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Le montage et la mise-en-scène pour les nuls


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490 réponses sur ce sujet

#121 Elhim

Elhim

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Posté 26 April 2007 - 13:42 PM

Pour revenir sur la définition du plan séquence, je dirais qu'un tel plan équivaut à une scène entière.

Il se doit de contenir l'apport scénaristique d'une scène classique. Tout scène dans un film est là si elle apporte quelque chose au récit, et le plan séquence se doit se remplir cette fonction. Il se doit d'être "indépendant" des autres plans. Ces plans ne doivent pas nécessité de raccord avec d'autres plans pour amener une réflexion, une compréhension du spectateur.

Par exemple, le plan d'introduction de la revanche des sith, où l'on voit les deux vaisseaux progresser au sein de la bataille, n'est pour moi pas un plan séquence. Il nous montre juste qu'il y a une bataille. Il faut un raccord avec un plan sur Anakin Skywalker pour comprendre que c'est lui qui pilote l'un des vaisseaux et ensuite le dialogue entre lui et obiwan permet de comprendre qu'ils cherchent à libérer l'empereur.
Le premier plan est juste un long plan d'introduction.

Par contre l'exemple cité de plan séquence dans la voiture des "fils de l'homme" est parfait.

ATTENTION SPOILERS

On part d'un constat : Théo et les autres sont dans la voiture.

-D'apport ce plan permet de montrer les anciennes relations de théo et de son ex-femme, avec le jeu de la balle.
-Puis il ya une un problème qui intervient : le groupe se fait agresser par un groupe.
-Evolution du récit : le personnage de Julianne Moore meurt.
-Conclusion de la scène : le Groupe fuit en tuant deux flics au passage.

Aucun autre plan n'intervient. Le plan d'avant appartient à la scène précédente et le suivant à la scène suivante.

#122 chaoticlock

chaoticlock

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Posté 26 April 2007 - 14:59 PM

Je viens de lire l'intégralité de ce topic, passionnant, dites donc!

En matière de montage, comme est dit plus haut, c'est le ressenti qui prime. Intellectualiser ce processus est inutile. J'ai appris le montage sur 16mm et 35mm, ce qui est une bonne méthode, un cut prenant tellement de temps, on y réfléchi à 2 fois. Au début j'essayais de voir si il y avait des "règles", mais c'est lorsque j'ai compris que c'était uniquement du ressenti et qu'il fallait faire le cut "quand bon nous semble", et non se poser des questions sur "est-ce que le plan 1 dure trop longtemps?", "est-ce que je peux alterner des plans de 5 secondes et 2 secondes", etc.. c'est à ce moment-là que j'ai vraiment compris ce que c'était. En fait le montage c'est comme quand on va détruire la Death Star, il faut juste se laisser guider par ce qu'il y a en nous..

Comme le mentionnait qqn, il faut absolument lire le bouquin de Walter Murch, In The Blink of An Eye. C'est passionnant, et sa théorie des clignement d'yeux est tout simplement fascinante et terriblement juste.

#123 viandox

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    JarJar

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Posté 26 April 2007 - 15:57 PM

CITATION(kea @ 19 4 2007 - 22:48) <{POST_SNAPBACK}>
Heuuuu, alors en théorie, un plan-séquence, c'est une séquence tournée en un seul plan. (Ouais, super, là t'as tout compris.... dry.gif )
C'est à dire, en gros, une scéne particulière d'un film montrée sans artifice de montage. C'est à dire qu'une scène a une unité (temporell, spatiale, narrative...), il n'y a pas d'éllipse, on suit l'action au rythme où elle se déroule. Le plus souvent, une scène est découpée en plusieurs plans. Dans un plan-séquence, la scène est formée d'un seul plan.
Il n'y a pas -toujours en théorie- de limite de temps (cf "la corde" ou le début de "snake eyes"), et la caméra peut-être fixe ou très mobile.


