Takeshi Kitano est un génie
#331
Posté 12 août 2012 - 14:09
Et ce n'est pas que Takeshi's Castle : il peut s'agir d'émissions aussi diverses que des débats politiques/de société ou d'émission sur les maths...
Donc pas de cliché, le mec a peut-être un sens de l'humour douteux hors plateau de cinéma, mais il n'est pas toujours au ras des pâquerettes.
#332
Posté 12 août 2012 - 15:51
Désolé mais le fait que justement il fasse parfois de la TV 7/7 sur tout et n'importe quoi et surtout n'importe quoi à ce que j'en vois ça fait qu'en rajouter une couche pour pas ma part plutôt que de l'exonérer. Je préfère un mec qui parle peu mais bien qu'un mec qui l'ouvre tout le temps pour rien dire et qui parfois dit un truc intéressant perso. Car à ce que j'en vois :
Soit il a peur qu'on l'oublie directement quand il va canné, soit il a un ego surdimensionné, soit il joue trop au pachinko et ça le réussi pas.
(Et le cliché je pense que c'est justement que Kitano serai un génie incriticable et non l'inverse.)
#333
Posté 12 août 2012 - 16:11
Mais bon, je n'arrive pas à juger l'oeuvre d'un artiste en m'intéressant à ses activités annexes ou à sa personnalité. Je suis fan de Frank Miller, mais je n'aimerais pas taper la discute avec, par exemple.
Ego surdimensionné ? Je pense que tous les artistes, à différents degrés, en ont un, car l'art a quelque chose de nombriliste lors de l'étape créative.
#334
Posté 12 novembre 2012 - 00:07

Le premier Outrage était un grand film selon moi. Le genre de film qui arrive rarement dans le cinéma et même s'il ne fit pas l'unanimité, il n'en reste que pour moi c'est un grand film dépeignant avec brio la différence entre les Yakuzas de la grande époque et ceux d'aujourd'hui qui n'ont de communs que la nationalité et le nom.
Takeshi Kitano, un de mes réalisateurs de prédilections, continue donc son introspection de ce monde en continuant de confronter les différentes générations de ce milieu, non sans un humour noir qu'il sait si bien maîtrisé et qui ponctue le film à plusieurs reprises. On retrouve donc des personnages du premier opus dont Ôtomo, le Yakuza interprété par Kitano himself qui a un désir, celui de se vengé de ceux qui lui ont fait du tort et la encore, c'est dans un déchainement de violence que nous assisterons à ce massacre en règle des truands qui pullulent. C'est un film d'homme encore une fois, même si les femmes ont un rôle essentiel au sein des clans, c'est un détail qui est peu représenté au cinéma malheureusement. Ici donc nous avons une histoire d'homme, de tout âge, de toutes provenances, mais qui ont tous un point commun: le Yakuza, ce qu'il représente, ses codes, son passé, mais aussi son avenir. La famille dépeinte dans le film fait penser à celle de Shinoda, de par ses ambitions et surtout sa manière de résoudre des problèmes qui n'en sont pas si ceux-ci respectés encore les codes d'antan.
Avec cette suite bigger and lourder, on pourrait craindre que Kitano en oublie ses nombreux personnages, mais aussi son intrigue et le tableau qu'il tente de dépeindre de cette famille criminelle, il n'en est rien. Au contraire toute passe à la fois par la mise en scène, mais aussi les dialogues qui arrivent à montrer parfaitement jusque ou les Yakuzas sont prêts à aller pour préserver leur univers, alors qu'eux-mêmes en sont la cause de détérioration principale.
Kitano ne tente pas de dire que les Yakuzas d'antan étaient louables, eux aussi étaient des criminels, mais en dehors du code, il y avait une morale, morale qui n'existe plus aujourd'hui. Par exemple un enfant abandonné dans un village devait être recueillie par le Yakuza du dit village pour s'assurer qu'il mange et puisse dormir sous un toit, aujourd'hui je suis persuadé que si une situation de ce type se présenterait, au mieux le type l'ignorerait, au pire il arriverait encore à le racketter de ses maigres possessions. Les Yakuzas sont des criminels qui n'ont aucun respect pour la société dans laquelle ils vivent et qui n'ont aucun respect pour eux-mêmes. Durant tout le film Kitano montre les tares de ses hommes de l'ombre en les exposant justement au grand jour. Ici il n'hésite pas à dire qu'ils sont idiots alors qu'il évitait auparavant, ou alors il masquait ce genre de propos via un humour omniprésent. Ici on sent qu'il veut dépeindre l'univers de ses hommes comme il est.

