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Hitoshi Matsumoto


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78 réponses sur ce sujet

#1 Evil Seb

Evil Seb

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Posté 18 May 2008 - 13:05 PM

Je pense pas que y'ait déja un topic consacré a ce film qui en mérite vraiment un, voila qui est fait. Apres Diary of the Dead, Cloverfield et Rec, un autre film shooté comme un docu reportage...Dai Nipponjin...aka Big Man Japan

<div align='center'><img src="http://meetinthelobb...gmanjapan1.jpg" border="0" class="linked-image" /></div>

<i>Pas facile tous les jours d'être un super héros. Surtout au Japon. Pour tenter de regagner un peu de popularité, Dai Sato, héros japonais dont le pouvoir est de pouvoir grandir a volonté décide d'organiser un reality show le mettant lui-même en scène afin de sensibiliser l'opinion sur la difficulté de sa tâche.</i>

<img src="http://twitchfilm.ne...ponjin2zh7.jpg" border="0" class="linked-image" />

Dai Nipponjin est une nouvelle preuve que, pour ceux qui en doutais encore, les japonais ne sont pas comme nous. Le film, porté et conçu de A à Z par Hitoshi Matsumoto, star de la télévision nippone (comme Takeshi Kitano), narre les mésaventures de Dai Sato, cinquième génération d'une famille de héros nationaux renommée et réputée. Mais pour les super héros, les temps ont bien changé. Autrefois adulé et traité en demi dieux, les héros ne sont plus aujourd'hui que des citoyens de second zone conspués par le peuple qu'il protège. Bref Sato est au plus bas. Qu'à cela ne tienne il engage une équipe de télévision afin de le suivre jour et nuit. Pas de doute la dessus, un film de cet acabit serait impossible à monter en Europe ou au States. Une fois plus ce genre d'OFNI ne peut provenir que de l'archipel nippone. Pour mieux comprendre le film, il est impératif de faire un petit zoom sur son auteur et réalisateur.

<div align='center'><img src="http://www.aullidos....as/daini-2.jpg" border="0" class="linked-image" /></div>

Hitoshi Matsumoto est un phénomène au Japon. Il se décrit d'ailleurs lui-même comme une « <i>superstar de la télé japonaise</i> » mais est totalement inconnu hors de ses frontières. Comme Kitano à l'époque, il officie dans un registre comique absurdo-nonsensique. Un beau jour il a envie de faire rire plus de monde et se décide de faire un film. A force de persuasion il obtient même un des plus gros budget de l'histoire du cinéma nippon, l'équivalent de 30 millions de dollars, une montagne d'argent pour l'industrie japonaise. Faisant fi des a prioris, Matsumoto s'est lancer corps et âme dans l'aventure et signe là un excellent film. Drôle, absurde et ne ressemblant à rien de connu à ce jour. Mais pas seulement. Il profite de son personnage pour asséner quelques vérités sur la société japonaise et ses dérives symbolisées par l'impresario de Big Sato, prête à tout pour vendre des espaces publicitaires sur le corps de son poulain. Car qui dit émission de télé dit visibilité et qui dit visibilité dit publicité. De demi dieu veneré par tout un peuple au siècle dernier, le super héros n'est devenu qu'un simple homme sandwich employé par l'armée japonaise pour un salaire de misère afin de s'accomplir de sa tâche première : défendre le pays contre les attaques de monstres géants en tout genre. Ah oui j'ai oublier de vous dire…Dai Nipponjin à le pouvoir de grandir jusqu'à atteindre la taille d'un immeuble de trente étages, ce qui est plutôt utile pour combattre des ersatz de Godzilla.

