Paul Verhoeven (sans sondage car c'est un génie)
#317
Posté 24 avril 2012 - 10:02
Business is Business, de Paul Verhoeven (1971)

L'histoire : Deux prostituées vivant à Amsterdam mettent en scène les fantasmes de leurs clients. Jusqu'au jour où l'une d'elles, battue par son petit ami, décide de changer de vie...
Difficile de ne pas découvrir le premier long-métrage d'un cinéaste que j'apprécie sans tenter d'y discerner les prémices de l'oeuvre qui a suivi, et pour laquelle il est davantage connu, à savoir ses sept films tournés aux Etats-Unis. Y suis-je parvenu ? Difficile, tant ce film est différent, ne serait-ce que par son humour léger, assez naïf, qui tranche avec le cynisme qui semble avoir contaminé sa filmographie américaine. Car oui, cette chronique de la vie de deux prostituées est drôle. Ainsi, on les voit moins coucher avec leurs clients que donner vie à leurs fantasmes les plus ridicules : jouer les maîtresses d'école, les sorcières, ou même les poulets... Les hommes, en leur compagnie, recherchent moins les plaisirs de la chair que la joie de retrouver la simplicité de leur enfance, enfin libérés des pressions sociales qui leur intiment de jouer un rôle d'adulte sinistre.


Et c'est là que le film se révèle plus profond qu'il n'y paraît : chacune des deux prostituées va suivre un chemin différent, comme si Verhoeven, qui juge pourtant ce premier essai impersonnel, se servait de ces personnages pour mettre en scène son mépris des conventions et sa passion pour une liberté d'esprit sans cesse menacée. L'une va continuer de jouer un rôle, en mentant sur son passé, pour trouver un mari et jouer l'épouse modèle, tandis que l'autre se révélera incapable de se plier à certaines règles de bonne conduite en société et continuera de dicter sa propre loi : ici, la prostituée n'est pas présentée comme une victime passive, mais bel et bien comme une femme libre. Bien sûr, cette comédie de moeurs a vieilli et l'image est assez laide : mais rien que pour cet humour vaudevillesque et ce souffle de liberté qui l'anime, Business is Business mérite bien plus qu'un simple coup d'oeil.
6,5/10

L'histoire : Deux prostituées vivant à Amsterdam mettent en scène les fantasmes de leurs clients. Jusqu'au jour où l'une d'elles, battue par son petit ami, décide de changer de vie...
Difficile de ne pas découvrir le premier long-métrage d'un cinéaste que j'apprécie sans tenter d'y discerner les prémices de l'oeuvre qui a suivi, et pour laquelle il est davantage connu, à savoir ses sept films tournés aux Etats-Unis. Y suis-je parvenu ? Difficile, tant ce film est différent, ne serait-ce que par son humour léger, assez naïf, qui tranche avec le cynisme qui semble avoir contaminé sa filmographie américaine. Car oui, cette chronique de la vie de deux prostituées est drôle. Ainsi, on les voit moins coucher avec leurs clients que donner vie à leurs fantasmes les plus ridicules : jouer les maîtresses d'école, les sorcières, ou même les poulets... Les hommes, en leur compagnie, recherchent moins les plaisirs de la chair que la joie de retrouver la simplicité de leur enfance, enfin libérés des pressions sociales qui leur intiment de jouer un rôle d'adulte sinistre.
Spoiler


Et c'est là que le film se révèle plus profond qu'il n'y paraît : chacune des deux prostituées va suivre un chemin différent, comme si Verhoeven, qui juge pourtant ce premier essai impersonnel, se servait de ces personnages pour mettre en scène son mépris des conventions et sa passion pour une liberté d'esprit sans cesse menacée. L'une va continuer de jouer un rôle, en mentant sur son passé, pour trouver un mari et jouer l'épouse modèle, tandis que l'autre se révélera incapable de se plier à certaines règles de bonne conduite en société et continuera de dicter sa propre loi : ici, la prostituée n'est pas présentée comme une victime passive, mais bel et bien comme une femme libre. Bien sûr, cette comédie de moeurs a vieilli et l'image est assez laide : mais rien que pour cet humour vaudevillesque et ce souffle de liberté qui l'anime, Business is Business mérite bien plus qu'un simple coup d'oeil.
6,5/10
#318
Posté 30 avril 2012 - 09:40
Turkish Délices, de Paul Verhoeven (1973)

