Mad Movies: Ringo Lam - Cinéaste on fire - Mad Movies

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Ringo Lam - Cinéaste on fire

#1 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 30 juin 2005 - 18:12

Je suis loin de connaitre toute sa filmo mais d'après ce que j'en connais, je me permets quelques observations sur ce cinéaste majeur des années 90.

Etrangement pas de sujet pour celui qui reste l'un des meilleurs (le meilleur?) réalisateur de polars HK. Fort d'une carriére de 22 films le gars Lam à imposé sa marque sur tout le cinéma HK des années 90 en imposant un style de polars contemporains violents et apres -caractéristique de la production locale- mettant en jeu toujours les mêmes questions (comment en arrive t'on à utiliser la violence, la limite poreuse entre le gangster et le justicier, la trahison d'un camp envers l'autre, etc...). Rien de spécialement original à premiére vue, on pourrait dire la même chose de pas mal de polars HK, style OCTB, Beast Cops, les trucs avec Danny Lee...



Chez Ringo Lam cependant, ces thématiques se conjuguent toujours avec des considérations sociales et politiques assez importantes qui le mettent définitivement à part de ces collégues.

La différence avec le cinéma de Johnny To me semble assez flagrante, ce dernier me semblant plus porté vers un léger esthétisme, un recul un peu plus "contemplatif" sur ce qu'il filme, et son interet se porte plus sur le fonctionnement "institutionnel" des gangsters et de la police que sur les dilemmes moraux "basiques" qu'affectionne Lam.

Evidemment, visuellement parlant, Lam est a l'opposé total de Woo, même si les thèmes sont souvent les mêmes (amitiés au dela du statut social des caractéres, trahisons). Chez Lam on est totalement dans "l'anti-spectaculaire" en terme de narration et de violence (ca veut pas dire que les gunfights sont fait par dessus la jambe non plus), les personnages étant toujours pensé de facon intimiste et réaliste, se posant des questions morales simples mais essentielles et vivant dans un monde "réel" et pas glamour pour un sou, les éruptions de violence étant toujours du coup surprenantes et séches.

Visuellement, si le style de Lam est surement moins visible que celui de Hark, Woo ou To (et moins tape à l'oeil que pas mal de productions HK), il privilégie toujours l'efficacité et la cohérence face à son propos (inspiration vaguement documentaire, dans ta gueule, proche de la violence, souci d'un stylisme bien présent mais complétement épuré la plupart du temps) avec un découpage toujours ultra soigné, en témoigne sa capacité de faiseur consciencieux capables d'emballer des films comiques voire même en costumes, des séries B, et de transformer JCVD en acteur dramatique.


Deux images tirées de Full Alert

Si je devais rapprocher Lam d'un autre réalisateur ce serait William Friedkin (et Michael Mann, mais la seulement dans certains des thémes. To est bien plus proche stylistiquement parlant de Mann, même si Heat et Full Alert présente des similitudes voyantes), les deux hommes partageant le même gout pour le questionnement moral (qu'est ce qui sépare un flic d'un truand, le rapport à la violence) et un style visuel efficace et direct (Hunted, French Connection).

Au final Lam est l'influence majeure du polar HK avec John Woo, tous les films produits sur l'ile dans ce style semblant taper soit dans le style "dans ta gueule documentaire" ou le style "lyrisme emphatique" facon John Woo, même si sous l'influence de Johnny To, le polar HK semble avoir trouvé un "juste milieu" entre les considérations réalistes et l'emphase, en témoigne le succés de Infernal Affairs, dont le premier volet tourne principalement autour d'une lutte "RingoLamienne" et le second devient bien plus ample dans le style du Parrain 2.

Bon les films maintenant:

Lam commence à se faire connaître avec la réalisation de la série parodique d'espionnage Mad Mission en réalisant le quatrième volume de la chose (Vol.3 signé Tsui Hark). Il enchaîne tout de suite sur un des films majeurs de sa carrière, City on Fire en 1987, avec celui qui va devenir son acteur fétiche, la uberstar Chow Yun Fat.



