Mad Movies: Otto Preminger - Mad Movies

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Otto Preminger

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 13 janvier 2011 - 21:36

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Otto Ludwig Preminger est un réalisateur américain d'origine autrichienne, né le 5 décembre 1906 à Wiznitz (en Autriche-Hongrie, aujourd'hui en Ukraine), et décédé le 23 avril 1986 à New York (États-Unis).

Il travaille dans la troupe de Max Reinhardt dont il prendra la direction en 1933 pour y monter une cinquantaine de pièces avant d'émigrer aux Etats-Unis en 1934 du fait de ses origines juives. Il mène alors une activité abondante à Broadway de 1935 à 1940. C'est aussi à cette époque qu'il fait ses débuts à Hollywood, comme metteur en scène (Le Proscrit en 1938) et comme acteur pour la 20th Century Fox. Son accent autrichien le cantonne dans des rôles d'espions ou d'officiers nazis.

C'est en 1945 que Preminger connaît le succès avec Laura (1944), polar psychologique, à la mise en scène virtuose et dont l'atmosphère fantastique avait subjugué le public. Gene Tierney y était superbe et le film est devenu culte. C'est l'époque des polars aux atmosphères troubles : Le Mystérieux docteur Korvo (Whirlpool, 1949) et Un si doux visage (Angel Face, 1952) confirment le talent de ce metteur en scène incontournable à la Fox désormais. Mais las du système hollywoodien et des concessions artistiques à Darryl Zanuck (patron de la Fox), il décide de produire seul ses films (grâce aux Artistes Associés) ce qui est d'une audace folle au début des années cinquante. Son premier film en indépendant sera La Lune était bleue (The Moon Is Blue, 1953), adaptation d'une pièce à succès de Broadway. Mais la Ligue de Décence et le Code Hays veulent en interdire certaines répliques. Preminger refuse : c'est un triomphe. S'ensuivront une série de films sur des sujets très sulfureux :

1. La drogue dans L'Homme au bras d'or (The Man with Golden Arm)
2. Un procès "sexuel" dans Autopsie d'un meurtre (Anatomy of a Murder) avec James Stewart et Ben Gazzara
3. La création de l'État d'Israël dans Exodus.


Parmi ses films les plus connus on peut encore citer Tempête à Washington (Advise and Consent) avec Charles Laughton et Bonjour tristesse avec David Niven, Deborah Kerr, et Jean Seberg pour ses débuts.

Avec Gypsy Rose Lee, il a un fils qui deviendra scénariste, Eric Lee Preminger.

Otto Preminger meurt en 1986 et repose dans le célèbre cimetière de Woodlawn Cemetery dans le Bronx à New York.

Les cinéphiles, depuis les articles de François Truffaut ou de Jacques Rivette, lui vouèrent un véritable culte fondé d'abord sur la beauté, la précision, le "ouaté" de la mise en scène (immense expérience théâtrale de l'homme ; travelling à la grue, non sur rails et donc plus souple). Mais l'intelligence et la subtilité de ses films furent très souvent mentionnées, à une époque où les réalisateurs avaient la réputation d'être de simples "faiseurs", souvent incultes.

# 1931 : Die Grosse Liebe ou The Great Love
# 1936 : Under Your Spell
# 1937 : Charmante famille (Danger, Love at Work)
# 1938 : Le Proscrit (Kidnapped)
# 1943 : Margin for Error ou Clare Booth Luce's Margin for Error
# 1944 : In the Meantime, Darling
# 1944 : Laura
# 1945 : Scandale à la Cour (US : A Royal Scandal, UK : Czarina)
# 1945 : Crime passionnel (Fallen Angel)
# 1946 : Quadrille d'amour (Centennial Summer)
# 1947 : Ambre (Forever Amber)
# 1947 : Femme ou maîtresse (Daisy Kenyon)
# 1949 : La Dame au manteau d'hermine (That Lady in Ermine) - non crédité au générique
# 1949 : L'Éventail de Lady Windermere (The Fan ou Lady Windermere's Fan)
# 1949 : Le Mystérieux docteur Korvo (Whirlpool)
# 1950 : Mark Dixon, détective (Where the Sidewalk Ends)
# 1951 : La Treizième Lettre (The 13th Letter)
# 1952 : Un si doux visage (Angel Face)
# 1953 : La Lune était bleue (The Moon Is Blue)
# 1953 : Die Jungfrau auf dem Dach
# 1954 : La Rivière sans retour (River of No Return)
# 1954 : Carmen Jones
# 1955 : L'Homme au bras d'or (The Man with the Golden Arm)
# 1955 : Condamné au silence (US : The Court-Martial of Billy Mitchell, UK : One Man Mutiny)
# 1957 : Sainte Jeanne (Saint Joan)
# 1958 : Bonjour tristesse
# 1959 : Porgy and Bess
# 1959 : Autopsie d'un meurtre (Anatomy of a Murder)
# 1960 : Exodus
# 1962 : Tempête à Washington (Advise and Consent)
# 1963 : Le Cardinal (The Cardinal)
# 1965 : Première Victoire (In Harm's Way)
# 1965 : Bunny Lake a disparu (Bunny Lake is Missing)
# 1967 : Que vienne la nuit (Hurry Sundown)
# 1968 : Skido (Skidoo)
# 1970 : Dis-moi que tu m'aimes, Junie Moon (Tell Me That You Love Me, Junie Moon)
# 1971 : Des amis comme les miens (Such Good Friends)
# 1975 : Rosebud
# 1979 : La Guerre des otages (The Human factor)