<img src="http://twitchfilm.ne...onjin-mh01.JPG" border="0" class="linked-image" />

Matsumoto signe un vibrant hommage au kaiju eiga et au tokusatsu avec une bonne dose de critique de la télé réalité. Malgré un budget plus que conséquent il s'est mis en tête de conserver l'aspect naïf et bricolé propres aux genres. Sur cette note d'intention il signe une réflexion burlesque sur le sort des super héros, le montrant désabusé, solitaire et aigri par ce qui lui arrive. Il faut dire aussi qu'il n'est pas le plus courageux ni plus habile de la corporation. Ce n'est pas rare qu'il fuie devant un monstre où qu'il occasionne d'innombrables dégâts à la ville, facturés bien sur, au contribuable. Mais malgré tout il s'acquitte toujours de sa tâche devant les caméras de télévision. Dai Nipponjin reste une comédie très drôle reposant entièrement sur les épaules de son géniteur. Le film alterne avec brio les scène de confessions (Matsumoto s'exprimant sur divers sujet seul face à la camera) et scène de combats plus surréaliste les une que les autres. Et je ne vous parles même pas du look des ennemis plus farfelus et ridicules les uns que les autres. Monstre péteurs, tête géante montée sur une seule jambes, monstre en rut, fils caché de hello kitty et de Hellboy,…j'en passe et des meilleurs. Les scènes de combats emprunte d'ailleurs beaucoup au catch japonais basé sur des clés de bras et des prises très techniques.

<div align='center'><img src="http://www.gijonfilm...nipponjin7.jpg" border="0" class="linked-image" /></div>

Dai Niponjin est donc un film totalement atypique dans sa conception, son fond et sa forme. Un film qui doit être absolument vu pour ses qualités de mise en scène, son humour nonsensique et la performance de son auteur aussi à l'aise devant que derrière la caméra. Marque des plus grands, il signe une fin semant le doute sur la véracité de tout le film. Et si Matsumoto nous avaient mené en bateau depuis le début ? Une comédie à base de monstres géants qui se permet le luxe de livrer une réflexion sur les médias et l'image, moi je dis qu'on tient là un grand film.

Je pense pas que ça sortie un jour en salle par chez nous donc bon, vous savez ce qu'il vous reste a faire...
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#2 Dirty Flichty

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Posté 18 May 2008 - 13:28 PM

Bon, après ta longue et jolie critique, j'ai pas le coeur à développer donc je serai bref : oui Dai Nipponjin est remarquable à de nombreux égards. Par contre j'ai trouvé qu'il y avait quand même quelques longueurs (dans la partie docu), ça m'a parfois gâché le plaisir.

A savoir qu'on tient peut-être là le meilleur rôle de Riki Takeuchi (normal, il parle pas).

871921bicotbicot.jpg


#3 Malec

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Posté 18 May 2008 - 13:41 PM

Cela donne bien envie !
Un DVD zone 2 existe ? Ou est prévu ?

81941941.gif?w=640


#4 Evil Seb

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Posté 18 May 2008 - 15:32 PM

CITATION(Dirty Flichty @ 18 5 2008 - 14:28) <{POST_SNAPBACK}>
Par contre j'ai trouvé qu'il y avait quand même quelques longueurs (dans la partie docu), ça m'a parfois gâché le plaisir.

Ouais spafo c'est parfois un poil bavard mais bon ca fini sur une note tellement positive La balayette de Father Justice quoi...ca vaut toutes les scènes de fight du monde qu'au final c'est pas bien grave...
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#5 bilouff

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Posté 13 December 2008 - 14:45 PM

J'ai beaucoup aimé!!

Un aperçu de ce que donnerait un reportage sur X-Or par les équipes de "7 à 8" icon_mrgreen.gif

Matsumoto réussit à faire un faux docu que l'on suit avec le même intérêt que si c'était un vrai, et en y mettant beaucoup d'intelligence et d'humour, abordant les thèmes des médias, du statut de personnage public ou des conflits de génération. Bref, sous l'aspect d'une farce, un régard assez cynique sur la société.
En plus, un personnage très attachant, des monstres bien délirants, et tout ça fait avec respect et sans jamais sombrer dans le lourdingue.

4,5/6

#6 bilouff

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Posté 14 May 2009 - 00:01 AM

Le bonhomme prépare un second film! bluesbro.gif

CITATION
Matsumoto Hitoshi (松本人志), superstar de la télévision potache au Japon, est actuellement en train de peaufiner son nouveau film, prometteur puisque le premier long métrage de l’intéressé (DAI NIPPONJIN) s’était révélé plutôt bien foutu et original.