Pour ceux qui ne le savent pas encore, City on Fire raconte l'histoire de Chow, flic spécialisé dans les infiltrations de gang de braqueurs et croulant sous le poids de la culpabilité de sa dernière mission. Il vit mal le fait de devoir donner les gens avec qui il devient amis et partenaires. Il est obligé de rempiler une nouvelle fois et devient membre d'un gang de dangereux cambrioleurs... Et cette fois ci il va pousser sa mission jusqu'au bout.
Chow Yun Fat livre une prestation hallucinée de flic rongé par la culpabilité dans ce film qui va imposer Ringo Lam et qui marque la naissance de son style, focalisant plus sur les détails et les états d'ames de ses personnages que sur l'action à tout crin même si il n'hésite jamais à nous torcher de forts beaux gunfights (ici dans le final). A noter aussi une belle prestation de Danny Lee, pour une fois jouant le braqueur et pas le flic facho…



City on Fire est aussi le film qui assurera la renommé de Lam en Occident, puisque Reservoir Dogs y rendra un hommage appuyé: histoire vaguement similaire, situations reprises (le final) voire copiés plan par plan (les deux flics abattus dans une voiture de police, même valeur de plan, même cadre, même situation).

Ringo Lam, qui à de la suite dans les idées (et puis à HK un filon ca s'exploite...) à l'opportunité de signer deux autres films "On Fire" qu'il va porter sur la prison et l'école, deux sujets sensibles. N'ayant toujours pas vu Prison on Fire et School on Fire (oui c'est MAL, va falloir que je fasse un tour dans le 13éme moi), je n'en parle pas extensivement., mais j’espère bien que des intervenants le feront (au hasard, Waco, Totoro qui vole, un Dictateur Subversif...).

L'autre polar majeur de la filmo de Lam c'est le magnifique Full Alert de 1997 (sorti en VHS chez HK Video, et qui aurait bien mérité une édition DVD :? ). Lau Ching Wan y interpréte un flic enquetant sur le meurtre d'un architecte par Francis Ng... meurtre "banal", mais qui cache en réalité plus, comme en témoigne la présence d'explosif chez le suspect. Lau Ching Wan tente de démêler les fils, mais lors du transfert du prisonnier, le convoi est violemment attaqué par des mercenaires taiwanais qui libéré ce dernier afin de réaliser un casse énorme...



Full Alert c'est juste l'un des meilleurs polars que j'ai vu dans ma vie, donc l'un des meilleurs de la décennie (forcément), ou la violence est toujours un drame. C'est difficile de dire comment mais on est complètement avec les personnages: le film s'ouvre sur le meurtre perpétué par le personnage de Francis Ng, un meurtre assez glauque. Lam se penche sur ce personnage de "gars ordinaire", diplômé, qu'on imagine citoyen modèle toute sa vie avant de vouloir autre chose, d’être heureux, d’être riche et de vivre autrement que dans le besoin. Mu par une volonté de ne pas rater sa vie et de devenir riche, quitte à commettre l'irréparable. En tuant l'architecte, il a franchi une ligne morale dont il ne peut revenir et des lors son destin est scellé. Il devra affronter le flic, quand bien même une certaine complicité (et rivalité) se crée entre les deux.




Sans tomber dans le pathos, Lam parvient à rendre les remords de ses personnages bouleversants, tant celui de l'architecte, bourré de remords et traumatisé par le meurtre "originel", que celui du flic, qui n'a pas spécialement envie de tuer qui que ce soit et est responsable de la vie d'autrui (celles des gens qu'il protége, de ses collègues, des suspects). Ce rapport à la violence est aussi montré avec les personnages des mercenaires (emmenés par l'acteur Jack Kao, habitué de Hou Hsiao Hsien), forcément plus acclimaté à cette dernière et vivant selon des préceptes totalement différents de la société "civilisée" (voir le châtiment qu'il réserve à ceux qui ne sont pas assez professionnels).



Porté par des acteurs tous excellents, ponctués d’une fusillade mémorable et d’un final émouvant, Full Alert est peut-être l’apogée de la carrière de Ringo Lam.

Il enchaîne sur The Suspect, un polar sympathique, ou un « type ordinaire » (Louis Koo), envoyé en prison encore mineur pour avoir participé à une fusillade violente alors qu’il était membre d’une triade, sort du trou. A peine dehors, son meilleur ami vient le chercher de la part du boss, le colle dans une chambre d’hôtel luxueuse avec repos du guerrier incorporé… Avant de trouver un lance-roquettes et de recevoir un coup de fil de son boss lui demandant d’assassiner un candidat à la présidentielle de l’autre coté de la rue ! Il refuse… et c’est son meilleur ami qui s’en charge. Bouc émissaire rêvé, trahi par son pote, poursuivi par la police (qui lui affirme mordicus que son boss est mort il y a plusieurs années), le suspect devient un fugitif, la pièce centrale d’un vaste complot politique incluant un éminent conseiller gouvernemental (Simon Yam) et les services secrets étrangers (Yu Rong Guang) et ou il essayera surtout de laver son nom, de se venger et de faire un trait sur son passé.