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Nouilles 

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Posté 13 janvier 2011 - 22:30

Vu uniquement deux films du bonhomme pour le moment, Laura et Anatomy of a Murder, et j'ai beaucoup apprécié. Surtout le second, un excellent courtroom drama avec un Jimmy Stewart impérial. Hâte de découvrir le reste de sa filmo si elle est du même tonneau.
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 13 janvier 2011 - 23:07

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Plutôt sympa ce film, dommage qu'on sente qu'il manque cinq bonnes minutes de tension à la fin car c'est un poil trop précipité (et autant dire que j'aurais aimé une fin plus sombre :mrgreen: ) sinon c'est plutôt classique en tant que bon film noir, le petit retournement au milieu était vraiment le bienvenu cependant et redynamise plutôt bien le film.
C'est dommage que le coupable était assez vite cramé quand même de ce côté la ça manquait franchement de suspense mais bon c'était plutôt bien écris et ca s'étalait pas des masses (1h23).
Gros plaisir niveau casting de revoir Vincent Price et Gene Tierney ensemble (elle atteint un niveau de tichoute indécent cette fille), il fonctionne super bien à l'écran je trouve, hâte de voir péché mortel du coup que je vais me faire juste pour ça :mrgreen:
Dana Andrews est plutôt bon aussi mais son perso est trop lice pour voir si l'acteur a quelque chose derriére, de toute façon je le reverrais dans Mark Dixon (avec aussi Tierney) et Crime passionnel avec la deuxième plus belle brune de l'époque Linda Darnell :P
Du côté de la réalisation de Preminger c'est plutôt bon, surtout vers la fin quand ça en devient hitchockien dans la forme, sinon c'est classique mais dans le bon sens du terme, bonne entrée en matière pour la découverte de ce réa, mais bon comme Wilder je compte pas me taper toute sa filmo qu'a l'air d'avoir quelques coins obscurs ou qui m'intéressent franchement pas.

5/6

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Cixi_Harkness 

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Posté 14 janvier 2011 - 00:10

Laura

Je l'ai vu il y a peu, je te remet mon avis

Pour ce qui est de l'histoire, je ne suis pas fan de film policier, mais je me suis laissé prendre au jeu. Les interrogatoires successifs faits de flash back sont tous passionnants, tels des morceaux de puzzle à remettre en ordre. Et le twist, qui ne manque pas de piquant, m'a donné un sentiment étrange mélangeant l'horreur, la panique, la joie…

Les personnages sont bien définit et restent fidèle à eux même jusqu'au bout. Gene Tierney est vraiment fantastique. Je l'adore. Une fois de plus on ne voit qu'elle. Mais Vincent Price est merveilleux pour lui donner la réplique.

Je ne connais pas Otto Preminger, sa réalisation m'a beaucoup surprise avec les plans en plongée ou contre plongée qui donne du volume à l'image. Les décors sont superbes avec beaucoup de détails, j'ai adoré le tableau ou l'horloge... Les musiques sont théâtrales, j'ai beaucoup aimé.

La réalisation rend le film envoutant. Le film est remplit de symbolisme, c'est magistral !

