Mad Movies: Summer Of Sam - Spike Lee - Mad Movies

Aller au contenu

  • (2 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Summer Of Sam - Spike Lee New-York, New-York

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Cfury 

  • J'ai plus de vie sociale
  • Groupe : Members
  • Messages : 4 019
  • Inscrit(e) : 12-novembre 02
  • Location:S.H.I.E.L.D. Headquarters

Posté 16 mars 2007 - 20:48




L’histoire : New York, été 77. Cette année là, la ville enregistre des records de chaleur dans la moiteur des soirées discos. C’est sous cette canicule historique qu’un serial killer - baptisé le Fils de Sam - massacre des couples en plein cœur du Bronx, plongeant les New-Yorkais dans la peur…


L’une des choses les plus surprenantes à l’époque de la sortie de Summer Of Sam, fut la manière dont la critique interpréta la supposée volte-face de Spike Lee au regard de ses films précédents. Pour beaucoup, en ne choisissant de ne tourner qu’avec des acteurs blancs, il s’agissait là d’une manière habile de se défaire de cette étiquette d’auteur rattaché à la cause Afro-Américaine comme une preuve flagrante que le réalisateur – en quête de succès depuis Malcolm X – avait finalement cédé aux sirènes corruptible d’Hollywood. C’est pourtant oublier qu’un film comme Do The Right Thing, œuvre polémique s’il en est, fut produit par l’un des studios les plus conservateurs qui soit (Universal) et qu’un autre comme Clockers (méconnu mais ô combien réussi) avait pour rôle titre des acteurs comme Harvey Keitel et John Turturro. Et puis, sans citer ceux ayant précédé Summer Of Sam, certains films de Lee s’apparentaient plus à des œuvres légères qu’à des métrages à la revendication prononcée et affirmée. Non, l’envie qu'eut Spike Lee de tourner un film comme SOS tient beaucoup plus en un lien qui s’avère être le fil conducteur de toutes ses œuvres : New York.


Le Fils de Sam semble fin prêt à frapper…


L’idée pour Spike Lee était de revisiter avec nostalgie (à l’époque il avait 20 ans) des événements majeurs et on ne peut plus marquant de NY : en 130 mn, Lee filme l’examen clinique d’une ville étouffée sous la canicule, paralysée par un blackout et en proie au serial-killer le plus meurtrier de son histoire. Fort de ce background plutôt riche pour un seul film, le réalisateur de Get On The Bus - au travers de quelques habitants de Brooklyn – se permet même le luxe de greffer des faits de société (sexe, drogue) de manière particulièrement habile, d’évoquer les courants musicaux charnière de cette époque (Disco, Punk) et d’y aller de son hommage pour la grande équipe des Yankees. Et c’est bien ça la grande force du film de Lee : engranger un maximum d’information avec un plaisir certain et les diffuser malicieusement au spectateur sans que celui-ci ne trouve l’ensemble indigeste ou superflu. Il est également important de comprendre que si dans SOS, Spike Lee s’est gardé de mettre en avant la communauté Noire, il n’en a pour autant pas oublier certains préceptes chers à sa filmographie. Le personnage interprété par Adrian Brody étant d’ailleurs la catharsis des maux tant dénoncés par le réalisateur : dans SOS, Brody est un jeune Punk victime d’exclusion sociale dans son propre quartier. Ce, qui pour certains ressemblera à une forme de provocation de la part de Lee, n’est finalement qu’une manière ouverte d’évoquer la ségrégation via l’un des mouvements musicaux contestataires les plus importants de l’époque (en fait, Brody est un peu le Bill Nunn de Do The… !).


1977, l’odyssée du Punk


Il est intéressant de voir commet Lee s’est approprié l’histoire véridique de David Berkowitz (le serial-killer du film) afin d’influencer les trajectoires de chacun de ses personnages de fiction, jusqu’à ce final évoquant La Poursuite Impitoyable de Penn (qui fut déjà une influence majeure sur Do The…). Loin des lourdeurs d’intention que laisserait supposer les grands contours de son œuvre, Lee filme toute l’expression de la rancœur sociale d’une ville à travers un thriller urbain abondamment baigné de sexe et de musique (mention spéciale à Baba O Riley des Who, méchamment mis en scène et à Everybody Dance du groupe Chic, scène de partouze inside). Toujours aussi peu avare en citations filmiques (de Taxi Driver de qui vous savez au Dead End de Wyler), la réalisation énergétique de Spike Lee confère à SOS un intérêt de tous les instants, rehaussé par le paradoxe des propos pessimistes tenus dans le film et l’humour distillés dans ces mêmes séquences (le filmage de l’info spectacle – dans un rôle tenu par Lee himself – est croustillant). Servi par un casting de circonstance, de John Leguizamo (il y’a quand même 9 chances sur 10 que ce rôle de zeurbé soit celui de toute sa carrière) à Mira Sorvino (que l’on aimerait voir plus souvent) en passant par Ben Gazarra (dans un rôle de mafieux local) et porté par une bande-son géniale où vient se greffer le score de Blanchard (Seigneur Dieu, faites qu’un jour une bonne âme l’édite !) Summer Of Sam démontre une nouvelle fois toute la superbe d’un auteur génialement anticonformiste.