Vision déprimante d’un homme jouet de déterminismes qui le dépasse et de son passé, situé dans un pays imaginaire qu’on devine situé dans le Pacifique (Asie du Sud Est, Amérique du Sud) , le Suspect est un polar haletant constituant en une longue course-poursuite. Encore une fois, le poids du passé, des morts, et des trahisons pèsent sur les personnages, désireux de s’affranchir de leur condition et de leur « nature » (qui résulte plus de la société qu’autre chose). Méconnu, il mérite d’être vu.

Ringo Lam enchaîne ensuite avec The Victim, mixture de film fantastique et de polar avec une nouvelle fois Lau Ching Wan dans le rôle principal (pas vu) qui prouve que Ringo Lam est aussi capable de sortir de son carcan habituel.



Comme en témoigne le moyennement célèbre Full Contact (1993), qui nous conte l’aventure de Jeff (Chow Yun Fat), voyou au grand coeur, obligé de participer à un casse organisé par le tordu Judge (Simon Yam, en plein surjeu) et sa bande pour éponger la dette de Sam (Anthony Wong). Jeff se fait doubler par Judge, est trahi par Sam, qui se sentant coupable, protége la petite amie de Jeff… Avant de se maquer avec elle.
Oui mais Jeff n’est pas mort. Estropié, recueilli par un moine, il se rééduque et reviens à la vie avec la ferme intention de se venger.

Au-delà du mauvais goût prononcé et de la vulgarité de la chose (Judge est un bi pervers avec des accès grande folle attiré par Jeff, dans sa bande y a un molosse et sa copine qui à le feu au cul…) qui ont rendu le film populaire auprès des fans de Cat.III, Full Contact est 100% un film de Lam, se centrant essentiellement sur l’amitié décu entre Sam et Jeff et la trahison du premier et de ses remords. Si le style est un peu plus flamboyant que d’habitude, on reconnaît assurément la paternité de la chose.

A l’occasion, Ringo Lam s’est aussi aventuré dans d’autres domaines. Il co-réalise avec Tsui Hark un excellent Jackie Chan (et Maggie Cheung) intitulé Twin Dragons et qui reprend l’argument comique connu : deux jumeaux séparés à la naissance (Chan et Chan donc), l’un devenant un virtuose du piano et l’autre un mécanicien de basse extraction. Un argument source de nombreux quiproquos. Une bande fort agréable tapant avec un même bonheur dans les gags « éculés » de ce genre de situation classique et dans des bastons bien torchés dont un final dans un garage mémorable (et ou Tsui et Ringo font un cameo). Un film commercial mais qui vaut bien des « œuvres d’artistes »… (dispo en VHS chez HK)



Plus étonnant, le Temple du Lotus Rouge, seul film de kung-fu en costumes de Ringo Lam, qui tranche sensiblement dans sa filmographie, lui permettant d’exprimer (ou alors faut il y voir la patte de Tsui Hark producteur) un univers visuel sombre et baroque, dans une prison mandchoue extravagante, pleine de combattants étranges, de piéges serialesques (les Bouddhas truffés de fusils !), et dirigés par un taré queutard sadique se battant à coups de pinceaux et de peinture! Un film assez marquant et sombre (finalement pas très eloigné du ton général de ses films) et dans lequel Ringo Lam montre une certaine aisance. L’univers visuel riche et quelque peu différent de celui généralement mis en branle dans les productions Film Workshop de la grande époque laisse penser que Lam est le géniteur principal du métrage. (Dispo sur la Saga du Kung Fu 3 chez HK en DVD)

Sinon on peut aussi évoquer rapidement les trois films avec JCVD (Risque Maximum, Replicant et In Hell). Si Risque Maximum est très médiocre –la production a imposé un happy end- mais regardable, Replicant et In Hell compte parmi les meilleurs films de sa star. Replicant est une série B efficace, pleine de cascades efficaces et qui met en scène le fameux thème de la gémellité cher à Van Damme, ici articulé de façon cohérente autour d’une reflexion sur les origines de la violence (le meurtrier et son clone, qui n’est pas psychopate, et que Rooker essaye de conditionner à travers l’éducation). Lam, comme un poisson dans l’eau, arrive à tirer le maximum de JCVD et nous pond un personnage de flic comme il les aime avec ce bon vieux Michael Rooker.

