
S.W.A.T. (Special Weapons And Tactics). Unité d’élite de la police. Agit en situations de crises majeures. La mission : escorter un redoutable trafiquant de drogue tout juste capturé, promettant cent millions de dollars à qui le libérera...
SWAT est peut être le film d’action récent le plus frustrant qui doit exister (merci Neal "PG-13" Moritz). Un concept mortel qui aurait dû transformer Los Angeles en terrain de guerre entre gangs surarmés et l’unité d’élite chargée d’escorter le bad frenchy (Olivier Martinez, pas crédible une seconde). Ca c’était le film envisagé par Zack Snyder à l’époque avant qu’il ne quitte le projet (il voulait du R-rated lui !). Mais non, l’illusion durera le temps d’une seule et courte séquence avec un convoi de voitures qui était en fait un leurre. Bref, cela ne veut pas dire que l’adaptation de la série Section 4 (SWAT en VO) est un ratage. J’aime bien le film, on ne s’emmerde pas trop, les personnages sont bien campés (Michelle Rodriguez en pittbull comme d’hab) et les fusillades sont lisibles. Bien que ce soit le premier long de Clark Johnson, le bonhomme se traîne déjà une sacrée carrière derrière lui, surtout à la télévision. Il a notamment réalisé 7 épisodes de The Shield (dont le premier et le dernier), 4 de The Wire, 2 de Sleeper Cell, puis on le retrouve sur NYPD Blues, Homicide, Law & Order, Nikita... D’ailleurs, ce n’est pas anodin si on retrouve pleins de seconds rôles de The Shield dans le film.
Le film est scindé en deux parties. La première est la constitution de l’équipe et l’entraînement qui s’en suit et la seconde est évidemment l’extraction du trafiquant "Ooooone hundred milliooooon dollars" (à prononcer avec un accent français). Et à la fin, on aimerait bien avoir une suite comme si on regardait une série. C’est un peu le problème de SWAT, son côté ouvertement télévisuel, aussi bien dans la forme que dans le fond. Bien qu’essayant d’opter pour une réalisation efficace type reportage de guerre à la Greengrass (sans tomber dans la shaky-cam que l’on connaît maintenant), la mise en scène de Johnson est très fonctionnelle et finalement peu inventive (le côté caméra à l’épaule c’est juste repris de The Shield justement). Mais qu’importe, elle reste lisible et fluide pour le bon déroulement de l’intrigue. Une intrigue très faiblarde finalement, car si la description du milieu du SWAT est précise et documentée (on retrouvera cela dans The Sentinel pour les services secrets), on sent un peu trop le côté spot de pub. La partie sur l’entraînement est bien trop longue et casse les ambitions de la seconde (la plus intéressante sur le papier). L’inénarrable David Ayer (Fast & Furious, Training Day, Dark Blue) et de David McKenna (American History X, Get Carter, Bully) ont un peu foiré leur coup même si le manque d’ambitions est sûrement à mettre au crédit de Moritz. Même avec 80 millions en poche, le film aurait pu être nettement plus spectaculaire. Toutefois, j’aime bien la confrontation entre les deux anciens amis (Colin Farrell et le toujours excellent Jeremy Renner), aujourd’hui ennemi. Même si, forcément, la psychologie des deux antagonistes se révèle très mince.
Même avec presque 120 millions ramassés au box-office aux USA, Neal Moritz ne lança pas une nouvelle franchise. Dommage, car le quotidien de l’unité d’élite pourrait donner des sacrées bonnes histoires. Peut être à la télévision, qui sait ?

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