[hé ouais, encore un film de Robert...
Il serait peut être temps d'ouvrir un topic sur lui non ? Parce que t'as l'air bien motivé pour refaire toute sa filmo ( initiative fort louable au passage ).
J'aurais bien aimé mais sur la trentaine de ses films, j'ai dû en voir à peine 15. Difficile donc pour moi de lui consacrer un topic entier. Par contre, si un autre madnaute à le courage, l'envie et le temps de se lancer dans cette aventure, qu'il n'hésite pas.
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Les Douze Salopards, tout le monde connaît.
The Longest Yard (
Plein la Gueule en vf donc), un peu moins. Et c’est fort dommage parce que l’on y retrouve une nouvelle fois -et avec bonheur- le « concept » du groupe hétéroclite uniquement constitué de types louches que l’on réuni dans un but précis (ici, à caractère sportif) et que l’on entraîne afin d’en faire quelque chose de valable. Seule différence (mais elle est de taille, je vous le concède), on remplace la guerre contre les nazis par l’univers carcéral. Résultat à l’arrivée : un film pas fait pour les pieds tendres qui, même s’il n’a pas la stature de son glorieux aîné (bah oui quand même, on peut pas tout avoir dans la vie), réussit néanmoins à nous proposer durant près de deux heures un spectacle des plus stimulant pour peu que l’on accepte de se faire un peu bousculer dans nos certitudes d’hommes doux et civilisés de ce début de XXIe siècle.
La clé de cette réussite ?
-Une galerie de seconds couteaux des plus réjouissante (excellent Ed Lauter dans la peau d’un chef maton abusant de la force brutale ; Eddie Albert en directeur de prison dégoulinant de haine et de suffisance ; Richard Kiel, en machine à broyer les os…) épaulée par un casting d’acteurs aux tronches pas possibles (aussi bien chez les taulards que chez les gardiens).
-Une absence totale de politiquement correct (certains n’ont pas dû manquer de crier au sexisme, au racisme, à l’homophobie, à la glorification de la violence, au fascisme, à l’anarchisme et à tout plein d’autres vilaines choses encore dont était coutumier ce salopard de faf d’Aldrich…).
-Une secrétaire à la choucroute capillaire la plus incroyable que la Terre ai jamais porté.
-Une course-poursuite entre les forces de l’ordre et une star déchue du football américain (O.J Simpson, en fan absolu du film, tenait absolument à en faire le remake live ; il aura fallu le temps qu’il fallait mais il aura tenu parole le bougre !).
-Une Citroën SM (pour faire plaisir aux fétichistes de la marque…).
Une tension entre taulards. Entre taulards et matons. Entre blancs et noirs. Bref, un beau bordel ambiant qui nous rappelle constamment qu’on est dans une prison sudiste (
Sweet Home Georgia) classée 5 étoiles dans le guide du non droit de la personne humaine et, tant qu'à faire, allons jusqu'au bout du concept, inhumaine. En même temps, j’ai jamais fait de séjour dans une prison sudiste US (en Corée du Nord par contre…). Donc, si ça se trouve, ce film, c’est juste de la sale propagande communiste.
-Une rafale de gifles et de gestes odieux sur le terrain (c'est du sport !).
-Une campagne folklorique de recrutement de l’équipe (un passage obligatoire pour ce genre de film mais qui se retrouve ici transcendé par le casting de choc) à laquelle succède une partie de foot à la pure ambiance (un speaker survolté ; des pom pom girls euh… pas vraiment girls ; un trio de chanteuses euh… spéciales
elles aussi), avec une utilisation habile du split-screen et une clarté dans les phases d'actions de jeu assez remarquable (on est jamais paumé sur le terrain et ce, même si on pige que dalle à ce sport stéroïdien ; avec Aldrich derrière la caméra, c’est plutôt normal).
-Une ode à la franche rigolade, à la camaraderie, au courage, à la liberté, à la justice, au respect, à la volonté de ne jamais perdre espoir, de ne jamais baisser les bras, de toujours vouloir continuer à gravir cette satanée colline (mais attention hein : c’est pas non plus du Nike "Just do it !" alors s’il vous plait, pas d’amalgames foireux).
-Une expérience unique pour ces hommes qui, peu importe de quel côté de la barrière ils se trouvent, en ressortent changé et même, osons le dire, grandis (à une exception près mais, vu la nature rebelle du réalisateur, c’est pas trop étonnant de voir, lors du final haletant, que la figure du pouvoir reste ce qu’elle est : aveugle et sourde à toute forme de remise en question (j'extrapole un peu mais c'est pas grave).
-Et, cerise sur la
"Crime Chantilly" (big up au fiston

)*, un Burt Reynolds un peu moins poilu que d’habitude (il n’a plus sa légendaire moustache ; la moustache qui, soulignons-le, en ces temps là, était le signe de l’élégance et de la classe avant de devenir celui de la honte et de l’Infamie…) mais qui n’a pas oublié d’amener avec lui sa force tranquile.
Bref,
The Longest Yard, c’est la promesse de passer deux heures à partager les joies, les peines, les bras cassés, les jambes brisées, les crânes fracassés, les dents broyées, les visages mutilés, les artères sectionnées, les yeux crevés et les têtes réduites, en compagnie de la
Mean Machine (nom de guerre de l'équipe), la team la plus férocement testosteronée à avoir foulé le sol de cette foutue planète !
*
La réponse à cette mystérieuse allusion se trouve ici.PS3 : comme d'hab, les captures d'image plus tard)
PS3/BLU-RAY/VICTOLY : et, pour faire plaisir à notre modofacho adoré, j'évoquerai le remake avec son idole Adam Sandler un peu plus tard aussi)