Mad Movies: Vos films d'Aventures de chevet - Mad Movies

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Vos films d'Aventures de chevet En avant ! A l'abordage ! Sus à l'ennemi !

#496 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

  • Booby Lapointe
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Posté 09 juin 2012 - 08:27

Le Trésor de la Sierra Madre John Huston - 1948

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Belle réussite que voilà, Huston je me méfie toujours, il est vraiment capable de tout, et là bein c'est tout simplement un de ses meilleurs films qui mérite amplement sa réputation d'un des tout meilleurs films de sa filmo ( on peut pas en dire autant de tout ses films ). Une nouvelle fois il prouve qu'il est à l'aise dans tout les domaines, ici on est dans du film pur film d'aventure, un genre où il a un autre chef d'oeuvre à son actif.

Au début j'avais un peu peur, la durée me rebutait, je me disait que 2h ça faisait un peu beaucoup pour un tel sujet ( en gros je croyais qu'on allait rester 2h dans la concession d'or ) et finalement ça passe vraiment, l'intro dans cette petite ville mexicaine où nos 2 héros tente de survivre est vraiment une réussite, j'ai bien aimé l'amitié naissante entre les 2 personnages puis plus le film avance plus la méfiance s'installe et laisse place à une paranoïa omniprésente qui va détruire l'amitié des 2 personnages, la soif de l'or est ici vraiment bien retranscrit.
Le film est tragique et sombre ( même si les 2 "bons" s'en sortent ), c'est avant tout parce que l'évolution du perso de Bogart est magnifiquement écrite, d'homme sympathique il va petit à petit basculer et devenir un homme pathétique prêt à tout pour son or.
Un mélange réussit de western, aventure et thriller psychologique ( avec une partie huis clos à ciel ouvert vraiment réussit ), le film n'est jamais ennuyeux et il réserve des péripéties sympathique, la palme avec les bandits mexicains ( et les mexicains du film sont loin d'être caricaturaux ), des gars prêt à tuer pour une paire de botte ( c'est clairement annoncé ), ils ont des tronches à faire peur et sont sans aucune morale, et finalement plus qu'un film d'aventure on est devant un pur film noir.
J'aime bien la fin qui se termine dans un grand éclat de rire comme L'Affaire Ciceron qui me parait emprunté un peu à ce film.

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La réal de Huston est au service du film, il en fait pas trop mais il sait exactement comment retranscrire la folie des ces personnages et film à merveille ce Mexique aride et sauvage, il emballe des séquences assez forte ( la mort d'un des personnages est bien violente et on a une baston de bar qui fait vraiment mal ), y a même 2 scènes d'action plutôt énergique pour l'époque.

Bogart dans les films noir je suis pas fan et c'est un avis qui changera jamais là par contre j'avoue Bogart en clochard ça le fait carrément :mrgreen:, et l'évolution de son personnage est une belle réussite ( y a quelque chose de Gollum en lui ) et très vite on se rend compte que sa fin est inéluctable, Walter Huston ( père de ) est vraiment bon en vieux prospecteur qui a tout connu, il sait ce que la soif de l'or peut causer, il est conscient que ce qu'il fait est souvent peine perdu ( dès le début il annonce l'échec de leur entreprise ) et malgré un cynisme évident il n'en reste pas moins un vieille homme plein de bonhomie, Tim Holt est un peu en retrait des 2 mais il livre une prestation solide, le caméo de John Huston est vraiment savoureux ( en tant qu'acteur il est vraiment excellent dommage qu'il n'ai pas plus tourné ).

La Bo de Steiner est efficace.

Dans les films d'aventure de Huston j'ai quand même une préférence pour l'Homme qui voulut être Roi ( qui partage le même thème central : une quête voué à l'échec d'ailleurs c'est un truc qui revient dans plein d'autre Huston, on sent qu'il aime les perdants magnifique ), mais bon là c'est du grand cinéma intemporel ( qui ne fait vraiment pas cinéma hollywoodien des 40's tant il s'écarte des conventions ), bon prochain coup je tente Moby Dick que j'ai pas revu depuis tout gamin.

5/6

#497 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 18 juin 2012 - 02:49

La Croisée des destins de George Cukor (1956)

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Indes, 1947. Le colonel anglais Rodney Savage, chargé du trafic ferroviaire, a été affecté à Bhowani où suite à des émeutes pour l'indépendance du pays, il doit faire régner l’ordre. Il a deux sortes d’adversaires, les militants non-violents du Congrès menés par Surabhai et les terroristes de l'extrémiste Davey. À son arrivée, Savage recrute Victoria Jones, une métisse de père anglais (un mécanicien de locomotive) et de mère indienne. Victoria est membre de l’armée britannique, elle venait en permission dans son village natal. Les Anglais s'apprêtant à quitter les Indes, Victoria se trouve à la croisée des chemins se sentant exclue à la fois par l'une et par l'autre race à cause de sa double origine.