Allez je relance le topic en apportant mon gravier a cet édifice. Kea, tu utilise les exemples de la corde ou de Snake eyes comme plan séquence. Sauf que les deux films ne sont pas de "vrai" plan séquences :

La corde est un ensemble de plans sésquences qui sont reliés gentre eux race a un artifice ( un perso qui passe devant la caméra. Hop ça coupe et on enchaine sur le plan suivant ).

Snake eyes est aussi un enchainement de plusieurs plans séquence. De Palma utilise notament des volets pour passer d'un plan a un autre.

Ceci dit, meme si ce ne sont pas des plan séquences entiers ( car techinquement impossible si on tourne avec de la pélicule ) cela reste un tour de force assez impressionnant.

A ce propos, j'ai une question sur un "vrai/faux" plan séquence car je n'arrive pas a trouver la coupe : Dans Strange days, le premier plan nous met dans la peau d'un braqueur ( en caméra subjective ) qui se fait courser par les flics et qui se jette d'un toit. Quelqu'un sait ou la coupe a été effectué ?????

#124 chaoticlock

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Posté 26 April 2007 - 16:01 PM

CITATION(viandox @ 26 4 2007 - 16:57) <{POST_SNAPBACK}>
A ce propos, j'ai une question sur un "vrai/faux" plan séquence car je n'arrive pas a trouver la coupe : Dans Strange days, le premier plan nous met dans la peau d'un braqueur ( en caméra subjective ) qui se fait courser par les flics et qui se jette d'un toit. Quelqu'un sait ou la coupe a été effectué ?????


Revu récemment, et à mon avis, il y en a plus qu'une... Faudrait que je revoie mais comme ça de tête, je dirais qu'il y en a déjà une en sortant de la bagnole et ensuite en cuisine lors d'un balayage... Et je pense que c'est pas fini..

#125 Elhim

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Posté 26 April 2007 - 21:19 PM

Je ne sait plus quel film d'Hitchcock n'est fait que d'un seul plan séquence. En fait le seul montage qu'il y avait, était quand l'un des acteurs s'approchait de la caméra puis s'en éloignait. Cela permettaient les raccords et Hitchcock utilisait cette méthode toute les 30 minutes car c'était la fin de la bobine.

#126 bou

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Posté 26 April 2007 - 21:32 PM

c'est "la corde" dont Kea parle plus haut.

#127 Flying Totoro*

Flying Totoro*
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Posté 02 May 2007 - 00:55 AM

C'est pas exactement pour le montage mais je pense que comme moi ça ne vous laissera pas indifférent (Blunt surtout icon_mrgreen.gif)

Alors téléchargez ça mais comme c'est un bout du film c'est pas très interessant de le mater comme ça. Mettez sur pause, attendez que la vidéo ait été chargée complètement et allez directement à 08:58. Et là mattez de 08:58 jusqu'au bout.

Je trouve ce passage absolument saisissant.

#128 Blunt

Blunt

    Why so serious ?

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Posté 02 May 2007 - 00:58 AM

quand je dis qu'il me harcèle avec ce film...
Si tous les metaleux du monde se donnaient la main, qui tiendraient les bières?

#129 Flying Totoro*

Flying Totoro*
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Posté 02 May 2007 - 01:00 AM

CITATION(Blunt @ 02 5 2007 - 01:58) <{POST_SNAPBACK}>
quand je dis qu'il me harcèle avec ce film...


chut, mate plutôt ces deux minutes, ça va te motiver pour revoir le film.

Après je peux reconnaître bien volontiers que ce film a parfois des tics arty agaçants et que les passages avec la comédienne sont assez inconfortables mais putain fuck quoi !

#130 Blunt

Blunt

    Why so serious ?

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Posté 02 May 2007 - 01:07 AM

Nan mais en fait je sais même plus ce que j'avais bien pu dire sur le film pour que ça t'agace tellement (icon_mrgreen.gif), et je m'en rappelle tellement plus anyway qu'en fait, il faudrait VRAIMENT que je le revoie, d'autant plus que la découverte était pas dans des conditions idéales (dans un cours chiant à la fac et saucissoné par petits bouts d'extraits).
Si tous les metaleux du monde se donnaient la main, qui tiendraient les bières?