Exemples en photo de ce qui m'a attiré plus particulièrement

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Le fameux tableau, sombre, mystérieux... sublime

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Ici on y voit la fumée de cigarette qui estompe un peu Laura, donnant l'impression qu'elle est derrière un écran de fumée qui l'empêche de voir qui est réellement Shelby...


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Au moment de l'interrogatoire, ou elle passe de la lumière à l'ombre comme si elle démasquait se qui ce cache derrière les apparences.



#5 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 15 janvier 2011 - 11:09

Voir le messageCooper, le 13 janvier 2011 - 21:36 , dit :

Mais l'intelligence et la subtilité de ses films furent très souvent mentionnées, à une époque où les réalisateurs avaient la réputation d'être de simples "faiseurs", souvent incultes.


Où est-ce que t'as péché ça ?

Sur Dana Andrews, en plus de Marx Dixon et Fallen Angel, il joue aussi avec Henry Fonda et Joan Crawford dans Daisy Kenyon, un autre Preminger plutôt moyen et faussement catégorisé dans les sorties Film Noir de la fox.

Mais si tu te poses des questions sur l'acteur je te conseillerais d'essayer le doublé Fritz Lang L'invraisemblable vérité/La cinquième victime.
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#6 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 15 janvier 2011 - 11:16

C'est du copié collé de Wikipedia vu que je ne connaissais pas encore le réalisateur, c'était histoire de faire une présentation quoi :D

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 17 janvier 2011 - 22:44

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Excellent, pas du tout à quoi je m'attendais et c'était pas plus mal, c'est pas du tout un film noir ou un polar comme on peut lire partout mais ça touche plus au drame psychologique avec une Jean Simmons épatante en anti femme fatale qui ne réfléchit pas deux secondes et laisse plus ses impulsions prendre le dessus sur elle qu'autre chose (du coup ça rehausse le niveau d'intérêt pour Guy and dolls :D). La fin est juste jouissif et ça fait plaisir de voir une fin couillu qui va au bout du film sans concession avec une fin dark au possible pas comme certaines fins bisounours (oui Fritz Lang je m'adresse à toi). Mitchmum a une gueule bien charismatique, on est loin des têtes de Beau gosse de l'époque et ça change.
Sinon la réalisation de Preminger est juste mémorable avec deux scénes de crash automobile pour le prix d'une étonnante pour l'époque. C'est bon j'ai trouvé mon prochain marathon après Mankiewitcz.

6/6

#8 L'utilisateur est hors-ligne   BigBad&Mad 

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Posté 18 janvier 2011 - 21:01

J'ai ça en magasin:

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La rivière sans retour, 1954

Matt Calder arrive dans un camp de chercheurs d'or à la recherche de son fils, Mark. Le garçon s'est lié d'amitié avec Kay, une chanteuse de saloon. Le père et le fils rejoignent la ferme que Matt a construit pour eux. Weston, le petit ami de Kay, a gagné au jeu une concession sur un filon d'or et doit rejoindre Council City pour la faire enregistrer. Ils décident de descendre la rivière en radeau. Au niveau de la ferme des Calder, il se trouvent en difficulté et sont tirés d'affaire par Matt. Weston se rend compte qu'il ne pourra jamais atteindre la ville par la rivière, vole le cheval et le fusil de Matt et laisse Kay s'occuper de Mark et de Matt qu'il a blessé d'un coup de crosse. Sur ce, les Indiens attaquent et Matt, Mark et Kay doivent fuir par la rivière, sur le radeau.

Découvert à la télé, un après-midi, à l'époque où les chaînes du service public passaient assez souvent ce genre de film, en Technicolor et CinémaScope letterboxé, ce western de Preminger avait un certain nombre d'atouts pour marquer un esprit pré-pubère, mais ayant dépassé l'age de l'innocence... Principalement les deux point forts mis en valeur sur l'affiche: Marilyn Monroe et Robert Mitchum. A la révision, le film a conservé une grande partie de son charme.

L'histoire n'a rien d'original: ils sont confrontés aux dangers prévisibles (des rapides, des chercheurs d'or sans scrupules, des Indiens, encore des rapides), l'attirance grandit entre Matt et Kay, de façon tout aussi prévisible, et devient rapidement le pivot du film. C'est probablement ce qui a poussé Preminger à accepter le projet et il fait preuve à la fois de finesse et d'audace.

La finesse, c'est par exemple un simple regard soutenu, au début du film, alors que Matt vient de rencontrer Kay.

