La mise en scène ça n'est pas qu'un enchaînement de plan, elle comprend la direction d'acteur, le son, la musique, la représentation de l'espace (très important, y a qu'à voir les films de Johnnie To pour voir à quel point on peut en tirer parti), et sur un plan purement visuel le choix du ton général du film, les couleurs, la lumière, la focale (en gros : plus c'est long, plus l'arrière-plan est flou), ce qu'il y a dans le cadre (la composition), le type de moyen utilisé pour la caméra (caméra à l'épaule pas pareil que des rails, un pied ou une steadycam(= caméra attaché à un harnais sur le cameraman qui permet d'obtenir des mouvements très fluides, voir le plan d'introduction de Halloween ou les longs travelings de Shining)), s'il y a traveling ou plan fixes, zoom pas zoom, etc.
Le montage ça va être l'enchaînement de tous les plans, en tenant compte des volontés du réalisateur (nerveux, calme, doux, pas chronologique, etc.).
Un exemple : pour Man on fire, Tony Scott a beaucoup expérimenté dans sa volonté de représenter l'intérieur de son personnage. Il a donc beaucoup tourné en multi-caméra, la plupart du temps au ralenti pour avoir de la marge au montage (liberté de remettre en vitesse normale ou en accéléré), a fait plein de plans bien à lui, le tout dans une volonté (de mise en scène) de montrer l'intérieur du personnage de Denzel Washington.
Il a ensuite fait appel à un ami monteur, non pas de films mais de publicité, et l'a laissé s'"exprimer", ce qui a donné tous les effets de superpositions, de flash, de noir & blanc, d'accélérés/ralentis, etc., tout ça fait par le monteur pour aller dans le sens de la mise en scène recherchée du sieur Scott.
Autre exemple : un réalisateur tourne en multi-caméra une fusillade (genre une voiture qui se fait dégommer par des balles), le tout dans le but de faire au montage quelque chose de très cut (beaucoup de plans très courts), dans une volonté de mise-en-scène de faire ressentir au spectateur un certains chaos.
Après, ça va être au monteur d'assembler tous les plans selon la volonté du réalisateur, mais avec les règles du montage (par exemple opposer les diagonales, alternance gros plans/plans larges, etc.).
Enfin, pour finir sur le monteur, de lui va dépendre (en partie) la fluidité du film (mais si au départ y a rien, au final y aura pas grand chose...). Dans la manière de couper certains plans, certaines répliques inutiles voire même les réorganiser(le montage peut en cela sauver un film). Le travail de David Wu (monteur des films de John Woo, grand monteur HK, il a aussi monté Crying Freeman, et (partiellement) le pacte des loups ou encore Silent Hill) est emblématique. Il a son style bien à lui (généralement reconnaissable aux jump-cut [coupe à l'intérieur d'un plan, parfois de quelques images seulement]) et pourtant on reconnait aussi le style de John Woo, de Christophe Gans, de Ronny Yu (Wu a monté le combat dans l'auberge de Fearless), car à chaque fois il va dans le sens de la mise en scène de chacun.
J'espère avoir été utile

Aide





