L'histoire : Peintre et sculpteur, Eric enchaîne les conquêtes sans lendemain pour oublier Olga, une jeune femme issue d'un milieu assez conservateur, avec laquelle il vient de vivre une histoire d'amour passionnée...
Second long-métrage réalisé par Paul Verhoeven après Business is Business, Turkish Délices reste l'un des plus grands succès du cinéma néerlandais et a permis au grand Rutger Hauer de devenir une star. Il s'agit d'une histoire d'amour, mais sans aucun cliché : pas de roucoulades ici, pas de baiser chaste sur fond de coucher de soleil, mais une relation passionnée, déchirante, une relecture de Roméo et Juliette où la question sexuelle ne s'embarrasse d'aucune pudeur et sur laquelle souffle un vent de liberté qui contraste fortement avec l'univers qui entoure le couple formé par Rutger Hauer et Monique van de Ven, un univers petit-bourgeois, triste et hypocrite. Leur amour paraît d'autant plus pur que le personnage interprété par Hauer n'attire pas la sympathie au début du film, tant il semble égoïste et incapable de se rapprocher de quelqu'un pour une raison autre que sexuelle. Mais l'histoire qu'il va vivre avec celle amenée à devenir sa muse va le changer...


Le film peut surprendre le spectateur tant celui-ci affiche une sexualité débridée, avec ses acteurs qui s'affichent le plus souvent dans le plus simple appareil et baisent comme ils respirent. Pas de rapports de force ici, tant Eric et Olga semblent vivent en parfaite harmonie, conformément à des valeurs qui se heurtent à la pudibonderie ambiante : celle de la mère d'Olga, qui ne se cesse de maudire cette union et s'acharne à la briser, et celle de la société hollandaise dans son ensemble. Il manque sans doute un fil directeur à cette histoire, tant celle-ci donne l'impression de vivre, à l'image de ses personnages, comme bon lui semble, et les acteurs secondaires se révèlent tous médiocres, coupables de surjeu. La fin, qui accumule les scènes empreintes de pathos, même lorsqu'elle explicite le titre sibyllin du film, peut agacer : celle-ci, toutefois, est subtilement annoncée par Verhoeven, lors de ces scènes où Olga se perd dans quelque rêverie, comme si elle-même savait que la réalité finirait par la rattraper et l'empêcherait de vivre son histoire dans la plénitude.
Toute personne ayant vécu une histoire d'amour passionnée trouvera sans doute en elle les ressources pour pardonner à ce film brouillon et excessif tous ses défauts. Turkish Délices ? Le film d'un salle gosse contraint de devenir adulte.
Note : 7/10

L'histoire : Peintre et sculpteur, Eric enchaîne les conquêtes sans lendemain pour oublier Olga, une jeune femme issue d'un milieu assez conservateur, avec laquelle il vient de vivre une histoire d'amour passionnée...
Second long-métrage réalisé par Paul Verhoeven après Business is Business, Turkish Délices reste l'un des plus grands succès du cinéma néerlandais et a permis au grand Rutger Hauer de devenir une star. Il s'agit d'une histoire d'amour, mais sans aucun cliché : pas de roucoulades ici, pas de baiser chaste sur fond de coucher de soleil, mais une relation passionnée, déchirante, une relecture de Roméo et Juliette où la question sexuelle ne s'embarrasse d'aucune pudeur et sur laquelle souffle un vent de liberté qui contraste fortement avec l'univers qui entoure le couple formé par Rutger Hauer et Monique van de Ven, un univers petit-bourgeois, triste et hypocrite. Leur amour paraît d'autant plus pur que le personnage interprété par Hauer n'attire pas la sympathie au début du film, tant il semble égoïste et incapable de se rapprocher de quelqu'un pour une raison autre que sexuelle. Mais l'histoire qu'il va vivre avec celle amenée à devenir sa muse va le changer...

