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Dracula - Francis Ford Coppola (1992)


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210 réponses sur ce sujet

#1 dmonteil

dmonteil

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 13 October 2007 - 17:30 PM

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Quelle surprise de voir qu'il n'y a pas de topic consacré au dernier grand film de Mr Coppola ! C'est fou quand même !
Nan parce que, je viens de le revoir là, à l'instant (grâce à la sublime nouvelle édition dvd), et dans le genre "film Mad", ça s'impose là !

Adapter l'œuvre de Stocker, c'est quelques chose de furieusement compliqué, tant tout à déjà été fait/dit/montré (avec déférence, originalité ou encore, la plupart du temps, absence totale de talent) sur le personnage fantastique le plus connu de tous les temps.
Néanmoins, une adaptation officielle et fidèle du roman n'a, semble t'il, jamais était faite (n'ayant pas lu le roman et pas vu le Browning, je ne pourrais dire si cette note d'attention est réelle ou mercantile).
Coppola s'attaque donc à ce mythe ultra casse gueule, dans l'optique principale de se refaire une santé financière.

Mais ne vous attendez pas à un simple film de studio... Ce serait bien mal connaître ce cinéaste plus grand que nature. En effet, donnez lui le scénario d'un film de mafieux, il vous en fait une saga opératique, grandiose et intimiste sur le rôle de la famille et la naissance de l'Amérique. Donnez lui le script d'un film de guerre initiatique, il le transforme en une monstrueuse illustration de folie humaine (tant devant que derrière la caméra), et, tant qu'à faire, signe un des plus gros morceau de cinéma de ces 30 dernières années.
Entre ce dernier et le film qui nous intéresse, Coppola a signé des œuvres intéressantes, sincères et travaillées, mais qui ne retrouve que rarement l'ambition et la folie de The Godfather Part 1, Part 2 et Apocalypse Now.
Après un Godfather Part 3 en demi-teinte (que, personnellement, j'apprécie énormément, mais qui est loin de faire l'unanimité), Coppola accepte donc l'offre de Winona Ryder de réalisé ce Dracula (Ryder souhaitant ainsi se faire pardonner de n'avoir pu figurer dans le dernier opus mafieux du bonhomme).
Et autant dire que rien ne nous préparait à ce déluge d'images toutes plus sublimes, effrayantes, folles les unes que les autres.

En effet, si au niveau de la direction d'acteurs le métrage n'est pas parfait (Si Oldman est absolument parfait, offrant une performance alliant la majesté à la pitié, on ne peut pas en dire autant de Keanu Reeves, vraiment trop fade, ou d'Hopkins parfois un poil excessif. Winona Ryder, quand à elle, est fidèle à elle-même : correcte, mais loin d'être exceptionnelle); d'un point de vue visuel, le film est d'une richesse sans fond. Et si le spectateur accepte le voyage, il se gave.
Le style baroque et extravagant fonctionne à merveille. Certains plans sont tout simplement des tableaux mouvants, la mise en scène, dans sa globalité (mouvement d'appareil, montage, photo…) est un savant mélange entre l'hommage au Cinéma dans sa totalité (voir la référence intertextuelle de la naissance du cinématographe, mais aussi les renvois à Cocteau, Bunuel, Murnau bien sûr, etc…) et d'originalité risquée (principalement dû aux SFX signé Roman Coppola).
L'utilisation des fondus est sans doute l'élément le plus frappant. Il donne à l'œuvre un rythme plus soutenu, mais aussi et surtout une sensation d'impalpabilité, le métrage semblant réellement "habité" par le spectre de Dracula.
La musique, mélangeant le sinistre, le menaçant et la mélancolie, enfonce le clou et fait de Dracula une des œuvres les plus intéressantes et les plus surprenantes du début des 90s.

Un cinéma comme on en fait très rarement.

Un cinéma sincère, respectueux, ancré dans le passé et semblant pourtant avoir une perpétuelle avance sur son temps.

Pourquoi tu t'es arrêté là Francis ! Merde !


PS: sinon, topo sur la nouvelle édition dvd:
Image: je sais que beaucoup se plaindront que la colorimétrie a changé, mais le film demeure absolument somptueux. Un réel plaisir pours les yeux. Pas un défaut visible (enfin, yen a sûrement, mais je les ai pas vu).
Son: ébouriffant. La musique de Wojciech Kilar est sublimée de tous les côtés sans en faire trop. Un modèle.
Interactivité: j'ai juste regardé les scènes coupées, qui vont du "mais pourquoi c'est pas dans le film bordel!!" au "ouais, c'est redondant quand même".
Je vais m'atteler au reste demain je pense.

