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Espionnage - Vos films favoris
#76
Posté 13 février 2009 - 10:53
Tout l'intérêt de l'intrigue est de mettre un homme seul mais méticuleux, face à une administration de haute volée (RG, DST, etc...), pour peu à peu se retrouver avec un duel entre deux hommes, chacun aux plus hauts niveau de qualifications dans leurs métiers respectifs (ce qui me fait penser à la logique du Train de Frankenheimer, tiens...). On rajoute à cela une contextualisation superbe (la guerre OAS/SDECE, la France des congés payés, la réalité bureaucratique de la police et des ministères, les relations orageuses entre services...) et l'on a une histoire passionnante.
(à l'origine de mon pseudo originel, oui moooosieur)
Le souci du DVD est que des scènes à l'origine non présentes sur la copie cinéma (françaises) n'ont jamais été doublées. On se retrouve donc avec des scènes censées être francophones en british, ce qui peut parfois faire bizarre.

Ah! Faut-il qu'on l'aime, ce putain de pays...
#77
Posté 13 février 2009 - 12:40
Sinon, concernant les lenteurs et autres errements que tu relèves dans la deuxième partie du film, je me rappelle l'avoir vu dans un montage qui supprimait pas mal des points que tu énonces notamment tout le truc avec la chatelaine (ceci dit, j'ai trouvé que ça passait moins bien, certains "trous" scénaristiques étant très visibles).
Je me rappelle également avoir vu le film dans une version où tous les protagonistes s'expriment dans leur langue maternelle (je me demande si elle se trouve sur le dvd)
Mais bon, "chacal" est un film que je me revois régulièrement. C'est pour moi le meilleur film de Zinneman (le sens du réalisme qu'il déploit et l'immersion du spectateur qui en découle n'ont rien à envier à ce que fera Friedkin juste après)
Excellent texte, Prof'
Merci pour le texte
Peut être qu'en tentant la vf sur le dvd tout le monde parle dans sa langue, c'est bizarre ce choix du tout anglais surtout qu'à l'époque c'était assez fréquent dans ce genre de récit international que chacun cause dans sa langue (probème exclusif au dvd donc apparemment) Sinon d'accord avec Starsky la description des hautes sphères et des services secrets français (avec une bonne vieille séquence de torture et allusion à l'Indochine etl'Algérie) est des plus méticuleuses et documentée, ça rend le tout vraiment bien immersif.
#78
Posté 13 février 2009 - 12:54
Je conseille ardemment le livre.

Ah! Faut-il qu'on l'aime, ce putain de pays...
#79
Posté 13 février 2009 - 12:57
Je conseille ardemment le livre.
Tu m'as bien motivé pour le bouquin je vais tenter ça
#80
Posté 13 février 2009 - 13:03
Je conseille ardemment le livre.
Bon ben tout est dit : je vais essayer de me le trouver
Sinon, juste une petite précision à propos de la scène de torture montrée dans le film, qui est interprétée par le regretté Jean Martin qui nous a quitté il y a quelques jours, et que l'on voit également dans "la bataille d'Alger", le film préféré de Starsky
#81
Posté 13 février 2009 - 13:04
#82
Posté 13 février 2009 - 13:06

(la mise en scène de la figure de de Gaulle, tout en filigrane, qui fait peur à tous ses subalternes et qui est un calvaire à protéger, refusant le moindre compromis face à un tueur "étranger", est une pure merveille)

Ah! Faut-il qu'on l'aime, ce putain de pays...
#83
Posté 13 février 2009 - 14:19
Oui d'ailleurs cet aspect là était vraiment très bien restranscrit dans le film avec un De Gaule mettant des batons dans les roues plus qu'autre chose à son administration en crise.
#84
Posté 13 février 2009 - 15:34
parait que Howard Hugues se passait ce film en boucle dans sa suite/chambre d'hopital/blockhaus de Las Vegas^^
Pas le meilleur Sturges, loin de là, mais de très bons moments de tension sous-marinière dans sa première partie (CFury et moi avons une théorie comme quoi MacTiernan l'a certainement vu avant de diriger Octobre Rouge^^)
Dommage que ça parte en couille dans le dernier tiers, avec une banquise reconstituée en studio qui déssert énormément un film dont la réussite du début tient justement à son coté réaliste et très documenté.
Mais bon, toujours d'après CFury, dès que Sturges retourne en studio, il perd ses moyens.
Le casting est excellent : Rock Hudson est convaincant tant qu'il ne partage pas une scène avec un Mac Goohan qui enterre tout le monde, Jim Brown est très bon en juteux peau de vache, et Borgnine paufine encore son role de salopard souriant qui sera son fond de commerce dans les années à venir.
#85
Posté 13 février 2009 - 21:14
Kileskon

