Mad Movies: Hunger - Steve McQueen (2008) - Mad Movies

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Hunger - Steve McQueen (2008)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   LoveProof 

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Posté 19 novembre 2008 - 02:48



Réalisé par Steve McQueen, écrit par Steve McQueen et Enda walsh
01H40 min
Avec: Michael Fassbinder (vu dans 300, Eden Lake et bientôt dans le prochain Tarantino), Liam Cunningham, Stuart Graham,
Liam McMahon....

Je sors de l'avant première.
Vidéaste reconnu, Steve McQueen livre son premier long métrage avec Hunger (Caméra D'Or à Cannes cette année pour ceux qui auraient loupé) en préparation depuis 5ans. 5 ans concrètement mais lors de cette avant première le réalisateur nous a expliqué que c'est à 11 ans, devant les images d'un gréviste de la faim, qu'il a réellement pris conscience de la situation politique de son pays; et de ces prisonniers de l'IRA qui sont au cœur de Hunger.
On entend souvent parlé de "grosse claque" pour décrire des films qui n'en méritent pas tant. Sans aimer ce poncif de la critique, là la réflexion semble appropriée tellement je trouve dur d'en parler à chaud; cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait laissé une telle impression.
Et je pense pouvoir en dire autant de (presque) toute la salle.

1981, dans la prison de Maze en Irlande du Nord, en pleine grève "des couvertures et de l'hygiène" (refus des condamnés à se laver, à accepter de porter l'uniforme de prisonnier et donc refus d'accepter simplement leur condition de prisonniers), McQueen décrit la "cohabitation" entre matons et détenus dans une première partie.
S'ouvrant sur le matin de Raymond Lohan, gardien, cette première 1/2 heure rejoint ensuite Davey Gillen, fraichement débarqué, contraint de partager la cellule de Gerry Campbell. Compagnons de cellule, de mouvement, d'idées.
Le quotidien, les brimades, les révoltes, la colère puissante des gardiens et celle étouffée, retenue de ces membres de l'IRA; tout ceci est filmé avec une beauté plastique rare. On sent chaque plan réfléchi, et le silence pesant de cette prison (très peu de dialogues) contraste autant qu'il souligne la violence de ce film.
Violent et calme, réaliste (presque documentaire parfois dans son approche) et imagé (certains plans reflètent le passé de vidéaste du réalisateur par leur construction), épuré et généreux, Hunger n'en est jamais pourtant paradoxal. Il est tout à la fois.

McQueen joue avec les répétitions, ces petits gestes répétés et mis en scène qui soulignent la dureté de cet univers carcéral, les relations haineuses.
Peu de dialogues, tout se passe dans les regards, les gestes (les scènes de parloir, celles de fouille ou "d'hygiène imposée).
Jouant avec nos sensations (dureté des coups, sécheresse des sentiments, suivies d'instants calmes, presque oniriques), le film n'est jamais gratuit dans sa violence; elle est "nécessaire" car bien réelle,vécue par ses prisonniers.
A mi chemin, une scène. Une scène dont on se souviendra longtemps. Un dialogue entre Bobby, incarcéré avec Davey et Gerry, et un prêtre qui le connait.
25min en peu de plans (dont un de 15min), le film tourne ici. Non sans humour, le prisonnier et l'homme d'église confrontent leurs idées, leur vision du monde dans lequel ils évoluent. Bobby annonce son intention d'entamer une grève de la faim qui, il l'espère, fera réagir le peuple, les politiques.
Une dernière partie, quasi muette, et le film se conclut dans la cruauté comme dans la beauté, comme il a commencé.

Je précise que même pour les non initiés aux événements politiques qu'à connu l'Irlande aux débuts des 80'S, McQueen avec des annonces pré et post métrage, et au travers des dialogues, livre au spectateur suffisamment d'informations pour ne pas être perdu dans les enjeux.
Et cet accroche, pfff. Elle livre tout le film.