Ils sont violents (d'ailleurs les fusillades sont toujours aussi maîtrisés et parfaites,) les scènes de rencontres entre les différents généraux sont d'une tension à faire sourire, on attend toujours qu'un membre pète un câble et sort son arme pour faire le ménage. Ici même la police est mauvaise et devint aussi dangereuse que les criminels qu'ils combattent. La mise en scène est excellente en tout cas, froide comme l'univers qu'elle dépeint, mais qui gagne de l'ampleur dans les scènes de nuit avec la confrontation entre clan, ou durant les meetings. Les acteurs sont toujours aussi bons (Kitano Takeshi, Kase Ryo, Kohinata Fumiyo, Sugata Shun, Ono Machiko, Kiritani Kenta...) Le film en tout cas l'un des films les plus ambitieux sur le monde Yakuza. L'artiste arrive à nous étonner avec un sujet brulant qui montre une image moins glamour et plus réelle de ce qu'est le Yakuza, non ce n'est pas un type qui affronte un ours à mains nues ou qui s'occupe obligatoirement d'un orphelinat. C'est un criminel avant tout et Kitano San le montre très bien.
C'est une œuvre à voir pour ceux qui veulent un Yakuza Eiga aux codes différents, mais qui n'en reste pas moins grand film.
5/6.
"Mes seins sont Made in Normandy, tout de beurre et de crème fraiche !" L.Casta
#335
Posté 31 décembre 2012 - 02:22

L'histoire : Un yakuza contraint de quitter le Japon suite à la dissolution de son clan rejoint son demi-frère à Los Angeles. Rapidement, il fait parler les armes et monte son propre gang...
Aniki, mon frère ou le début du malentendu entre Takeshi Kitano, la presse et le public international : après la consécration apportée par Hana-bi (Lion d'or à Venise) et L'Été de Kikujiro (sélection à Cannes), le cinéaste dut faire face à une réception bien tiède. L'homme avait-il, à l'image de quelques cinéastes hongkongais, sacrifié son art au profit du dieu Dollar en posant sa caméra aux Etats-Unis ? Non, car si américanisation il y a, elle réside seulement dans le rythme, plus soutenu que celui de ses yakuza eigas : moins contemplatif, plus dynamique, Aniki, mon frère incarne peut-être pour certains un sens du compromis mais, à mes yeux, apporte un salutaire renouveau, une preuve de sa capacité, du moins alors, à ne pas se répéter. Certes, on retrouve parfois des idées de Sonatine, comme cette infantilisation des criminels qui, souvent désoeuvrés, tuent le temps grâce à quelques jeux et un humour subtil qui fait mouche...


Mais on découvre surtout un homme, incarné par Kitano lui-même, contraint de fuir son pays, sans doute attiré par le suicide après avoir vu ses valeurs bafouées. Une fois aux Etats-Unis, la barrière de la langue et le choc des cultures ne semblent pas le gêner outre mesure : peu lui importe les différences de races, seules comptent ces valeurs qu'il tente de faire renaître, celles qui unissent les membres d'un clan pensé comme une famille, une micro-société. Une scène, qui ne se raconte pas, peut-être la plus puissante de tout le cinéma de Kitano, portée par l'interprétation de Susumu Terajima, résume d'ailleurs cette idée. Lui, Kitano et Omar Epps, qui n'a par ailleurs jamais été aussi bon, dominent une distribution inégale, entre bonnes trognes japonaises et acteurs américains caricaturaux. Avec son sens de la composition, sa poésie toujours présente, Aniki ne mérite pas sa réputation de film mineur et constitue même une porte d'entrée idéale pour le genre.
Un Kitano à réhabiliter, qui a trop souffert d'un probable élitisme de cinéphiles.
Note : 5/6
#336
Posté 31 décembre 2012 - 14:23
Vu en VHS il y a longtemps (elle traine sûrement encore dans des cartons) et impossible de rentrer dedans...
C'est peut-être à cause de la version française. Déjà que son cinéma est particulier, le voir en plus dans de mauvaises conditions n'arrange rien.
Si vous ne deviez me conseiller qu'un seul film de sa carrière, ce serait lequel ?

“There is no exquisite beauty… without some strangeness in the proportion.” Edgar Allan Poe
#337
Posté 31 décembre 2012 - 15:13
#338
Posté 31 décembre 2012 - 15:55

“There is no exquisite beauty… without some strangeness in the proportion.” Edgar Allan Poe
#339
Posté 31 décembre 2012 - 19:17
#340
Posté 02 janvier 2013 - 16:21

“There is no exquisite beauty… without some strangeness in the proportion.” Edgar Allan Poe
#341
Posté 02 janvier 2013 - 16:31
#342
Posté 02 janvier 2013 - 16:34
#343
Posté 02 janvier 2013 - 16:47
(LE chef d'oeuvre de Kitano auprès de Hana-bi)
(et la BO de Hisaishi
Voila

www.gizmo-inc.fr
#344
Posté 02 janvier 2013 - 17:43
Et à propos, quelqu'un a vu Outrage Beyond?
#345
Posté 02 janvier 2013 - 17:50

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