Voilà les gens!
Achetez le!

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#2 Sanjuro

Sanjuro

    Be dumb !

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Posté 13 October 2007 - 17:49 PM

Pas mal de bonnes choses dans ce film (surtout sur le plan pictural) mais, hélàs, l'impression qu'il me laisse au final est celle d'un objet disparate handicapé par un gros manque d'unité. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais j'ai l'impression que chaque scène provient d'un film différent, d'où son aspect décousu entraînant un certain manque d'implication. Mis à part ça, je trouve aussi qu' Anthony Hopins, en Van Helsing über cabotin, a tendance à plomber chaque séquence dans laquelle il apparait.

(mais ceci dit, je pense que je le reverrais avec plaisir... Probablement parce que c'était un de mes films préférés quand j'avais 12-13 ans).

CITATION
mais aussi les renvois à Cocteau, Bunuel, Murnau bien sûr, etc…)

Sans oublier quelques images inspirées du Kwaidan de Kobayashi (une des plus grosses mandales visuelles jamais réalisées... Il fallait que ce soit dit pour la 8962547896eme fois) cool.gif

Voila
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#3 mad edd

mad edd

    Leprechaun

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Posté 13 October 2007 - 17:51 PM

Alors là carrément d'accord avec toi ce film est un chef d'oeuvre et pour les souvenirs que j'ai du roman c'est fidèle à l'histoire de Stocker il n'y a guère que l'image de Dracula qui change: Copolla en fait une victime et un personnage clairement romantique (c'était dans l'air du temps faut croire entre les chroniques vampire d'Anne Rice et Angel...) alors que le souvenirs du Dracula de stoker qui me reste est le symbole des désir et des peurs refoulé par les héros victoriens, c'est l'incarnation d'un Mal indestructible et séduisant les esprit faible ou corrompu...mais c'est aussi ce qui donne un charme au film...
J'ai découpé le métrage en deux partie, une faisant échos à Nosferatu et à Tod Browning et l'autre à la Hammer (mais je ne connais pas assez bien la Hammer nui le film de Browning pour être sûr de mon jugement)...
Tu n'as pas parler de l'érotisme et la sensualité ambiante du film et c'est aussi une des figures importantes du roman...
Le Van Helsing savant fou est excellent et j'aime beaucoup le lien que fait Copolla entre les enemis du comte qui ressemblent beaucoup au prêtres (joué par les mêmes acteurs...) présent lors de sa malédiction...
Un des meilleurs films de vampire que j'ai eu l'occasion de voir...
What don't you fucking understand? Christian Bale

#4 Flying Totoro*

Flying Totoro*
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Posté 13 October 2007 - 17:57 PM

Un de mes plaisirs coupables.
D'un côté c'est rococo, pas très bien écrit, la moitié du cast est transparente (Elwes, Reeves) tandis que l'autre est en mode Aldo Maccione (Waits, Hopkins qui livre la pire prestation de sa carrière), le final à la Silverado n'a rien à foutre là, y a des idées incongrues et profondément gols (le vilain brouillard vert, le raccord tête coupée de Lucy/Van helsing qui se coupe une tranche de rôti, Lucy qui se fait baiser par une grosse peluche dans le jardin Bon ça encore....) et autant les effets dépassés passent pour une intention, autant ceux qui sont sensés faire illusion sont hideux (remattez le morphing final et admirez comment le sol morphe avec les cheveux de Gary Oldman !).
Mais bon, c'est une question d'imagerie, de force d'évocation pure, qui nait souvent de la juxtaposition entre une imagerie ostentatoire et flamboyante (toute la thune est passé dans la déco et les costumes et ça se voit) et la partition de Kilar, qui a mis la double ration de lyrisme tragique dantaface. A ce titre le montage parallèle entre la mort de Lucy et le mariage entre pète sa race. La scène où Mina boit le sang de Dracula avant que celui ci ne se transforme en rats dans un coin sombre démonte également pas mal. Et évidemment l'ouverture est anthologique. Enfin j'aurais du mal à le défendre vraiment mais je trouve que parfois, entre deux scènes d'un gros Z qui se la raconte, explose de façon inattendue une grande envolée de romantisme macabre qui claque. C'est déjà énorme (enfin si tout ceux qui tentent ce genre d'exercice pouvait arriver à ce resultat, ce serait la grosse teuf tichoux tous les jours) et puis un Dracula XIXè qui a de la gueule, c'est difficile de dire non, même quand ça sent un peu le pourri sur les bords...