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Rivverson 

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Posté 20 novembre 2008 - 10:22

Ah je l'attendais depuis un petit moment celui là, bon la distribution n'est pas encore au point en Province mais j'ai hâte de le voir celui là, étant pas mal calé sur l'histoire de l'IRA dans les années 80, on ne s'était encore jamais penché sur cette histoire pour le moins étonnante. En tout cas, tu ne fais que renforce mon impatience. Merci pour la critique.

#3 L'utilisateur est hors-ligne   jason13thh 

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Posté 20 novembre 2008 - 12:06

Je l'ai maté hier soir dans une salle (petite la salle) bien remplie. M'a fois pour un premier film c'est plus que respectable et c'est un euphémisme si ses autres films seront de cette qualitée on aura un futur grand cinéaste.

Le film est intéressant de par son aspect historique et comme dit plus haut presque documentaire, franchement la façon dont étaient traitée les prisonniers de l'IRA fait peur ...prison ultra glauque, condition d'hygiène déplorable, mauvais traitements des gardiens (le passage des prisonniers entre les forces spéciales avec leurs battes et leurs boucliers....pour la fouille annale....d'une grande brutalité)

Peu de dialogues en effet excepté une scène: la très longue scène du dialogue Bobby Sands Vs prêtre, au début amusant puis par après grâve. C'est pas le genre de film grand public c'est clair mais pour qui s'intéresse à l'Histoire des 80's, de l'IRA, ainsi qu'aux réalisateurs qui ont quelque chose à dire ça les intéressera certainemenet.

Une seule scène que j'ai pas aimé car beaucoup trop longue: le raclage.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Mason 

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Posté 01 décembre 2008 - 18:11

je viens de le voir ce film.

je vous avouerais que c'est le genre de film que je ne vais jamais voir , surtout par peur d'etre déçu , après le gros buzz ( toutes proportions gardées) généré par le film.

je vous livre donc ma critique a chaud. ( spoilers inside)

ca commence assez étrangement, avec une ambiance calme, posée, clinique et froide. la réalisation évite les plans superflus, les musiques inutiles, les effets gratuits. description d'un homme qui se lave les mains. qui est il, que fait -il? on le verra après, cet homme est gardien. il va servir a introduire le spectateur dans cette prison. vous êtes prévenus ( dans tous les sens du terme), vous n'en sortirez pas un seul instant. jusqu'ici , économie de dialogues. les images parleront d'elles mêmes.
par la suite, on fera la connaissance des détenus, et surtout, de leurs conditions de detention. parqués dans des cellules sans eau ni soin, dans des conditions d'insalubrité maximum. la caméra de mc queen nous épargnera aucun detail. plus le film avance, plus on avance dans cet enfer carçéral, où les homme sont brisés, maintenus en vie, si je puis dire, contre leur gré. étrangement, ce sont dans des moments comme celui ci que la caméra du réalisateur se met en mouvement, pour coller au maximum a ces corps battus et humiliés( éprouvant passage dit du "couloir de CRS de pénitenciers"). on sent une volonté de mc queen de ne pas appuyer inutilement son propos via des dialogues superflus, ou des effets de mise en scene. plutot que de filmer deux hommes en train de papoter de Liberté, on verra juste un homme afaibli jouer avec une mouche, au travers d'un trou de grillage. ne jamais prendre le spectateur pour un idiot, il saura, dans le cas présent , interpréter ce que le réalisateur lui mettra sous les yeux. pas sur qu'il aime ça au final, le sentiment éprouvé a la vue des images montrée peut parfois revulser ( non c'est pas de la boue aux murs de la cellule)