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L'audace, c'est l'érotisation, plus ou moins discrète:

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des deux stars, et avec Mitchum et Monroe il faudrait vraiment être un manche pour se vautrer. Et on a donc les deux scènes les plus mémorables du film.

Matt en train de frictionner énergiquement Kay nue sous une couverture pour la réchauffer.

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Ça la réchauffe...

Matt qui craque quand elle fait mine de flirter et se jette sur elle (avec un plan assez tordu filmé au niveau de la ceinture), la plaque au sol, et lui roule une pelle:

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La scène est assez brève mais bien réaliste, on y croit à fond, grâce à Mitchum, intense et déterminé, qui joue aussi, sans forcer, sur la menace physique latente qui est toujours présente chez lui.

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La scène se termine juste à temps, et de la meilleure façon, pour pas tomber dans le glauque:

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Ouf! S'il l'embrasse, c'est qu'il voulait pas vraiment la violer...

En dehors de ces deux moments hot forts, il y a beaucoup de bonnes choses dans la réalisation. Toute la séquence d'ouverture, dans le camp de tentes, avec des travellings qui se répondent. Toutes les scènes d'interaction entre les personnages. Preminger n'oublie pas non plus la rivière du titre et ses aspects symboliques évidents, et il en tire parti sans appuyer ses effets, à l'arrière-plan, quand il s'agit de dénoter un état d'esprit.

Mitchum est excellent dans tout le film, tout en retenu, ce genre de rôle de dur à cuire taciturne lui va à merveille. Marilyn est inégale, mais bon, c'est Marilyn. Quand elle est bonne actrice, elle est bonne, et quand elle est moins bonne actrice, elle est toujours bonne, non? :mrgreen: Son perso est aussi plus casse-gueule, plus spontané (comprendre qu'elle à plusieurs fois l'occasion de se conduire comme une idiote :rolleyes: ) et il y a des scènes où elle est excellente. Tommy Rettig est très juste dans le rôle du garçon, un gamin ni caricatural ni énervant, et c'est rare à toutes les époques. Rory Calhoun est parfait aussi en vaurien charmeur à la petite semaine. En fait, tous les acteurs, même ceux qui n'ont que deux lignes de dialogues, sont bien choisis et crédibles, au moins en VO (j'ai pas tenté VF, si elle est d'époque, elle doit être passablement nasillarde. Bref, malgré les apparences, c'est pas pour moi un trip nostalgique du style ce film qui a marqué mon enfance. Bref, fin du HS.)

Il y a aussi de beaux paysages, des chansons qui plairont pas aux fans de métal ou de techno, ou de génériques à la Besson mais qui s'intègrent très bien dans le film, des bagarres pas très convaincantes (surtout celle avec un cougar :lol: ) même si Mitchum est crédible quand il colle une beigne, pas vraiment de suspense, des trucages d'époque (les transparences, mais c'est pas gênant, je trouve), une fin convenue mais qui a l'avantage d'être pliée rapidement et pratiquement sans dialogues.

Il parait que le tournage a été catastrophique, avec des engueulades constantes entre Marilyn et Preminger, et ils ont tous les deux plus ou moins renié le film par la suite. Il est pourtant loin d'être mauvais. C'est pas un grand western, c'est peut-être pas un film majeur, mais sur l'ensemble du film (peut-être parce qu'il est court: 1h27, simple et linéaire), c'est une réussite et on prend toujours autant de plaisir à le revoir.

Et puis, bon... ROBERT MITCHUM ET MARILYN MONROE !!!! Voilà, quoi... Qu'est ce qu'il vous faut de plus?

:wub: :wub: :wub: :wub: /6

#9 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

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Posté 28 janvier 2011 - 04:08

Bunny Lake a disparu (1965)

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Une jeune américaine, Ann Lake, vient d'emménager à Londres avec sa fille Felicia Lake, surnommée Bunny Lake. Son frère, Stephen Lake qui habite déjà sur place, l'aide à s'installer. Lorsqu'elle vient chercher sa fille à l'école, Ann Lake ne retrouve pas Bunny. Stephen arrive pour résoudre le problème et à eux deux ils cherchent dans les tous les recoins de l'école, en vain. La police est rapidement contactée, avec à leur tête le Lieutenant Newhouse. Ce dernier, voyant les recherches ne pas aboutir, remet en cause l'existence même de Bunny Lake.

