Mad Movies: Dan Simmons - Mad Movies

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Dan Simmons

#181 L'utilisateur est hors-ligne   Corvis 

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Posté 23 septembre 2011 - 17:18

Je viens de finir Le Styx coule à l'envers, et si certaines nouvelles (notamment les premières de l'anthologie) pèchent par leur absence de "finalité", je me suis quand même régalé.
Le problème de Simmons, j'ai l'impression, c'est qu'il a toujours des idées fantastiques et passionnantes, mais il a tant d'idées qu'il a besoin d'un vrai roman pour les mener à bout (et souvent de très gros romans).
Là, ça se retrouve souvent dans ses nouvelles, y'a une toile de fond qui pourrait servir à tout une saga, on est pris dedans, et bizarrement on dirait qu'il sait pas comment finir ses histoires.
Les fins sont abruptes, évasives, j'ai été plusieurs fois déçu de la façon dont se terminait l'histoire.
Reste qu'il y a de sacré morceaux quand même dans cette anthologie.

Rapidement :

Le Styx coule à l'envers :

Une religion résurrectionniste peut faire revenir vos chers disparus. mais à quel prix...
Une ambiance du tonnerre, c'est plutôt bien écrit, mais on se demande où l'auteur veut en venir, ça manque d'un éclaircissement final et ça laisse un goût d'inachevé. j'ai pas vraiment réussi à rentrer dedans...

Vanni Fucci est bien vivant et il vit en enfer :

Une émission télévangéliste reçoit la visite d'un damné révélant que l'enfer à été créé par Dante selon ses croquis.
Là encore le concept est assez énorme, même glaçant, on est vite passionné par ces explications théologiques (on ne s'ennuit pas une seconde alors que la nouvelle n'est qu'une succession de monologues), mais la fin est super abrupte, comme s'il fallait finir au bout d'un certain nombre de mots et que Simmons avait coupé court à son histoire. Un peu déçu...

Passeport pour Vietnamland :

Dans les années 90, le Vietnam accueille un parc d'attraction sur la guerre éponyme, très réaliste, où se rejoignent familles, touristes et ancien combattants.
Le même défaut qu'au dessus, mais encore plus prégnant. Quand les péripéties commencent à s'envoler, et à emmener le récit vers les hautes sphères, la nouvelle se termine. Très très frustrant. D'autant qu'encore une fois, le concept est soufflant, remarquablement maitrisé, et créé un background touffu qui aurait mérité un roman entier.

Deux-minutes quarante cinq secondes :

Un avion privé, les "responsables" de l'explosion de la navette Challenger, dont un acrophobe, et ses remords.
Une très très courte nouvelle, et pourtant enfin un récit complet qui se tient de bout en bout (ce qui peut se comprendre par le fait que la nouvelle se tient principalement grâce à sa fin, et que tout le récit converge vers elle). C'est une sorte de thriller très court à la première personne, une oeuvre à message qui aurait pu (qui a ?) créer la polémique.

Métastases :

La mère du héros se meurt d'un cancer. Un soir, celui-ci voit dans un miroir la véritable raison d'être de ce cancer, et de tous les cancers du monde...
Alors là... Chapeau... Une très très grande nouvelle, une idée simple mais diabolique, un parfait déroulé des événements, un climax, et surtout une ambiance de paranoïa absolument glaçante. Ca se lit comme du petit lait, on reste scotché aux pages du livre, et cette simple idée de base en remontre à pas mal d'écrivains fantastiques, même des doués ^^

Douce Nuit, Sainte Nuit :

Le futur, post-apocalyptique. Dans les ruines immergées de New-York, un télévangéliste est accueilli par une pieuse tribu.
Et on retombe dans les travers habituels du Simmons version "short stories", un univers fascinant dépeint en deux coups de pinceau de manière précise, un mystère qui plane, la promesse du début d'une aventure, et puis le tout retombe in fine comme un soufflé. J'ai eu le réflexe de dire "c'est tout ?" tout seul dans mon lit ^^ C'est pas faute d'avoir créé une ambiance lourde et mystique, mais finir sur une pirouette pareille est terriblement frustrant.

