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Jacques Audiard - Cinéaste Mad ?


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73 réponses sur ce sujet

#61 stan corben

stan corben

    J'ai plus de vie sociale

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Posté 23 December 2012 - 15:28 PM

De rouille et d'os.

Quel film, quel uppercut dans la gueule, je suis sur d'y avoir laisser des dents. Beau film, magistralement raconté et des acteurs au top.
Audiard maîtrise vraiment son art.
5.5/6.

#62 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

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Posté 06 October 2014 - 11:52 AM

Jacques Audiard commencera la semaine prochaine le tournage de son nouveau film, intitulé "Erran".

 

En raison de profonde culture du secret de la société de production Why Not, seules des informations très parcellaires ont filtré sur le film qui serait centré sur un combattant tamoul sri-lankais, réfugié politique en France où il travaille comme gardien d'immeubles dans une cité "chaude" de banlieue parisienne. Ecrit par le cinéaste qui a dévoilé que l'une de ses sources d'inspiration a été Les lettres persanes de Montesquieu (1721), le scénario traiterait du choc culturel et du regard porté par ce réfugié sur la société française contemporaine.

 



#63 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

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Posté 22 July 2015 - 12:03 PM

Bande-annonce de Dheepan :



#64 Bruttenholm

Bruttenholm

    Faut que j'aille dormir

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Posté 24 August 2015 - 20:35 PM

Le prochain film d'Audiard devrait être un western (depuis le temps qu'il en parle !) avec John C. Reilly, adapté du roman "Les frères Sisters", pour ceux qui connaissent.



#65 contagion

contagion

    J'ai débuté les JV avec Pokemon

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Posté 26 August 2015 - 17:19 PM

Pas de picto pour Dheepan ? Bon ben c'était bien bien, entre naturalisme craspec pas manichéen, non dépourvu de grâce, et final en mode exploit débridé. Je recommande. Une vraie carte postale pour les cités de banlieue, heureusement y'a le gardien pour nettoyer. Et en période de débat sur les migrants adopter leur point de vue rend nettement plus compréhensif.
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#66 profondo rosso

profondo rosso

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Posté 26 August 2015 - 22:14 PM

Un peu comme dans De rouille et d'os, la peur du vide fini par plomber ce prometteur Dheepan. Déjà dans De rouille et d'os  le pathos lourdaud et l'ajout d'éléments annexes finissait par gâcher l'intérêt principal, le rapprochement entre la brute épaisse (handicapé sentimental) et l'handicapée physique jouée par Marion Cotillard, comme une version sans nuance de Sur mes lèvres. Là tout l'intérêt de Dheepan repose sur la construction et le rapprochement de cette famille dans l'adversité, le vrai amour (filial comme conjugal) naissant de la cohabitation forcée. La difficulté d'apprendre à se connaître et s'aimer pour le trio se conjugue à l'environnement inconnu, la perte de repère face à la langue et culture différente se ressentant avec une justesse rare. Toute la première partie avec ce cadre de cité HLM inquiétante fonctionne bien tant que cela reste en arrière plan. Dès que la menace se fait plus concrète le film s'écroule dans la dernière partie. On sous entend que le personnage de Dheepan a fait des choses pas très propres durant la guerre au Sri Lanka et l'intérêt du changement et de ses nouvelles responsabilité aurait été au contraire de ne plus le faire céder à cette violence et à la place on se retrouve dans une ambiance vigilante hors sujet et au traitement peu palpitant. C'est grossier et maladroit, notamment avec le final en Angleterre un paradis où bien sûr ils n'ont pas de cité craignos et de racailles. Le glissement du drame intimiste vers le film de genre était tellement plus subtil et justifié dans Sur mes lèvres, Un prophète ou De battre mon coeur s'est arrêté. 4/6 pour la belle première partie mais le final gâche pas mal, étonnante Palme d'or...