Après une série de productions prestigieuses à grands sujets et casting haut de gamme (Exodus, Tempête à Washington, Le Cardinal, Première Victoire...) Preminger exilé en Angleterre pour l'occasion revenait au thriller psychologique pur et dur avec ce brillant Bunny Lake is missing.

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Le postulat est simple, Ann Lake (Carol Linley) fraîchement installée à Londres dépose sa petite fille pour son premier jour d'école le jour de son emménagement mais, revenu la chercher quelques heures plus tard elle s'avère introuvable. Le récit part ainsi dans une direction mystérieuse tant la disparition semble inexplicable puisque personne ne semble avoir vu la fillette et qu'aucun accès possible à l'extérieur n'aurait été possible sans que sa présence s'avère manifeste. Preminger déplace le cadre du roman de Evelyn Piper de New York à Londres où il use largement de lieux existants pour fixer l'ancrage urbain de l'histoire. Dans une escalade cauchemardesque nous emmenant de la pleine journée à la nuit la plus inquiétante, la ville passe donc des coins pavillonnaire ensoleillée aux arcanes les plus sombres. Ce basculement se fait avec celui de la tonalité du film elle même puisque soudain les faits troublants remettent en cause l'existence même de Bunny et la santé mentale de Ann.

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Ce changement se sera fait progressivement par la rencontre de figure de plus en plus étranges. Une maîtresse d'école retraitée isolée et guettée par la folie, un voisin au ton doucereux mais à la perversité réelle tandis que les lieux traversés donnent dans le gothique baroque le plus prononcé comme ce magasin de poupée, cet hôpital au corridor tortueux et au sous sol menaçant. Le générique avec ses découpages enfantins aura donné le ton de ce qui s'avère une plongée dans les terreurs de l'enfance, faîtes de rencontres étranges et de lieux oppressants. Carol Linley (qui aura tourné précédemment Le Cardinal avec Preminger) offre une stupéfiante interprétation parfaitement sur la corde raide entre lucidité et schizophrénie. Laurence Olivier, seul personnage réellement la tête sur les épaules apporte un soupçon de lumière face à cet univers qui annonce les pires cauchemars orchestré par un Polanski, tout en bénéficiant dans ses audaces du travail de Hitchcock dans Psychose. Keir Dullea futur héros de 2001 est entouré de la même aura trouble sous des airs proprets. Preminger nous balade au fil de la santé mentale vacillante de Ann en plein doute, les gros plans saisissants de visages, les basculement d'échelles en plongée ou contre plongée laissant figurer un refuge dans l'enfance.

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N'ayant jamais craint d'aborder des sujets sulfureux, Preminger fait fort ici en faisant planer les spectres de l'inceste, l'infanticide et la pédophilie. La dernière partie est un sacré tour de force où un rebondissement inattendu nous emmènent vers un suspense diabolique où les peurs enfantines, la tonalité de conte offrent des situations dérangeantes et déstabilisante. Le ridicule n'est pas loin tant l'audace de Preminger est grande mais c'est la fascination qui domine grâce à sa mise en scène inspirée où il retrouve les accents les plus onirique de ses films noirs (la photo noir et blanc tout en ombres lourdes de menaces et de présence innommable, le tour de balançoire final assez incroyable) et l'interprétation fabuleuse. Etonnant que le film soit si oublié aujourd'hui, le suspense est au moins aussi anxiogène que Psychose et alors le méchant n'a pas grand chose à envier à un Norman Bates dans l'esprit dérangé. 6/6A noter pour les amateur de pop anglaise 60's une apparitions des Zombies (carrément crédités au générique) dont les paroles font directement échos à l'intrigue à divers moments.

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 29 janvier 2011 - 23:32

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Un peu déçu, franchement je m'attendais à mieux vu le début qu'étais bien sympa dans son genre ensuite c'est en mode automatique pendant 1h00 sans grosse vague jusqu'à la fin bien conne (oui je sais Prof :mrgreen: ), on est loin d'un visage bien doux dans le genre cynique. Ce qui est dommage c'est que le backround présente n'est jamais utilisé genre la filiation de Dixon avec son père aurait pu être sympa si exploité la on nous balance comme un gimmick et c'est du gros gâchis pour le coup et puis je parle même pas des grosse ficelles qui parsèment le film qui sont quand même assez hallucinante, non décidément ce Mark Dixon est une grosse déception et niveau casting j'ai pas retrouvé l'alchimie de Laura et autant j'aime bien Tierney quand son perso a de la consistance autant en potiche tout sourire elle perd tout son charisme.

