Mad Movies: La Jeune Fille de l'eau - M. Night Shyamalan (2006) - Mad Movies

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La Jeune Fille de l'eau - M. Night Shyamalan (2006) Le dernier M. Night Shyamalan

#211 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 28 août 2006 - 01:31

CITATION(Lurdo @ 28 8 2006 - 01:05) <{POST_SNAPBACK}>
.


Ah, et faudrait arrêter de faire croire que le pseudo mystère quand à qui fait quoi (le guérisseur, le gardien, etc) est bien fichu, ou qu'il a un semblant d'intérêt, comme je le lis ici ou là sur différents forums. Sur le groupe de 5 personnes qui était avec moi à la séance, 4 avaient deviné, par exemple, que la famille latino serait la guilde, vu qu'elle disparaît du film après la première minute, que le guérisseur c'était Giamatti, vu qu'on nous dit assez tôt qu'il était médecin, ou que le Gardien c'est One arm Muscle Man - vu qu'il sert à rien sinon. Alors forcément, après, le "bon sang, mais on s'est trompé, kikicé en fait", c'est un peu du remplissage inutile.

Ah, et aussi, la zik roxxxx, mais les morceaux pop rock à la fin de la béo, ça me gonfle.



Ouais bon on a pas prétendu non plus qu'il s'agissait de percer l'ultime secret universel; le nombre de perso susceptibles d'endosser tel ou tel role reste limité...Mais bon on ne te la fait pas a toi!

Pour ce qui est de l'interet moi j'ai carrément accrochéà cette quete, et les fumeurs de pétards considérés un moment comme la guilde c'était bien fendard!
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#212 L'utilisateur est hors-ligne   contagion 

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Posté 28 août 2006 - 02:03

Au fait je sais pas si ça a été deja dit mais le film est signé KNIGHT shyalaman...Ultime clin d'oeil aux contes de fées!
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#213 L'utilisateur est hors-ligne   stepenwolf 

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Posté 28 août 2006 - 16:24

Je l'ai vu et j'ai adoré, un chef d'oeuvre de plus à son actif, ça lui en fait déjà quattre en six films... Bonne moyenne.
Je n'ai rien d'autre à dire, tout a déjà été dit.

#214 L'utilisateur est hors-ligne   Vintage 

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Posté 28 août 2006 - 19:30

J'ai adoré!
C'est un peu court jeune homme mais je m'en moque.

#215 L'utilisateur est hors-ligne   francesco 

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Posté 29 août 2006 - 14:04

J’ai trouvé ce film épatant, une belle réflexion/mise en perspective sur la fonction de conte au cinéma. Si tout est transparent (le microcosme cosmopolite, la valorisation des individus en leur assignant une fonction particulière dans le groupe, le fantastique en tant qu’outil d’humanisation) ca reste une démarche originale et auto-consciente ( dry.gif ?). Le film est tout aussi profond que les précédents Shyamalan mais sait ménager des plages de légèreté qui sont un plus. Un film quand même extrêmement riche et maîtrisé (la construction et l’agencement des éléments de la narration sont mortels et millimétrés, comme d’hab’ chez MNS), avec un petit bémol sur les tentatives complètement immatures de "bétonnages" de Shyamalan soulignées précédemment, qui sont curieuses et déplacées (attention quand même à ne pas sur-interpréter le film dans ce sens : par exemple, je ne suis pas sûr que la scène de régression infantile participe de l’argument bidon sur la nécessité d'avoir "une âme d’enfant" pour apprécier le film à sa juste valeur). Le seul truc gênant, unilatéral et indéfendable, c’est la scène de mise à mort du critique de cinéma qui est particulièrement nulle, surtout à cause de sa teneur "extradiégétique" (comme dirait le collègue) décalée qui plombe ponctuellement la narration pour des préoccupations à la con (chercher à plus ou moins rendre le film inattaquable sur certains points : non mais n’importe quoi là mellow.gif ).

Pour tout le reste : 5,5/6. Une belle histoire qui se suffit à elle-même et où résonnent (dès le générique en animation) les échos des contes et légendes destinés à prendre du recul par rapport à son quotidien et à voir plus loin que le bout de son nez. Ca résume pas mal ce que Shyamalan veut faire avec les histoires qu’il raconte dans ses films.

