Vu que le forum s'embrase sur les grandes oeuvres récentes du cinéma, de celles qui redéfinissent à elles seules tout un medium (POTC 3, tout ça...) on va en profiter pour continuer à causer technique, d'accord ?
Dans la série "ces trucs narratifs qu'on ne sait pas vraiment comment rendre à l'écran", j'ai toujours été fasciné par la représentation et l'insertion au cours d'un métrage d'évènements passés, mais éclairants. En clair, le fameux flashback.
Un peu tombé en désuétude, le flashback est un exercice relativement périlleux. Parfois nécessaire, souvent moins (lorsque le scénariste a terminé son script à la fin d'un mois principalement passé à claquer son avance en boite de nuit), le flashback pose un problème de représentation à l'écran. Il faut que le spectateur comprenne bien que l'on entre dans la mémoire du personnage, que l'entré et la sortie du "souvenir" soient clairement balisés.
Problème : au niveau technique, les moyens employés peuvent faire mal aux yeux. Résumons :
1) Le flou artistique : l'image est floutée sur les côtés, le début et la fn du flashback sont parfois marqués d'un petit accord de harpe du meilleur gout (du style qui fait passer la muique d'ascenceur pour du Slayer)...problème, c'est très indigeste, et ça peut se confondre avec une autre figure de style assez proche dans sa problématique : la séquence onirique, ou "scène de rêve". (cependant, le spectateur attentif fera bien la différence. La scène de rêve comporte un nain. Toujours. S'il n'y a pas de nain, c'est un flashback)
2) Un changement dans les couleurs. Histoire de bien souligner que les images appartiennent au passé, le réalisateur qui veut éviter le flou artistique pourra préférer une méthode plus discrète qui consiste a utiliser des couleurs un peu passée (parfois soulignées par l'utilisation d'un grain "pelloche super 8" ou quelques rayures sur la bande). S'il ne veut pas se faire chier, il mettra carément la séquence "flashback" en noir et blanc, et roulez jeunesse...
3) Le coup des "fantômes" ou le perso voit les évènements passés se dérouler devant ses petits yeux ébahis. (souvent, il en pleurera et tentera de parler aux fantomes...c'est bôôô)
4) Le morphing foireux qui transforme le décor (à la titanic..)
3) Bien entendu, le réal pourra jouer sur des trucs baucoup plus subtils comme le son (un léger écho), les perruques (qui rajeuniront discrètement l'acteur....cf dexter

), les accessoires (téléphones, voitures...) et toutes ces sortes de choses...
4) Plus coton, le pur effet de montage. Difficile. Un peu trop subtil, quoi. C'est pourtant, AMHA, la méthode la plus efficace. Par exemple, le réveil à l'hosto de "croix de fer"...ave un héros complètement stone qui "décroche" de la réalité. Superbe montage. Le flashback sont, pour le coup, de vrais flashes, presque subliminaux, et muets (si ma mémoire est bonne). Un sacré moment de maitrise cinématographique. Bon, le problème, c'est que pour le coup, il s'agit d'illustrer la perte de repètre du héros, sa confusion mentale. Ce genre de méthode ne pourrait pas vraiment s'appliquer à un flashback "explicatif", scénaristiquement signifiant.
A vous les studios : avez-vous des exemples de flashbacks particulièrement réussis, particulièrement foirés ? (qu'on rigole un peu...) Des effets de styles qui m'auraient échappé ? Des méthodes pour contourner le problème ? Des idées de génies ? Des flashbacks historiques ou mythiques ?
(ça va être grand !)
The bitch is dead.