In Hell traite une nouvelle fois du même sujet, ce moment où l’on cesse d’être un « civilisé » et ou on bascule dans la violence, Lam mettant une nouvelle fois en scène un ingénieur plongé dans un monde qui le dépasse (Le personnage de Francis Ng dans Full Alert est un ingénieur, comme celui de Lau Ching Wan dans The Victim). Plus d’opinions sur le sujet correspondant ici

Voilà pour un premier tour rapide de ce cinéaste majeur du polar contemporain. Ringo Lam c’est bon, mangez en !!!
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   roboris45 

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Posté 30 juin 2005 - 19:10


Le temple du lotus rouge est le seul film que j'ai vu de ce cinéaste...

La première demi-heure est tellement riche, cullotée et spectaculaire que l'on croit atteindre le climax du film lors du premier affrontement entre le héro et son ancien compagnon shaolin traître... pourtant encore 1 heure et des poussières d'images baroques (le méchant très colonel Kurtz) et de combats spectaculaires (notamment contre la femme amoureuse du shaolin traître).

A voir et à revoir pour y croire smile.gif ...

#3 L'utilisateur est hors-ligne   davidemge 

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Posté 30 juin 2005 - 19:25

je savais pas qu'il avait fait des films, le copain de Sheila !

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Waco 

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Posté 30 juin 2005 - 22:25

Yep, pas de topic exclusivement consacré à la filmo de Lam mais une amorce de débat avec Ding On ici  :arrow:
http://www.mad-movies.com/forums/viewtopic...ngo+lam&start=0
:wink:

Bon bah que dire si ce n'est que je suis bien d'accord avec LMD lorsqu'il parle de la touche bien particulière de ce réalisateur : un traitement tout en brutalité sèche mais non dénué de sentiments, en phase avec la réalité trouble du terrain. Et c'est justement bien ça que j'aime chez lui, cette volonté de nous faire ressentir l'absence de barrière clairement définie entre le bien et le mal, un discours ultra-réaliste, pessimiste même, régulièrement servi par une mise en scène nerveuse très efficace qui prend souvent le spectateur par surprise avec son lot de séquences chocs. A son crédit aussi, la direction d'acteur dans laquelle il se montre très à son aise. Il suffit pour s'en convaincre de constater le boulot effectué avec JCVD.

Pour mon top, je ne ferais pas bien original et citerais bien naturellement le génial Full Alert (il. faut. voir. ce. film.) et le City on Fire (mon premier Lam). Je n'ai pas vu School on Fire donc je ne pourrais malheureusement pas en dire grand chose (carrément rien même sauf qu'il a la réputation d'être le plus sombre des 3 "On Fire").Vu Prison on Fire par contre : un vrai film de prison avec ses codes donc, où l'on retrouve un Tony Leung en jeune naïf plongé dans l'enfer carcérale et surtout un Chow Yun-Fat qui nous fait un vrai festival dans la peau du mec à qui on ne la fait pas. Le ton y est moins désespéré que d'habitude (pour un Lam), c'est beaucoup moins intense que City on Fire (tourné la même année je crois) mais il n'empêche que cette petite chronique au quotidien de la vie en taule se laisse suivre aisément.

Sinon, je me rend compte que j'ai à peine vu la moitié des films du monsieur (9 / 10 à tout casser) et qu'il me reste donc un sacré boulot à abattre (faudrait déjà que je chope le Victim qui a reçu le label de qualité par Ding On et Fraggle).

#5 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 02 juillet 2005 - 17:03

Je viens de revoir Full Alert.

C'est toujours la même claque. J'en chialerais presque à la fin, c'est dire.

C'est vraiment un film qui ne paye pas de mine visuellement. La réa de Lam est comme souvent parfaitement furtive (et ce n'est pas un mal franchement, ca favorise l'immersion), ca raconte des choses très simples: un casse tout ce qu'il y a de plus "banal" (pas de truc virtuose et fou à la Cercle Rouge ou Ocean's Eleven ici...), un flic angoissé par son affaire, des gens rongés par le remords. Il n'y a vraiment rien de fonciérement "spectaculaire" dans le sens qu'on peut l'entendre, a part peut-etre la poursuite en bagnole (et encore on est pas dans Bad Boys 2 là). Juste des gens qui prépare un casse et d'autres qui veulent les arreter, ce qui se traduit par 7 morts au long du film (Pour donner un ordre d'idée, Die Hard c'est 21 morts environ et Commando plus de 75, oui je me suis amusé à compter une fois). A l'échelle de la vraie vie que nous connaisons, tout cela est énorme, mais on est tellement habitué à des spectacles fictifs... est ce que cela suffit à impressioner le spectateur d'aujourd'hui?