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Cadre exotique et dépaysant, cinémascope et couple glamour en tête d'affiche, George Cukor semble se frotter avec Bhowani Junction à la grosse production d'aventures si en vogue dans le Hollywood des années 50/60 (et genre auquel il ne s'était plus confronté depuis son éviction d'Autant en emporte le vent). Si l'on aura notre lot de belles images et de folklore, George Cukor ne change pas malgré l'ampleur des moyens alloués pour signer un récit profondément intimiste et comme souvent une superbe portrait de femme. Le film adapte le roman éponyme de John Masters paru deux ans plus tôt et qui faisait suite à Nightrunners of Bengal (Coursiers de Nuit) où il narrait les révoltes indiennes de 1857 à travers les aventures de l'officier Rodney Savage et traitait déjà des problèmes raciaux et ethniques au centre de cette communauté. John Masters a écrit toute une série de roman dans ce cadre où les membres de la famille Savage servait de fil conducteur, Cukor y faisant allusion lorsque Stewart Granger à Ava Gardner la tombe de son arrière-grand-mère tombée lors des évènements de 1857 et montrant aussi son enracinement dans le pays. Ancien officier de l'armée britannique, John Masters participa à de nombreuses campagne dans la région, il officiera dans Brigade indienne d’infanterie dont il commandera la 111e compagnie avant de finir sa carrière par des décorations Distinguished Service Order en 1944 et 'Ordre de l’Empire britannique en 1946. Tous ces éléments visent à appuyer la connaissance profonde du contexte, des enjeux géopolitique et sociaux de cette zone du monde par l'auteur et qu'aura vraiment bien su respecter George Cukor même s'il se plaindra beaucoup des nombreuses coupes qu'il fut contraint de faire.

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L'histoire prend donc place dans un contexte décisif pour une Inde en forme de poudrière au bord de l'explosion. Alors que le départ des anglais et donc l'indépendance du pays est imminente, plusieurs groupes se disputent les futurs rênes du pays. Les pacifistes souhaitant une transition en douceur où les apports anglais seraient associés à un retour à la culture indienne, et d'autres plus belliqueux s'adonnant au terrorisme voulant éradiquer toute trace de l'ancien colonisateur britannique et supposément piloté par le Parti Communiste qui deviendrait le maître sous-terrain du pays à leur départ. A cela s'ajoute le sort peu enviable des métis anglo-indien, assignés à des fonctions de pouvoir par les anglais tout en étant méprisés par eux et promis à une revanche cruelle des natifs indiens haineux. Nos héros naviguent dans ce tourbillons d'intrigues et d'enjeux qui les dépassent que ce soit le Colonel Rodney Savage (Stewart Granger) chargé de rétablir l'ordre à Bhowani Junction en retrouvant le meneur de la révolte Davay ou encore la métisse Victoria Jones (Ava Gardner). C'est le sort de cette dernière qui guide l'intrigue et touche le plus grâce à la belle prestation d'Ava Gardner. Les affrontements idéologiques en toile de fond ne rendent que plus intense son déchirement entre deux mondes, deux races et deux cultures opposées où elle ne sent réellement appartenir à aucune. Adoptant tour à tour la distinction anglaise jusqu'au snobisme (elle appelle ses parents Pater et Mater), elle sera attirée par les même extrêmes lorsqu'elle tentera de devenir une indienne pure souche en adhérant à la religion sikh. Cukor montre intelligemment que chacune de ces voies forment une impasse.

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L'autre personnage métisse du film Patrick (Bill Travers) dans sa volonté de plaire et d'être assimilé aux anglais fait preuve du même racisme ordinaire que les pires d'entre eux, reniant ainsi une partie de son sang. Les anglais ont en leur sein des êtres détestables et méprisant (à l'image du lieutenant violeur joué par Lionel Jeffries) et les plus virulents des indiens n'hésite pas à faire périr les leurs pour la cause à travers les actes de terrorisme et de meurtres qui parcourent le film dont un saisissant déraillement de train. C'est donc une forme de parcours initiatique qu'entame Victoria où plus que de choisir un bord, elle devra se trouver elle-même. Cela se fera notamment à travers la romance entamée avec Stewart Granger, leur rapprochement étant très bien amené avec l'incompréhension mutuelle (due au bouillonnement intérieur de Victoria) cédant à plus de quiétude. Stewart Granger tout en sobriété est tour à tour autoritaire, rassurant et aimant avec un égal talent. Ava Gardner irradie elle le film de sa beauté (et une nouvelle fois en métisse après Show Boat et Cœurs Insondables) et de la fièvre qui semble l'habiter de bout en bout, vraiment une de ses plus belles prestations.

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George Cukor délivre un de ses films les plus impressionnants visuellement. Filmé au Pakistan, Bhowani Junction offre son lot de décors impressionnant et parvient magnifiquement à saisir les mutations de ce pays en pleine mutation. L'argument de Victoria partant à la découverte de sa culture pour se rassurer offre ainsi plusieurs séquences riches de détails comme le rite d'adhérence à la religion sikh superbement filmé. La sensation documentaire domine souvent lorsque la voix off de Granger dépeint le contexte tandis que la caméra de Cukor traverse les rues grouillantes, les gares bondées où s'attarde sur les décors soufflant traversé par les trains. L'aventure est surtout intérieure finalement, ce qui n'empêche par une scène finale assez haletante par sa tension où l'on croisera brièvement la route de Gandhi. La jolie et sobre conclusion atténue même de fort belle manière l'issue désespérée que l'ouverture laissait suggérer. Beau film. 5/6

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#498 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

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Posté 08 juillet 2012 - 10:11

Sept Ans au Tibet Jean Jacques Annaud - 1997

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Un film qui m'attirait pas des masses et j'avais tort c'est vachement bien comme toujours quand Annaud s'attaque à ce genre de film en fait.
Bon évacuons d'ambler le fait que tout le monde parle anglais, c'est dommage mais c'est comme ça, pour ce qui est du perso de Pitt je sais pas si son appartenance au parti nazi a été édulcoré ou pas car ici dès le début du film il nous est montré comme un homme individualiste, arrogant, hautain mais qui refuse de se sentier lier au nazisme ( et d'ailleurs le film serait historiquement loin d'être fidèle à la réalité ), peut être que ça vient du bouquin de Heinrich Harrer dont le film s'inspire, le personnage minimisant peut être son coté nazi et romançant ses écrits, du coup on se trouve devant un film simpliste là où on aurait pu avoir un très grand film avec un héros nazi qui s'interroge sus ses convictions.
Avant de voir le film je pensais que la vie au Tibet allait être l'essentielle du récit et non Pitt et son acolytes ( excellent David Thewlis ) mettent plus d'une heure avant d'arriver à Lhassa, et cette première partie c'est du pur survival qui fait immédiatement penser à Way Back de Weir, tout cette première partie est vraiment très réussit, on en chie avec les personnages et on ressent vraiment le coté épique de cette aventure.