Le titre japonais : しんぼる (SYMBOL)

Comme toujours très secret, Ma’chan (son surnom au Japon) n’a pas dévoilé grand chose de son projet…le film semble tourner autour de deux personnages uniquement…Ma’chan et un gaijin…en cavale…


Source: HKMania
(avec une photo qui fera plaisir à Seb!)

Voilà, en même temps ça fait remonter le topic, le film le mérite, et en plus on en parle dans la semaine cinemad!

#7 Evil Seb

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Posté 14 May 2009 - 08:27 AM


Fuck Yeah!
Mais alors vraiment Fuck Yeah!!


Et mattez Dai Nipponjin bon dieu!!
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#8 Sanjuro

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Posté 14 May 2009 - 09:50 AM

CITATION(Evil Seb @ 14 5 2009 - 09:27) <{POST_SNAPBACK}>
Et mattez Dai Nipponjin bon dieu!!


+1000 !!!

Rien que pour son bestiaire totalement "what the fuck !" et ses gags hénaurmes traités avec le plus grand sérieux (le coup des gros monstres qui copulent en plein centre ville !), qui pourtant n'empêchent pas un regard assez désabusé sur la société actuelle (le discours sur la solitude est d'une profonde amertume), Dai Nipponjin mérite d'être vu.
(bon après y'a quelques légers problèmes de rythme... Mais c'est pas trop gênant en fait)

...Et puis dans le genre Super héros loser qui fout le boxon dès qu'il débarque, ça exploite bien mieux son concept que le truc de Peter Berg là...

Voila

tumblr_mcf9w5foVF1rw6lx6o1_r3_500.gif


#9 bilouff

bilouff

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Posté 14 August 2009 - 10:36 AM

Mister Mecha Takeshi a dégotté qqes photos, infos, et teaser supplémentaires dont il nous fait part sur son blog
rolleyes.gif

#10 Dirty Flichty

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Posté 12 September 2009 - 20:26 PM

Puisqu'on a commencé à parler de Symbol ici, autant continuer.

Un nouveau teaser (3ème lien en bas en partant de la gauche).
C'est donc sorti aujourd'hui au Japon et comme le film est projeté au festival de Toronto le 17 et le 19, on va pas tarder à avoir des reviews.

CITATION
In the central tale, a Japanese man (Matsumoto) wakes up alone in a brightly illuminated white room with no windows or doors. When he presses a mysteriously phallic protuberance that appears on one wall, a pink toothbrush materializes from nowhere, clattering to the floor and setting in motion a genuinely bizarre chain of events. Soon the imprisoned man is engaged in absurd and hilarious attempts to escape the gleaming room, releasing random objects from the walls, creating a life-sized Mouse Trap game in which a rope, a toilet plunger and an earthenware jug full of sushi might just be the keys to his escape.

Meanwhile, in a dusty town, a green-masked Mexican wrestler known as Escargot Man prepares for an important match. His family gathers around him, worried about his seeming impassivity before battle. As the nameless prisoner appears closer to escape and Escargot Man steps into the ring, Matsumoto amplifies the baffling yet suspenseful atmosphere to a crescendo of ridiculous excess.

Tiff.net

871921bicotbicot.jpg


#11 bilouff

bilouff

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Posté 13 September 2009 - 00:43 AM

Bordel! qu'on m'améne un smiley qui bave d'envie!!!
A chaque nouvelle info, ça met un peu plus la trique! rolleyes.gif
Sûrement un des films que j'attends le plus! (avec Robogeisha, bien sûr!)


Hein? Avaquoi...? tare? connais pas.