Mémoires privés de la pandémie des stigmates de Hoffer :

Dans une lettre à son fils, un père décrit par le menu la pandémie s'étant abattu sur le monde, et défigurant chaque personne selon ses vices et ses péchés.
Chapeau bis... Le style épistolaire pourrait être lourd, il n'en est rien. Encore une fois le concept est aussi ingénieux et fascinant que glaçant, Simmons laisse peu de place à l'espoir dans la description de cette société changée à jamais, révélatrice de notre nature foncièrement mauvaise, mais son état des lieux clinique prend aux tripes, jusqu'à un final terrible de fatalité et d'acceptation. Un grand cru.

Les Fosses d'Iverson :

Au début du siècle dernier, un jeune scout participe à une reconstitution de la guerre civile américaine, et fait équipe avec un vétéran un peu fou qui va lui révélé le terrible secret de la bataille d'Iverson...
J'ai eu énormément de mal à rentrer dedans. Pourtant c'est bien écrit, les deux personnages principaux sont bien brossés, mais je crois que le sujet m'inspirait pas des masses. Et puis il faut dire que c'est une nouvelle trèèès longue, et il faudra attendre la fin de l'histoire pour que celle-ci bascule dans le fantastique. Avant cela, c'est surtout la description de cette rencontre inter-générationnelle qui prime, et elle s'avère un brin longuette. Mais quelle fin... Pas foncièrement originale (elle rappelle certains récits de King ou de Koontz), mais pour le coup toute cette première partie lui donne une profondeur, une puissance qui prend aux tripes (d'autant qu'on apprend que la bataille (boucherie) d'Iverson a bien eu lieu, et que beaucoup de détails sont tirés de faits avérés.

Le Conseiller :

Le conseiller d'un lycée écoute jour après jours les récits d'enfants battus, violés, maltraités. Parallèlement, les responsables de mauvais traitements se retrouvent rossés, piégés, voire pire. Coïncidence ?
Dan Simmons fait son vigilante movie :) Il en a compris l'essence, il va droit au but sans perdre de vue le côté psychologique, et du coup il réussit en une trentaine de pages à tenir son récit et ses thèmes mieux que certains films en 1h30. C'est sobre mais profond, avec une structure d'horlogerie, mais ça n'oublie jamais de garder un côté second degré, surtout avec la façon très jigsawesque du conseiller de chatier les bourreaux. Et la fin est une jolie pirouette, pour le coup, qui reste une conclusion logique bien que surprenante. Y'aurait moyen d'en faire un bon film :)

Photo de classe :

Le futur, post-apocalyptique. Une institutrice continue inlassablement de faire cours à des élèves zombifiés dans une école transformée en chateau-fort.
Une très bonne petite nouvelle, encore une fois un concept formidable, et la peinture d'une personnalité hors-norme (comme souvent chez Simmons). C'est un récit vraiment touchant, emplie de mélancolie (ce qui dans un contexte de zombocalypse, était une gageure). Reste qu'après avoir vu le court-métrage, plus pertinent, plus concis, la nouvelle semble rester en deça, mais ça n'enlève rien de son charme.

Mes Copsa Mica :

Mi récit autobiographique, mi essai, Simmons raconte son rapport à l'écologie, à la pollution, et à la place (légitime ?) de l'homme dans l'univers.
Et ben c'est quand même très chiant. Pris individuellement, certains passages sont assez intéressants, comme la discussion entre deux types qui cherchent à savoir comment Gaïa (si on validait l'hypothèse de son existence) éliminerait le cancer qu'est l'homme, mais ça ressemble trop souvent à de la philosophie de comptoir, ou à un essai biographique mal maitrisé. Je sais pas vraiment si cette nouvelle avait sa place dans cette anthologie.