La seconde partie avec le peuple tibétain, leur philosophie de vie et leurs coutumes est très bien aussi ( mais je préfère la première heure ), alors oui Pitt change a leur contact mais il partait pas de si loin que ça, son gros défaut était son arrogance il va vite ici mettre de coté du coup la transformation du personnage a rien de bien exceptionnel ou marquant, la rencontre avec le dalaï-lama est réussit, la séquence est plutôt drôle et rapidement on croit à leur histoire d'amitié, c'est jamais lourd et les scènes entre les 2 personnages fonctionnent vraiment, la dernière partie qui traite de l'invasion chinoise par contre c'est vraiment traité avec des énormes sabots, ,difficilement plus caricaturale, les chinois étant le mal pur incarné, je pense pas que Annaud avait besoin d'en faire autant pour qu'on soit du coté des tibétains.
La fin par contre avec les retrouvailles avec son fils c'est un peu cul cul, le film aurait du se terminer sur les adieux du dalaï-lama et de Pitt.

La réal de Annaud c'est comme il sait faire, sobre, bien cadré et qui ne tombe jamais dans le pathos ( même si comme j'ai dit ici il en fait un peu trop avec les chinois ), la première partie du film visuellement c'est une belle réussite, les passages d'escalades sont vraiment réussit.

Brad Pitt est pas mal mais c'est pas spécialement une énorme prestation non plus bon il se ridiculise pas comme dans le dernier Malick quand même mais ici on voit que son jeu est quand même limité ( ça doit venir de là, la comparaison avec Redford ), j'ai été plus convaincu par David Thewlis qui aurait mérité plus de scènes, le casting asiatique est sympa avec Mako, le prêtre de Oz et une bonne vieille tête de bad guy Ric Young ( oui malgré son nom c'est bien un asiatique, c'est le méchant au début de Indy 2 ) et j'ai bien aimé le jeune acteur incarnant le dalaï-lama il apporte beaucoup de fraicheur au personnage.
La musique de Williams très douce n'est jamais envahissante.

Un beau film qui souffre malheureusement d'une écriture beaucoup trop hollywoodienne.

4/6

#499 L'utilisateur est hors-ligne   jason13thh 

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Posté 10 juillet 2012 - 21:16

Voir le messageScalp, le 09 juin 2012 - 08:27 , dit :

Le Trésor de la Sierra Madre John Huston - 1948

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Belle réussite que voilà, Huston je me méfie toujours, il est vraiment capable de tout, et là bein c'est tout simplement un de ses meilleurs films qui mérite amplement sa réputation d'un des tout meilleurs films de sa filmo ( on peut pas en dire autant de tout ses films ). Une nouvelle fois il prouve qu'il est à l'aise dans tout les domaines, ici on est dans du film pur film d'aventure, un genre où il a un autre chef d'oeuvre à son actif.

Au début j'avais un peu peur, la durée me rebutait, je me disait que 2h ça faisait un peu beaucoup pour un tel sujet ( en gros je croyais qu'on allait rester 2h dans la concession d'or ) et finalement ça passe vraiment, l'intro dans cette petite ville mexicaine où nos 2 héros tente de survivre est vraiment une réussite, j'ai bien aimé l'amitié naissante entre les 2 personnages puis plus le film avance plus la méfiance s'installe et laisse place à une paranoïa omniprésente qui va détruire l'amitié des 2 personnages, la soif de l'or est ici vraiment bien retranscrit.
Le film est tragique et sombre ( même si les 2 "bons" s'en sortent ), c'est avant tout parce que l'évolution du perso de Bogart est magnifiquement écrite, d'homme sympathique il va petit à petit basculer et devenir un homme pathétique prêt à tout pour son or.
Un mélange réussit de western, aventure et thriller psychologique ( avec une partie huis clos à ciel ouvert vraiment réussit ), le film n'est jamais ennuyeux et il réserve des péripéties sympathique, la palme avec les bandits mexicains ( et les mexicains du film sont loin d'être caricaturaux ), des gars prêt à tuer pour une paire de botte ( c'est clairement annoncé ), ils ont des tronches à faire peur et sont sans aucune morale, et finalement plus qu'un film d'aventure on est devant un pur film noir.
J'aime bien la fin qui se termine dans un grand éclat de rire comme L'Affaire Ciceron qui me parait emprunté un peu à ce film.

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La réal de Huston est au service du film, il en fait pas trop mais il sait exactement comment retranscrire la folie des ces personnages et film à merveille ce Mexique aride et sauvage, il emballe des séquences assez forte ( la mort d'un des personnages est bien violente et on a une baston de bar qui fait vraiment mal ), y a même 2 scènes d'action plutôt énergique pour l'époque.

Bogart dans les films noir je suis pas fan et c'est un avis qui changera jamais là par contre j'avoue Bogart en clochard ça le fait carrément :mrgreen:, et l'évolution de son personnage est une belle réussite ( y a quelque chose de Gollum en lui ) et très vite on se rend compte que sa fin est inéluctable, Walter Huston ( père de ) est vraiment bon en vieux prospecteur qui a tout connu, il sait ce que la soif de l'or peut causer, il est conscient que ce qu'il fait est souvent peine perdu ( dès le début il annonce l'échec de leur entreprise ) et malgré un cynisme évident il n'en reste pas moins un vieille homme plein de bonhomie, Tim Holt est un peu en retrait des 2 mais il livre une prestation solide, le caméo de John Huston est vraiment savoureux ( en tant qu'acteur il est vraiment excellent dommage qu'il n'ai pas plus tourné ).