Et maintenant, l'avis de F-des-bois est demandé (en critique sur le site peut être ?) icon_mrgreen.gif
"Toutes les femmes de ta vie / En moi réunies / Ton âme soeur, ton égérie / Parfois ta meilleure ennemie.
Toutes les femmes de ta vie / Glamour ou sexy / L'héroïne de tes envies / Je suis toutes les femmes, tu vois, toutes les femmes de ta vie." (L5)

#216 L'utilisateur est hors-ligne   KUBIAK 

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Posté 29 août 2006 - 14:12

CITATION(stepenwolf @ 28 8 2006 - 16:24) <{POST_SNAPBACK}>
Je l'ai vu et j'ai adoré, un chef d'oeuvre de plus à son actif, ça lui en fait déjà quattre en six films... Bonne moyenne.
Je n'ai rien d'autre à dire, tout a déjà été dit.



D'accord pour le chef d'oeuvre de plus mais il n'a pas fait 6 mais 7 films .

La Jeune fille de l'eau
Le Village
Signes
Incassable
Sixième Sens
Wide Awake :1998
Praying with Anger :1992

#217 L'utilisateur est hors-ligne   DarK ChoueTTe 

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Posté 30 août 2006 - 04:36

Le Chienmalade a encore frappé.
Impressionnant, son meilleur film après Incassable pour moi.
Après avoir revisité le mythe du super-héros, il fait de même avec le domaine du conte, de la fantasy.
Adapter tout ça dans un univers moderne, y'a pas à dire, ça donne (Giamatti face au Scrunt avec une perche en guise de lance pour calquer les illustrations classiques de chevalier contre dragon...wow.).
C'est sûr que si on aime pas ne serait-ce qu'un peu ouvrir son coeur comme le signifie le film, on est mal.
Moi pourtant relativement cynique, le film m'a conquis : des messages simples (mais après tout, n'est-ce pas le propre d'un conte ?) mais beaux, un groupe de personnages hétérogènes représentants du genre humain qui s'allient pour sauver le rêve...
Le message principal sur la place de l'être humain dans l'univers également, est amené de manière simple et appuyée peut-être mais très efficace et avec quelques nuances appréciables tout de même (le fait qu'une fonction ne soit pas forcément attribuée à qui l'on croit).
Et pas seulement destiné aux enfans, comme j'ai entendu ailleurs...
Sur la forme, c'est encore une fois bien maîtrisé, malgrès un départ un peu traînard par moments (seul reproche que je ferai au film).
Ce qui est génial c'est qu'à des moments hilarants en bon nombre (la scène du critique en passant, est pas dérangeante : qui n'a jamais pesté contre quelqu'un qui aimait généraliser les films de genre de façon dédaigneuse ? Et puis Shyam a quoi contre les critiques au fait, qui rend cette scène si douteuse ? Il accepte mal la critique ou qq chose du genre ?) se combinent parfaitement ce côté merveilleux à faire fondre...ceux qui ont encore un coeur icon_mrgreen.gif
Un super équilibre donc, pour moi.

Encore une fois, NMS surprend et s'éloigne de ce qu'on attend de lui.
Il se détache de ses carcans pour mieux surprendre.
Rien à foutre de ce qu'on dit sur lui (d'ailleurs, quelqu'un pourrait m'exposer clairement pourquoi il est censé être prétentieux ou je ne sais quoi ? faut voir le docu pour comprendre ?) : c'est un mec super malin et doué qui a réussi à me serrer le coeur à plusieurs reprises et ça, bordel, c'est du cinéma.

5,5/6 pour tout ça et les acteurs excellents, parmis lesquels une BDH mignonne à tomber (si ce n'est cette coupe de cheveux à la con).

PS : pour le changement de couleur des cheveux, ça signifie pas tout simplement qu'elle s'est définitivement éveillée à son rôle après que le Guérisseur lui ai "transmis" quelque chose en la soignant ? (des sentiments j'entends qui finissent d'achever sa volonté d'endosser sa fonction de princesse)
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#218 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 30 août 2006 - 13:55

Une pure tuerie : 5,5/6
J'en suis ressorti profondément touché.

Clint dit :

Des fois il dit des conneries mais souvent il dit des choses vraies.


