Mais
VIVEMENT Kaiba \o/ effectivement, le chara-design tout rond-choupi coloré ça change, mais je crois qu'on peut lui faire confiance à Yuasa, au point où on en est ! Parce que oui, Kemonozume ça tue, mais j'ai jamais développé, pourtant je m'étais dit que je le ferai un jour ! et vu qu'en plus on m'a gentiment citée et que je me suis refait la série dernièrement... c'est l'occasion de remonter le topic !
Difficile de se lancer sur un tel sujet, vu qu'en bonne série tourbillonnante Kemonozume exploite plein de thèmes et de délires autour de son pitch de base : une passion dévorante et sauvage entre un guerrier sous pression et la femme monstrueuse qu'il est supposé poursuivre. Evidemment ce qui frappe d'abord, c'est l'aspect physique de la série, son trait irrégulier, presque tremblant, son mélange de textures et de décors-photos qui renforce une ambiance crue et sensuelle. Au premier abord, on pourrait presque penser que c'est un peu moche, voir pire, un peu cheap, loin des productions homogènes bien sages, mais il ne faut pas s'y tromper, sous une apparence brouillonne, Kemonozume est loin d'être facile ou bâclé. Si certains passages font dans le rudimentaire, la série compense par son originalité, avec des séquences qui se baladent entre le grotesque, le glauque et l'illuminé, pis faut pas déconner non plus, la plupart du temps c'est super bien animé (oui !).
D'un point de vue de l'histoire, on peut sans doute pas dire qu'on fasse dans le jamais vu, mais on s'en fout, vu que dans le traitement, ça fait plaisir d'avoir de l'excessif, du charnel et du sang qui gicle contre le mur. C'est le coup de foudre sur la plage pour Yuka et Toshihiko qui vont vivre une romance bestiale en accéléré, passant de phases en phases (découverte, lassitude, bagarre, réconciliation), luttant contre l'adversité, qui a bien du mal à accepter leur idylle carnassière ! On assiste à un mélange de gros trips cauchemardesques et de petits moments de bonheur échappés du quotidien, avec un sens du détail et de l'instant qui fait plaisir, une fleur qui éclot au fil de l'épisode, une couche-culotte qui fait office de gimmick salvateur, Yuka qui ronflote la menotte encore au poignet, un baiser suspendu, c'est toute une poésie aux instincts primaires. Faut l'avouer, on flirte pas toujours dans le raffiné, reste que ce côté scato-trash offre des moments jubilatoires, mais aussi douloureux, les scènes de tortures étant bien chargées, avec des corps nus et pathétiques qui pataugent et se débattent dans le vide. Heureusement, Kemonozume regorge aussi d'humour et de légèreté dans une ambiance visuelle et sonore singulière, crade mais jolie, confuse mais élaborée (oui, c'est un peu tout à la fois). C'est tour à tour émouvant, absurde et brutal. Pis y'a un singe pervers aussi ^^'...
En ce qui concerne le virage de fin de série, avec la "révélation" de qui-c-est-le-méchant, je suis plutôt du côté de kea, ça m'a pas du tout gênée, ça se renvoie bien la balle entre les persos, évidemment ça part en couille, mais pour moi avec grand bonheur ! Des bras en veux-tu en voilà (et même dans le slibard !), des pieuvres qui surgissent, une course en plein milieu de l'évolution (ça s'arrête au cerveau reptilien en plus), je prends ! Pour le sous-texte politique, je laisse ça aux personnes plus compétentes que moi, ce qui me parle c'est davantage les pulsions fondamentales et leur contrôle, l'humanité de l'individu au milieu de la fusion entre l'homme et le monstre, où ça commence où ça finit, blabla, pis même je vois plus ça comme un thème que comme une véritable réflexion. Même si on nage parfois en plein délire, les persos sont simplement attachants (même le détective géant \o/), essayant de s'en sortir comme ils peuvent, notamment le "carré amoureux" qui s'en prend plein la gueule sur la fin...
Sinon les
intros sont toutes à tomber par terre, avec toujours une idée super simple mais mise en images avec brio. On sent bien dans les variations de rythme et de chara-design que les mains derrière tout ça changent à quasi chaque épisode, mais ça permet de créer un mini-univers à chaque fois (même si ça peut être un peu déroutant), en fait les épisodes les plus faibles, je les placerais plutôt au milieu (le 7 ou le 8 je sais plus). Alors Kemonozume ça tue ? bin c'est clair bordel ! Que ça plaise à tout le monde, sûrement pas, ça a au moins le mérite d'être différent ! Yuasa au pouvoir \o/
Il a l'air sacrément rempli le box DVD jap sinon, on peut pas avoir le même chez nous ?

(y'a aussi la censure dedans ?)
(edit : ah bah j'ai écrit un long truc en fait :|)