Mad Movies: La Comédie Romantique - Mad Movies

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La Comédie Romantique un genre idéologiquement douteux ?

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  4. Quand Musso rencontre Lini (3 votes [6.82%])

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  6. Nuits blanches et aryennes à Seattle (4 votes [9.09%])

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#1 L'archiviste*

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Posté 12 juillet 2008 - 22:47

Après avoir démontré de façon parfois brillante que nos genres favoris (horreur, action musclée) étaient parfaitement sains, légers comme l'air et foutrement progressistes, icon_mrgreen.gif à l'inverse de ce qu'en affirme la vilaine société des "autres",
il est peut-être temps de renvoyer la balle aux accusateurs et de débusquer les soubassements pourris de la comédie romantique, un genre généralement admis par presque tous comme sain et inoffensif.

Je copie-colle un post tiré d'un autre topic :
CITATION(muf @ 11 7 2008 - 22:04) <{POST_SNAPBACK}>
J'ai toujours pensé que la comédie romantique est précisément le genre cinématographique qui insulte le plus la condition humaine.
(...)
C'est juste que 95% des comédies romantiques consistent essentiellement en de la pornographie sentimentale, avec tout ce que ça suppose en termes de simplifications grossières de sentiments humains intimes et complexes. Je sais bien que la simplification, c'est un peu le lot de la représentation en général et du cinéma grand public en particulier, mais il y a des raccourcis moins malhonnêtes que d'autres.

Tu peux raconter qu'un ado contribue à rendre le monde meilleur depuis qu'il s'est fait mordre par une araignée radioactive: c'est hautement improbable mais ça ne me gêne pas parce que le "mensonge" est en quelque sorte constructif (on part du principe que je parle des films de Raimi et que je les trouve réussis dans ce qu'ils entreprennent): c'est de la spéculation morale ("si j'avais le pouvoir, qu'est-ce que j'en ferais?").

Par contre, me dire "qu'ils étaient faits l'un pour l'autre" (ou justement non), c'est de la pure malhonnêteté fictionnelle qui endort l'intellect du spectateur en manipulant des leviers intimes qui font perdre toute force. Les meilleures comédies romantiques sont celles qui ne finissent pas, comme La Garçonnière ou, dans une moindre mesure mais pour prendre un exemple récent, High Fidelity, parce qu'elles respectent le caractère insaisissable, aléatoire et changeant des sentiments, tout en inscrivant ceux-ci dans un contexte social ou sociétal bien brossé et plus vaste que les seuls marivaudages entre copains.

Finir sur une incertitude, c'est quasiment impensable pour ce genre conservateur par excellence qu'est la comédie romantique (et je parle même pas du fait que l'amour est très souvent vécu de façon non réciproque, ce qu'aucun film de Penny Marshall ou Richard Curtis ne traitera jamais).

Attention hein: je pars pas du tout en croisade contre la comédie romantique (ce serait tout aussi couillon qu'une croisade contre le cinéma d'horreur), j'ai rien contre, j'ai en ai DVD, j'en regarde de temps en temps et j'en aime quelques unes, etc. Tout ceci n'est pas très grave, et tout ce que j'en dis peut d'ailleurs bien souvent s'appliquer à toute forme de cinéma, à des degrés divers. C'est juste que, si on doit vraiment rechercher ce que le cinéma peut avoir d'"insultant" vis-à-vis de la condition humaine (en l'occurrence, je pense que c'est une recherche assez vaine, et qu'une échelle d'étude supérieure serait peut-être plus intéressante), c'est plutôt du côté de ce genre-là qu'on devrait aller... Mais bon...

Le "genre conservateur par excellence" ? "Pornographie sentimentale" ?
Même si intuitivement, le post de Muf appuie sur un sentiment qu'il m'est fréquemment arrivé d'avoir, je ne saurais dire en quoi la comédie romantique semble si souvent tendre vers le conservatisme ou carrément l'attitude réactionnaire.