#12 DarK ChoueTTe

DarK ChoueTTe

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Posté 11 December 2009 - 02:13 AM

Bon, Dai Nipponjin.
Sur le papier, c'est bon.
A la découverte, c'est bon.
Mais progressivement, on se retrouve face à un film bancal, dans le fond et dans la forme.
Réjouissant, on ne peut pas le nier. Sans pour autant me marrer comme une hyène, j'avais très régulièrement le sourire (en même temps, j'ai pas eu l'impression que le tout-comédie fût au programme, j'ai plutôt eu l'impression d'un entre-deux au niveau du ton). Sauf les moments pipi-caca qui m'ont pas trop fait marrer, mais bon, là c'est perso. (par contre j'ai adoré l'escapade du vieux icon_mrgreen.gif)
Malheureusement, le rythme est plutôt mal géré, et le final, bien qu'évidemment réjouissant dans un sens, passe du coq à l'âne, et tout propos et toute sorte de cohérence interne s'évanouit totalement au profit de la grosse pantalonnade nawakesque.
Déceptions donc, qui n'effacent toutefois pas un bon souvenir et un réalisateur/acteur forcément sympathique que je suivrai avec plaisir.

Un gros 4/6

KP4Kcs7.jpg


#13 Bomaz

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Posté 11 December 2009 - 09:52 AM

Maté hier soir.
Et je plussoie avec les avis positifs. Je ne trouve pas de problème de rythme de mon côté. Et je trouve l'opposition comédie non sensique/drame social très interessante. Un bon film (et puis l'escapade du vieux et les monstres valent le détour). A noter aussi des SFX parfois géniaux.
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#14 Evil Seb

Evil Seb

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Posté 11 December 2009 - 10:43 AM

CITATION(bilouff @ 13 9 2009 - 00:43) <{POST_SNAPBACK}>
Bordel! qu'on m'améne un smiley qui bave d'envie!!!



Voila^^

Sinon ouais va falloir guetter les tikbou d'import le plus vite possible...à moins qu'au Bifff peut être...
Andrew Clark : Why do you have to insult everybody?
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#15 bilouff

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Posté 11 December 2009 - 13:25 PM

CITATION(Evil Seb @ 11 12 2009 - 10:43) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(bilouff @ 13 9 2009 - 00:43) <{POST_SNAPBACK}>
Bordel! qu'on m'améne un smiley qui bave d'envie!!!



Voila^^

Sinon ouais va falloir guetter les tikbou d'import le plus vite possible...à moins qu'au Bifff peut être...


sinon, tu sautes sur ton solex et direction Marrakech pour le mater. Pa rla même occaz tu pourras voir Vallalha rising, et des putain de rétro ciné coréen et thai. Ouais, ils ont trouvé du pognon Marrakech blink.gif

Plus sérieusement, la bonne nouvelle c'est que le film a un distributeur français... rolleyes.gif

#16 bilouff

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Posté 16 April 2010 - 22:53 PM

Bon! Symbol, le film le plus attendu de l'année, va passer (ou est passé?) sous peu au BIFFF! Alors qui se lance pour en parler!? Parce que moi à part blink.gif , je ne sais pas trop par quel bout le prendre, ce film. icon_mrgreen.gif
Et puis c'est le genre de film dont on peut difficilement parler sans spoiler, le mieux étant d'y aller le plus vierge possible.

En tout cas, sans trop en dire, j'ai aimé, c'est totalement autre et audacieux, c'est fascinant alors qu'au final il ne se passe pas grand chose, souvent drôle, parfois assez poétique. Matsumoto est excellent en tant qu'acteur, et on a parfois l'impression de voir du cartoon live, mais pas pour l'aspect excentrique, ça m'a plus fait penser à ces cartoons ou BD minimalistes où le personnage est plongé inlassablement dans la même situation.
En tout cas, ce mec a une douce folie et une sensibilité des plus plaisantes, un bon ptit talent de réal, et surtout, un style bien à lui. smile.gif

PS: il faut élargir ce sujet à Matsumoto! Il le faut!!!!!!!