À la recherche de Kelly Dahl :

Alors qu'il cherche à se suicider, un instituteur alcoolique est rattrapé par une ancienne élève qui l'entraine dans son univers mental modelable à son gré avec une seule consigne "retrouve-moi, tue-moi, et tu seras libre"
La fin a beau arriver un poil trop vite, et être un poil trop simple, on se retrouve encore avec une idée aussi tordue que fascinante, où le héros est projeté dans une réplique de son coin du Colorado, passant des années 70 au paléolithique, voire se transformant carrément en mont Saint Michel :mrgreen: S'ensuit une sorte de "Man Vs Wild" dans la Twilight Zone réjouissante, étouffante et paranoïaque, alternant avec les souvenirs scolaires de la rencontre entre cet instituteur et cette gamine plus que surdouée. Franchement prenant, avec cette toile de fond et ces thèmes, Simmons aurait presque pu faire un roman entier.

Voilà. À part ça chaque nouvelle est nanti d'un très intéressant texte d'introduction, qui explique la plupart du temps les circonstances de la création de la nouvelle, et les facilités ou difficultés de sa création.
Une bonne anthologie au final, j'aime beaucoup les idées de Simmons, malgré le mal qu'il a à finir ses récits :mrgreen:
Allez, je vais pas tarder à attaquer Le fils des ténèbres, et je pourrais enchainer (enfin) sur Hyperion :)
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#182 L'utilisateur est hors-ligne   stan corben 

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Posté 12 octobre 2011 - 11:55

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9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l’Express déraille. Tous les wagons de première classe s’écrasent en contrebas du pont, à l’exception de celui de Dickens. Indemne, « l’écrivain le plus célèbre du monde », comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d’un personnage à l’allure spectrale qui va désormais l’obséder : Drood.

C'est tout nouveau pour moi... quelqu'un l'aurait lut ?
Merci.

#183 L'utilisateur est hors-ligne   Palamède Charlus 

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Posté 14 octobre 2011 - 22:00

Voir le messagestan corben, le 12 octobre 2011 - 11:55 , dit :


9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l’Express déraille. Tous les wagons de première classe s’écrasent en contrebas du pont, à l’exception de celui de Dickens. Indemne, « l’écrivain le plus célèbre du monde », comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d’un personnage à l’allure spectrale qui va désormais l’obséder : Drood.

C'est tout nouveau pour moi... quelqu'un l'aurait lut ?
Merci.


Bel exercice de style et d'écriture, mais en terme de pastiche de roman victorien à la Dickens, j'ai lu beaucoup mieux ( Le Quinconce, de Charles Palliser, est un roman doté d'une intrigue taillée au cordeau avec une dernière phrase qui oblige à tout relire : ça mérite un topic, faut que je me sorte les doigts du fion pour ça ).
Ce n'est clairement pas son meilleur, au père Simmons.

#184 L'utilisateur est hors-ligne   stan corben 

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Posté 15 octobre 2011 - 21:48

Voir le messagePalamède Charlus, le 14 octobre 2011 - 22:00 , dit :

Voir le messagestan corben, le 12 octobre 2011 - 11:55 , dit :


9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l’Express déraille. Tous les wagons de première classe s’écrasent en contrebas du pont, à l’exception de celui de Dickens. Indemne, « l’écrivain le plus célèbre du monde », comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d’un personnage à l’allure spectrale qui va désormais l’obséder : Drood.

C'est tout nouveau pour moi... quelqu'un l'aurait lut ?
Merci.


Bel exercice de style et d'écriture, mais en terme de pastiche de roman victorien à la Dickens, j'ai lu beaucoup mieux ( Le Quinconce, de Charles Palliser, est un roman doté d'une intrigue taillée au cordeau avec une dernière phrase qui oblige à tout relire : ça mérite un topic, faut que je me sorte les doigts du fion pour ça ).
Ce n'est clairement pas son meilleur, au père Simmons.

O.K. merci.