La Bo de Steiner est efficace.

Dans les films d'aventure de Huston j'ai quand même une préférence pour l'Homme qui voulut être Roi ( qui partage le même thème central : une quête voué à l'échec d'ailleurs c'est un truc qui revient dans plein d'autre Huston, on sent qu'il aime les perdants magnifique ), mais bon là c'est du grand cinéma intemporel ( qui ne fait vraiment pas cinéma hollywoodien des 40's tant il s'écarte des conventions ), bon prochain coup je tente Moby Dick que j'ai pas revu depuis tout gamin.

5/6


Excellent film je plussoie :-) et la fin est vraiment cruelle quelque part , enfin pas quelque part, ils rigolent tous en coeur mais purée...si ça m'arriverait je serais dévasté, anéanti :-( tous ces efforts...

#500 L'utilisateur est hors-ligne   stan corben 

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Posté 19 août 2012 - 10:27

Les Boucaniers.

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1812. Le corsaire Jean lafitte se bat contre les anglais afin de devenir libre et américain... mais il tombe amoureux de la fille du gouverneur...

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Je suis venu à ce film par curiosité, Quinn à la réalisation ça méritait un détour (quoique que). Et ben à la fin c'est plutôt moyen par rapport au cast et au sujet proposé...
Déjà j'ai trouvé ça mal écrit, les enjeux mal définis et les personnages féminins bâclées... Je ne me suis jamais attaché aux intrigues tellement l'immersion me semblait lointaine...
Pour la réalisation, c'est le minimum syndical, Quinn n'emballe jamais les scènes, il ne fait que les illustrer... l'absence de plan d'ensemble dans tous les films m'a quelque peu rebuté... limite si je ne devenais pas claustrophobe devant ce film se passant dans de superbes décors studio...
Les acteurs sont moyens, par leur faute, la faute à ce que j'ai écrit précédemment... et puis je ne suis pas un fan de Yul Brunner... et Heston apaprait trop peu et c'est dommage, car il est excellent (comme souvent).



À la fin, à éviter sauf, comme moi, pour me replonger dans des films dit "classiques ".

3/6.

#501 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 24 août 2012 - 14:11

Quels seront les cinq ? de John Farrow (1939)

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Douze personnes embarquent à bord d'un avion, le "Silver Queen", à destination de l'Amérique du Sud. Mais l'engin est pris dans une tempête et s'écrase dans un endroit situé dans les Andes, où vivent les Jivaros, les "réducteurs de têtes". Bill Brooks et son co-pilote Joe tentent de réparer l'avion. Henry Spengler, vieux professeur, s'aperçoit que le territoire, sur lequel ils ont atterri, est plus que dangereux. Si certains personnages s'adaptent à la situation, d'autres révèlent leur véritable nature...

John Farrow réalise là un remarquable ancêtre de film catastrophe avec ce Five came back. L'interprétation du solide casting et la construction limpide de l'intrigue donne même une fraîcheur appréciable à tout ce qui deviendra des poncifs du genre. Nous avons donc ici un équipage de douze passagers qui suite à une avarie de moteur et d'une violente tempête vont voir leur avion s'écraser dans la région des Andes. Dès lors à travers la difficile survie dans ce territoire hostile et alors que les pilotes tentent de réparer l'avion, les caractères de chacun vont se révéler dans l'adversité. La première partie introduit brièvement et avec efficacité les différents passagers : un jeune héritier en fuite pour se marier avec sa secrétaire(Wendy Barrie et Patric Knowles), un vieux couple bougon en voyage (C. Aubrey Smith et Elisabeth Risdon), un homme accompagnant le garçonnet d'un ami en difficulté (Allen Jenkins), un policier et l'anarchiste qu'il escorte (John Carradine et Joseph Calleia) et une jeune femme pimpante qu'on suppose de mauvaise vie (Lucille Ball seule star du lot).

Si leurs natures sont brossés à gros traits par le dialogue (les échanges secs et amusant du vieux couple), les situations les introduisant (la tentative d'évasion de l'anarchiste) où leur image (le jeune couple presque niais dans le côté WASP propre sur eux), ce n'est que pour mieux développer la manière de l'épreuve va les révéler à eux même. Nos retraités retrouvent ainsi leur énergie et leur complicité, la jeune délurée se découvre un instinct maternel afin de protéger le petit garçon tandis que l'héritier va révéler toute sa faiblesse de caractère alors qu'il doit pour la première fois se battre pour quelque chose. On devine forcément la présence de Dalton Trumbo sur ce dernier point et les élans gauchistes du script, notamment avec le personnage de l'anarchiste ( Joseph Calleia absolument remarquable loin des rôles hispanique à gros traits qu'on lui a fait souvent jouer) qui en obtenant un suris à l'exécution qui l'attendait s'épanouit dans cette communauté où comme le soulignera un dialogue chacun coexiste sans distinction social et apporte sa part à l'édifice. Ce sont finalement les figures d'autorités (le flic incarné par Carradine) et d'aisance sociale avec Patric Knowles qui feront vaciller l'équilibre paisible des rescapés.

