Ho c Anne, le 02 avril 2012 - 13:30 , dit :
Il y a des moments vraiment pitoyables dans
Phenomena. Des actrices aussi expressives qu’un étalage de flétans à la poissonnerie du coin (la palme revenant à celle qui partage la chambre de l’héroïne) et Jennifer Connelly (qui est une comédienne que j’apprécie beaucoup) nous offre certainement ici le jeu le plus terne de sa carrière.
La plupart des dialogues sont ridicules (les répliques dans la scène où Sophie rejoint son chéri la nuit m’a toujours laissé pantoise, ou pire encore, celles où les étudiantes harcèlent Jennifer en lui tirant la langue, ça dériderait le plus pessimiste des dépressifs, ce truc-là).
En ce qui concerne
Giallo, j’ai souvent lu ici ou ailleurs que le tueur est parfaitement ridicule.
Franchement, en toute objectivité, je pense que l’on peut formuler la même critique pour l’assassin de
Phenomena.
Donc, pour moi, ça se vaut puisqu’il y a pratiquement les mêmes défauts dans quasiment TOUS les films d’Argento.
De très bons moments (et il y en a dans ses œuvres fustigées telles que
Giallo,
The Card Player ou
Mother of Tears) sabordées d’idées à la con, aussi bien scénaristiques que visuelles, dans
L’Oiseau…,
Profondo Rosso,
Inferno,
Stendhal ou n’importe quel autre de ses métrages.
Et
Phenomena n'y échappe pas

Je suis d'accord pour dire que les défauts et maladresses sont grosso les mêmes dans ses réussites et dans ses ratages.
Pour "Phenomena" je suis donc d'accord avec toi pour pointer ses quelques naîvetés et inconsistances ça n'en reste pas moins selon moi un très grand film dans sa carrière qui a fonctionné à 100% sur moi quand je l'ai découvert (et oui, Jennifer je la trouve magnifique là dedans et le gosse je le trouve plutôt flippant

)
Elwray, le 02 avril 2012 - 14:48 , dit :
Donc là c'est un autre problème dont je ne pensais pas qu'Argento pouvait en être récemment atteint : du cynisme. Toute cette histoire de "prendre de la distance par de l'humour" je déteste ça dans le cinéma de genre.
Du cynisme je ne sais pas si c'est le terme vraiment approprié, dans un film comme "4 mouches de velours grives" tu as les touches gentillement grotesques avec les personnages de Bud Spencer et Jean-Pierre Marielle ça n'empêche pas une certaine noirceur de l'intrigue avec les motivations du tueur, l'histoire du couple, etc
Pour les films qu'il a tourné avec Fasano il y a pas mal de passages humoristiques dans le téléfilm "Hitchcock", les jingles décalés sur les scènes de torture on line sur "The Card Player", la fin sur les rails aussi avec l'utilisation diégétique de la musique, le plan final déroutant de "Mother of Tears" ou les sorcières "felliniennes" qui foutent le souk à l'aéroport...