#131 Flying Totoro*

Flying Totoro*
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Posté 02 May 2007 - 01:09 AM

CITATION(Blunt @ 02 5 2007 - 02:07) <{POST_SNAPBACK}>
Nan mais en fait je sais même plus ce que j'avais bien pu dire sur le film pour que ça t'agace tellement (icon_mrgreen.gif)


Je sais pas non plus je te rassurre mais j'ai retenu que tu avais pas kiffé icon_mrgreen.gif
Mais mate les deux minutes là...

#132 tonton

tonton

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Posté 02 May 2007 - 08:28 AM

(il claque le passage de 2 minutes, là)
Image IPB

#133 L'archiviste*

L'archiviste*
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Posté 03 May 2007 - 11:46 AM

Je crois que Totoro insistait surtout sur le montage de cette fin de séquence.
wink.gif


PS : quel dommage, Blunt, d'avoir à te farcir du Marker en classe, avec discours professoral et zapette intempestive. J'ai tellement tendance à penser que ses films s'apprécient dans la solitude et le calme feutré de son chez soi...

#134 kea

kea

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Posté 03 May 2007 - 21:51 PM

Bien bien bien...on cause technique, plan-séquence etc...Très très bien. smile.gif
Je me disais justement que ça manquait d'exemples concrets, tout ça. Merci au rototo d'avoir ouvert la manque.

Bon, on a surtout causé montage depuis quelques pages. Faudrait pas oublier la mise en scène non plus. C'est important la mise en scène (surtout quand on s'embarque dans un plan séquence...)

Alors un petit exemple, sobre et classe, de vraie mise en scène. Mizoguchi fait dans l'épure, mais pas forcément dans la simplicité. Pour tout vous dire, cette séquence m'a littéralement fait exploser de rire la première fois que je l'ai vue. Quand je pense que certains pillent les réserves de stock-shots pour nous trouver des fusées...
La, Môssieu Mizoguchi nous fait encore une démonstration éclatante de son talent, en nous plaquant une scène qui n'a l'air de rien, mais a dû demander un sacré boulot (et un esprit bien vicelard...Faut croire que la censure dormait déjà au japon.)
Bref, un pur moment de cinéma, par l'un de ses grands (J'aime bien Mizo, mais ça, je pense que vous vous en doutiez)
La trad est sur la page (approximative, mais on s'en cogne)

Fais gaffe, c'est pas gai...

#135 tonton

tonton

    DJ Zero

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Posté 04 May 2007 - 08:51 AM

CITATION(kea @ 03 5 2007 - 22:51) <{POST_SNAPBACK}>
Bien bien bien...on cause technique, plan-séquence etc...Très très bien. smile.gif
Je me disais justement que ça manquait d'exemples concrets, tout ça. Merci au rototo d'avoir ouvert la manque.

Bon, on a surtout causé montage depuis quelques pages. Faudrait pas oublier la mise en scène non plus. C'est important la mise en scène (surtout quand on s'embarque dans un plan séquence...)

Alors un petit exemple, sobre et classe, de vraie mise en scène. Mizoguchi fait dans l'épure, mais pas forcément dans la simplicité. Pour tout vous dire, cette séquence m'a littéralement fait exploser de rire la première fois que je l'ai vue. Quand je pense que certains pillent les réserves de stock-shots pour nous trouver des fusées...
La, Môssieu Mizoguchi nous fait encore une démonstration éclatante de son talent, en nous plaquant une scène qui n'a l'air de rien, mais a dû demander un sacré boulot (et un esprit bien vicelard...Faut croire que la censure dormait déjà au japon.)
Bref, un pur moment de cinéma, par l'un de ses grands (J'aime bien Mizo, mais ça, je pense que vous vous en doutiez)
La trad est sur la page (approximative, mais on s'en cogne)

Fais gaffe, c'est pas gai...