Ces points de tension iront bien sûr en s'exacerbant lorsqu'interviendra le rebondissement final : faute de carburant, seul cinq passagers pourront embarquer tandis que pointe la menace d'indiens jivaros rôdant aux alentours. La conclusion est ainsi un superbe moment d'émotion entre la fin humble des sacrifiés acceptant leur destin et la lâcheté des autres suivant leur nature égoïste (la dimension politique se retrouvant dans la notion de mérite de ceux qui partiront). John Farrow aura remarquablement amené cette évolution tout en n'oubliant jamais de délivrer un vrai film d'aventure. Il fait des miracles pour recréer cette jungle foisonnante malgré son budget étriqué, Farrow faisant importer de vrais arbres dans son décor studio et travaillant énormément la bande-son la bande son afin de renforcer le réalisme et l'immersion de ce cadre exotique (remarquable manière d'introduire les jivaros à la fin, digne d'un western et pleine de mystère dans l'esprit de la menace invisible qu'ils constituent tout le film). De même les effets spéciaux des scènes de vols sont remarquables, on devine certes la maquette (du modèle Capelis XC-12 pour les férus d'aviation) mais le tout est parfaitement intégré et les scènes de heurts aériens, de crash et le décollage final sont vraiment palpitants et parfaitement filmés et découpés. Succès surprise pour la RKO, le film aura droit à plusieurs déclinaisons dans les années suivantes. Un remake mexicain intitulé Los que volvieron sera produit en 1948, Farrow en personne revisitera son film au sein de cette même RKO en 1956 avec Back from eternity (Robert Ryan, Rod Steiger et Anita Ekberg au casting) et plus étonnant l'intrigue sera reprise dans l'épisode The Galileo Seven/Galilée ne répond plus de la première saison de la série originale de Star Trek. 5/6

#502 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

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Posté 02 septembre 2012 - 10:56

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Des avis dessus ?

#503 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 03 septembre 2012 - 22:12

Voir le messageScalp, le 02 septembre 2012 - 10:56 , dit :

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Des avis dessus ?


Pas vu mais c'est réputé pour être un des très grands King Vidor donc à priori ça doit bien tuer. J'ai le Warner Archive depuis un moment sans l'avoir maté mais je sens que je vais craquer pour l'édition Wild Side...

#504 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 17 septembre 2012 - 11:03

Quand la marabunta gronde de Byron Haskins (1954)

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L'histoire du film se déroule en 1901. Joanna (Eleanor Parker), une femme de la Nouvelle-Orléans, arrive sur une plantation de cacao, située sur les bords du Rio Negro au Brésil. Elle doit y rencontrer son nouveau mari, Christopher Leiningen (Charlton Heston), propriétaire de la plantation qu'elle a épousé par procuration. Leiningen la reçoit plutôt froidement et repousse toutes ses tentatives pour devenir plus intime.

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The Naked Jungle nous offre un des meilleurs films d'aventures des années 50, romanesque et spectaculaire. Le romanesque est à chercher dans le curieux lien entre Joanna (Eleanor Parker), belle citadine de la Nouvelle-Orléans et le riche propriétaire Leiningen (Charlton Heston) régnant en maître sur des terres hostiles aux confins de l'Amérique du Sud. On apprendra ainsi que Leiningen soucieux de léguer à un héritier ce domaine qu'il a élevé à la force du poignet s'est "commandé" une épouse par procuration rigoureusement sélectionnée avec Joanna et que tous deux vont donc se rencontrer pour la première fois. Ce postulat de départ quelque peu machiste se voit confirmé lorsque les époux se découvrent, Leiningen s'avérant un détestable tyran, d'autant plus irrité quand il découvre qu'il n'est pas le premier homme de la belle Joanna. Cette dernière, isolée dans ce cadre hostile face à un homme qui la méprise semble donc être une proie facile. Sauf qu'il n'en est rien, le plus faible n'étant pas forcément celui que l'on croit et que l'on n'a pas affaire à n'importe quelle femme avec Eleanor Parker.

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Dès les premiers instants, le film n'a de cesse de magnifier sa terrassante beauté et il n'y bien que dans Scaramouche où sa flamboyante chevelure rousse étincelle plus de mille feux par la grâce du technicolor. Le film fonctionne de manière fort audacieuse sur l'apprentissage de l'amour et la tension sexuelle. Heston ayant vécu très jeune en autarcie ne sait comment se comporter avec les femmes et troublé par la beauté de sa femme (avec une apparition absolument ravageuse d'Eleanor Parker en déshabillé affriolant) ne trouve que l'agressivité pour faire bonne figure. Eleanor Parker a pourtant deviné la sensibilité de cet homme sous ses manières rustres et va l'aider dans son éveil des sens et de la connaissance des femmes. L'actrice délivre une prestation époustouflante en amoureuse déterminée et Heston (très bon également) a beau serrer les deux et vociférer elle le domine lors de chacune de leur scènes commune, signifiant le rapport de force inversé en dépit des apparences. Elle parvient à éteindre sa brutalité par son calme (cette agression nocturne où elle lui signifie qu'il n'a pas besoin d'employer la force pour ce qui lui est dû) ou encore cet affolant moment où elle lui chamboule l'esprit en lui faisant passer de la crème sur le corps.

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Le salut du couple viendra finalement de la plus grande menace qui pèse sur eux, cette fameuse marabunta. Evoquée du bout des lèvres par différents protagonistes apeurés dans la première partie du film, menace sourde et lointaine signifiée de manière symbolique (la fuite des oiseaux sauvages et le perroquet demeurant muet, les tambours dans la jungle) dont on ne saura rien jusqu'au final impressionnant. La marabunta c'est donc une nuée de fourmis surgissant tel un fléau divin pour ravager la région, les assauts étant entouré de superstitions. George Pal à la production, Byron Haskins à la réalisation soit le duo qui offrit l'excellente version de La Guerre des mondes l'année précédente s'y entend pour en mettre plein la vue et après une première intimiste laisse éclater les morceaux de bravoures sans discontinuer.