Deux points me semblent intéressants :
1/ Le social. La vision de l'organisation sociale "idéale" propagée par ce genre.
et surtout
2/ Le sexe. Car qu'on le veuille ou non, ce genre s'adresse prioritairement au public de sexe féminin.
Or, beaucoup de femmes hésitent à clamer ouvertement leur goût pour ce genre, comme si elles avaient du mal à accepter ce qui les a séduit dans la structure récurrente de ces comédies (qu'elles-mêmes, en tous cas celles que je connais, reconnaissent souvent comme conservatrice).

Pourtant les faits sont là; ce genre de structure fonctionne, et plus particulièrement sur les femmes.
Déjà il serait judicieux de se pencher sur les figures, les clichés, les passages obligés de ce genre de films. Parce que certains sont très curieux.
Pourquoi, par exemple, y'a-t-il toujours une séquence où l'héroïne se ridiculise face à l'élu de son cœur ? Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ? Pourquoi y'a-t-il presque toujours une scène où l'héroïne pourrait régler son problème en disant quelque chose à l'homme qu'elle aime, mais où elle choisit de se taire ?
En quoi ces passages obligés révèlent-ils quelque chose du public qui fait le succès de ces films ?

Et aussi, je ne peux m'empêcher de souligner que les deux "bons" films que pointe Muf dans son post, La Garçonnière et High Fidelity, sont précisément des films de mecs, qui privilégient très largement le point de vue de l'homme et donc des réflexes sentimentaux typiquement masculins. Pourquoi cette vision masculine du monde apparaîtrait-elle comme plus "progressiste" que la vision féminine ? Car franchement, je doute que les femmes aient le monopole du conservatisme.

Ce sont juste quelques pistes.
Si ce topic dépasse les trois posts, peut-être aurons-nous d'autres perspectives.

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Lurdo 

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Posté 12 juillet 2008 - 23:43

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
Pourtant les faits sont là; ce genre de structure fonctionne, et plus particulièrement sur les femmes.
Déjà il serait judicieux de se pencher sur les figures, les clichés, les passages obligés de ce genre de films. Parce que certains sont très curieux.
Pourquoi, par exemple, y'a-t-il toujours une séquence où l'héroïne se ridiculise face à l'élu de son cœur ? Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ? Pourquoi y'a-t-il presque toujours une scène où l'héroïne pourrait régler son problème en disant quelque chose à l'homme qu'elle aime, mais où elle choisit de se taire ?
En quoi ces passages obligés révèlent-ils quelque chose du public qui fait le succès de ces films ?


J'ai envie de dire que ces clichés, tu les retrouves à l'identique dans les comédies pour ados, où le mec maladroit/le héros timide enchaîne exactement les mêmes péripéties que celles que tu mentionnes...

(tain il est mal barré, ce topic...)
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   kitano 

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  Posté 12 juillet 2008 - 23:52

Dans les trucs qui m'énerve il y a aussi la situation quiproquo où le mec est pris dans une situation délicate et que même s'il n'a rien à se reprocher il fait comme s'il était coupable.
Dans ce genre je suis plutôt d'accord avec Muf, ce qui fait que je ne supporte pas la plupart de ces comédies sauf quand il y a une véritable qualité d'écriture et que les personnages ne semblent pas parfait (physiquement et mentalement), j'adore Punch drunk love ou happy accidents par exemple.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Capytalium 

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Posté 12 juillet 2008 - 23:53

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ? Pourquoi y'a-t-il presque toujours une scène où l'héroïne pourrait régler son problème en disant quelque chose à l'homme qu'elle aime, mais où elle choisit de se taire ?
En quoi ces passages obligés révèlent-ils quelque chose du public qui fait le succès de ces films ?