#5 dmonteil

dmonteil

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 13 October 2007 - 18:01 PM

CITATION(mad edd @ 13 10 2007 - 18:51) <{POST_SNAPBACK}>
Tu n'as pas parler de l'érotisme et la sensualité ambiante du film et c'est aussi une des figures importantes du roman...


Non, en effet j'en ai pas parlé, alors que la dimension sexuelle de l'oeuvre est ultra présente. C'est fou. La 1ère fois que je l'avais vu (vers 12-13ans justement), j'avais pas capté tout ça. Mais les visions suivantes m'ont ouvert les yeux!
Exemple révélateur: lorsque Mina approche sa bouche du torse de Dracula pour boire le sang qui coule de sa poitrine, l'angle choisi et la façon dont Ryder ouvre la bouche nous donne ni plus ni moins la sensation qu'elle va le sucer (ce qui est le cas). Et le râle d'extase qui s'ensuit enfonce bien le clou.

A côté de ça, tu parles de l'aspect romantique, et c'est justement, je trouve, le gros point fort du film. C'est tout simplement une des plus belles histoires d'amour porté sur un écran. (enfin, amha toussa hein)

CITATION(mad edd @ 13 10 2007 - 18:51) <{POST_SNAPBACK}>
Le Van Helsing savant fou est excellent et j'aime beaucoup le lien que fait Copolla entre les enemis du comte qui ressemblent beaucoup au prêtres (joué par les mêmes acteurs...) présent lors de sa malédiction...


Oui, le parallèle est sympa en effet. Assez évident quoi. Et c'est clair que Coppola ne fait pas de Dracula le méchant (yen a pas vraiment, concrètement) mais un être tourmenté et prêt à tout par amour.

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#6 dmonteil

dmonteil

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Posté 13 October 2007 - 18:05 PM

CITATION(Flying Totoro @ 13 10 2007 - 18:57) <{POST_SNAPBACK}>
Un de mes plaisirs coupables.
D'un côté c'est rococo, pas très bien écrit, la moitié du cast est transparente (Elwes, Reeves) tandis que l'autre est en mode Aldo Maccione (Waits, Hopkins qui livre la pire prestation de sa carrière), le final à la Silverado n'a rien à foutre là, y a des idées incongrues et profondément gols (le vilain brouillard vert, le raccord tête coupée de Lucy/Van helsing qui se coupe une tranche de rôti, Lucy qui se fait baiser par une grosse peluche dans le jardin Bon ça encore....) et autant les effets dépassés passent pour une intention, autant ceux qui sont sensés faire illusion sont hideux (remattez le morphing final et admirez comment le sol morphe avec les cheveux de Gary Oldman !).
Mais bon, c'est une question d'imagerie, de force d'évocation pure, qui nait souvent de la juxtaposition entre une imagerie ostentatoire et flamboyante (toute la thune est passé dans la déco et les costumes et ça se voit) et la partition de Kilar, qui a mis la double ration de lyrisme tragique dantaface. A ce titre le montage parallèle entre la mort de Lucy et le mariage entre pète sa race. La scène où Mina boit le sang de Dracula avant que celui ci ne se transforme en rats dans un coin sombre démonte également pas mal. Et évidemment l'ouverture est anthologique. Enfin j'aurais du mal à le défendre vraiment mais je trouve que parfois, entre deux scènes d'un gros Z qui se la raconte, explose de façon inattendue une grande envolée de romantisme macabre qui claque. C'est déjà énorme (et puis un Dracula XIXè qui a de la gueule, c'est difficile de dire non, même quand ça sent un peu le pourri sur les bords...)


Roh...allons! Ca sent pas le pourri. J'admets que ça frôle sérieusement le ridicule parfois, mais, je sais pas, c'est sans doute la passion de l'image qui anime le métrage qui fait que sur moi, ça fonctionne. C'est tendu par moment (en effet, la brume verte...), mais moi je marche. C'est même pas un plaisir coupable. C'est une façon de faire honnête et risquée que j'apprécie énormément.