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Les effets spéciaux sont remarquables pour illustrer l'aspect grouillante et inarrêtable des fourmis, nuée noires qui envahi progressivement le moindre recoin de décors. Les scènes d'attaques mettent bien mal à l'aise lorsqu'elles s'en prennent aux humains, et malgré une amplification nécessaire pour le cinéma leur fonctionnement est plutôt bien vu comme lorsqu’elles ont l'intelligence d'user de feuilles pour traverser un fleuve. Ce n’est que lorsqu’il sera sur le point de tout perdre face à ce danger que Leiningen saura admirer le courage de sa femme et enfin l’aimer sans réserve. Les flammes et la grande marée finale venant balayer les insectes font donc office de recommencement pour le couple lors d’une poignante conclusion. 5/6

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#505 L'utilisateur est hors-ligne   Captain Cavern 

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Posté 17 septembre 2012 - 15:07

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C'est pas vraiment un film d'aventures à proprement parler, mais vu l'ampleur de l'histoire (et de l'Histoire) et des péripéties...

Grand film romantique et évocation sans détour des affres de la Révolution d'Octobre et de la guerre civile qui s'en est suivie. Lean n'élude pas la violence inhérente à la révolution, le film est traversé de scènes montrant frontalement les effets de la guerre sur la population : la réquisition du logement moscovite de Jivago, les scènes du train, les conséquences des combats entre Blancs et Rouges, le périple de Jivago avec les miliciens... Le romantisme du film ne cache pas pour autant un arrière-plan historique très sombre.
Du coup la romance entre Jivago et Lara n'en est que plus exacerbée. Mais je dois avouer que j'ai eu du mal avec le comportement de Jivago. Le bonhomme abandonne sa femme sans trop de soucis pour aller batifoler avec sa maitresse, alors que pourtant il semble l'apprécier. La scène où le voit prendre du bon temps avec Lara pendant que sa femme enceinte trime dans les champs est assez énorme de ce point de vue (c'est la vie rêvée de shogun :mrgreen:). La fin m'a gêné aussi, il abandonne Lara (et son futur enfant) aux bras de son violeur, ça me laisse un perplexe...
Néanmoins le film est magnifique, c'est un festival de plans tout plus beaux les uns que les autres, un casting impérial, une musique magnifique, du grand spectacle comme on n'en voit plus beaucoup aujourd'hui (et la copie restaurée démonte).

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Ce regard :wub:...

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#506 L'utilisateur est hors-ligne   stan corben 

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Posté 13 novembre 2012 - 11:09

La Flèche et le Flambeau
Jacque Tourneur -1950-.

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Au douzième siècle en Italie, le rebelle Dardo s'oppose au joug du châtelain du coin...


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Film d'aventure classiques des années 50 avec le virvoltant Burt Lancaster, plus agile que jamais. Toutes les scènes d'action où il apparaît sont bluffantes, c'est simple il est grandiose.
À part ça, j'ai suivi le film sans réelle surprise de situation, ça se regarde sans déplaisir et l'ensemble est plutôt joliment raconté et photographié...

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Un film que j'ai trouvé sympathique, mais un peu trop téléphoné dans les actions.

4/6.

#507 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 23 novembre 2012 - 02:49

Le Signe de Zorro de Rouben Mamoulian (1940)

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1820. Escrimeur émérite, Don Diego Vega quitte Madrid pour rejoindre sa Californie natale, où il découvre que son père, jusqu'alors gouverneur, a été remplacé par un despote local du nom de Quintero. Don Diego feint de ne pas s'intéresser aux problèmes économiques et politiques, et tombe amoureux de la belle Lolita. Mais la nuit venue, il devient un mystérieux vengeur masqué appelé Zorro...

The Mark of Zorro est un remake du film éponyme de Fred Niblo (1920) et représente pour la Fox une tentative tardive de concurrencer les grands films d'aventures et de capes et d'épées à succès de la Warner comme Robin des Bois ou Capitaine Blood. Le célèbre héros créé par Johnston McCulley offre un écrin idéal pour un film enlevé et spectaculaire et le studio met tous les atouts de son côté avec la star maison Tyrone Power dans le double rôle Don Diego de la Vega Zorro, Basil Rathbone mémorable méchant de Robin des Bois et Capitaine Blood reprend ici du service en antagoniste coriace et le quota romantique est assuré par une toute jeune et débutante Linda Darnell (17 ans et son 4e film).

Si les films Warner faisait se croiser swashbuckler et film médiéval avec le genre cape et d'épée, on a ici plutôt des relents d'atmosphère western avec ce cadre Californien ensoleillé. La narration est un modèle du genre dans sa façon d'introduire de manière limpide les aptitudes de Don Diego de La Vega, le contexte historique et sa vocation de justicier tout cela en 20 minutes à peine. On découvre ainsi Tyrone Power jeune cadet surdoué de l'armée espagnole rappelé dans sa Californie natale et qui découvre sur le chemin du retour la misère et la terreur dans laquelle vit le peuple tyrannisé par le gouverneur corrompu Quinteron et son redoutable homme de main Capitaine Esteban Pasquale (Basil Rathbone). Pas d'atermoiements ou de sur explicatif inutile, l'introduction a suffi et notre héros masqué revêt aussitôt son costume pour défendre la veuve et l'orphelin. Il faut d'ailleurs savourer ce moment car Tyrone Power n'enfile le masque que 10/15 minutes sur toute la longueur du film qui aurait aussi bien pu s'intituler Don Diego de Vega que Zorro.