Je rebondis juste sur le coup du veuf qui attire systematiquement la femme.
quand j'étais plus jeune je m'imaginai souvent vivant cette situation; je suis veuf avec un enfant et je tombe sur la femme de ma vie.
c'était une sorte de fantasme récurent, sorti de je ne sais ou.
Et voila t-y pas qu'un jour sort le film avec Samantha Mathis et Richard E Grant ou il se passe cette exacte situation...
Alors je n'ai pas de reponse d'ou cela peut-il venir. Est-ce une sorte de schéma recurent chez l'homme; devoir attirer la pitié pour être aimé?
Je ne sais pas trop.
Par contre, à la lecture de ton poste, la question que je me pose est la suivante: quel "pourcentage" de femmes écrivent ce type de film et si le pourcentage montre que ce sont en majorité des hommes qui les écrivent, ne mettent-ils pas leur fantasme sur papier afin de conditionner "sciemment ou pas" la gente feminine.
ou alors je me plante comme une truffe icon_mrgreen.gif

#5 L'utilisateur est hors-ligne   bardamu aka leatherface 

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Posté 13 juillet 2008 - 00:25

Je vais m'éloigner du sens premier du post de l'archi mais je pense que la "honte" que l'on peut ressentir devant une comédie romantique est du à un certain tabou de l'idéal et du "bonheur" pur.

On prèfère toujours se vanter d'être plus réceptifs à des films violents ou noirs, ce qui permet de nous affirmer comme plus "murs" et plus "intelligents". Qu'on l'accepte ou non, nous entretenons toujours l'image de l'être torturé comme meilleur récepteur face à l'art (tradition due au romantisme, d'ailleurs, ce qui est amusant quand on voit le tournure qu'a pu prendre ce terme).
Voir des films qui nous balance au travers de la gueule nos envies enfouies de bonheur et d'idéal nous gène forcément. Je crois que beaucoup de cinéphiles ont développé une attitude cynique (j'en fais partie) et gueule dès qu'une œuvre présente des "bons sentiments" et une morale sirupeuse.
Ce que l'on nous montre dans une comédie romantique, c'est nos désirs les plus profonds et les plus sains.
Ça fait toujours chier d'avouer que nos sentiments refoulés (en tout cas aujourd'hui) ne sont pas le meurtre, le viol ou n'importe quelles autres déviances, mais bel et bien l'amour pur, un idéal cul-cul et la quête du bonheur parfait.

A la vue d'un produit comme Nuits blanches à Seattle par exemple (pas le meilleur mais le plus caricatural), ce qui nous emmerde le plus, c'est que le vernis rose bonbon ne nous empêche jamais de rêver d'être à la place de ce con de Tom Hanks ou bien de cette gourde Meg Ryan. On le refoule car on a pris l'attitude de rejeter ce qui est trop simple, donc trop lisse. Nous sommes en général des romantiques idéalistes qui se fatiguent à ne pas le paraître.

Je crois que Eco avait parlé de ces films comme détenteurs d'une formule "chimique" qui agissaient sur nous à chaque coup, presque inconsciemment.
Mais on ne veut pas l'avouer . En même temps, on est pas trop aidé par les qualités "cinématographiques" souvent bien merdiques de ce genre de productions.

(et sinon le teen-movie reste un sous-genre de la comédie romantique, à mon avis...)

(Pour finir, je crois que la comédie romantique fonctionne sur l'identification du spectateur, bien plus que les autres genres).

Edit: Pour revenir au sujet, des films qui nous font miroiter des choses que l'on désire fortement mais que l'on aura jamais (comme la politique, tiens...), c'est peut-être ça, le fascisme.

#6 L'utilisateur est en ligne   redboy 

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Posté 13 juillet 2008 - 00:54

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
je ne saurais dire en quoi la comédie romantique semble si souvent tendre vers le conservatisme ou carrément l'attitude réactionnaire.

Je me souviens d'une interview de Ralph Fiennes pour Coup de foudre à Manhattan, où il joue un sénateur conservateur, qui disait, probablement en déconnant, qu'il avait demandé à ce que son personnage soit démocrate et qu'on lui avait dit non.

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
beaucoup de femmes hésitent à clamer ouvertement leur goût pour ce genre

Parce que c'est pas pour les femmes mais pour les midinettes icon_mrgreen.gif

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
Pourquoi, par exemple, y'a-t-il toujours une séquence où l'héroïne se ridiculise face à l'élu de son cœur ?