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#219 L'utilisateur est hors-ligne   KUBIAK 

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Posté 30 août 2006 - 14:06

pareil

#220 L'utilisateur est hors-ligne   Rom1 

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Posté 30 août 2006 - 17:11

Dvpons donc un peu...

Lady in the Water :
Déstabilisant, tel est le mot qui me vient en tête en premier lieu pour parler du nouveau film de Shyamalan. Une sorte de conte moderne, comportant de l'humour (bcp), de l'épouvante (un peu), une galerie de personnages atypiques, une histoire sur laquelle le héros (et donc le spectateur) a tjs un temps d'avance, des bons sentiments et une naïveté pouvant paraître "too much" mais qui étrangement passent admirablement bien.
Déstabilisant donc et bancal. Ou en tt cas tellement sur le fil du rasoir du début à la fin, tellement jusqu'au boutiste dans sa démarche, qu'assurément il ne plaira pas à tt le monde.
De quoi parle donc ce film ? Des histoires, et du pouvoir qu'elles ont sur le monde, sur les gens. Ce n'est même pas un sous-texte, rien n'est cryptique ou symbolique. Au contraire, la signification du film nous est balancée quasi d'entrée. Le personnage central, une nymphe aquatique apparaissant dans une résidence de Philadelphie pour y trouver la personne qu'elle inspirera avant de retourner dans son monde, se prénomme ainsi Story (histoire) et c'est par rapport à elle que tous les personnages se définiront, trouveront leur place dans le monde ou, tout aussi important, comprendront ce qu'ils ne sont pas. C'est elle que la galerie de marginaux et gueules-cassées du casting (des vieux hippies, une vieille dame entourée de ses chats, une étudiante asiatique délurée, un type qui ne se muscle qu'un bras, etc.) essaiera de protéger contre une entité malveillante, parce qu'elle donne un sens à leur vie, leur a apporté qque chose et qu'ils veulent en retour qu'elle puisse repartir, afin d'inspirer à nveau d'autres gens à travers le monde. Difficile de faire plus limpide.
A travers ce conte (dont toutes les péripéties seront racontées à l'avance au héros par une vieille coréenne, intensifiant encore l'impression que ce qui compte ici n'est pas l'histoire en elle-même mais ce qu'elle va éveiller en nous), c'est de l'importance des histoires que veut nous entretenir le réalisateur, du pouvoir qu'elles ont sur le monde (le personnage inspiré par la nymphe - joué par le Shyamalan lui-même - est destiné à écrire un livre qui inspirera à son tour un futur leader éclairé) et de comment elles peuvent nous aider à nous révéler ou à trouver ce qu'il y a de meilleur en nous. Qd qques paumés sans qualités particulières se réunissent pour faire face aux ténèbres et protéger Story, on comprend à quel point un simple conte peut déclencher cela.
Au final, bien que le film soit parfois maladroit (le traitement du critique de cinéma : on sent que le réalisateur a qques comptes à régler mais il ne le fait pas avec bcp de finesse hélas), il est surtt une totale mise à nu de l'âme de son auteur, une formidable déclaration d'amour à son métier, un encouragement à nous-même raconter des histoires afin que cet art antique jamais ne se perde. Une oeuvre d'une confondante sincérité, qui pour une fois n'est pas un argument bancal pour justifier les travers d'une oeuvre, mais au contraire la parfaite explication des-dits travers.
Truffée de scènes drôles ou touchantes (celle dans laquelle l'écrivain apprend qu'il mourra pour avoir publié son livre mais vivra assez vieux pour voir naître les deux premiers enfants de sa soeur est sublime de retenue), de personnages savoureux, de situations délirantes mais totalement cohérentes avec le projet de mise en scène, encore bonnifiée par la très bonne BO de Newton-Howard, Lady in the Water est clairement une oeuvre à découvrir. Sans doute ne plaira t'elle pas à tout le monde mais si vous vous laissez prendre au jeu, vous ne le regretterez pas.

Clint dit :

Des fois il dit des conneries mais souvent il dit des choses vraies.