Ah! Faut-il qu'on l'aime, ce putain de pays...
#86
Posté 07 mars 2009 - 18:15

En 1944, Diello sert un ambassadeur anglais à Ankara, en Turquie. Il en profite pour livrer des photographies de documents secrets alliés aux Nazis sous un nom de code : Cicéron. La comtesse polonaise Anna Staviska fait mine de l'aider...
Un des très grands films de Mankiewicz et un des meilleurs films d'espionnage jamais réalisé. L'univers du monde de l'espionnage sied à merveille au style et aux thèmes de Mankiewicz sur la duperie et les faux semblants. C'est particulièrement flagrant dans ce récit où tout le monde ment à tout le monde et on retrouve tout le cynisme et l'ironie de Mankiewicz dans l'issue finale qui voit les documents secrets non utilisés par les Allemand par crainte de tromperie adverses (comme dans les faits reel dont le film s'inspire) et un dernière scène d'un cynisme absolu. James Mason est excellentissime en valet espion, aussi arrogant et sûr de lui quand il négocie avec les allemands qu'emprunté lorsqu'il fait face à Danielle Darrieux dont le statut (noble, ancienne patrone, amante rêvée) le ramène constament à sa modeste condition. Scénario parfait truffé de dialogues mordants comme lorsque Mason découvre le code du coffre d'un officiers allemand avec la date de prise de pouvoir d'Hitler en faisant remarquer qu'il avait le choix avec la date de naissance du fuhrer ou encore quand danielle darrieux démasque un allemand se faisant passer pour un suisse à son claquement de talon. Un ton bien corrosif où aucun personnages n'est à sauver et qui est une des oeuvres les plus grinçante de mankiewicz avec "Le Limier" ou encore "Le reptile". 6/6
Bon bah voilà.
Pareil en tout point.
La sophistication et l'intelligence de Mankiewicz fait encore des merveilles.
Outre la duperie et les faux semblants, Mankiewicz aborde des thèmes tels que l'ambition, la lutte des classes/la recherche de l'élévation sociale (qui parcourent sa filmographie) avec un cynisme éclatant (presque réjouissant dans son final), toujours aux limites de la misanthropie (mais qu'il sait désamorcer, ici à travers la confession des motivations du perso de James Mason).
Scénario en or massif, solidité de la mise en scène, classe de l'interprétation...Mankiewicz-style quoi.
#87
Posté 14 mai 2009 - 00:20

Mai 1940. Un Anglais de l'Intelligence Service et deux Hollandais sont débarqués près d'Amsterdam alors que les troupes allemandes s'en approchent. Ils ont quatorze heures pour réussir leur mission : ils doivent persuader les diamantaires de leur remettre tous leurs bijoux afin d'éviter aux Allemands de les piller...
Une excellente production anglaise à l'intrigue très originale, entre l'espionnage pur et le film de guerre (surtout pour son final). L'ouverture démontre une fois de plus toute l'efficacité et la concision des films de cette période, contexte historique, personnage et enjeu présenté en un temps record et au bout de 10 minutes on se retrouve déjà en Hollande pour mener la mission. Sans que le rythme soit particulièrement soutenu, la tension ne se relâche pas un instant avec nos héros qui doivent convaincre les joailliers de leurs confier leurs diamants et collecter ceux enfermé dans les coffres forts. Les dangers sont multiples : une Hollande pilonnée par les bombes, des soldats hollandais tour à tour amis ou ennemis faisant partie de la cinquième colonne et l'arrivée imminente de l'armée allemande créant un sentiment d'urgence. La première partie est plus posée et joue la carte de l'infiltration avec des agents jouant à cache cache avec l'ennemi dans Amsterdam tout en collectant les diamant et un final bien mouvementée et tendu montrant la fuite effrénée du pays. En filigrane une évocation très intéressante de la situation de la Hollande, avec une véritable chape de plomb pesant sur ses habitants avec l'occupation allemande qui s'annonce, le scénario questionnant très bien les hésitations de certains diamantaires, notamment les juifs, qui voit dans leurs stocks un possible moyen d'échapper à de futurs mauvais traitements même si cela profite à l'ennemi. De saisissantes visions de désespoirs parcoure le film avec la vision de ses bateaux de réfugiés régulièrement coulés par les obus allemand, les ports hollandais bondés où encore Amsterdam ressemblant à une ville fantôme dont les rues sont jonchées de cadavres. L'interprétation est solide, avec un très bon Peter Finch en hollandais infiltré, un Tony Brighton stoïque et déterminé en commandant anglais et une émouvante Eva Bartok en hollandaise ayant tout perdu et qui décide d'aider les anglais. C'est son personnage et sa relation avec Peter Finch qui amène le soupçon d'humanité qui fait la différence dans cette intrigue qui ne s'embarasse guère de fioriture. La réalisation de McCarthy est au diapason, sans génie mais efficace et au service de l'histoire, osant même verser dans de vrais moments noirs comme la mort tragique d'un enfant lors de la fuite finale. Très bon film donc qui manque peut être juste un peu de surprise, on guette une traitrise quelconque qui n'arrive jamais. 4,5/6
#88
Posté 17 mai 2009 - 18:38