fin de la première partie, introduction, via ce Nettoyage du deuxième acte avec le trajet d'un détenu, qui projette comme le titre du film le laisse entendre, une grève de la faim. la caméra s'est reposée, et là mc queen va étirer ses plans , jusqu'au maximum ( l'entretien / examen de Foi. jugement avec le prêtre)..cette scène va sceller les convictions du personnage, plus de retour possible. et là on arrive au passage qui a réussi a me mettre mal à l'aise. a savoir la description quasi clinique d'un malade, prêt a mourir pour ses convictions. la caméra de mc queen va se faire plus observatrice, clinique et documentaire. le calme dans la prison est revenu, l'ambiance est a nouveau au silence, à la réflexion, mais le tourment et les douleurs semblent s'être concentrées sur cet homme, mourrant sur un lit et regardant non pas sa vie defiler, mais juste un moment décisif de son existence. même remaruqe que plus haut, certaines images sont difficilement supportables ( toute la derniere partie avec le corps decharné et amaigri du prisonnier).

le film se concluera dans la même ambiance sourde et posée a la fois..


une bonne baffe, doublée d'une leçon de mise en scène. par contre petit bémol comme plus haut, la scene de raclage des sols....pourle coup étirement de scene completement gratuit et bien trop long,
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#5 L'utilisateur est hors-ligne   Rev3ngZ 

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  Posté 02 décembre 2008 - 00:15

Fort.
Puissant.
Marquant.

5/6

Ps : le raclage aussi, inutile, enfin.
# The Crow # The Last of the Mohicans # The New World # The Killer # The Fountain # Fight Club #

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Zoran Reznik 

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Posté 04 décembre 2008 - 21:26

Hunger, c'est Martyrs en bien.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   seward 

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Posté 07 décembre 2008 - 21:31

loul, faut que je le vois, surtt pr Fassbender.
Le grand public il a qu'à se sortir les doigts du cul (Corvis)

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Mason 

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Posté 07 décembre 2008 - 22:01

CITATION(seward @ 07 12 2008 - 20:31) <{POST_SNAPBACK}>
loul, faut que je le vois, surtt pr Fassbender.



il y est phénoménal. au delà de la transformation physique ( ça m'a rappelé un certain christian bale, à la seule différence que l'état physique du personnage est, dans le cas de 'hunger" totalement inhérent au récit), il interprete avec tellement de charisme et de présence ce militant prêt a tout pour ses convictions que rien que pour lui, le film vaut le détour
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#9 L'utilisateur est hors-ligne   bilouff 

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Posté 09 décembre 2008 - 19:08

CITATION(Zoran Reznik @ 04 12 2008 - 20:26) <{POST_SNAPBACK}>
Hunger, c'est Martyrs en bien.


Ah! J'en reviens, et je me demandais si je passerasi pour un dément en y voyant de très grandes similarités dans la forme avec "Martyrs" smile.gif
Sauf que pour moi c'est aussi efficace dans un film que dasn l'autre, et ils sont tous deux excellents tongue.gif

Cette scène de dialogue avec le prétre! blink.gif
ouf!

5/6 pépére!

Pour le raclage, c'est une métaphore dont la façon dont les anglais s'évertuent à effacer consciencieusement toutes traces des revendications des prisonniers, ici au propre comme au figuré (et ici ça se rejoint puisque comme le fit l'affiche, leur corps est leur ultime moyen de pression). Beaucoup aimé cette scène, certes longues pour ce qu'elle montre, mais c'est le rythme général du film qui est ainsi.

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Zoran Reznik 

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Posté 10 décembre 2008 - 01:01

CITATION(bilouff @ 09 12 2008 - 18:08) <{POST_SNAPBACK}>
Pour le raclage, c'est une métaphore dont la façon dont les anglais s'évertuent à effacer consciencieusement toutes traces des revendications des prisonniers, ici au propre comme au figuré (et ici ça se rejoint puisque comme le fit l'affiche, leur corps est leur ultime moyen de pression). Beaucoup aimé cette scène, certes longues pour ce qu'elle montre, mais c'est le rythme général du film qui est ainsi.