Parce que le mec il doit être capable de voir au delà des apparences, mêmes ridicules, s'intéresser à ses sentiments pour être capable de construire une relation durable et pas être juste un gros queutar qui saute sur la première bombasse venue en oubliant la précédente, ou qui se sert des gonzesses comme de faire valoir et les jette dès qu'elles vieillissent.

CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ?

Déjà s'il est marié au moment de l'intrigue, on tombe plutôt dans le vaudeville avec amant dans le placard et tous les quiproquos qui vont avec. Ensuite j'imagine que le fait que la personne aimée ai déjà connu le "grand amour", doit être l'obstacle par excellence dans ce type d'histoire, puisqu'il faut non seulement qu'elle tombe amoureuse, mais aussi lui faire oublier l'ancien amour. Je dirais que l'obstacle semble même impossible à surmonter si le spectateur considère qu'il ne peut y avoir qu'un seul grand amour, d'où suspense.

Dans les comédies romantiques écrites par des mecs qui se terminent de façon ouverte il y a eu Eternel sunshine of the spoteless mind récemment.

#7 L'archiviste*

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Posté 13 juillet 2008 - 01:16

CITATION(Capytalium @ 12 7 2008 - 23:53) <{POST_SNAPBACK}>
Par contre, à la lecture de ton poste, la question que je me pose est la suivante: quel "pourcentage" de femmes écrivent ce type de film et si le pourcentage montre que ce sont en majorité des hommes qui les écrivent, ne mettent-ils pas leur fantasme sur papier afin de conditionner "sciemment ou pas" la gente feminine ?
Effectivement, jusqu'à il y a moins de quinze ans, le genre était entièrement conçu par des hommes.
Mais j'avais évacué cette question parce qu'à mon avis le fantasme de celui qui écrit la comédie pèse beaucoup moins lourd dans la balance que les règles plus ou moins tacites qui se sont imposées dans le temps, à travers les succès commerciaux. En somme c'est le public de ces films qui dicte ce qu'il veut voir. Je ne crois pas qu'on puisse aussi facilement le conditionner à aimer un certain schéma (et ceci vaut pour tous les genres d'ailleurs).

Les figures imposées curieuses, que j'ai relevé plus haut, Lurdo m'affirme qu'on les trouve aussi dans la teen-comedy mâle adolescente. D'une part je ne suis pas d'accord (le héros d'une teen-comedy, quand il a un truc à dire qui pourrait sauver sa situation, il le dit, voire même il le gueule) et d'autre part je pensais plutôt aux comédies romantiques grand-public, incarnées par des Julia Roberts, des Meg Ryan ou des Sandra Bullock

CITATION(bardamu aka leatherface @ 13 7 2008 - 00:25) <{POST_SNAPBACK}>
Ce que l'on nous montre dans une comédie romantique, c'est nos désirs les plus profonds et les plus sains.
Ça fait toujours chier d'avouer que nos sentiments refoulés (en tout cas aujourd'hui) ne sont pas le meurtre, le viol ou n'importe quelles autres déviances, mais bel et bien l'amour pur, un idéal cul-cul et la quête du bonheur parfait.
(...)
Je crois que Eco avait parlé de ces films comme détenteurs d'une formule "chimique" qui agissaient sur nous à chaque coup, presque inconsciemment. Mais on ne veut pas l'avouer.

Ce qui veut dire qu'on prendrait pour du "conservatisme" ce qui en réalité relève de sentiments archétypaux ?
En v'la une piste qu'elle est intéressante !

CITATION(bardamu aka leatherface @ 13 7 2008 - 00:25) <{POST_SNAPBACK}>
(Pour finir, je crois que la comédie romantique fonctionne sur l'identification du spectateur, bien plus que les autres genres).
Là je ne suis pas d'accord.
Notre être social s'identifie plus facilement à une comédie romantique (qui met en scène un univers social qui lui est plus ou moins familier, et où les enjeux sont ceux du rapport social qui l'occupe chaque jour)
Mais je te garantis que l'identification à Tarzan ou à Indiana Jones, elle est bien réelle aussi, sauf que c'est une autre partie de nous qui s'y identifie.
smile.gif

CITATION(Lurdo @ 12 7 2008 - 23:43) <{POST_SNAPBACK}>
(tain il est mal barré, ce topic...)
Ben pourquoi ?