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#221 L'utilisateur est hors-ligne   Mordred 

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Posté 30 août 2006 - 18:54

Avec ma femme on s'est engueulé juste avant d'entrer dans la salle..
Alors on s'est tourné le cul pendant le film...

elle a pleuré, je l'ai même prise dans mes bras..
(je sais c'est cruel..) biggrin.gif

quoi? ah oui le film !

ben j'ai aimé..je suis entré dans l'histoire..
j'ai aimé la créature... le casting... le décor... l'immeuble..
le conte est original.

M. Night Shylamalamnan j'aime bien..



je me reconcentre et j'écris un truc moins nigaud.

#222 L'utilisateur est hors-ligne   KUBIAK 

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Posté 30 août 2006 - 19:04

CITATION(Rom1 @ 30 8 2006 - 17:11) <{POST_SNAPBACK}>
Dvpons donc un peu...

Lady in the Water :
Des bons sentiments et une naïveté pouvant paraître "too much" mais qui étrangement passent admirablement bien.



Que je trouve tres proche du cinema de Steven Spielberg qui est d'ailleur l'idole de M. Night Shyamalan .

#223 L'utilisateur est hors-ligne   _KB_ 

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Posté 30 août 2006 - 19:13

Personne pour répondre à mes questions ? smile.gif

CITATION(_KB_ @ 27 8 2006 - 08:55) <{POST_SNAPBACK}>
Ah un truc qui m'a peut être échappé: il servent à quoi le mec qui passe son temps à mater un reportage sur la guerre en irak (d'ailleurs il en met une sacré couche ca va on a compris qu'il était contre) et le gars toujours dans sa salle de bain (celui dont on connait tout)...pas compris sweat.gif

Un film ne m'avait pas semblé si long depuis "Les frères Grimm" je lui mettrait donc un 2/6

Au rayon anecdote au moment où on voit M. Night pour la première fois je glisse à ma copine que c'est le réalisateur et qu'il fait une apparition dans tous ces films....A la fin elle me dit : ce n'était pas une apparition mellow.gif ...certes biggrin.gif


#224 L'utilisateur est hors-ligne   Denver 

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Posté 31 août 2006 - 00:15

Jamais Shyamalan ne m'avait déçu, et c'est pas cette fois qu'il va commencer à le faire.
Lady in the water n'est pas son meilleur film, mais sans doute le plus malin dans sa construction.
Il revisite de manière super intelligente le schéma du conte, avec sa mythologie etc... et c'est d'ailleurs là que j'ai trouvé le film super fort. Pendant une grande partie du film j'ai trouvé ça facile, assez maladroit et même mal foutu dans l'enchaînement de certains trucs.
Mais la dernière partie du film prend totalement à revers l'autre partie et du coup on marche plus avec la bande qu'avant.
Les personnages secondaires sont pas tous réussis (le critique de ciné est pas top, l'asiat insupportable) mais sont tous utilisés de manière intelligente, et Giamatti est parfait (qui a dit "comme d'hab"?). Son histoire est parfaitement utilisée et ammenée, et la scène où il s'effondre en soignant la fille de l'eau est magnifique.
La fin du film est sublime, le combat est presque épique, les accessoires du conte sont bien remis au goût du jour (la lance du chevalier Giamatti) et la sublime BO enfonce le clou. Le tout m'a filé la chair de poule, et m'a même foutu les larmes aux yeux tant l'arrivée des bêtes et de l'équipe d'humains est magnifique.
Alors oui ça peut paraître puéril, cucu, con par le message, mais après tout c'est un conte, une "bedtime story" comme le dit la BA du film, et Shyamalan remplit largement le contrat.

Je sais quelle histoire raconter à mon neveu maintenant.

5/6
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On cherche des dates ! Paris, Province, Europe...
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#225 L'utilisateur est hors-ligne   The X Phil 

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Posté 31 août 2006 - 14:07

Ouais, je vais encore me faire aimer (cf "Devil's Rejects") :


J’attendais le nouveau Shyamalan pour me prononcer définitivement sur le statut de ce réalisateur. Petit génie du cinéma auteur d’un chef d’œuvre (Incassable) et d’un excellent film (Sixième Sens), il avait ensuite sombré dans les tréfonds de la daube avec « Signes » de « Le Village ». De quel côté « Lady in the water » allait-il faire pencher la balance ?
Et bien je crains que Monsieur Nuit ne soit définitivement perdu pour le cinéma (enfin, je crains rien, je m’en fous, en fait !). Ce truc informe n’est pas un film, c’est une espèce d’objet théorique où le réalisateur explique son cinéma et développe ses thématiques dans un tout imbuvable, crétin au possible, bouffi de prétention, et idéologiquement gerbant.