Spike Lee ? Le dernier héros d’Hollywood.


On a retrouvé Jim Kelly !


#2 L'utilisateur est hors-ligne   Waco 

  • J'ai plus de vie sociale
  • Groupe : Members
  • Messages : 4 869
  • Inscrit(e) : 16-novembre 03

Posté 16 mars 2007 - 21:06

Rien à ajouter par ce qui vient d'être dit par Cfury, juste que ce film est bourré d'électricité !
(un des trucs qui m'avait bien frappé en salle, les décharges sonores vachement âpres avec ces bruits de coup de feu doux comme un coup de tournevis dans l'oreille droite. Et puis rien que pour la scène du rottweiller qui s'adresse à Berkowitz...)

#3 L'utilisateur est hors-ligne   kitano 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 3 174
  • Inscrit(e) : 25-juillet 06

Posté 16 mars 2007 - 21:19

Gros coup de coeur pour ce film où Spike Lee arrive parfaitement à nous retranscrire une ambiance, un quartier, une époque, ça sent le vécu.
Comme toujours un regard acerbe sur la société où chacun en prend pour son grade, pour ceux qui ont aimé Mystic River c'est peut être un film qui l'a inspiré.

#4 L'utilisateur est en ligne   kea 

  • En kit
  • Groupe : Members
  • Messages : 4 932
  • Inscrit(e) : 27-janvier 04
  • Profil:Homme
  • Location:Loin devant...

Posté 16 mars 2007 - 21:27

Yep. Excellente rewiev d'un excellent film.
Spike lee réussit un tour de force...en cristallisant en un lieu et un moment précis toute une époque, il parvient à tirer une réelle unité de l'éclectisme. Du disco genre "fievre du samedi soir" au punk naissant (avec accent anglais en prime), le tout sur fond de sérial killer : beaucoup se seraient plantés. Spike Lee en tire un film totalement cohérent, au sujet fort, justifiant parfaitement l'aspect hystérique de la chose.
Un vrai film sur son époque. Celui qui vous fera aimer les années 80. Et, comme le souligne Waco, en totale continuité du reste de l'oeuvre du monsieur. Les "minorités", les "outsiders", et leurs guerres intestines qui les bouffe de l'intérieur. Le refus de l'intégration, mais la crréation de nouvelles normes qui rejettent les non-conformes...
Film à message, mais grand moment de cinéma.
Tiens, moi qui me demandais ce que j'allais bien pouvoir mater ce soir...je crois que je vais ressortir le DVD.
Un film qui mérite largement d'être vu ou revu.

Disco-punk/6
Image IPB

I've got rock'n' roll, to save me from the cold, and if that's all there is, it ain't so bad...

#5 L'utilisateur est hors-ligne   Paul Kersey 

  • Critters
  • Groupe : Members
  • Messages : 483
  • Inscrit(e) : 08-novembre 05

Posté 16 mars 2007 - 23:46

Excellent film, peut-être le meilleur de son auteur avec 25TH HOUR. rolleyes.gif

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Cfury 

  • J'ai plus de vie sociale
  • Groupe : Members
  • Messages : 4 019
  • Inscrit(e) : 12-novembre 02
  • Location:S.H.I.E.L.D. Headquarters

  Posté 17 mars 2007 - 11:13

Arf, j'ai oublié de mentionner - le fait étant assez rare pour être souligné - que Lee s'est adjoint les services de deux novices en la matière pour l'écriture de SOS : les deux très Brooklynien Victor Colicchio & Michael Imperioli.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Evil Sam 

  • Leprechaun
  • Groupe : Members
  • Messages : 870
  • Inscrit(e) : 01-avril 06
  • Location:complètement à l'Ouest

Posté 17 mars 2007 - 13:44

Je me rappelle que le film m'avait assez bien décontenancé à l'époque. Pas que je le trouvais mauvais, loin de là, mais je sais pas...j'en ai un souvenir assez étrange...comme une expérience à la fois envoûtante et repoussante. C'est difficile à décrire. En tous cas, j'ai très envie de le revoir avec un regard neuf, maintenant.
Leguizamo, quelle classe le mec!


#8 L'utilisateur est hors-ligne   King Kunu 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 947
  • Inscrit(e) : 12-septembre 06
  • Location:Suisse

Posté 24 septembre 2007 - 08:01

Revu et tjs aussi bon.
Atmosphère particulière et suffoquante. Film qui passe en revue de nombreux phénomènes sociaux, la marginalité, la paranoïa, le sexe etc. Mise scène inspirée, rien que pour le 1er plan séquence introduisant les personnages de Dionna et Vincent de leur arrivée en voiture jusqu'à leur 1er pas de danse dans la boîte. Ou encore la dispute des mêmes personne qui dure bien 5 minutes, sans coupures. La photo altèrne entre le chaleureux mais poussièreux pour les protagonistes principaux et le très glaciale lorsqu'il s'agit du fils de Sam. Une histoire de New York parmis 8 millions d'autres. Mais s'en est une qui marque.

