Sur une petite île japonaise isolée de tout, du nom de Tatsumiya, la vie semble s'écouler tranquillement jusqu'au jour où une entité gigantesque inconnue fait son apparition non loin de là et commence à attaquer l'île. Seuls les enfants ne comprennent pas ce qui se passe et sont rapidement évacués dans des abris souterrains. Les adultes quant à eux, savent comment réagir. En quelques instants, des champs de force sont activés autour de l'île et un véritable arsenal de guerre caché au milieu de la ville est déployé afin de faire face à cette entité qu'ils nomment Festum. Mais ces dispositifs ne semblent pas être en mesure d'arrêter la créature et les adultes n'ont d'autre choix que de réveiller un robot gigantesque, le Fafner, qui sera piloté par un jeune garçon de l'île, Kazuki Makabe. Au-delà des doutes sur sa capacité à piloter ce robot, Kazuki part combattre cette mystérieuse créature...


En regardant le pitch (et plus précisément le reste de la série), la première chose qui nous vient à l’esprit, est de voir les similitudes avec un classique de la japanimation : Neon Genesis Evangelion. De jeunes pilotes qui combattent des formes de vie inconnue dans des méchas surarmés. Cela ne vous rappelle rien ? La nouvelle série Xebec s’inspire beaucoup de celle de Hideaki Anno, aussi bien dans l’intrigue (voir carrément le visuel !) que dans la psychologie de ses personnages. De plus, on ratisse du côté de RahXephon (qui lui aussi piochait déjà chez Evangelion) ainsi que de Gundam Seed. En effet, le chara design est identique, le nombre de protagonistes donc d’intrigues secondaires est important, et enfin, la mise en scène des combats possèdent la même efficacité (là, on va pas s’en plaindre). Cela dit, il ne faut pas se leurrer, hormis un final dantesque, à aucun moment la série n’arrive à la cheville des ses aînés : si sur la forme, nous sommes proches de Evangelion, dans le fond, on en est finalement très éloigné : les questionnements existentiels de nos héros sont très sommaires... Et souvent traités avec une subtilité de la lourdeur d’un tank. Les mauvaises langues pourront parler de plagiat, mais pourtant, la série arrive, petit à petit, à disposer de sa propre identité aux fils des épisodes.
Soukyuu no Fafner s'inspire d'un poème épique allemand du Moyen âge, La Chanson des Nibelungen, que Richard Wagner adapta en un opéra (L'Anneau des Nibelungen) en quatre parties : L'Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des Dieux (plus de détails sur l’opéra [url=http://membres.lycos.fr/andros/o/ring.htm]ici) reste dans l’inspiration nordique dont baigne la série avec diverses envolées lyriques assez sublimes. Mais le must au niveau musical est sans aucun doute l’opening Shangri-La de Angela. La voix de la chanteuse japonaise ridiculise toute la génération de chanteuses françaises de ces 10 dernières années. C’est dire la puissance vocale et émotionnelle de celle-ci.


La majeure partie de l’histoire se déroule sur l’île et ses environs. Au début, le spectateur est très nettement dans le brouillard concernant les événements se déroulant dans le monde extérieur. L’histoire se concentre alors sur les habitants de l’île et plus précisément sur le groupe d’ados, chargé de combattre les Festum. Au fil des épisodes, nous découvrons de surprenants rebondissements, relançant toujours l’intérêt de l’animé. De plus, les auteurs n’hésitent pas à sacrifier des personnages pour le bien de l’histoire : [SPOILERS]la faible Shouko qui sauve l’île à ses dépends lors de l’épisode 6, Kouyou réduit à l’état de légume après l’épisode 9, ses propres parents prêts a le débrancher pour se débarrasser de lui, puis enfin toutes les morts violentes et tragiques de la fin ), nous découvrons rapidement que la Terre a été dévastée par les Festums. En sortant de l’île pour la première fois, Kazuki découvre des ruines d’une ville envahie par la végétation, derniers vestiges d’une civilisation presque éradiquée. Le côté paradisiaque/intimiste laisse rapidement la place à un univers post-apocalyptique où l’Homme n’est plus maître de sa propre planète.
Les nouveaux dominants se nomment Festum, des êtres dorés qui absorbent leurs ennemis. Déjà, rien que mot "absorbé" a de quoi faire froid dans le dos. En effet, le Festum a la sale habitude de vider sa victime de son esprit et ainsi le transformer en légume inoffensif. D’une voix semblant sortir du néant, ils posent tous la même question : "Etes-vous là ?". Répondre signifierait la fin de votre existence. Cette question n’est pas anodine dans le récit, puisqu’elle permet de développer une réflexion philosophique sur la notion d’existence. Tout au long de l’animé, les personnages "se cherchent", ils essaient de trouver un but à leur "existence" et de comprendre pourquoi "ils sont là" (voir par exemple Kanon dans l’excellent épisode 17). Kazuki, le héros de l’histoire, rappelle par beaucoup de points le Shinji de Evangelion, de par ses questionnements existentiels mais aussi avec la relation qui le lie a son père. Il est dommage, encore une fois, que les différents protagonistes soient peu intéressants au niveau psychologique. On retiendra tout de même Mizoguchi, un marine cool et légèrement blasé à la Solid Snake et Mamoru, l’otaku qui développe une seconde personnalité au combat.


Je n’en ai pas encore parlé, mais une des qualités indéniables de la série est sans conteste son animation. Celle-ci est souvent fluide et l’intégration des CGI se fait toujours de manière subtile (pas de "pleins les yeux" à la Gonzo). Revenons aussi sur le chara design. N’étant déjà pas fan de celui de Gundam Seed, je trouve celui-ci encore moins accrocheur. Les personnages se ressemblent tous et la présence de traits sous les yeux est une faute de goût assez incompréhensible (on dirait des poils !). Personne en France ne semble pour l’instant intéressé par la licence. Cela dit, il y a de forte chance pour que la donne soit changée, la série venant à peine de se terminer fin décembre. Il faut savoir aussi que le titre existe en jeu sur PSP (PlayStation Portable, je précise pour les deux du fond) disponible uniquement au Japon et aux USA. Un jeu plus que mineur selon les dires. Malgré ses défauts évidents, Soukyuu no Fafner se place tout de même largement au-dessus de la moyenne de la production nippone d’animé, tout en restant une oeuvre mineure puisque ne pouvant rivaliser avec ses sources d’inspiration.

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