mmmm, ça demande des explications.
Autant les mouvements de caméra dictés par les mouvements de la madame, la façon de faire sortir le monsieur du cadre et sa façon à lui de revenir dans le cadre sont très "accessibles" (classe, sobre, efficace) autant la "leçon de mise-en-scène" m'achappe un peu.
Si t'as le temps de détailler, ce serait chouette.
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#136 kea

kea

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Posté 04 May 2007 - 12:20 PM

Et meeeeeerde.... sad.gif
Si ça a besoin d'explications, c'est peut-être que mon exemple n'est pas si terrible que ça, en fait. sweat.gif
Désolé, ma faute, je suis pas vraiment objectif avec ce réal.
Bon, je vais donc détailler (je suis pas sur d'être très fort à ce jeu là, j'ai même horreur de ça..et puis je vais soit balancer des évidences qui n'auront échappé à personne, soit faire dans la surinterprétation....Mais on sait que Mizoguchi aime bien ce genre de symbolique visuelle.)
D'avance, pardon.

Bon, pour ceux qui n'auraient pas vu le film, petite remise dans le contexte. Il faut savoir qu'à ce moment là, ils n'ont pas baisé. La femme était mariée à un homme qu'elle n'aimait pas, et suite à un malentendu/quiproquo, ils sont en fuite et recherchés. L'honneur est foutu de toute manière, et ils décident d'en finir.
D'une façon générale, Mizo s'intéresse principalement à la condition féminine. Qu'elle ait niqué ou pas, elle est d'ores et déjà considérée comme une pute. Point.
Moment d'intimité, coupés du monde et de son jugement, tension sexuelle, exacerbation des sentiments, tout le tralala..

Bon. Dans cette scène, AMHA, les deux tocards sont importants, bien sûr, mais les persos principaux, ce sont les objets. Le ruban et la gaffe.

Début du plan : Ils sont proches. ils sont assis. la gaffe (ou gaule ? icon_mrgreen.gif ) est horizontale, part de lui (au niveau du bassin), et elle est à mi-chemin d'une extrémité de la gaule et de lui. L'affaire est en bonne route, mais il n'a encore qu'une demi-molle. Désir sous jacent mais pas encore clairement exprimé.
Elle décide de prendre les choses en mains (si j'ose dire), et lui remet le ruban. qu'il serre entre ses petites mimines comme on tient popaul. Bref, elle met ce brave couillon hésitant face à ses responsabilités en lui remettant ce qui devient un autre symbole de la virilité.
(jusqu'ici, c'est elle qui avait le pouvoir. Classe sociale largement supérieure. le ruban de soie, c'était la femme "chic", mais là elle lui rappelle qu'elle a perdu son statut de grande dame, et qu'en tant que mec, c'est lui qui doit prendre les décisions.)
Puis elle s'éloigne, en "longeant" la gaffe, jusqu'à ne plus être en "contact visuel"" avec celle-ci. Elle a fait le premier pas, mais elle reprend ses distances, c'est à lui de faire son boulot. Il se rapproche. La gaffe passe en retrait, derrière lui, presque hors-cadre. Il débande. Trop de respect.

Suite du plan : la gaffe toujours sur l'oreille (heuuuu..derrière son dos), il lui attache les jambes avec le ruban. Bref, devant prendre ses responsabilités, ce con fait ce que son honneur d'homme lui demande, et prépare le suicide par noyade. Il a pris la main, mais fait ce que la société attend de lui (les chaines de soie, tout ça...)
Elle lui demande pardon, lui répond que c'est pas grave, bla bla bla...
La gaffe recule encore (et s'éloigne de lui pour presque sortir du cadre) l'honneur prend le dessus.
Manque de bol, le fait de lui attacher les jambes créé une intimité et un contact. Il la touche. Ruban de soie, gambettes, et yeux penchés vers son "intimité". Trop sensuel, il craque ! Avant de mourir, il lui déclare sa flamme.

Rupture : Ils se lèvent. Tension, elle a les jambes attachées et peut tomber à tout moment. Elle lui tourne le dos, il la colle.
Suspense.
Il se baisse et tourne le dos. A elle de faire son choix, elle est seule.