#17 Vermithrax Pejorative

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Posté 20 April 2010 - 16:04 PM

CITATION(bilouff @ 16 4 2010 - 23:53) <{POST_SNAPBACK}>
Bon! Symbol, le film le plus attendu de l'année, va passer (ou est passé?) sous peu au BIFFF! Alors qui se lance pour en parler!? Parce que moi à part blink.gif , je ne sais pas trop par quel bout le prendre, ce film. icon_mrgreen.gif
Et puis c'est le genre de film dont on peut difficilement parler sans spoiler, le mieux étant d'y aller le plus vierge possible.

En tout cas, sans trop en dire, j'ai aimé, c'est totalement autre et audacieux, c'est fascinant alors qu'au final il ne se passe pas grand chose, souvent drôle, parfois assez poétique. Matsumoto est excellent en tant qu'acteur, et on a parfois l'impression de voir du cartoon live, mais pas pour l'aspect excentrique, ça m'a plus fait penser à ces cartoons ou BD minimalistes où le personnage est plongé inlassablement dans la même situation.
En tout cas, ce mec a une douce folie et une sensibilité des plus plaisantes, un bon ptit talent de réal, et surtout, un style bien à lui. smile.gif

PS: il faut élargir ce sujet à Matsumoto! Il le faut!!!!!!!


Shinboru, ma claque du BIFFF. Effectivement difficile de l'aborder sans spoiler, mais les partis-pris, rebutants pour certains (rythme, ambiance, changements de ton, etc.), sont incroyablement couillus particulièrement la façon qu'il a de relier ses deux trames narratives! J'ai trouvé le film hilarant, merveilleux et courageux. Un OFNI éminemment sympathique, qui mèle clownerie et mysticisme, évolution et jeu vidéo, un joyeux fourre-tout déglingué et décontracté. Entre Nothing et MindGame (le montage trépidant en moins cependant).

NB: Ah oui, et le combat de catcheurs est merveilleusement découpé, parfaitement lisible et vachement douloureux.

#18 Vermithrax Pejorative

Vermithrax Pejorative

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Posté 23 April 2012 - 10:02 AM

Et si on élargissait le sujet à Matsumoto, parce que son dernier à l'air d'une petite perle sensible qu'il serait dommage de rater. Sortie le 9 mai.

www.youtube.com/watch?v=nlrksZC2aek

#19 darkcowboy

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Posté 23 April 2012 - 10:54 AM

Et si on élargissait le sujet à Matsumoto, parce que son dernier à l'air d'une petite perle sensible qu'il serait dommage de rater. Sortie le 9 mai.


Interessant...
J'en n'avait pas entendu parlé...
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#20 Evil Seb

Evil Seb

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Posté 23 April 2012 - 11:01 AM

J'en profite du coup.

Saya Zamurai.


On parle beaucoup de Sono Sion et de la team Sushi Typhoon mais la meilleure chose qui soit arrivée au cinéma japonais de ses dernières années, c’est Hitoshi Matsumoto. Star au Japon mais inconnu absolu en Europe, Matsumoto s’est fait un nom avec Dai Nipponjin avant de confirmer avec Symbol projeté dans tout un tas de festivals. C’est donc avec une impatience digne de la jeune fille en fleur en passe de voir le loup qu’on attendait ce fameux Saya-zamurai dont on ne savait pas grand-chose et c’est tant mieux car un film de Matsumoto n’est jamais aussi bon que quand on se le ramasse en pleine figure. Symbol était très différent de Dai Nipponjin et ce Saya-zamurai est encore une fois très différent de ces deux premières œuvres précitées. Mi-film « classique » , mi-happening, le dernier film en date de son auteur surprend le spectateur. Une fois de plus.