#67 Goldanus

Goldanus

    Les fions qui m'aimaient

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Posté 27 August 2015 - 15:23 PM

Le glissement du drame intimiste vers le film de genre était tellement plus subtil et justifié dans Sur mes lèvres, Un prophète ou De battre mon coeur s'est arrêté. 4/6 pour la belle première partie mais le final gâche pas mal, étonnante Palme d'or...

 

 

 

T'ain sur le papier, c'était THE truc qui me faisait kiffer. La dernière partie de Sur mes Lèvres c'était pas un truc de ouf (même si le hors champs était assez maitrisé j'ai toujours eu un sentiment de lâcheté rapport à l'imagerie du genre) mais elle était merveilleusement amené (l'handicape de la fille devient une force), un coté "justice sociale" super amorale qui faisait un bien fou. Grisant et touchant. Là tout le monde semble d'accord sur cette dernière parti déceptive (t'ain le vieux guerrier qui se réveille pour karsheriser une tessi mais j'en rêve la nuit de voir un truc pareil dans un film)


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#68 Redux

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Posté 27 August 2015 - 16:55 PM

 

 

(t'ain le vieux guerrier qui se réveille pour karsheriser une tessi mais j'en rêve la nuit de voir un truc pareil dans un film)

 

Avec la fin de Dheepan, on est loin du compte. Jacques Audiard filme ça de manière très maniérée, et fait en sorte qu'on ne voie pas grand chose dudit massacre, qui se limite en fait à une cage d'escalier. Un petit plan rigolo, néanmoins, le lascar qu'on voit projeté au loin alors que la caméra se tient dans l'habitacle de la voiture, au côté de Dheepan.

Sinon, je rejoins profondo rosso. Très bien durant les 3/4 du film puis incompréhension avec cet ultime basculement et cette dernière scène qui semble avoir été rajouté au dernier moment.



#69 Goldanus

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Posté 27 August 2015 - 17:00 PM

Oui, donc comme sur mes lèvres le gros du basculement bang bang se passe dans le royaume merveilleux du hors champs (je verrais ça par moi même ce we...)


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#70 contagion

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Posté 27 August 2015 - 17:31 PM

Zêtes oufs, amha, et raccords avec les réserves téléramesques ("diable, de la badasserie nauséabonde !"), c'est justement ce qui propulse le film dans les hautes sphères mad. Le retour du terrible tigre tamoul, on te fait comprendre tout au long du film que le mec c'était une légende de guerre, c'est pas invraisemblable, dommage juste que ce soit si sagement filmé. Je la kiffe cette fin, d'autant plus que tous les cinéphiles bons teints (je dis pas ça pour vous, hein, mais les professionnels de la profession parisiens) la trouvent absolument déplacée.
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#71 Redux

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Posté 27 August 2015 - 18:04 PM

Le "terrible tigre tamoul", on le ressent par petites touches sans qu'il y'ait besoin de cette scène. Lorsqu'il évoque avec sa moitié ces bandes bien moins dangereuses que celles qu'il a connues au Sri-Lanka (en gros, ces mômes qui se la jouent gros durs, ça le fait doucement rigoler), lorsqu'il trace une ligne de démarcation ou se défend du petit con un peu lâche. Après, qu'Audiard veuille de la "badasserie", pourquoi pas, mais alors qu'il n'ait pas honte de la filmer ça de manière frontale et non pas dans des volutes de fumée et calant sa caméra sur l'arrière-train de son personnage principal.



#72 profondo rosso

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Posté 27 August 2015 - 20:17 PM

Oui parce que tant qu'à faire un Harry Brown gère autrement mieux ce type de basculement (ancien barbouze qui se rebiffe contre la racaille) et le film tend vraiment vers le vigilante tout du long. Là ça arrive comme un cheveux sur la soupe et en plus c'est filmé petit bras comme si Audiard était conscient que ça jure avec ce qui précède.