#8 L'utilisateur est hors-ligne   Denver 

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Posté 13 juillet 2008 - 01:19

Personnellement je pense juste que les sentiments amoureux sont beaucoup trop complexes pour être traités et développés correctement en 1h30 ou 2h.

Donc je n'ai rien contre les comédies romantiques en général, ça fait passer du bon temps et tu ressors et te disant "si seulement c'était aussi simple !".

Après, et comme pour tous les genres, faut pas être sortir de St Cyr pour ne pas prendre ça comme le reflet parfait de la réalité. Loin de là.

#9 L'utilisateur est hors-ligne   leo 

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Posté 13 juillet 2008 - 01:19

CITATION(redboy @ 13 7 2008 - 00:54) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(L @ 12 7 2008 - 22:47) <{POST_SNAPBACK}>
Pourquoi, par exemple, y'a-t-il toujours une séquence où l'héroïne se ridiculise face à l'élu de son cœur ?

Parce que le mec il doit être capable de voir au delà des apparences, mêmes ridicules, s'intéresser à ses sentiments pour être capable de construire une relation durable et pas être juste un gros queutar qui saute sur la première bombasse venue en oubliant la précédente, ou qui se sert des gonzesses comme de faire valoir et les jette dès qu'elles vieillissent.



Ah ,moi j'ai toujours pensé que c'etait pour faciliter l'identification au personnage principal .Etant donné que la plupart de ces films mettent en scene un debut d'histoire d'amour entre une fille plutot quelconque et un homme ....ben riche,beau etc....Assez rare dans la réalité,j'imagine.J'ai l'impression que sans ça la spectatrice voit le film sous un mode "jalousie/ivalite/can'arrivequ'auautres" deprimant plus qu'autre chose.

CITATION
Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ?


les mecs qu'ont jamais eu de femme c'est suspect icon_mrgreen.gif

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Lurdo 

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Posté 13 juillet 2008 - 01:19

Nan, mais en plus, un débat comme ça, plus que pour n'importe quel autre genre de cinéma, ça va surtout dépendre grandement de la notion et de l'expérience que chacun a de l'amour (et de la vie et des vaches aussi)...

(nan, pas les Wachowski)

Donc à partir de là...


(mais sinon, j'aimerais bien qu'on m'explique les mécanismes si réactionnaires et conservateurs de ce genre de cinoche, ça peut effectivement être intéressant, mais j'ai énormément de mal à les voir, pour le coup. Des ficelles narratives convenues, oui, mais une idéologie insultante...? )

CITATION
Les figures imposées curieuses, que j'ai relevé plus haut, Lurdo m'affirme qu'on les trouve aussi dans la teen-comedy mâle adolescente. D'une part je ne suis pas d'accord (le héros d'une teen-comedy, quand il a un truc à dire qui pourrait sauver sa situation, il le dit, voire même il le gueule) et d'autre part je pensais plutôt aux comédies romantiques grand-public, incarnées par des Julia Roberts, des Meg Ryan ou des Sandra Bullock


Euh... nan, dans un bon paquet de teen comedies, on se retrouve toujours avec la scène à la con où le héros se retrouve pris en flag (réelle ou quiproquo) par la fille qu'il aime bien et avec laquelle ça commence à marcher, mais plutôt que de s'expliquer, il reste les bras ballants pendant qu'elle l'engueule et/ou se barre.

Souvent suivi par une course contre la montre au dernier moment pour rejoindre la fille qui prend l'avion/se marie/quitte la ville, etc.

Après, les comédies romantiques grand public Bullockiennes sont généralement très loin d'être représentatives de ce qui se fait de mieux dans le genre, tu seras d'accord avec moi. Et si elles fonctionnent au b-o, c'est surtout sur les têtes d'affiche, plutôt que sur des scénaris aux clichés usités.