Zorro est surtout ici un symbole, d'espoir pour le peuple et de crainte pour les tyrans qui une fois qu'il a démontré ses capacités est même en son absence une menace abstraite pouvant frapper à tout moment. Tout le film joue là-dessus avec la photo d'Arthur C. Miller jouant grandement sur les ombres, les effets de pénombres dans les décors où la créature de la nuit Zorro peut se dissimuler, surgir et frapper comme un spectre. Cette aura surnaturelle est marqué dans les apparitions où effets de montage qui le font toujours apparaître de manière inattendue pour ses ennemis terrorisé. Même les scènes en plein jour le présentent comme une silhouette noire furtive qui traverse l'écran dans un éclair (Batman n'est pas loin). Malgré tout on peut quand même regretter que Tyrone Power ne soit pas plus souvent en costume tant il a de l'allure avec. L'acteur s'amuse par contre comme un petit fou en surjouant le masque frivole et superficiel de Don Diego de La Vega, et est assez tordant dans sa préciosité de dandy égocentrique (le moment où il arrive en retard au dîner parce que "son bain était trop tiède" :mrgreen: ). Les moments romantique ont tout autant de panache notamment la première rencontre avec Linda Darnell où elle lui ouvre son cœur alors qu'il est déguisé en prêtre.

Il n'y a que l'aspect purement spectaculaire qui déçoit un peu. Le film aurait gagné à être un peu plus long pour approfondir les enjeux et la tension dramatique. Malgré son excellente interprétation, Tyrone Power ne parvient pas à atteindre la noirceur que parvient à insuffler un Errol Flynn sous la légèreté car l'enchaînement d'évènement trop rapide ne lui en laisse pas le temps. Du coup un seul vrai grand duel à l'épée à se mettre sous la dent, mais assez extraordinaire entre Tyrone Power et Basil Rathbone où les deux acteurs s'avèrent des bretteurs de premier ordre (on savait déjà pour Rathbone), la mise en scène virtuose de Mamoulian découpant au minimum leur joute bien agressive. Le final révolutionnaire est plus attendu mais assez spectaculaire bien que trop bref. Après ce galop d'essai, la Fox produira des films d'aventures à l'identité plus marquée où Power saura apporter la profondeur attendue à ses héros notamment avec Henry King à la réalisation sur les excellents Le Cygne Noir, Capitaine de Castille ou Echec à Borgia. Sans égaler la cultissime série tv Disney ou la récente relecture Le Masque de Zorro (mais mieux que la très moyenne version de Duccio Tessari où Delon sauve le film à lui seul), une transposition tout de même très plaisante du personnage. 4/6

#508 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

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Posté 25 novembre 2012 - 11:18

Le Tigre du Bengale Fritz Lang - 1959

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L’architecte Harald Berger se rend à Eschnapour, à l’invitation du maharadjah Chandra qui souhaite faire des travaux dans son palais. En chemin, il sauve une danseuse, Seetha, des griffes d’un tigre. Ils ne tardent pas à tomber amoureux l’un de l’autre. Seetha se rend elle aussi auprès du maharadjah, pour lequel elle exécute une danse dans le temple de la déesse Kali.

Si on arrive à faire abstraction du fait que tout le monde parle allemand ( il faut plusieurs minutes ) c'est regardable mais franchement oubliable.
Le gros défaut du film est son rythme vraiment, ça met beaucoup trop longtemps à démarrer ( en gros on se tape 1h de présentation pas très intéressante avec des personnages guère intéressant, le seul qui avait du potentiel c'est le gros méchant beaux frère mais on le voit pas assez, le perso du prince est potentiellement intéressant mais faut voir l'orientation qu'il va prendre dans la suite ) heureusement on a quelques fulgurances qui font passer le temps ( un gosse qui se fait bouffer par un tigre, la découverte de la salle des lépreux qui sort tout droit d'un film de zombie et on se dit que Romero a surement vu ce film, la scène du repas ) la dernière demi heure est un poil plus rythmé ( mais pas trop quand même ) et enfin l'enjeu du film se dessine ( et on l'aura attendu bien longtemps ).
On sent vraiment le film récréatif pour Lang, ce qui est pas un reproche si c'est réussit mais là c'est chiant pendant plus d'une heure et on a l'impression que ce genre de film c'est pas fait pour lui ( la suite me fera peut être mentir ).

Lang une nouvelle fois est très à l'aise avec les décors de studio, le carton pâte pour lui c'est pas un soucis et il réussit véritablement à transcender tout ça, du coup je trouve qu'on est loin d'être devant un truc kitch ou cheap, et puis il y a toujours le talent pour foutre des séquences bien tendu ( la scène de danse devant la statue alterner avec le héros dans dans les catacombes est vraiment bien foutu ) et on a toujours des supers scènes d'extérieurs avec des plans magnifique mais ça reste quand même assez décevant pour du Lang.

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L'autre gros défaut du film ça reste son casting, Paul Hubschmid je sais pas d'où il sort mais il est bien mauvais, Debra Paget c'est un peu mieux mais faut pas trop qu'elle parle ( par contre faut reconnaitre qu'elle s'en sort très bien dans les scènes de danses ).

Parait que la suite est mieux avec une approche serial complétement absente de ce film, j'espère vraiment que c'est plus rythmé parce ce Tigre du Bengale c'est vraiment de l'aventure deux de tension, bon la moyenne parce que c'est beau et que Debra qui danse ça fait son petit effet, mais pas sur que ça vaille autant ( edit : après avoir vu la suite, je peux décemment pas mettre la moyenne à ces 2 films ).

2,5/6

#509 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

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Posté 25 novembre 2012 - 17:41

Mouais bein le Tombeau Hindou c'est pas spécialement meilleur, le rythme est pas vraiment là ( y a un très gros coup de mou de presque 1h ) bon après c'est vrai que sur la fin ça s'excite un peu mais bon on est loin d'être devant les réussite d'un Tourneur par exemple, on retiendra surtout la danse du cobra, la scène avec les lépreux ( qui là pour le coup fait encore plus Zombie ), bref j'ai pas aimé.