Elle se retourne, se baisse pour le rejoindre. C'est plié.
Elle se détourne pour ne pas lui faire sa déclaration en face (la pudeur, sans doute)
Il se tourne vers elle, elle se tourne vers lui...on n'en peut plus, c'est tendu comme un string, faut que ça craque !

Fin de plan et coup de génie : elle se jette dans ses bras, perdant toute retenue. Les conventions sociales explosent. Ne restent que le stupre et la débauche. Elle lui embrasse la poitrine, puis vise direct l'entrejambe. Bref, ça attaque style "gorge profonde". Au point ou elle en est, elle lache tout.
Monsieur se penche en arrière, un peu décontenancé, mais laisse faire et carpe diem !
Et LA on a le mouvement de caméra qui tue !!!
mouvement circulaire pendant que la barque s'éloigne et avant le fondu qui annoncent qu'on va les laisser faire leurs petits machins entre eux, quand même.
On passe derrière la barque pendant qu'elle lui travaille l'engin, et ce mouvement fait se dresser la gaffe de façon glorieuse et vachement bien placée, donnant ainsi l'un des plus beaux symboles phalliques et érectiles que j'aie pu voir. blink.gif laugh.gif
Bref, c'est la fête du slip, et il devient enfin un homme evec son symbole viril surdimensionné.

Perso, j'adore. la symbolique sexuelle au cinoche, c'est presque une tarte à la crême, mais ici, c'est vachement bien foutu. En général, ça peut soit se gérer au montage (avec de subtils inserts de fusée qui décolle ou de train qui rentre dans un tunel) soit dans la composition du cadre (monsieur est devant une colone de marbre, madame est devant un rideau entrouvert)
Ici, c'est mis en scène de façon discrète et inatendue, par un mouvement de caméra révélateur. Très fort. Le genre de scène qui n'a l'air de rien, mais a dû demander une sacrée préparation, et des repères de placement très bien préparés.



La classe, c'est comme le trafic de stups : plus c'est discret, plus c'est international. smile.gif

Woala. AMHA etc.
Désolé, pardon aux familles, tout ça.... sweat.gif
Le f'rais plus.

#137 tonton

tonton

    DJ Zero

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Posté 04 May 2007 - 12:41 PM

merci
perso je n'ai pas vu le film (jamais vu de Mizomizo, faut vraiment que je m'y mette), j'avais pas remarqué tout ça (et sur mon écran pourrave du boulot, je ne vois pas grand-chose) alors que ça me semble maintenant évident.
Rha, moi qui voyais quelque chose de touchant, de beau, en fait c'est juste un bon gros film de boules.
Image IPB

#138 quarx

quarx

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Posté 04 May 2007 - 16:08 PM

Pas vu le film non plus, mais c'est clair que la symbolique phallique de cet extrait est poilante, et superbement mise en scène.
Bon, pour tout dire, j'ai quand même envisagé que ca ne pouvait être que le produit de notre imagination débridée de mecs du XXIè siècle habitués à voir des sous-textes sexuels partout, mais tes explications (concernant notamment le rôle de la ceinture, l'importance de la position des persos...) m'auront convaincu que c'est sans aucun doute un effet voulu par Mizoguchi (dont je n'ai vu qu'un film pour l'instant, faudra que j'y remédie).

La censure avait quand même du bon à cette époque en obligeant les cinéastes à faire preuve d'une extrême créativité dés qu'il s'agissait de parler de cul. smile.gif

#139 kea

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Posté 04 May 2007 - 19:55 PM

Bon bah si Mizoguchi vous intéresse, je ne saurais trop vous conseiller "les contes de la lune vague après la pluie" qui est tout simplement l'un des meilleurs films du monde. (en toute objectivité, hein... smile.gif )