Seulement les bonnes rom-com us, elles sortent pas en France, ou alors en DTV. Donc ça aide pas...
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#11 L'utilisateur est hors-ligne   Dr Rabbitfoot 

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Posté 13 juillet 2008 - 01:24

J'aime beaucoup les comédies romantiques. Ou plutôt les bonnes comédies romantiques, c'est-à-dire selon mon point de vue, celles où je m'attache aux personnages, et où la situation me parait un minimum crédible ("crédible", et pas forcement réaliste).

Je considère la "comédie romantique" comme un pur genre au même titre que l'horreur ou le western.
J'ai chez moi environ 20 films du genre, et mon film préféré n° 1 absolu est d'ailleurs une comédie romantique ("La Vie en plus" de John Hughes).

Là où le film d'horreur me parait matérialiser des cauchemars ou des peurs, les comédies romantiques matérialisent des rêves ou des fantasmes de type amoureux. On est dans l'absolu romantique comme en rêvent les ados, et surtout les filles, qu'on élève (même inconsciemment) dans l'optique d'être des princesses qui rencontreront leur prince ...
Quand on est un(e) est adulte un minimum réfléchi, on a conscience de ça, et donc on peut accepter le plaisir simple d'une comédie romantique pour ce que ça apporte : du rêve, du bonheur par procuration, et une forte empathie pour les personnages (qui dans les meilleurs films, nous ressemblent toujours un peu).

Alors films conservateurs ? Sans doute, oui, puisque le modèle du couple heureux et hétéro est omniprésent. Mais en quoi est-ce forcement nocif, quand c'est ce qui fait rêver 99% des gens ?
Pornographique ? Je ne vois pas en quoi, là faudrait que Muf explique mieux, même si je crois comprendre ...


PS : pas plus tard qu'hier, ma meilleure amie vient chez moi et mate mes derniers DVD achetés. Elle est surprise d'y trouver "Le mariage de mon meilleur ami" (acheté 5 €), ayant toujours du mal à se faire à l'idée qu'un fana de films d'horreur peut aussi aimer ce type de films.

#12 L'utilisateur est hors-ligne   DarK ChoueTTe 

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Posté 13 juillet 2008 - 03:10

Puisque le public est l'ado ou la ménagère moyenne, il paraît évident de voir des comrom stéréotypées par paquets de douze : elle veut du rêve, on lui en vend.
L'ado veut du rêve parce qu'elle est encore naive, la femme plus mature veut redevenir naive et croire au grand Amour.
De grand Amour on peu parler parce qu'en plus de la suppression de problèmes de couples pour aller droit au but en 1 H 30, on boucle l'histoire.
On ne laisse que rarement un doute, on se dit "ils vont finir ensemble". C'est le second problème, englobé dans la simplification, qui décrédibilise le genre aux yeux de beaucoup de monde.
Mais j'ai toutefois du mal à hurler contre le genre.
C'est pas ma tasse de thé mais je comprends qu'on puisse aimer.
Parce que nos genres fétiches comptent aussi des raccourcis et des invraisemblances, pour afficher directement la sensation et message souhaitée (comment "défendre" un film gore fun auquel le madnaute moyen n'est en général pas réticent ?).
Aussi vu et revu puisse-t-il l'être dans la comrom (blablabla apparences, blablabla véritable Amour existe, blablabla pour tout le monde).
Après tout ça peut être vu comme un message porteur d'espoir par le public-cible.
Ok, je tire vers le haut, mais disons simplement que sous n'importe quel point de vue, ça n'a rien de bien méchant :
- Si on prend ça comme un échappatoire des problèmes de la vie réelle, ça vaut aussi pour d'autres films de genre. Tout intellectualiser, c'est aussi se mentir parfois. Ride, blablabla. Le petit garçon qui est en nous ride avec des gros robots et la fifille ride avec des Barbies et Ken.
- Et si on prend ça de façon plus constructive, ça peut rappeller, éveiller ou renforcer des valeurs