Pas de mouvements de caméra maousse, pas de fusillade géante, que des trucs simples. Lau Ching wan qui se rase, qui met son gilet pare balles. Une fille qui va acheter des passeports frauduleux. Un flic qui joue aux courses.

Pareil au niveau de l'aspect visuel: y a rien qui paye de mine dans ce film. Lau Ching Wan arbore une coupe et des chemises que même la plus ringue des séries policiéres américaines n'utilise plus depuis 20 ans. Ca se passe dans des chambres insignifiantes, dans des dupleix de tour, dans des bureaux gris.

Et pourtant c'est juste bouleversant ce film.
Cette plongée dans la normalité la plus médiocre ne fait que ressortir d'autant plus les accés de violence et les moments de tension, qui arrive sans crier gare et qui montre à quel point ces personnages prennent à coeur ce qu'ils font. La séquence la plus emblématique du film c'est surement celle ou Kwan (Francis Ng), le "bandit", bloque Pao (Lau Ching Wan) dans une allée pourrie, le menace de son l'arme, ne peut résoudre a le tuer, l'assomme, prend l'arme de service et la colle dans une poubelle pleine de flotte et absolument dégueulasse... Et Lau Ching Wan de se relever et de mettre le bras dans cette poubelle, avant de la renverser pour fouiller au milieu des ordures à la recherche de son arme 8O

Sinon tous les accés de violence sont soudains et absolument imprévisibles, comme dans la vie donc. Lam utilise à merveille les cadres et ce qui est hors champ ou pas pour créer la surprise sur la violence, ou tout simplement les éléments ne sont tous simplement pas introduits avant qu'il 'nintervienne concrétement dans le champ. Elémentaire mais foutrement efficace et novateur. Contrairement à ce qu'on habitué a voir, les victimes et tueurs ne soliquoquent pas dans le vide: une fois que le meurtrier s'est décidé, il frappe.

Le perso du flic est ramené à echelle humaine: il perd son sang froid à de nombreuses occasions, au risque de tuer un innocent (qu'il ne pourra pas se résoudre à abandonner, même pour attraper Kwan, chose pour laquelle on à vu qu'il est prêt à aller très loin). Il engueule injustement un de ses hommes. Il est incapable de réagir quand deux de ses hommes sont gravement blessés, et la aussi les flics s'occuperont d'abord de leurs blessés plutot que de continuer la poursuite.

J'ai lu dans une critique que tous les plans de Full Alert sentait la détéstation de la mort. C'est exactement ça. Personne n'aime ça, surtout quand il s'agit de la donner. Et pourtant tout pue la mort dans ce film.
Ces gens existent, ils ressemblent à ceux qu'on croise tous les jours dans la rue, le métro, dans les salles d'attente. Et quand ils meurent, c'est pour de vrai.

PS: Je viens de me rendre compte que j'avais déjà School on Fire et Prison on Fire en VCD 8O Ca m'apprendra à acheter des trucs comme un taré. J'ai aussi acheté aujourd'hui Undeclared War et Looking for Mr.Perfect. J'en parlerais de tous ces films... quand je les aurais vus.
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#6 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 06 juillet 2005 - 15:16

Je viens de voir Undeclared War, sorte de co-prod vaguement internationale sur une traque au terroriste international adepte du déguisement (Vernon Wells... Moins ridicule les déguisements que Le Chacal ou Le Saint en même temps) par un flic (Danny Lee) et un agent de la CIA.

Beaucoup d'action mais peu d'interet dans ce film mineur qui ne retrouve pas la simplicité ou la qualité de la plupart des réalisations de Ringo Lam: personnage archétypaux, buddy movie classique et peu original, peu d'empathie du spectateur, questions de géopolitique réduite à une peau de chagrin. Même Rosamund Kwan y est invisible, c'est dire.