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#7 dmonteil

dmonteil

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 13 October 2007 - 18:07 PM

CITATION(Sanjuro @ 13 10 2007 - 18:49) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION
mais aussi les renvois à Cocteau, Bunuel, Murnau bien sûr, etc…)

Sans oublier quelques images inspirées du Kwaidan de Kobayashi (une des plus grosses mandales visuelles jamais réalisées... Il fallait que ce soit dit pour la 8962547896eme fois) cool.gif

Voila


OUI! Carrément!
J'ai aussi pensé à Kagemusha de Kurosawa pour l'introduction. (Que Coppola a produit d'ailleurs).

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#8 Flying Totoro*

Flying Totoro*
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Posté 13 October 2007 - 18:15 PM

CITATION(dmonteil @ 13 10 2007 - 19:05) <{POST_SNAPBACK}>
Roh...allons! Ca sent pas le pourri. J'admets que ça frôle sérieusement le ridicule parfois, mais, je sais pas, c'est sans doute la passion de l'image qui anime le métrage qui fait que sur moi, ça fonctionne. C'est tendu par moment (en effet, la brume verte...), mais moi je marche. C'est même pas un plaisir coupable. C'est une façon de faire honnête et risquée que j'apprécie énormément.


Si si ça sent le pourri icon_mrgreen.gif Mais bon j'ai du le voir une bonne trentaine de fois

C'est un peu un substitut d'opéra pour moi : ce que ça raconte on s'en fout, la grosse dame maquillée comme une pute a 20 ans de trop pour son rôle et en fait des caisses, le décor est en carton mais entre deux baillements, t'as droit à un aria de folie qui te secoue tout partout.

#9 Mzk0

Mzk0

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Posté 13 October 2007 - 18:19 PM

Clairement un film de référence qui par ses choix esthétiques ne peut pas vieillir puisqu'il était fait à l'ancienne à la base. En convoquant dans son film toutes les versions ciné du Comte, Coppola rend hommage et s'approprie le personnage. C'est assez grandiose. Et en plus, ça passe dans un MK2 demain matin. miam.

#10 Elhim

Elhim

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Posté 13 October 2007 - 19:01 PM

Surement le meilleur film sur Dracula et même l'un des meilleurs de films de vampires.

#11 kea

kea

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Posté 13 October 2007 - 19:04 PM

Le problème, c'est que le titre est un mensonge.

Coppola prend Dracula comme une icône du septième art, et en profite pour se faire un essai\déclaration d'amour sur le cinoche. L'idée est plutôt bonne. Ce cher compte a été adapté plus souvent qu'à son tour. (personne n'a encore cité Murnau...You loose. Game over)
Bref, dans l'idée, c'est cohérent, mais ça donne un truc à la limite du monstreux (c'était peut-être le but, en même temps, je sais pas...)
Parce que si Dracula a souvent été adapté, le bouquin de Stoker a quasiment toujours été systématiquement trahi. Et le perso va du pur démon (selon l'époque : incarnation du sexe, de la peste, des MST...) à l'icône romantique. Faire un résumé de tout ça en un film, ça donne forcément un truc un peu indigeste.
Faudrait que je le revoie, car je m'interroge en fait sur l'intégration de ces références au fil du métrage.
Le tout début, la bataille en ombres chinoises, c'est clairement pictural. (Je surkiffe intégralement tout le début de ce film...les origines + Harker en transylvanie...quand j'ai vu ça à l'époque, j'étais carrément à deux doigts de l'orgasme dans la salle...)
La scène de la malédiction est ENORME, et Gary Oldman en transe valait à lui seul le prix du billet. Là on est effectivement dans l'opéra, le littéraire, la malédiction comme on la fantasmait depuis que le compte hante les toiles.
Ensuite, on a tout le passage Nosferatu. Là pour le coup, on est vraiment fidèle au roman (puisque murnau y collait lui même d'assez près. Ca lui a valu un procès, d'ailleurs...)

Le problème vient ensuite. Une fois à Londres, on s'attaque à ce bon vieux Tod, et à son vampire civilisé et cultivé. Coppola arrie à faire passer ça pas trop trop mal, mais on s'écarte clairement du bouquin (normal, puisqu'en fait, coppola s'en cogne, son perso, c'est le Dracula cinématographique)
Le passage gothico-hammeresque a ses bon moments, avec sa crypte, son asile, ses couleurs qui flashent, son morbide chic et kitch, son côté too much etc...
Quant au final romantique en diable, c'est une putain de catastrophe. (saloperie d'Anne Rice. Je te hais, mais d'une force !)