Bien entendu c'est du cas par cas puisqu'il y a des coco roro d'exception, mais c'est pour dire que diaboliser plus qu'un autre genre, c'est pas forcément la chose à faire je pense.
Mêêême si je dois reconnaître qu'hors du passé plus ou moins lointain genre Wilder, et de quelques exceptions actuelles comme chez Appatow ou un sur Eternal sunshine (avec du Allen au milieu de tout ça peut-être ?), c'est chaud de ramener des pelletées de chef-d'oeuvre (mais je me suis jamais trop plongé dans le genre en même temps)

Edit : ouais. Finalement je m'apperçois que plusieurs trucs avaient déjà été dits. Tant pis.
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I don't care what the critics say. Violence is a beautiful thing !

#13 L'utilisateur est hors-ligne   macfly 

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Posté 13 juillet 2008 - 03:17

CITATION(leo @ 13 7 2008 - 01:19) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION
Pourquoi l'élu de son cœur est-il le plus souvent un jeune veuf, un récent divorcé ?

les mecs qu'ont jamais eu de femme c'est suspect icon_mrgreen.gif

A mon avis, là tu touches au fond du problème.

Tout bon dragueur qui se respecte sait que la première chose à faire pour attirer une fille, c'est d'évoquer une de ses ex. Un mec déjà marrié est d'office plus attirant pour la gente féminine puisqu'il a déjà été sélectionné par une autre. C'est la preuve qu'il fait partie des mâles les plus à même de remplir leur fonction de mâle. A l'inverse, le mec qui a l'air de n'avoir jamais touché une fille de sa vie verra ses chances de conclure se réduire considérablement (sauf dans 40 ans toujours puceau, mais c'est un fillm conçu pour les hommes).

Ce que certains appellent "conservatisme" pour la comédie romantique n'est autre que la mise en scène des désirs féminins les plus basiques façonnés par quelques millions d'années d'évolution : choisir le meilleur reproducteur, celui qui pourra protéger la famille et la nourrir.

Peut-être que les scénaristes de comédies romantiques à succès, hommes ou femmes, ont tout simplement lu Darwin.

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Lurdo 

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Posté 13 juillet 2008 - 03:23

CITATION(DarK ChoueTTe @ 13 7 2008 - 03:10) <{POST_SNAPBACK}>
Mêêême si je dois reconnaître qu'hors du passé plus ou moins lointain genre Wilder, et de quelques exceptions actuelles comme chez Appatow ou un sur Eternal sunshine (avec du Allen au milieu de tout ça peut-être ?), c'est chaud de ramener des pelletées de chef-d'oeuvre


Exactement comme pour les autres genres cinématographiques, quoi... icon_mrgreen.gif
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#15 L'utilisateur est hors-ligne   Elego 

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Posté 13 juillet 2008 - 09:26

CITATION(muf @ 11 7 2008 - 22:04) <{POST_SNAPBACK}>
C'est juste que 95% des comédies romantiques consistent essentiellement en de la pornographie sentimentale, avec tout ce que ça suppose en termes de simplifications grossières de sentiments humains intimes et complexes. Je sais bien que la simplification, c'est un peu le lot de la représentation en général et du cinéma grand public en particulier, mais il y a des raccourcis moins malhonnêtes que d'autres.
[...]
Par contre, me dire "qu'ils étaient faits l'un pour l'autre" (ou justement non), c'est de la pure malhonnêteté fictionnelle qui endort l'intellect du spectateur en manipulant des leviers intimes qui font perdre toute force. Les meilleures comédies romantiques sont celles qui ne finissent pas, comme La Garçonnière ou, dans une moindre mesure mais pour prendre un exemple récent, High Fidelity, parce qu'elles respectent le caractère insaisissable, aléatoire et changeant des sentiments, tout en inscrivant ceux-ci dans un contexte social ou sociétal bien brossé et plus vaste que les seuls marivaudages entre copains.


J'ai l'impression que le côté "pornographie émotionnelle" d'une comédie romantique dépend beaucoup de ceux qui la regardent.