#510 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 26 décembre 2012 - 14:09

Nicolas et Alexandra de Franklin J. Schaffner (1971)

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Evocation de la vie du tsar Nicholas et de sa femme Alexandra, avant que le drame de la Révolution russe ne sonne la fin de la famille royale.

Franklin J. Schaffner signe son film le plus ambitieux et plus grand échec avec ce Nicolas et Alexandra, vision grandiose des dernières heures de la dynastie Romanov et de la Révolution bolchévique qui transformera la Russie. Le rejet d'alors pour ces superproductions à grand spectacle (le malheureux David Lean subit alors un accueil glacial injuste pour le fabuleux La Fille de Ryan) et surtout la profonde noirceur de ce qui est le terrible récit d'une déchéance causera l'échec du film malgré ses 6 nominations (remportés pour les costumes et la direction artistique) à l'Oscar.

Le titre annonce la couleur. Bien que laissant apparaître en filigrane les grandes figures de la Révolution en marche (Lénine, Trotski, Staline), le récit se concentrera sur les destins individuels de Nicolas II (Michael Jayston) et Alexandra (Janet Suzman), la relation et les égarements du tsar et de la tsarine conduisant la Russie au chaos sur une dizaine d'années. Le film s'ouvre sur un évènement qui rendrait heureux n'importe quel couple, une naissance, celle d'Alexis un fils tant désiré. Cette naissance signe pourtant le début du déclin de la monarchie puisque la découverte de la maladie du nouveau-né (qui est hémophile) va phagocyter leurs décisions, les replier sur eux-même et ce qui serait chez un couple normal une préoccupation légitime pour son enfant va au contraire plonger le pays dans le chaos.

Schaffner choisit logiquement un casting prestigieux (Laurence Olivier, Jack Hawkins, Michael Redgrave) pour composer l'entourage du tsar dont la faiblesse de caractère et l'indécision sera renforcée par l'opposition à ses charismatiques interlocuteurs tandis que le souverain est interprété par l'inconnu Michael Jayston. Nicolas II est surtout un homme éperdument amoureux et entièrement soumis à l'influence de sa femme. Cette influence se fera tout au long du récit à mauvais escient et à contretemps. Le drame naît du fait que les intentions toujours bonne d'Alexandra poussent son époux dans la mauvaise direction avec des conséquences de plus en plus graves : qu'elle lui demande de se montrer plus ferme avec ses conseillers et il tiendra bon pour mener une guerre inutile contre le Japon pour la possession de la Corée, qu'elle le supplie à bout de ressources de faire appel au malfaisant Raspoutine (Tom Baxter) seul capable de soigner leur fils et ce dernier sèmera le chaos à la cour. Le montage use d'un décalage de plus en plus grand dans l'alternance entre la misère profonde du peuple et le luxe des palais puis des résidences secondaires dans lesquelles se réfugie le tsar toujours plus éloigné des réalités. Schaffner usera de motif plus subtils pour signifier ce détachement des puissants lors de la séquence triomphale où l'armée russe part en campagne au début de la Première Guerre Mondiale en figeant le visage de Nicolas II en noir et blanc, puis ceux des gouvernant allemand, français et anglais de la même façon tandis que leurs discours patriotiques sonnent étouffés. Vers la fin du film Lénine enfin parvenu au sommet (le film le montrant bien ronger son frein de longues années en exil à l'étranger) sera figé à l'image selon le même principe, plus significatif que tous les discours sur la violence à venir où le pouvoir a juste changé de main.

Michael Jayston délivre une interprétation étonnante de ce monarque innocent et coupable à la fois de son malheur. Soucieux de préserver la grandeur des Romanov, il refuse toute avancée démocratique mais s'avère incapable de se rapprocher de son peuple, brutalement ferme quand il doit faire preuve de clémence et indécis lorsqu'il faut imposer sa volonté. Submergé par l'héritage de ses ancêtres, le pouvoir est un fardeau dont il ne sait que faire. Là encore Schaffner parvient à traduire cela brillamment par la seule force de l'image à travers trois séquences récurrentes à la tonalité différentes. La première se situe en début de film et illustre l'arrivée triomphale du couple royal à sa demeure un lent travelling accompagne leur marche triomphale à travers le corridor menant à leurs appartement tandis que les cuivres de la garde tonnent avec fierté. Quelques instants plus tard en utilisant le même découpage et la même échelle de plan, ce protocole s'avère lourd et fastidieux quand les monarques doivent s'y soumettre jusqu'au bout alors qu'ils préfèreraient courir au chevet de leur fils malade. Enfin en conclusion Nicolas II déchu, le teint hagard et en passe d'être chassé effectuera cette même marche face à deux garde levant à peine les yeux sur lui avec à nouveau une mise en scène similaire qui enfonce cette fois le souverain dans le souvenir de sa gloire passée.

Il faut également un incroyable Tom Baxter en Raspoutine dont l'interprétation outrancière aidée par les accents baroque de la mise en scène de Schaffner (et une photo volontairement terne de Freddie Young s'ornant alors d'une imagerie bariolées surnaturelle) notamment une mémorable scène d'assassinat digne de la légende entourant la fin du personnage. Comme un symbole, les moments les plus apaisés interviendront dans les derniers instants, lorsque tout est perdu et qu'il ne reste à la famille royale qu'à faire corps face à une fin inévitable. C'est le temps des derniers instants complices entre Nicolas et Alexandra toujours aussi épris, celui des regrets pour un jeune fils plus déterminé et imposant que son père et surtout celui d'une fin tragique que Schaffner amène avec émotion et fracas. Un film foisonnant et passionnant dont les trois heures filent à toute vitesse. 5/6

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