Tout juste retiendra t'on quelques éléments: une violence hors normes, quelques idées (un mec utlisant ses verres de lunettes comme arme, idée reprise par Tsui Hark de maniére plus fun dans le délirant Piege à HK) et le fait que le prégénerique se déroule à Varsovie, ce qui semble dénoter un petit interet de Lam pour cette région (avec la toile de fond d'In Hell)
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#7 L'utilisateur est hors-ligne   palplathune 

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Posté 06 juillet 2005 - 21:13

CITATION(LMD)
Même Rosamund Kwan y est invisible, c'est dire.


Pas sur que ce soit un argument ça, parce qu'elle a beau être mignonne, niveau talent d'actrice, elle monte pas haut.

Perso, je trouve le film meilleur que sa réputation désastreuse le laissait à penser. Ca reste mineur bien sur mais également très regardable.
Dans le registre des films HK à vocation international, il s'en sort plutôt bien.

#8 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 07 juillet 2005 - 01:55

Note je l'ai vu en entier. J'ai pas trouvé ca palpitant mais c'est regardable...

Rosamund Kwan n'est pas une très grande actrice mais elle est assez jolie et elle existe facilement à l'ecran d'habitude. Tu lui files deux trois trucs à faire de facon maladroite et la le public la prend en sympathie d'office. Je trouve que son role est juste totalement... inutile dans le film.
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#9 L'utilisateur est hors-ligne   palplathune 

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Posté 08 juillet 2005 - 00:39

CITATION(LMD)
Rosamund Kwan n'est pas une très grande actrice mais elle est assez jolie et elle existe facilement à l'ecran d'habitude. Tu lui files deux trois trucs à faire de facon maladroite et la le public la prend en sympathie d'office. Je trouve que son role est juste totalement... inutile dans le film.


Jolie oui, qu'elle existe facilement à l'écran, je suis moins convaincu. A ce titre, les OUATIC sont vraiment une exception. Un film comme Armour of God est plus représentatif de son style : Celui de la potiche de service. Ce qui correspond une nouvelle fois à son rôle dans Undeclared War. Et quand elle a plus à faire, elle n'y réussit pas forcément (pathétique dans Mighty Baby par exemple).

#10 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 12 août 2005 - 11:14

Ouaf, alors j'ai vu School on Fire et Prison on Fire, tous les deux terribles, mais je garde mes impressions pour le dossier que je rédige en ce moment pour le site...

A ce sujet, je recherche des captures d'écran de Full Alert, Le Temple du Lotus Rouge, voire Twin Dragons (un peu plus de 200 pix de largeur).

Merci d'avance.
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#11 L'utilisateur est en ligne   Sanjuro 

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Posté 12 août 2005 - 19:54

Le 25 Août en DVD chez IVL (import Hong kongais):
Le coffret réunissant les 3 "on fire" avec Chow Yun Fat (image et son remasterisés).











Supaire ! biggrin.gif

Source: HKmania

Voila
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#12 L'utilisateur est hors-ligne   Clint 

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Posté 12 août 2005 - 22:01

Je connais pas assez la filmo de Lam pour déblatérer mais City on Fire et Full Alert c'est évident que dans le style hard-boiled, ça se pose là.
Et puis il faut bien dire qu'un réal capable de faire 3 films sympatoches avec JCVD, ça saute aux yeux que c'est un bon  :lol:

#13 L'utilisateur est hors-ligne   Dirty Flichty 

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Posté 12 août 2005 - 23:05

CITATION(Ding On)
Le 25 Août en DVD chez IVL (import Hong kongais):
Le coffret réunissant les 3 "on fire" avec Chow Yun Fat (image et son remasterisés).

C'est con que le coffret ne propose pas School on Fire. Parce que bon, Prison on Fire II est sympa mais là ça aurait été ultime.
Mais puisque Dionnet a les droits, patientons.
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#14 L'utilisateur est hors-ligne   blade runner 

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Posté 12 août 2005 - 23:45

CITATION(Ding On)
Le 25 Août en DVD chez IVL (import Hong kongais):
Le coffret réunissant les 3 "on fire" avec Chow Yun Fat (image et son remasterisés).


Alléchant mais tout cela n'a surement  pas de sous titre Fr . :cry:

#15 L'utilisateur est hors-ligne   LMD 

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Posté 13 août 2005 - 00:18

School on Fire n'existe pas en DVD même à HK, surement parce qu'il a fait scandale et un bide retentissant... L'absence d'acteurs bankables à surement fini de convaincre les éditeurs DVD de preferer POF2 (avec Chow Yun Fat, qui apparait dans les autres films) à SOF.
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