Ben oui tiens, pas con, limpide même.
mellow.gif
Sûr que dans un film aussi soigné dans la forme, rien n'est laissé au hasard (surtout pas un plan silencieux de plusieurs minutes)
Et tu fais passer les gens du dessus pour de sacrés bovins (dans le doute j'ai préféré le silence). icon_mrgreen.gif

#11 L'utilisateur est hors-ligne   san 

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Posté 25 décembre 2009 - 18:40

Un film fort, et d'une maitrise totale, qui reste longtemps dans la tête....!! Plus qu'un film "politique", hunger est une réflexion sur le corps, sur le temps...l'enfermement! ! Et, bien plus encore... ohmy.gif
Il faut voir ce film! !!


« Obscurité, tu seras dorénavant pour moi la lumière. »

#12 L'utilisateur est hors-ligne   dreef 

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Posté 02 avril 2010 - 12:30

Voilà donc le film qui a affirmé Michael Fassbender aux yeux de la critique. Entre drame choc et documentaire historique, entre onirisme et réalisme, Hunger retrace les grèves de l'hygiène et de la faim menées par les militants de l'IRA incarcérés dans les prisons d'Irlande du Nord. Le réalisateur adopte un rythme contemplatif ainsi qu'une mise en scène épurée et esthétisante, malgré les excréments couvrant les murs ou l'urine se répandant dans les couloirs, pour mieux faire ressortir une violence fulgurante, d'une brutalité inouïe. Avec un script quasi dépourvu de textes, les émotions passent par le corps, excepté lors d'un dialogue en plan fixe de 15 minutes, charnière du récit. A l'instar d'un certain Christian Bale, Michael Fassbender n'hésite pas à payer de sa personne dans une dernière partie clinique et sensitive, à la poésie dérangeante (qui renvoie à Martyrs). Jusqu'au-boutiste, Steve McQueen frappe fort pour son premier film.
24 hours in a day, 24 beers in a case. Coincidence?

Bonnasse au cast, daubasse au cut.

#13 L'utilisateur est hors-ligne   johnny walker 

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Posté 02 octobre 2010 - 13:28

Franchement, ça bute bien ! Une vraie claque dans la gueule, qui remue par son réalisme, la beauté des cadres et l'interprétation magnifique de Michael Fassbender en figure christique (c'est une véritable Passion que son personnage endure). Avec son score minimaliste, des scènes vraiment brillantes (le dialogue entre Bobby et le prêtre) et un vrai propos politique, ce film de Steve McQueen est un des meilleurs que j'ai vu cette année. 5,5/6
"J'ai claqué beaucoup d'argent dans l'alcool, les filles et les voitures de sport - le reste, je l'ai gaspillé" George Best

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#14 L'utilisateur est hors-ligne   UnderConstruction 

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Posté 28 janvier 2011 - 03:36

Et hop, un chef d'œuvre, un ! :bluesbro:
Film sans concession (scènes de tortures et tabassages, sans parler des conditions de vie dans la taule), peu bavard en général (sauf quand il discute avec don), contemplatif (la lente agonie de bobby sands et sa mort), et franchement bien shooté (ou comment rendre intéressant un mec qui nettoie la pisse des détenus). Bref excellent. Ca m'a assez rappelé Uncle Boonmee de Apichatpong Weerasethakul par ailleurs. C'est le même type de film à mon sens. Les personnages, au fond, on s'en branle, mais ça reste intéressant et fascinant de les suivre car rien n'est binaire (on voit pas mal de conflits d'intérêts dedans) et c'est sobre en parti-pris. Les choses sont laissés se déroulant devant nos yeux, ça semble réel (notamment les personnages qui sont incarnés magistralement). 6/6.
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#15 L'utilisateur est hors-ligne   Herr Brenner 

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Posté 28 janvier 2011 - 08:52

Voir le messageUnderConstruction, le 28 janvier 2011 - 03:36 , dit :

Et hop, un chef d'œuvre 2011, un ! :bluesbro:


Mais sinon, il est sorti en 2008 dans nos salles. ^_^

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