En fait, j'aime bien ce film, parce que Coppola ne lâche jamais le morceau, il y va à fond les ballons, il se fait un gros plaisir. Et du fondu en carton comme à la grande époque, les filtres à donf en permanence, les raccords bien gras, l'érotomètre au max, et un petit hommage aux frères lumières des fois qu'on aurait pas bien compris. Tant pis si c'est parfois ridicule (le globules rouges, mais merde, quoi...le totoro violeur dans le jardin, le loup blanc symbolique qui vient de l'espace, la shaky cam evildeadesque etc. etc.) Le cinoche, c'est pas toujours de bon goût et on va pas se voiler la face. Coppola est amoureux de son médium, même de ses défauts.
Alors évidemment, c'est encore une trahison envers le roman, mais réussir à faire un vrai film (bancal, d'accord) sur ce concept-là, ça tient du tour de force franchement impressionnant. Bien sûr, la love story me gonfle prodigieusement (comme toute les trahisons follement romantiques du compte. Dracula c'est le sexe et la mort face à l'amitié, aux valeurs chrétiennes et à la glorieuse et encroutée civilisation victorienne. C'est pas la bluette sentimentale entre les deux.) Mais c'est cohérent avec son propos. C'est le concept, quoi.

Nan, le seul truc qui m'attriste vraiment, c'est les numéros d'acteurs pitoyables. Keanu va du transparent au ridicule (ouaaaaah, les cheveux blancs ^^ Mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?) Hopkins qui rate l'un des rôles de sa vie...snif.

CITATION(rototo)
entre deux scènes d'un gros Z qui se la raconte

Nan nan nan...entre deux scènes qui te racontent le Z.
Nuance.
smile.gif
Coppola est grave couillu, keumême.
(Reviens !)

#12 dmonteil

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Posté 13 October 2007 - 19:24 PM

CITATION(kea @ 13 10 2007 - 20:04) <{POST_SNAPBACK}>
Le tout début, la bataille en ombres chinoises, c'est clairement pictural. (Je surkiffe intégralement tout le début de ce film...les origines + Harker en transylvanie...quand j'ai vu ça à l'époque, j'étais carrément à deux doigts de l'orgasme dans la salle...)
La scène de la malédiction est ENORME, et Gary Oldman en transe valait à lui seul le prix du billet. Là on est effectivement dans l'opéra, le littéraire, la malédiction comme on la fantasmait depuis que le compte hante les toiles.
Ensuite, on a tout le passage Nosferatu. Là pour le coup, on est vraiment fidèle au roman (puisque murnau y collait lui même d'assez près. Ca lui a valu un procès, d'ailleurs...)

En fait, j'aime bien ce film, parce que Coppola ne lâche jamais le morceau, il y va à fond les ballons, il se fait un gros plaisir. Et du fondu en carton comme à la grande époque, les filtres à donf en permanence, les raccords bien gras, l'érotomètre au max, et un petit hommage aux frères lumières des fois qu'on aurait pas bien compris. Tant pis si c'est parfois ridicule (le globules rouges, mais merde, quoi...le totoro violeur dans le jardin, le loup blanc symbolique qui vient de l'espace, la shaky cam evildeadesque etc. etc.) Le cinoche, c'est pas toujours de bon goût et on va pas se voiler la face. Coppola est amoureux de son médium, même de ses défauts.
Alors évidemment, c'est encore une trahison envers le roman, mais réussir à faire un vrai film (bancal, d'accord) sur ce concept-là, ça tient du tour de force franchement impressionnant. Bien sûr, la love story me gonfle prodigieusement (comme toute les trahisons follement romantiques du compte. Dracula c'est le sexe et la mort face à l'amitié, aux valeurs chrétiennes et à la glorieuse et encroutée civilisation victorienne. C'est pas la bluette sentimentale entre les deux.) Mais c'est cohérent avec son propos. C'est le concept, quoi.

Coppola est grave couillu, keumême.
(Reviens !)


Tu es beau.

Sinon, juste comme ça:

CITATION(moi, dès le 1er post)
les renvois à Cocteau, Bunuel, Murnau bien sûr, etc…)

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#13 Moody

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Posté 13 October 2007 - 19:42 PM

Pas parfait mais la concurrence est tellement absente qu'il paraît génial.