Pourquoi celui-là plus qu'un autre ? (il en a réalisé pas mal, le bougre...)
Parce que Mizoguchi a des thèmes récurrents, et une méthode assez régulière.
Son truc, sur le fond, c'est la condition des femmes (leur père aurait vendu sa soeur comme geisha quand il était môme, ça marque)
Au niveau de la forme, il utilise une "grammaire" assez précise, qui rend la lecture de ses films assez aisée quand on a pris le coup. Il utilise la mise en scène et le montage en suivant ce code précis, et quasiment tous ses effets et cadrages sont là pour illustrer le propos. Pas grand chose de gratuit. Pour ce qui est du cadrage à la mizo, y'a pas mal de bouquins et de sites qui en parleront mieux que moi. Sinon au niveau des codes, la position des persos, leur place dans le cadre et par rapport aux objets qui les entourent (dans l'extrait, par exemple, au début, ils sont séparés par le "banc" de la barque. Ensuite, ils sont dans le même espace. C'est typique du réal), quelques symboles (l'eau ou les récipients pour la femme, etc.), tout ça se retrouve dans tous ses films.

Alors pourquoi les contes de la lune vague ? Bah, simplement parce que, vu que la technique est très proche dans toute son oeuvre, mieux vaut attaquer par celui dont le scénar est le plus tripant et abouti. Y'a de l'action, du mouvement, un zeste de fantastique, bref, un film susceptible de plaire à tout madnaute. Ce film est une démo géniale. Technique au scalpel + scénar en béton = chef d'oeuvre.

Sinon, j'apprécie beaucoup "l'impératrice Yang Kwei Fei" (technique au top + un des rares en couleur) et "la rue de la honte" (qui se déroule dans un japon du XXème siècle : ça change un peu. De plus, le film sort en plein débat sur la fermeture des maisons closes. Il suit la vie de plusieurs de ces dames.)

En souhaitant que ça vous plaise. blush.gif

CITATION(quarx)
La censure avait quand même du bon à cette époque en obligeant les cinéastes à faire preuve d'une extrême créativité dés qu'il s'agissait de parler de cul.

Yep. Tutafé. Ca donne souvent de grands moments. Dans le genre, une prochaine fois, je vous balancerai un extrait de Bunuel qui ne manque pas de piquant icon_mrgreen.gif (dès que j'aurais remis la main dessus sad.gif)

#140 jib

jib

    Ghoulies

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Posté 08 May 2007 - 11:09 AM

Alors, pour essayer de rajouter des infos aux 10 pages précédentes, faut se lever de bonne heure !
J'ai pas tout lu, juste parcouru les messages dont ceux de l'Archi (mais qui est-il??!).
Concernant le entrée/sortie de champ, je sais plus qui se demandait pourquoi bidule entrait tjrs par la gauche dans un film de Welles ; comment il fallait faire entrer/sortir ses persos etc...
C'est surement des détails limites imperceptibles comme ça qui font qu'une oeuvre est aboutie.
L'important, au final, que ce soit au montage ou à la mise en scène, est de trouver l'harmonie dans un film.
Tel geste, tel déplacement, tel regard, tel durée de plan... TOUT à inévitablement un sens conscient ou inconscient chez le spectateur.
Un perso. qui entre à gauche pour ressortir à droite du champ pourrait être le "gentil" ou un perso. principal ; ce mouvement obéit à un certain code de lecture qui peut se vouloir rassurant (du moins pour nous qui lisons de gauche à droite). Pour l'exemple du film de Welles, il faudrait voir au final à quoi ça nous amène qu'untel entre systématiquement par la gauche (vote-t-il PS ? ou veut-il rejoindre l'UMP? rolleyes.gif ).
Un ex. simple qui me vient à l'esprit et qui montre bien la valeur de ces entrées/sorties : le classique duel de cowboy (CF : les Sergio Leone). Un plan fixe, un cowboy entre à gauche pendant que l'autre entre à droite... Inévitablement on s'attend au combat.
Après, cette symbolique n'est bien sur pas toujours utilisée mais rappelle tout de même qu'on peut jouer sur les affects du spectateur avec les moindres détails.




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