Une comédie romantique "de base" avec boy meets girl, ils sont fait l'un pour l'autre, mais problèmes autour, à la fin ils réussiront à finir ensemble, bref une comédie romantique qui grosso modo vire tout l'aspect séduction (parce que la séduction c'est le mal(e)), pour moi elle est clairement destinée à un public qui est déjà en couple, et donc la comédie prônant l'amour total et absolu qui détruit les frontières va pouvoir raviver (au moins le temps du film et de la nuit qui suit) les sentiments d'un couple (pour peu qu'ils s'aiment encore).

Par contre le jeune puceau de 15 ans* qui va voir ce genre de comédie et qui va se mettre à croire à l'amoûûûûûr, qu'une fille lui est destinée et qu'en un regard ils tomberont amoureux pour la vie, ben lui va peut-être devenir méga-romantique mais je doute qu'il va faire grand chose de concret ("oh la la cette fille est formidable" - "t'as fais quelque chose ? tu lui as dis bonjour ?" - "non").

*normalement ça marche aussi pour les pucelles de 15 ans, mais je crois que les filles ont moins ce problème vu que ce sont elles qui sont abordées la plupart du temps, même si c'est en train de changer

Pour ce qui est des passages obligés, ça fait aucun doute pour moi qu'à la base ils étaient avant tout des outils scénaristiques servant à montrer l'évolution de la relation mais qu'au fil du temps ils sont devenus des poncifs avec une signification un peu conservatrice.

L'exemple de l'héroïne qui se ridicule face à l'élu de son coeur, c'est une manière de briser les barrières des apparences et des formalités : une fois qu'on a été ridicule devant quelqu'un, la relation (peu importe ce qu'elle est) n'est plus jamais la même. Et puis d'un point de vue personnel, quand une personne qui veut paraître très bien se retrouve dans une situation ridicule sous mes yeux, j'ai une certaine sympathie voire affection pour elle, et la personne ridicule (quelle qu'elle soit) éprouvera en retour une certaine complicité envers la personne qui l'a vue être ridicule.
Et là, vu qu'apparemment c'est ciblé féminin, c'est indispensable que ça soit l'héroïne et non pas l'amant potentiel (puisque le héros doit être un maximum actif, en tout cas dans ce genre d'intrigues).

Pour le récent divorcé, je rejoins macfly : c'est rassurant.

Enfin pour le moment où l'héroïne pourrait régler son problème en disant quelque chose à l'homme qu'elle aime, mais où elle choisit de se taire, faudrait voir quel genre de moment, mais si c'est un moment où l'homme qu'elle aime l'accuse de quelque chose qui peut briser leur relation, alors là pour moi et d'un point de vue de spectateur, je trouve ça normal et assez logique, puisqu'en se taisant, l'héroïne montre qu'elle aime l'autre pluss qu'elle ne s'aim soi-même (elle veut pas le contredire et prend tout pour elle, ce qui est assez courant dans les périodes de séduction, non ?).
Si c'est un passage où l'élu de son coeur sous-entend qu'elle n'a qu'un mot à dire pour qu'ils s'embrassent, ça me choque pas non plus vu que ça montre que l'héroïne est incertaine et a peur, chose indispensable pour l'identification des spectateurs.

Cela dit, si c'était efficace pendant un temps, c'est devenu des poncifs, peut-être effectivement à cause des spectateurs qui continuent d'aimer les mêmes scènes (c'est rassurant de voir toujours le même schéma), et restant toujours pareil ça en devient conservateur.
Peut-être serait-il temps tout simplement de se renouveller ? Apatow le fait plutôt très bien, d'ailleurs est-ce que le fait qu'il arrive à se renouveller ne serait pas directement lié au fait qu'il s'adresse aux hommes ? Par exemple, l'un des clichés de la comédie romantique "de base", c'est l'héroïne nunuche parce qu'ennivrée par l'amoûûûûûûûr et elle fait tout plein de bêtises : dans 40 ans toujours puceau, le héros est un homme, et donc c'est lui qui est ennivré par l'amour et qui fait tout plein de bêtises.

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