Le film est une mise en abyme du travail du scénariste/réalisateur dans lequel il s’adresse à ses admirateurs pour leur expliquer comment il fonctionne, et à ses détracteurs pour tenter de les convaincre de la force de son cinéma. Pour ça Shyamalan a voulu introduire une distance et un second degré qui ne fonctionnent jamais. Parce que le réalisateur a autant d’humour qu’un huissier de justice neurasthénique. Surtout parce qu’il mêle cette distanciation à un discours qui est beaucoup plus sérieux. Il y a deux films dans « Lady in the water », et les deux ne coïncident pas. Pour que le côté absurde du film fasse mouche, il aurait fallu qu'il soit totalement absurde. Là, en mêlant les scènes sérieuses au second degré, Shyamalan amène le spectateur à se moquer de son film.
Le « film sur le cinéma » est donc complètement raté à force de balourdise, de clichés et de caricature, il en est de même du conte mis en place par le réalisateur. S’inspirant vaguement de contes orientaux, il a voulu créer toute une mythologie qui fait franchement pitié par son manque d’ampleur et sa naïveté. Du générique gnangnan du début aux explications vaseuses des uns et des autres, Shyamalan fabrique une cosmogonie débile avec ses mouarfs poursuivis par des schtroumpfs et qui doivent être sauvés par des tartes-tatins cuites par un aigle décathlon (j’exagère, mais dans le film, c’est vraiment aussi con !). Comme la nymphe du film passe son temps à prendre des douches, que l'aigle est mal incrusté et que les monstres sont des bouts de pelouse qui bougent, le merveilleux y perd quand même beaucoup...

Mais si « Lady in the water » était seulement un film complètement bouffé par l’ego démesuré de son réalisateur et qui tombe à plat, ça ne serait pas trop grave. Le pire est que Shyamalan profite de son conte de fées pour faire passer sa vision du monde, déjà entamée dans ses deux navets précédents, et que sa vision du monde, et ben elle pue. Ce film n’est qu’un monceau de conneries new age entassées sur une psychose post 11 septembre qui va ravir George Bush. Comme dans « Signes », on se tape le discours pataud sur la force de l’esprit et de la foi, qui passe ici par l’envie de croire et de conserver son cœur d’enfant. Comme dans « Le Village », Shyamalan est paranoïaque, obsédé par l’insécurité, propre à suivre toutes les théories du complot. En gros, face à ce monde terrible en proie à la guerre (les images de l’Irak, omniprésentes) et l’insécurité (le passé du héros), il faut continuer de garder la foi et croire aux miracles.
Le monde sera aussi sauvé par l’art, qu’on se le dise… L’art de Shyamalan, évidemment ! Le réalisateur joue lui-même dans le film un auteur dont le livre va changer l’avenir en influençant un futur dirigeant des Etats-Unis, rien que ça ! Tout au long du film, il veut imposer son cinéma comme le seul rempart face à la folie du monde. Et tant pis pour ceux qui ne le suivront pas dans cette voie : ils seront exterminés comme ce méchant critique, seule victime des monstres du film (vous avez dit puéril ?)

Face à ce désastre, les acteurs rament comme ils peuvent pour rattraper un film définitivement crétin. Mais même le très bon Paul Giamatti ne peut pas faire grand-chose pour relever la sauce. Quant à Bryce Dallas Howard, elle joue tellement bien les débiles qu’on se demande si c’est un rôle de composition.
On pourrait tenter de se rattraper aux branches de la très belle photo de Chris Doyle et de la bonne musique de James Newton Howard… Mais le film est tellement énervant, tellement sûr de lui à mauvais escient, tellement puant de partout, que rien ne peut l’empêcher de se vautrer dans sa poubelle. Et pour une fois, l’échec commercial du film est là pour sanctionner un réalisateur qui a pété les plombs. Du coup, on attendra quand même le prochain pour une éventuelle remise en question…

note = 0/6

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