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I'm nuclear, I'm wild, I'm breaking up inside, A heart of broken glass, Defiled, Deep inside, The abandoning child


#14 Lord-Of-Babylon

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Posté 13 October 2007 - 19:55 PM

En tous cas réel ou mercantile la note d'intention de fidélité est en tous cas bien à coté du coche
CITATION
Alors là carrément d'accord avec toi ce film est un chef d'oeuvre et pour les souvenirs que j'ai du roman c'est fidèle à l'histoire de Stocker il n'y a guère que l'image de Dracula qui change: Copolla en fait une victime et un personnage clairement romantique (c'était dans l'air du temps faut croire entre les chroniques vampire d'Anne Rice et Angel...)


Ben l'image de Dracula c'est quand même un peu beaucoup le centre du livre. De monstre il passe à amoureux maudit yeah.

(sinon l'air du temps icon_mrgreen.gif Rice ca devait avoir 15 ans avant le films de Copolla et Angel date de 5 ou 6 ans aprés (grosso merdo))

mais bon l'adaptation fidèle de Dracula c'est comme celle des Trois mousquetaires, je l'attend toujours

(sinon j'aime bien le film)
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#15 mad edd

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Posté 13 October 2007 - 20:08 PM

CITATION(Lord-Of-Babylon @ 13 10 2007 - 20:55) <{POST_SNAPBACK}>
En tous cas réel ou mercantile la note d'intention de fidélité est en tous cas bien à coté du coche
CITATION

Alors là carrément d'accord avec toi ce film est un chef d'oeuvre et pour les souvenirs que j'ai du roman c'est fidèle à l'histoire de Stocker il n'y a guère que l'image de Dracula qui change: Copolla en fait une victime et un personnage clairement romantique (c'était dans l'air du temps faut croire entre les chroniques vampire d'Anne Rice et Angel...)


Ben l'image de Dracula c'est quand même un peu beaucoup le centre du livre. De monstre il passe à amoureux maudit yeah.

(sinon l'air du temps icon_mrgreen.gif Rice ca devait avoir 15 ans avant le films de Copolla et Angel date de 5 ou 6 ans aprés (grosso merdo))

mais bon l'adaptation fidèle de Dracula c'est comme celle des Trois mousquetaires, je l'attend toujours

(sinon j'aime bien le film)


l'air du temps c'est des années 80 jusqu'à 1999...lol...
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#16 jn52s

jn52s

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Posté 13 October 2007 - 20:14 PM

la 2ème partie me déçoit un peu (j'ai trouvé la performance de Tom Waits super sinon) et la fin carrément j'aurais aimé quelquechose de plus ambigüe avec pourquoi pas une fin ouverte? ce que j'ai aimé le plus c'est la scène de l'explication des origines quand il détruit la croix et renie Dieu.
+ dans mes souvenirs il y'a une scène que je trouve forte dans le roman est le bateau qui arrive en Angleterre comme un bateau fantôme lentement avec seulement un loup qui s'en échappe là dans le film toute cette partie est accélérée sinon il y'a plein de choses bien par ailleurs comme le coté "victorien gothique érotique" comme quand Winona et sa copine s'embrassent sous la pluie.
j'adorerai une adaptation ciné ou série du comics Tombs Of Dracula qui sortait chez nous fin 70s /début 80s ( petit format n/b et puis grand format couleur), supers histoires ça bastonnait bien & il y'avait Blade d'ailleurs..
ps à chaque fois qu'on parle de Coppola les références obligatoires sont le Parrain (I II) et Apocalypse Now, pour moi ces 2 plus beaux films sont Outsiders et Rusty James.