#73 contagion

contagion

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Posté 27 August 2015 - 22:00 PM

Pour la réal j'ai davantage vu ça dans un délire de réminiscence et de brume onirique d'un personnage halluciné qui retourne l'espace d'une scène à l'enfer d'une guerre qu'il a tout fait pour oublier (la scène avec le général et la cuite qui s'en suit est à ce sujet édifiante) et qu'il revit dans un état second. On peut attaquer la mise en scène déconnectée du réel de cet assaut final, mais pour moi ça arrive pas comme un cheveu sur la soupe, tout le film depuis la première image avec le bûcher montre Dheepan essayant de fuir, d'enfouir ce passé d'assassin (après je suis pas objectif quand il gaule sa machette j'ai eu cash une érection). Dans Téléramasse Audiard dit bien qu'il avait en tête Chiens de paille pendant la conception du film.

 

 

Sinon le perso du boss de la tess est super également. Le seul truc qui m'ait fait tiquer (mais bon y'a des ellipses) c'est qu'on voit jamais le bout d'un keuf. Mais pour ce qui est des cités plaques tournantes, c'est malheureusement une peinture stricte du réel.


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#74 Ganesh

Ganesh

    Ghoulies

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Posté 28 August 2015 - 00:01 AM

Je suis un gros fan de Jacques Audiard, donc pas de surprise j'ai trouvé beaucoup de qualités à ce Dheepan. De celles qu'on retrouve d'habitude chez lui : des personnages très bien écrits qui s'expriment plus par leurs actions que par leurs dialogues, une volonté naturaliste qui à mon sens ne trouve son égal que chez David Simon, et un sens du storytelling parfaitement réfléchi dont peu de réalisateurs en France peuvent se targuer (l'érotisme instantané qui se dégage du plan sur le tatouage à la nuque de Yalini quand elle descend les escaliers de la tour G, alors que jusqu'à ce moment du film elle n'avait pas du tout été présentée sous ce jour, 6/6 Mr Audiard et Mlle Momenceau).

 

L'histoire en elle-même est à la fois poignante et belle. Cette famille de fortune fuyant un conflit perdu, cette famille créée à l'arrache qui lutte pour s'offrir un destin, ils auraient tout aussi bien pu être des Kurdes fuyant la Syrie/l'Irak/l'Iran, ça aurait été la même. D'où ils viennent importe peu en fait, ce qui compte c'est leur volonté d'aller de l'avant et de vivre. Les doux rapprochements, les brefs échanges câlins en milieu hostile. Et la peur, aussi, la peur de l'inconnu comme la peur de retrouver une violence à laquelle ils ont tout fait pour échapper, tout cela est exprimé avec tact et sans l'emphase ridicule à laquelle le cinéma s'adonne souvent.

 

J'ai du mal à comprendre le reproche adressé à la fin du film. Dheepan est un guerrier, on le sait depuis les premières images du film. C'est encore renforcé quand il fume une clope sous la pluie avec un petit dealer bas de gamme qui lui dit "on est là pour faire nos heures et basta", le genre de mec qui porte une doudoune et un gun mais qui n'a jamais vécu ne serait-ce que le centième de ce que Dheepan a fui pour venir dans cette cité pourrie. Que le guerrier Tamoul les aligne tous dans une cage d'escalier, enveloppé du cloaque brumeux de la mort et alimenté par la rage guerrière qui lui a enlevé sa femme et ses deux enfants, dans le seul et unique but de sauver la femme dont il a fini par tomber amoureux, j'ai trouvé ça très bien foutu. Le reproche du "vigilante", il aurait été valable si on avait vu les exécutions filmées de près, les crânes exploser et le sang gicler. Rien de tout ça ici, on est dans la réminiscence fatale, dans le brouillard de la guerre, dans la zone de gris où l'humanité disparaît et laisse place à l'éléphant irascible seulement calmé par l'amour (métaphore toute pourrite mais que j'ai vraiment ressentie pendant le film).

 

Dit comme ça, ça a l'air con. Mais l'amour est de plus en plus présent dans les films d'Audiard. Et s'il s'était un peu loupé sur De Rouille et D'os, malgré d'excellents moments, ici j'ai trouvé que ça marchait très bien.






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