#185 L'utilisateur est hors-ligne   Shub Lasouris 

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Posté 06 avril 2012 - 15:41

Je viens de terminer Terreur et c'est juste un putain de chef d'œuvre. Un des meilleurs livres qu'il m'ait été donné à lire. C'est bien simple le seul bouquin qui m'a autant scotché c'est Ça de King.
TOUT est absolument parfait, le rythme est insolent de maîtrise sur 1000 pages, c'est franchement bien écrit et bien traduit. Malgré le nombre imposant de personnages on cerne immédiatement qui est qui et on s'attache très vite aux différents marins. De même la géographie des lieux est super bien écrite, on a vraiment l'impression de faire partie de l'aventure. Et quelle aventure! J'ai jamais autant senti des hommes galerer, vouloir survivre à tout prix dans le désespoir le plus total. Y'a des scènes qui m'ont vraiment marqué par leur violence, leur noirceur... Un chef d'œuvre.

6/6
Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah' nagl fhtagn

#186 L'utilisateur est hors-ligne   Corvis 

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Posté 10 avril 2012 - 17:36

Bon, ben need :)
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#187 L'utilisateur est hors-ligne   Dakeyras 

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Posté 10 avril 2012 - 19:49

Terreur c'est du gros masterpiece mais franchement, les 40 dernières pages c'est du n'importe nawak WTF complètement inutile et totalment à côté de la plaque par rapport au reste. Mais le tout demeure un putain de livre que pour ma part je décrirais comme un gros mix entre MASTER AND COMMANDER, THE WAY BACK (petite dose), THE THING et THE BOUNTY (ça parle aux cinéphiles de citer des..films) :mrgreen:

#188 L'utilisateur est hors-ligne   Shub Lasouris 

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Posté 12 avril 2012 - 12:21

Ah non je trouve pas la fin à côté de la plaque personnellement. Ca part un peu dans l'inatendu ok, mais ça se justifie parfaitement ensuite et c'est pile poil la bonne longueur. Chef d'oeuvre sur 1040 pages et pistou!
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#189 L'utilisateur est hors-ligne   wolvie 

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Posté 12 avril 2012 - 22:01

Voir le messageShub Lasouris, le 12 avril 2012 - 12:21 , dit :

Ah non je trouve pas la fin à côté de la plaque personnellement. Ca part un peu dans l'inatendu ok, mais ça se justifie parfaitement ensuite et c'est pile poil la bonne longueur. Chef d'oeuvre sur 1040 pages et pistou!



Je plussoie. Un livre dément et foisonnant, le meilleur de Simmons !
In a town like Twin peaks, no one is innocent

#190 L'utilisateur est hors-ligne   Ciboule 

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Posté 16 avril 2012 - 12:57

Je suis pas sûre que ça ait été dit, mais l'auteur sera bientôt en France, notamment à Etonnants Voyageurs à Saint-Malo !

#191 L'utilisateur est hors-ligne   edgecrusher 

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Posté 02 juillet 2012 - 11:35

C'est marrant, perso Terreur m'a laissé assez froid. Beaucoup de mal à rentrer dans le récit, ça va mieux après qu'on ait cerné les différents protagonistes, plus d'empathie, mais à la longue, le "les héros galèrent, ils galèrent plus, et encore plus, et toujours plus...", certes c'est sans pitié, mais j'ai aussi trouvé ça gonflant.

Marrant parce que j'ai vraiment bien aimé hyperion (je commence endymion). Faudra que j'en lise un autre pour me faire un avis définitif sur le bonhomme, peut-être l'échiquier du mal qui a l'air de botter plein de gens par ici.

J'en profite pour poser une question au cas ou un fan d'hyperion passe par ici : qu'est-il arrivé à Leigh Hunt ? Certes une part de mystère c'est bien, mais je me demande vraiment comment il a fini celui-là.

#192 L'utilisateur est hors-ligne   Palamède Charlus 

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Posté 02 juillet 2012 - 21:13

Voir le messageedgecrusher, le 02 juillet 2012 - 11:35 , dit :



J'en profite pour poser une question au cas ou un fan d'hyperion passe par ici : qu'est-il arrivé à Leigh Hunt ? Certes une part de mystère c'est bien, mais je me demande vraiment comment il a fini celui-là.


Il crève : de faim, seul sur Terre, ou découpé par le Gritche. Enfin, c'est ce que l'on suppose.

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