Voilà, présenté comme ça, ça n’a rien de bien emballant me direz vous, encore un de ces innombrables shonen, sorti du jump, qui se ressemblent tous. Sauf que sous ses apparats de shonen classique, HunterxHunter est une œuvre d’une richesse et d’un perfectionnisme vraiment (mais alors vraiment) impressionnants sorti tout droit de l’imagination débridée de Yoshihiro Togashi, déjà connu par les amateurs de mangas pour son Yu Yu Hakusho , un excellent shonen aussi basique qu’ efficace seulement gâché par une fin expédiée complètement à l’arrache (en même temps , vu que c’était pour pondre une énorme bombe, on ne lui en veut pas trop).
Publié en France par Kana, la série HunterxHunter est découpée en arcs bien distincts (l’examen de hunter et la famille Zoldic/la tour des combats/York Shin City/ Greed Island/NGL et les fourmis) à la manière de Dragon Ball, influence majeure de Togashi à laquelle l’auteur rend régulièrement de nombreux hommages et en empruntent même certaines caractéristiques. Ainsi la candeur et l’innocence de Gon n’est pas sans rappeler un certain Goku enfant (pas l’ex madnaute excommunié on est bien d’accord
Bref, pour l’instant que du bon gros classique que Togashi va s’amuser à détourner ou à pousser dans ses derniers retranchements en plaçant la ruse et la stratégie avant le fight nucléaire stérile où les personnages deviennent des armes de destruction massive grâce à l’amour et à la colère. Ainsi, chaque personnages possède une caractéristique unique tiré de ce que l’auteur appel le nen (plus d'info ici) ce qui permet de dynamiter et de rendre passionnant les combats tant leurs issues ne sont jamais jouées, et ceci est renforcé par le perfectionnisme de malade de l’auteur qui instaure énormément de règles à l’utilisation de ces différents pouvoirs. Pouvoirs qui s’acquièrent et se développent grâce à l’entrainement, notion oubliée, voir mise de côté par un grand nombre de ses contemporains qui les traitent soit en ellipses, soit en les faisant devenir plus fort lorsqu’un individu devient méta vénère. Point de ça ici, l’entrainement minutieux et l’intelligence est replacée au centre de l’œuvre de tout ce qui, mine de rien, est déjà quelque chose d’énorme pour n’importe quel lecteur blasé de shonen.
Autre point particulièrement intéressant est l’importance du jeu dans le manga. Je ne vais pas reprendre l’excellent dossier paru dans le défunt magasine « Virus Manga » sur le sujet, que ce soit le chifoumi en passant par le système de vente aux enchères ou encore le volley ball quelque peu modifié, énormément de jeux sont représentés dans HunterxHunter, ce qui lui donne un caractère ludique vraiment addictif, renforcé par la maniaquerie jusqu’au boutiste de l’auteur qui n’hésite pas à instaurer tout un tas de règles plus au moins complexes à la pratique de ces jeux (on peut trouver ça soit génial soit indigeste). Point d’orgue de tout ça, l’arc Greed Island, véritable MMORPG IRL avec ses bots programmés et ses trading cards qui servent de système de combat, où là encore une fois rien n’est laissé au hasard.
Enfin, une chose frappante à la lecture de la chose est le côté plutôt violent et déviant de l’œuvre pour une série publiée dans le jump, où l’on trouve quand même des enfants assassinés, la vengeance complètement nihiliste d’un des personnages principaux, un gang surpuissant ou des fourmis humanoïdes faisant des massacres plutôt gore ou encore l’attirance malsaine d’un tueur pour notre jeune héros qui a des érections lorsqu’il le combat
Seul, gros point noir, la lenteur de la parution dont personne ne connait réellement la raison, mais un tome tout les ans c’est trop peu et j’espère ne pas être mort avant d’avoir lu la fin (à moins que Togashi ne la bâcle complètement, ce qui est une éventualité qu’il ne faut malheureusement pas rejeter).

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