3.5/6

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 08 février 2011 - 22:32

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Et on continue dans la descente (enfin bon j'exagère un peu :D) le gros probléme du film c'est que c'est bien pendant 50m avec la partie Darnell/Andrews qu'essaye d'arnaquer l'angélique Faye mais ensuite dés le meurtre de Darnall c'est complètement prévisible de bout en bout jusqu'à la fin bien ridicule (je veux bien que Faye soit un peu aveugle mais la elle est franchement conne de repartir normal avec Andrews sans aucune autre explication alors que l'autre a essayer de la baiser pendant tout le film ou encore l'autre qu'est arrêté par un film de province gras du bide, ouha vive l'escorte policière :mrgreen: ). Ce qu'est dommage c'est que le film regorgeait de bonne idées dans sa premiére partie avec les séances de spiritisme qui me rappelait un peu TWBB ou la foule populaire écoute d'une seule masse la voix de l'arnaqueur et l'ambiance "petite ville" était la bienvenue pour un genre de film qui se veut toujours urbain (dans ce que j'ai vu). En gros un Preminger bien mineur.

4/6

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 14 février 2011 - 22:30

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Ça explose 100 fois le témoin à charge de Wilder qui lui se contentait de finir sur des gros cliffs pour impressionner le spectateur avec sa galerie de perso bien caricaturale au possible, ici pas de ça, on suit une affaire sans grand envolés ou autre, on voit ça à hauteur d'homme (même si un doute subsiste toujours à la fin mais le spectateur décidera) et c'est juste passionnant malgré la durée de 2h40 qui peut rebuter au premier abord. Faut dire que le film a un argument de choc en la personne de James Stewart, ce mec a un charisme de fou (je l'ai vu dans un de ses premiers films récemment en me matant la saga "thin man", très recommandable au passage) et pourrait lire l'annuaire pendant 2h00 que ça m'intéresserait. Pour l'époque les thèmes abordés sont assez "osées" (d'ailleurs le film est classé UR, j'avoue que pour le coup je ne sais pas à quoi ça correspond vu que je croyais qu'après R c'était NC17 ou un truc du genre) et le viol est traitée sobrement (d'ailleurs jusqu'à la fin et même après on ne sais pas en quoi s'en tenir et la nature de l'angle de Preminger sur l'affaire qui est vrai au demeurant).
Le rendu judiciaire est très bien fait, le seul probléme que j'aurais c'est les rires "sitcomiens" à chaque blague qu'étaient assez lourd et pas très nécessaire, l'autre grosse force du film c'est que Stewart a un réel adversaire pendant le film avec ce procureur aussi bon que lui au jeu des petites basseses sans qu'on le déteste pour autant ce qui est trés bien écris.
Au final j'ai beaucoup aimé le film et après deux films moyen du bonhomme je suis content de retrouver du bon niveau.

5.5/6

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Cixi_Harkness 

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Posté 17 février 2011 - 10:02

Image IPB La rivière sans retour

J'ai eu le plaisir de voir le film hier. Je rejoint l'avis de BigBad&Mad, dont le post m'a donné une envie irrésistible de voir ce petit film. Les acteurs sont tous bons, les décors sont superbes, l'histoire qui reste assez simple permet de mieux développer l'histoire entre Kay et Matt...

Sur fond de western avec des indiens qui défendent leur terre et une nature belle et impitoyable, l'histoire qui reste assez simple permet de mieux développer la romance entre Kay et Matt...

Cette histoire entre un homme et une femme que tout oppose et qui arriveront à vivre ensemble le temps d'un voyage. La sensualité qui se dégage de ce couple qui se découvre une attirance est à la fois rassurante et bestiale mêlant les chastes caresses pour se réchauffer et la brutalité d'un baiser volé dans les bois.

Maryline, icône de l'époque, et que j'ai jusqu'alors connu pour sa beauté qui crève l'écran, joue avec cette faculté à faire rêver les Hommes. Pourtant, ici, sous cette beauté, on découvrira une femme de caractère pour qui les sentiments représentent plus que le paraître. Le film est rempli de symbolisme allant en ce sens tel que la valise que l'on voit partir au loin sur les flots et les chaussures qu'elle garde auprès d'elle dans un petit sachet usé, souvenir d'une époque où le paraître était son meilleur atout et qu'elle abandonnera pour privilégier la simplicité de la vie.

