le meilleur du film. On comprend pourquoi néanmoins tant il est à contre courant du reste casting amateurs sans aucune stars et récit réaliste (presque néorealiste). On suit le parcours de jeune marié sans le sous obligé de vivre chez leurs parent sans aucune intimité et de dissimuler leurs union au travail sous peine d'etre licencié (c'était le règlement à l'époque). Une tranche de vie simple et touchante et portrait idéal de l'Italie du début des 60's.
Les Monstres de Dino Risi (1963)

Un des plus fameux films à sketch du cinéma italien bénéficiant d'une espece de dream team de la comédie italienne à tout les niveau. Ettore Scola (futur real de Affreux sales et méchants, Nous nous sommes tant aimé...) et le duo Age/Scarpelli (scenariste renommé de comique, qui coécriront "Le bon, la brute et le truand) et l'omnipresence de Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi qui jouent dans les 19 sketchs du films ensemble ou séparément avec un complicité jubilatoire.
Le film traite des petites bassesses quotidiennes dont l'etre humain est capable à travers 19 sketchs se situant dans l'Italie du début des 60's qui encore aujourd'hui surprenent par leurs humour noir sans pitié, une méchanceté jusqu'au boutistes et des situations délirante. Essentiellement axés sur les travers masculin le film offre un tableau peu glorieux avec des personnages laches, cupides, vaniteux et vicieux.
Parmis les sketch les plus mémorable entre autres :
- Un père de famille qui laissent ses enfants crever de faim pour aller regarder un mach de foot
- La journée type d'un parlementaire pourri jusqu'à la moelle.
- Un piéton qui insultent tout les automobilites avant de prendre sa voiture et s'averer le pire chauffard qui soit.
- Un homme tellement lobotomisé par sa télé qu'il ne se rend pas compte que sa femme le trompe dans la pièce voisine.
- Un avocat vereux qui humilie totalement un témoin (Vitorrio Gassman grandiose

en avocat).
Tout le reste est du meme niveau et l'ultime sketch du film est une vrai perle qui se détache du lot au niveau du ton avec son boxeur sur le retour qui se fait avoir par un manager fauché et qui se fait démolir sur le ring. Le ton se fait vraiment plus noir et nettement moins drole et la derniere image est particulierement émouvante.
Les Nouveaux Monstres de Ettore Scola, Mario Monicelli et Dino Risi (1978)

Suite du film "Les Monstres" sorti en 1963, un des dernier sursauts de la comédie italienne avant la débacle des 80's et un petit bijou de méchanceté et d'humour noir.
Comme dans le premier volet on retrouve ces petits portraits acide de la bassesse humaine et de la cruauté ordinaire avec cette fois en toile de fond discrète tout le contexte politique et la violence qui a secoué l'Italie durant les 70's.
La crème des acteurs comique italien de l'époque (Vittorio Gassman, Alberto Sodrdi, Ugo Tognazzi...) s'en donnent à coeur joie dans cette suite d'histoires où la religion, la famille, le couple, le sexisme et d'autres chose passe à la moulinette avec une férocité inouïe.
Comme tout les films du genre c'est inégal mais les sketches mémorable ne manque pas entre autres :
- "Comme une reine" ou la journée d'un homme avec sa mère agée qu'il compte abandonner à son insu dans un hospice sordide...
- "Pornodiva" où des parents par appat du gain livre leurs enfant à un casting des plus glauque...
- "sans Paroles" l'histoire d'amour très fleur bleue et cliché entre une hotesse de l'air (Ornella Muti

) et un touriste tourne au drame bien cynique...
- "Tantum Ergo" un cardinal (fabuleux Gassman

) de passage suite à une panne de voiture remet dans le droit chemin une congrégation qui se mettais à douter...
Le duo Age-Scarpelli au scénario s'en donne à coeur joie dans la dérision et l'humour à froid c'est parfois tellement poussé dans la noirceur qu'on a presque du mal a en rire.
Seul bémol sur le dvd seule la vf est disponible (sauf quelques sketches dispo en VO en bonus) ce qui attenue parfois la truculence de certains sketches (comme Premier Soin qui gache la prestation de alberto Sordi en riche débauché incapable de secourir un accidenté) mais elle est globalement de qualité et un sympathique documentaire sur la comédie italienne des 50's au 70's, son contexte et ses influences. 5/6
Sept fois femme de Vittorio De Sica (1967)
Suite de sept sketches illustrant sept aspects de la femme : romantique, réaliste, impudique, volage, jalouse, capricieuse, amoureuse.Le film est surtout une ode au charme et au talent de Shirley McLane qui interprète chacune des sept facette de la femme de chacun des sketches. L'humour italien devastateur est par moments un peu noyé sous le poids de la production internationale (casting héteroclite où Vittorio Gassman cotoie Philippe Noiret et Michael caine, tournage à Paris en langue anglaise...) dans quelques sketch un peu poussif : Paulette (chaque sketch porte le nom de l'héroïne) où une jeune veuve cède aux avances d'un prétendant en plein enterrement par appat du gain, Maria teresa où une femme trompée décide de se venger en cédant au premier venu, et Eve où Shirley Mclane campe une megère hysterique qui va tout faire pour empecher une rivale de venir à l'Opera avec la même robe qu'elle. De bonnes idées mais pas poussée assez loin (Maria Teresa pas loin de céder à la prostitution) et des histoires qui trainent en longueur.
A côté de ça quatre grandes réussites :
Linda
Shirley Mclane campe une jeune femme cédant au plaisir de l'esprit uniquement et qui va rendre fous deux prétendant qu'elle a invitées chez elle. Le sketch le plus fou et osé du film avec Shirley Mclaine nue la plupart du temps et qui se termine en partie à trois. Des instants hautement folklorique avec les deux hommes virant limite hysterique sous le charme provoquant de Linda et une ambiance psyché pop des plus agréable.
Edith
Une femme au foyer est délaissée par son mari écrivain qui fantasme sur ses créations littéraires de femmes libérées et excentrique. Mais quand elle se met à adopter le même genre de comportement pour plaire à son mari elle passe pour folle. Très belle prestation de Shirley Mclaine vraiment pathétique et touchante et la conclusion est vraiment belle.
Marie
Un couple adultère desepéré décide de se suicider ensemble par amour dans une chambre d'hotel. Superbe huis clos où on passe du gros comique avec les messages enregistrés, la difficile organisation du suicide (qui tire sur qui en premier, où alors des pilules ?) à une chute des plus triste et réussie, Shirley Maclaine est une nouvelle fois exceptionnelle.
Jean
Une jeune femme est suivie toute une après midi par un homme (michael caine)) et va se livrer à un cache cache des plus romantique avec lui. Le meilleur sketch du film, un charme fou tout du long grâce à une Shirley Mclane mutine et espiègle et un Michael caine timide et mysterieux tandis que le Paris retro 60's offre un cadre idéal au récit. Puis vient une conclusion des plus cynique qui nous ramène brrutalement sur terre.
Inégal mais dans l'ensemble très réussi et plaisant. J'ai d'ailleurs sous la main "Moi la Femme" de Dino Rsi qui semble fonctionner sur le même principe, on va voir ce que ça vaut...