Pour bien comprendre le fond de Scabbard Samourai, il faut en connaître le genèse et celle de son incroyable comédien Takaaki Nomi. Nomi collabore régulièrement avec Matsumoto dans le cadre de son travail à la télévision. Nomi, à la base, n’est absolument pas acteur et souffre d’un léger retard mental pourtant son réalisateur n’hésite pas à lui confier le rôle principal de son film… en le lui cachant. D’ailleurs, pendant une bonne partie du tournage, il ne saura pas qu’il tourne un long-métrage, pensant que, comme d’habitude, il participe à un gag télévisuel orchestré par le réalisateur. Voilà pour les « à-côtés ». Maintenant, sur l’écran, Matsumoto raconte l’histoire, somme toute classique, d’un rônin errant capturé, avec sa fille par un seigneur local dont le fils est plongé dans le mutisme et la dépression la plus total. Nomi aura un mois pour faire sourire le jeune fils sans quoi il sera condamné à se faire seppuku. Doté de ce seul fil rouge, le film ne comporte pas de scénario au sens classique du terme, Matsumoto va mettre en scène une comédie hilarante, touchante et doublée d’une profonde réflexion sur le rapport entre l’art, l’artiste et son public.

Pure comédie, Saya-zamurai est avant tout un film drôle, très drôle par moments. Le réalisateur y conserve la construction segmentée, séquencée et la narration morcelée qui faisaient la spécificité de ses précédentes œuvres en y ajoutant un sens de l’ellipse et un montage aux petits oignons favorisant le rythme, élément incontournable du genre. Après une courte, mais formellement très réussie, introduction, le métrage démarre vraiment lors de la première des trente tentatives du samouraï. Corps du film, ses essais se succèdent durant une bonne heure, entrecoupés des réflexions et cogitations de Nomi et surtout de sa fille, tête pensante du duo. Peu à peu, ce qui est perçu comme une humiliation et une punition va se transformer en spectacle géant et en fierté. Se prenant au jeu, les deux gardes de Nomi vont se rallier à ses côtés pour former une véritable équipe de comiques entièrement portée vers un but ultime : faire rire. Peu à peu, les spectacles, par moments vraiment hilarants, vont se métamorphoser en happening public, les spectateurs se massant dans la cour du shogun afin d’admirer les performances de la team Nomi.

Et c’est là qu’on comprend la profondeur de la réflexion qu’opère Matsumoto. Un rapport s’installe fan/artiste avec le public venu assister aux spectacles et se repaître des échecs successifs du pauvre samouraï. Matsumoto lie fond et forme de façon pertinente en cachant à son interprète principal le but de ses cascades et en lui faisant faire n’importe quoi, si bien que le spectacle tourne parfois au voyeurisme. Plongeant le spectateur dans une position voyeuriste lui aussi. Sur cet aspect, le film rappelle parfois le Rubber de Quentin Dupieux. Matsumoto confirme cette faculté de mêler le rire et la tristesse lors notamment d’une séquence qui commence par une franche rigolade avant de se terminer dans le malaise et la tristesse. Une séquence qui résumerait presque à elle seule tout le cinéma de son auteur. Matsumoto porte un regard acerbe sur son propre travail et convie ses doutes sur son propre œuvre et son statut d’artiste. Car si tout le monde assiste au spectacle en attendant le rire, l’artiste lui, incarné à l’écran par Nomi, est toujours seul face à son art avec pour seul but de faire rire. Dans ce film, si l’artiste échoue à faire rire, il mourra. Ce qui en dit long sur la rapport de l’auteur avec son art et son public.

Pour illustrer cet état de fait, le réalisateur s’appuie sur Takaaki Nomi, acteur édenté, qui livre une prestation extraordinaire de justesse et qui, malgré une capacité innée à faire rire, porte sur son visage et son corps une profonde mélancolie. Son jeu, tout en physique (il ne prononce que deux phrases dans le film) et en performance, est contrebalancé par la prestation de sa fille, jouée par Sea Kumeda, qui est toute en subtilité et démontre un vrai potentiel de jeu. Leur duo, qui fonctionne à merveille, plonge le spectateur dans la tristesse et le respect lors d’un final d’une puissance émotionnelle rare.

Inégal mais foutrement attachant, Saya-zamurai est un film instable, tout en rupture et en changement de rythme. Matsumoto change une fois de plus de registre et de forme mais continue de creuser le sillon qui est le sien et expose ses doutes d’auteur et d’artiste aux yeux d’un public qui en redemande. Et si ce Saya-zamurai n’était autre que Matsumoto lui-même ?
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