#17 ygrael

ygrael

    Wookie

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Posté 13 October 2007 - 20:16 PM

Un film qui n'a pas prit une ride, ce qui était toc et moisi a l'époque l'est toujours autant mais heureusement le constat est le même pour ces grands moments de flamboyances. Tout le monde axe son avis sur l'esthétique du film, sans doute a raison car c'est a peu près la seule chose d'intéressante de ce film totalement foiré mais réellement fascinant. Je crois que la plus grosse connerie de Coppola a été de vouloir transformer Dracula en ersatz de Lestat (notre cinéaste/vigneron/sosie de totoro a en vain essayé d'adapter Entretien avec un vampire). S'en suit des scènes au romantisme artificiel qui n'ont rien a foutre dans cette histoire d'autant qu'en plus d'alourdir gravement le rythme ce choix est un peu a la base d'un non sens scénaristique assez énormes: Mais pourquoi donc Dracula ne profit il pas de son immortalité pour chercher la réincarnation de sa tendre et chère a travers le monde au lieu de se gratter les couilles dans sa ruine de château hein... POURQUOI ???
Des erreurs et inutilités cette version en regorge, comme le personnage de Quincy, gros bouseux texan bien présent dans le roman mais ici totalement transparent, adjectif que l'on pourrait joindre a une grande partie du casting masculin alors que d'autres se situe plutôt dans le monde merveilleux du cabotinage, l'univers de la roue libre, dans ce beau pays situé tellement a l'ouest. Ça concerne bien sûr Hopkins et son Van helsing hédoniste et limite paillard mais aussi Tom Waits dans le rôle d'un Renfield hystérique, on peut évidemment trouver ça pourri mais, le temps aidant parce que je n'ai pas toujours dit ça, on peut y prendre une certaine forme de plaisir, certes coupable mais plaisir quand même. L'exception reste bien sûr Gary Oldman vraiment très bon mais qui jamais n'évoque le personnage qu'il est censé interpréter. Le casting féminin semble échapper a cette carence, Wynona Ryder et Sadie Frost jouent juste et donne de la consistance a des rôles généralement laissé a l'abandon par les versions précédentes.
Cet étirements des extrêmes n'est finalement qu'une conséquence logique du choix de Coppola de miser sur la surabondance visuel, de forcer a tout prix ces effets. Baroque, rococo, kitch, sublime et ringard, Dracula c'est tout ça la fois, alternance de fulgurances et des scènes tout droit sortie d'un gros Z roumain. Voir même, au détour de quelques passages, le film se permet le luxe de croiser les deux monde comme cette rencontre entre Harker et les 3 hell's biatch situé quelques part entre Cocteau, Bava et Dorcel. L'oeuvre de Coppola est aussi excessive qu'ultra référentiel, invoquant tour a tour les chef d'œuvres du muet, les classiques de l'âge d'or (le Dracula de Tod Browning bien sur mais aussi le White zombie de Victor Halperin), La belle et la bête de Cocteau, le baroque d'un Bava, Corman, Pandora d'Albert Lewin, la sublime artificialité de Kwaidan mais aussi des films plus récents comme l'Exorciste ou Evil Dead sans pour autant les fondre en un tout cohérent.
Aussi fascinant dans ces quelques réussites que dans ces nombreux défauts on peut néanmoins regretter cet échec. Les 20 ou 30 premières minutes du film reste les belles promesses de ce qu'aurait pu être un des grands films fantastiques de l'histoire. Tout particulièrement ce prologue guerrier, fabriqué a la dernière minute avec les moyens du bords grâce a des techniques parfois antérieur a l'invention du cinéma, scène qui d'ailleurs met minable cette grosse bousasse hi-tech de 300 en a peine 3 minutes. Le score est toujours aussi envoûtant, sombre, dramatique, c'est vraiment la classe quoi !

Le plus grands des petits films (ou le plus petit des grands c'est selon).
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#18 Kabukiman

Kabukiman

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Posté 13 October 2007 - 20:22 PM

Le meilleur Dracula, c'est celui de Guy Maddin.

Sinon la jaquette de la nouvelle édition du film de Coppola est d'une laideur confondante.

#19 venom-man

venom-man

    Je peux me sucer les orteils

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Posté 13 October 2007 - 20:56 PM

CITATION(Kabukiman @ 13 10 2007 - 21:22) <{POST_SNAPBACK}>
Sinon la jaquette de la nouvelle édition du film de Coppola est d'une laideur confondante.




Elle passe quasiment inaperçu au millieu des autres DVD. Mais bon, c'est vrai que c'est pas terrible comme visuel ...

#20 grifter

grifter

    J'ai plus de vie sociale

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  • Location:Au Skywalker Ranch entrain de torturer Lucas en lui montrant la Trilogie originale sans fx 3D et en 16/9!

Posté 13 October 2007 - 22:52 PM

content de voir quelqu'un du meme avis! ce montage Photoshop fait passer le film pour un vulgaire DTV!

quand on pense aux visuels originaux...


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