5/6

#9 L'utilisateur est hors-ligne   astroboy 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 759
  • Inscrit(e) : 01-décembre 04
  • Location:perdu dans le multivers

Posté 18 décembre 2007 - 15:17

Trouvé à 1€ dans un eurocash et ne connaissant pas trop l'oeuvre de Spike Lee (j'ai juste vu la 25ème Heure que j'adore), je ne pouvais pas passé à côté et grand bien m'en a pris! Pas grand chose à rajouter au très bon texte du croco furieux, Summer of Sam fait parti de ces films qui mettent KO en seul vision de part sa réalisation brulante (la photo est superbe) et ses acteurs tous au top de leur forme, à ce titre c'est clair que Leguizamo à certainement trouvé le rôle de sa vie dans ce film avec ce personnage macho completement bouffé par sa parano.
Portrait magnifique et d'une justesse rare du New York de la fin des 70's et des courants musicaux qui la traverse, pur film de personnages tous passionnants et parfois bouleversant (je pense surtout au punk joué par Adrian Brody victime de sa différence) où les relations et interactions entre eux sont tout, sauf simpliste, thriller bien flippant et oppressant (la scène du meurtre en voiture reprise par Fincher pour son Zodiac ou les pétages de plomb du tueur)... Summer of Sam c'est tout ça et bien plus encore!
5/6
Image IPB

#10 L'utilisateur est hors-ligne   jigsaw 

  • Gremlins
  • Groupe : Members
  • Messages : 1 664
  • Inscrit(e) : 17-février 06
  • Location:à la dérive

Posté 10 juin 2008 - 12:19

Le meilleur Spike Lee parmi ceux que j'ai vu.

Une caméra dynamique et captant à merveille la tension urbaine de cette cité ainsi que son ambiance et son atmosphére avec des purs tubes de l'époque. Et comme le dit Fury le scénario posséde la force de contenir un max de persos et d'informations sur le contexte historique sans que l'indigestion ne se fasse sentir. Les persos sont parfois loufoques (les glandus latinaux), le reporter joué par Lee himself, d'autres atypiques (le punk joué par Brody, la patronne coiffeuse de Leguizamo). Le film posséde une énergie folle et éléctrisante qui rend le visionnage hypnotique, pas une goutte de gras mais du dégraissage qui va à l'essentiel : l'histoire simple d'êtres humains évoluant dans un contexte des plus chaud bouillants. On est tellement pris par les rapports entre les personnages que la trame du tueur deviendrait presque secondaire (c'est pas ce qui interesse le plus Lee de toute maniére, sur ce point le film est honnéte c'est bien). John Leguizamo dans son meilleur rôle (la scéne où il détruit ses relations sous l'emprise de la coke est un grand moment d'acting).

SOS c'est du bon et ça tue.

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Elgin 

  • Leprechaun
  • Groupe : Members
  • Messages : 897
  • Inscrit(e) : 28-janvier 08

Posté 10 juin 2008 - 13:14

Un des mes films préférés et le meilleur film de spike lee (mais de loin) avec la 25ème heure.

P.S : La BO magnifique
Lucha de Gigantes


#12 L'utilisateur est hors-ligne   Dunadan 

  • Leprechaun
  • Groupe : Members
  • Messages : 676
  • Inscrit(e) : 19-août 06
  • Location:Lycée Shermer, Illinois

Posté 10 juin 2008 - 20:03

découvert récemment aussi. pas grand chose à ajouter, j'ai adoré. J'ai découvert Adrian Brody avec ce film, que j'ai revu peu après dans le darjeeling limited.
Quel acteur!

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Milkshake 

  • Ghoulies
  • Groupe : Members
  • Messages : 239
  • Inscrit(e) : 30-mars 08

Posté 22 juin 2008 - 16:10

Quand Boogie Nights rencontre Zodiac chez les Affranchis, lorsque le disco affronte le punk, c'est bourrée d'idées de mise en scène, remplit de personnages haut en couleur, ça peut paraitre excessif à certain moment voir tape à l'oeil (les passages du serial killer) mais j'ai adoré cool.gif

Du grand Spike Lee 5.5/6

#14 L'utilisateur est en ligne   Scalp 

  • Je consulte un psy
  • Groupe : Members
  • Messages : 9 259
  • Inscrit(e) : 03-décembre 07

Posté 22 juin 2008 - 22:05

c'est quoi la meilleure edition dvd pour ce film ?
Membre de l'Amicale du Bon Gout.


Ma Collection: http://www.invelos.com/dvdcollection.aspx/scalp

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Elgin 

  • Leprechaun
  • Groupe : Members
  • Messages : 897
  • Inscrit(e) : 28-janvier 08

Posté 15 juillet 2008 - 18:23

MOi j'ai l'édition Columbia/Opening

Question : Quelqu'un c'est comment s'appelle la voiture que conduit John Leguizamo dans le film ?
Lucha de Gigantes


Partager ce sujet :


  • (2 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)