
C'est l'heure du duel !
1996. Kazuki Takahashi, passionné de jeux de société (notamment Magic) et auteur de bandes dessinées jusqu'ici anecdotique, se lance, à la suite d'un voyage en Égypte, dans sa première histoire à succès, tournant autour d'un jeune garçon possédé par l'esprit viril d'un ancien Pharaon.
Le dénommé Yugi Moto, se transformant par les nuits sans lune en ce "Yami Yugi" (fantôme surgi d'un Puzzle du Millénaire), va dès lors oublier un peu son bon cœur et défier des malandrins, les voyous qui maltraitent ses amis. S'ils perdent aux jeux que Yami leur impose, ils connaissent une sinistre destinée, sombrant dans la démence, devenant aveugle ou voyant carrément leur âme pulvérisée.

L'innocent Yugi... et Yami, sa part d'ombre.
D'un côté et de l'autre de l'adolescence...
Très vite, un jeu de carte, Duel Monsters, au départ anecdotique, devient l'égérie de la BD et l'emporte en un arc narratif épique, constitué de tournois et d'affrontements légendaires, avec pour enjeu le destin de l'humanité toute entière...
TEMPS MORT. Ce sujet n'est pas destiné à parler de Yu-Gi-Oh, TRÈS MAUVAIS manga et série animée PIRE ENCORE.
Non, ici, on va plutôt se préoccuper de Yu-Gi-Oh The Abridged Series.
Phénomène de société internautique aux États-Unis, encore largement inconnue chez nous, la Série Abrégée fonctionne selon une formule simple : on prend une très mauvaise série, mais alors, une très très mauvaise série, si mauvaise qu'elle en devient drôle, un nanar, en somme, et on la détourne. On respecte plus ou moins sa continuité d'origine, les noms originaux des personnages, la mythologie... et on les caricature, on les ridiculise, on souligne toutes les incohérences histoire de bien en rire.
Ce format est idéal pour permettre de découvrir des univers, même les plus médiocres, sans avoir à se taper une série de 115 épisodes.

Seto Kaiba, l'arch-némésis de Yugi et Yami.
Quant à son design, la direction de la Kaiba Corp se refuse à tout commentaire.
En ce qui concerne Yu-Gi-Oh, le gain de temps est colossal, un épisode de cinq minutes en moyenne compresse un ou plusieurs épisodes de vingt minutes.
Au total, en quatre heures d'Abridged Series (si on est assez fou pour se taper l'intégrale d'une seule traite), on a l'équivalent de plus de trente-trois heures de la série originelle.
LittleKuriboh, l'auteur de la parodie, a un sens de l'humour très riche et absurde (niveau Monty Pythons, avec plus d'acide et une nette connaissance des clichés de la japanim'), il renouvelle constamment l'essentiel du matériau comique tout en préservant une cohérence dans les personnalités (à peine) caricaturales des différents personnages. Et rien ne l'arrête. Mauvais jeux de mots, trucages graphiques, présentation brutale des autres séries Yu-Gi-Oh encore plus ridicules, c'est un vrai festival qui ne recule devant rien.
L'auteur restructure aussi un peu l'exposition de la mythologie Yu-Gi-Oh, la dynamisant et la rafraîchissant d'autant plus, et rendant tout léger, facile à digérer. Derrière l'entreprise, on devine un grand amour tordu pour Yu-Gi-Oh, mais un amour lucide, conscient de toutes les failles (gigantesques) de la chose.
C'est du très très lourd, c'est du cultissime. Genre La classe américaine : le grand détournement, pour tous ceux qui ont le bonheur de connaître.
Nous sommes donc face à une parodie meilleure que l'originale en tous points : efficace, rapide, drôle, intelligente et sympathique. Grande valeur ajoutée, et le plaisir de découvrir la substantifique moelle (?) d'une centaine d'épisodes de Yu-Gi-Oh avec une immense économie de temps de vie.
Le premier épisode avec sous-titres français
L'intégrale des épisodes traduits jusqu'ici
La liste de tous les épisodes et leur rapport aux originaux
Yu-Gi-Oh The Abridged Series, le site officiel


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