Spoiler

Le film peut surprendre le spectateur tant celui-ci affiche une sexualité débridée, avec ses acteurs qui s'affichent le plus souvent dans le plus simple appareil et baisent comme ils respirent. Pas de rapports de force ici, tant Eric et Olga semblent vivent en parfaite harmonie, conformément à des valeurs qui se heurtent à la pudibonderie ambiante : celle de la mère d'Olga, qui ne se cesse de maudire cette union et s'acharne à la briser, et celle de la société hollandaise dans son ensemble. Il manque sans doute un fil directeur à cette histoire, tant celle-ci donne l'impression de vivre, à l'image de ses personnages, comme bon lui semble, et les acteurs secondaires se révèlent tous médiocres, coupables de surjeu. La fin, qui accumule les scènes empreintes de pathos, même lorsqu'elle explicite le titre sibyllin du film, peut agacer : celle-ci, toutefois, est subtilement annoncée par Verhoeven, lors de ces scènes où Olga se perd dans quelque rêverie, comme si elle-même savait que la réalité finirait par la rattraper et l'empêcherait de vivre son histoire dans la plénitude.
Toute personne ayant vécu une histoire d'amour passionnée trouvera sans doute en elle les ressources pour pardonner à ce film brouillon et excessif tous ses défauts. Turkish Délices ? Le film d'un salle gosse contraint de devenir adulte.
Note : 7/10
#320
Posté 22 juin 2012 - 18:14
D'après Hollywood reporter, le distributeur français D'vision a acheté les droits de TRICKED à Cannes, donc le téléfilm sortira directement en DVD chez Aventi.
Le cinéma version cadavre exquis avec Verhoeven:
http://braindamaged....ntertainment-e/
Le cinéma version cadavre exquis avec Verhoeven:
http://braindamaged....ntertainment-e/
#322
Posté 28 juin 2012 - 18:11
La Chair et le sang en DVD et Blu-ray chez Filmedia

http://www.dvdclassi...y-chez-filmedia

Citation
Filmedia vient de nous annoncer la sortie du chef-d'oeuvre médiéval de Paul Verhoeven, La Chair et le Sang, en DVD collector et Blu-ray le 18 septembre prochain.
Le film sera accompagné de nombreux bonus parmi lesquels :
- Interview de Paul Verhoeven, réalisée spécialement pour cette édition vidéo
- Un brûlot entre deux mondes : regards de critiques sur le film
- Les apocalypses du Moyen-âge : un historien face à La Chair et le Sang
- Making of original
- Film-annonce
Le film sera accompagné de nombreux bonus parmi lesquels :
- Interview de Paul Verhoeven, réalisée spécialement pour cette édition vidéo
- Un brûlot entre deux mondes : regards de critiques sur le film
- Les apocalypses du Moyen-âge : un historien face à La Chair et le Sang
- Making of original
- Film-annonce
http://www.dvdclassi...y-chez-filmedia
#323
Posté 28 juin 2012 - 18:12
Bon la jaquette es merdique de chez merdique mais yeah quand même.

"I don't change my style for anybody. Pussies do that. " Michael Fucking Bay
#324
Posté 28 juin 2012 - 18:20
#327
Posté 23 septembre 2012 - 11:35
La Chair et le Sang: bonus inédit où Paulo parle de relation difficile avec Rutger Hauer.

darklinux dit :
Rien a dire ...au contraire
#328
Posté 26 novembre 2012 - 20:50

"It ain't about how hard you hit, it's about how you can get hit and keep moving forward. How much you can take and keep moving forward."
#330
Posté 26 novembre 2012 - 23:38
Bah comme il le mentionne dans l'interview, ce n'est pas une perte de temps.

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