Otto Preminger, dont la façon de filmer très symbolique m'avait déjà interpellé dans Laura, nous livre ici une histoire ou la rivière est omni présente. Le danger et l'espoir qu'elle représente font d'elle un personnage à part entière. Elle est si effrayante et attirante, qu'elle représente même l'évolution du rapport entre le couple. Bien sûr, ils sont souvent sur le radeau affrontant les rapides, mais elle est aussi en arrière-plan lorsqu'ils sont à terre. Les moyens de l'époque pour nous la mettre en valeur sont bien utilisés. J'imagine qu'il s'agit la plupart du temps d'un film passant en arrière plan, ou de maquette, ou d'une piscine et le rendu est vraiment excellent.


"La beauté, ce n'est qu'à fleur de peau."

Ce message a été modifié par Cixi_Harkness - 13 mars 2011 - 14:51 .




#14 L'utilisateur est hors-ligne   Cooper 

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Posté 13 mars 2011 - 14:37

Bunny Lake is Missing:

Très bon film que nous sort le petit Preminger la, bon y a en effet un bon ventre mou au milieu mais le reste est juste impec, les vingt dernières minutes dans le genre fuck up sont juste jouissif et ça n'a rien à envier à un Hithcock comme disait Prof. Les thèmes sont assez fort et c'est bien foutu (j'ai pas envie d'en rajouter sur ce qu'a dit prof plus haut en fait et je l'ai vu y a deux semaines donc c'est plus très frais :P), dans le haut du panier du réa donc.

5.5/6

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

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Posté 10 août 2011 - 18:57

Bunny Lake a Disparu Otto Preminger - 1965

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Le film s'ouvre sur un merveilleux générique de Saul Brass donc déjà le film commence bien.
Bon petit film au script manipulateur que Hitchcock aurait put réaliser, et je me suis laisser prendre, au bout de 5 minutes me disait
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puis très rapidement c'est sur ce point que le film se fait car ce début était voulu en mettant le doute sur la pauvre mère, du coup ça remettait en doute ce que je pensais au début être un film peu subtile, quand le twist arrive me suis laisser niquer alors si j'avais penser que
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alors oui quand la fin arrive on se dit ah oue c'est juste ça mais au final on s'est fait promener avec brio par un Preminger en pleine forme.
L'enquête nous propose une galerie de personnage un peu bizarre entre la directrice d'école zinzin mais pas trop et le propriétaire pervers on a de quoi faire et la paranoïa est bien présente et puis c'est Sir Lawrence Olivier qui mène l'enquête avec dextérité ça rajoute encore un point positif, on pourra juste regretter un milieu de métrage un poil moins bon que le reste du film.

Le gros point fort du film est sans aucun doute la réalisation magistral de Preminger tout en plan séquence avec une caméra super mobile et des composition de plan très réussit et surtout l'ambiance qui s'installe petit à petit est une merveille ( par contre Preminger est aussi un très bon conteur d'histoire et il ne mise pas tout sur son ambiance, à coté de ça l'intrigue est très bien raconté et les personnages très bon ), le passage dans le magasin de poupée on se croirait dans un film d'horreur, l'évasion de l'hopital est un bon petit morceaux de bravoure et la fin avec les jeux enfantins quasi frénétique sont très réussit ( alors que c'est très casse gueule comme truc ) et le tout est filmé en scope, un magnifique N/B et dans un Londres très cinématographique.

J'ai été convaincu par la prestation de Carol Lynley ( qui au vue de sa filmo n'a pas fait la carrière qu'elle mérite ) avec un rôle plutôt casse gueule elle s'en sort vraiment bien en arrivant toujours à trouver les bonnes nuances sans tomber dans le trop ( car avec un rôle comme ça y avait moyen d'en faire des tonnes ), Laurence Olivier apporte tout son flegme et campe avec brio son personnage, Keir Dullea est ici bien moins soulant que dans 2001 :mrgreen:

On passe pas très loin du grand film
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et là je lâchais un 6, Preminger pour le moment j'en ai pas vu beaucoup mais celui là c'est clairement un de mes préférés, j'aime bien quand un réalisateur joue avec moi et essaye pas de me prendre pour un con.

5/6

A titre d'info le dvd ricain est dézonné et propose des stfr.

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