Parachutiste chevronnée, la voluptueuse Fathom Harvill (Raquel Welch) est envoyée en Espagne par les services secrets britanniques à la recherche d'un insaisissable partisan de la guerre (Tony Franciosa) soupçonné d'avoir mis la main sur un détonateur nucléaire mystérieusement égaré. Mais l'espionne découvre les véritables intentions de ses commanditaires.
Excellentissime comédie d'espionnage 60's, un sous genre pas simple à gérer (vu le très poussif Modesty Blaise dernièrement dans le genre loupé) mais qui compte son lot de pépites comme les les deux Flint ou encore la première version de "Casino Royale". Leslie H.Martinson, réalisateur entre autre de l'adaptation cinéma de la première série "Batman" gère idéalement l'équilibre entre comique et sérieux. Si on est bien conscient que l'on est devant un objet léger et fantaisiste, l'intrigue n'est jamais traitée par dessus la jambe et se suit avec intérêt de bout en bout porté par un esprit serial particulièrement plaisant avec son lot de péripéties, trahison et retournement de situations surprenant (comme l'enjeu qui change totalement suite à une révélation à mi film).
Le film repose entièrement sur le charme et le classe de Raquel Welch. Epatante en espionne amateur, elle affole totalement le spectateur par son sex appeal ravageur (il faut voir son apparition en petit bikini vert
Contrairement aux Filnt ou à Casino Royale cités auparavant, on est plus dans une comédie d'espionnage qu'une parodie, et le scénario évite les moments en roue libre avec une intrigue bien nerveuse et palpitante. Martinson livre un festival de morceaux de bravoures bien enlevés, entre autre une course poursuite en hors bord digne de meilleurs James Bond, Raquel Welch en robe rouge livrée en pâture à un taureau dans une arène de corrida, un face à face en pleine mer avec un tueur armé d'un harpon et un joli duel aérien final entre deux avions, le tout impeccablement emballé en 1h30 à peine. Fans de Raquel Welch, amateur de petits film fun et sans prétention c'est pour vous. 4,5/6
Et Raquel Welch oblige quelques captures !





Le générique super classe de Maurice Binder
#89
Posté 17 mai 2009 - 22:28
Toi aussi apprends a bien replier ton parachute avec Raquel! enfin bon c'est pas le pliage qu'on regarde
Sinon Slocombe a la photo, Semple au scenar (reussira bien dans l'espionnage serieux des 70's: Parallax View, 3 days of the Condor...)
Ca donne envie de decouvrir... A bon entendeur
#90
Posté 17 mai 2009 - 22:42
Ah ben du coup je comprend mieux pourquoi ça se tient aussi bien, ça arrive à être léger et cool tout en livrant un vraie histoire palpitante. J'ai vraiment senti la différence en me faisant chier comme un rat mort devant Modesty Blaise vu juste avant et qui est un peu dans la même veine mais bien loupé. Je te ferais tourner ça pour que tu t'exerces assidûment au pliage de parachute tout seul chez toi
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