hé me fait pas dire ce que j'ai pas dit, en grande fan de Romero j'ai rien trouvé à redire de la sortie du coffret... bien au contraire!!!!
Le seul problème, c'est que tant que le zombie continue à se vendre, on n'aura pas, comme tu le dis, que des films à la 28 jours plus tard, mais des ersatz de films de zombies, sans la dimension critique qu'avaient les chefs d'oeuvre de Romero... Lui même a dû constater que le sujet n'est pas inépuisable, car bien que ce ne soit pas une daube, Land of the Dead est bien inférieur à ses prédécesseurs... La dimension critique de l'Amérique (ouais je sais c'est facile de dire ça) a violemment été effacée au profit de plus gros effets spéciaux, plus de décors, et l'intrigue était clairement inexistante, si bien qu'au final ça m'avait laissé une impression de sous-film par rapport aux anciens, car si tous ses films de zombs traitent du sur-protectionnisme américain, celui ci m'a semblé sombrer dans une simplicité navrante. On partait d'une maison, pour aller dans un magasin, pour aller dans une station militaire, et hop on passe à la ville; et il a délibérément envoyé chier le contexte social pour se centrer sur des éléments indignes de sa franchise. Resultat, le seul personnage qui bénéficie d'un traitement particulier est Kaufman, tous les autres ont un charisme d'huitre... Si c'était un parti pris, là j'ai pas suivi.
Si Romero lui même ne s'était pas rendu compte que sa franchise était en pertre de vitesse, il aurait intégré land of the dead à son coffret, non? et que dire de ses déclarations sur son nouveau film, qui traite du même sujet? il a dit ne pas vouloir qu'on intègre ce nouvel opus à sa trilogie (donc du même coup il exclut LotD)
on nous file du zombie à bouffer depuis des années. rien qu'entre 1932 (White Zombie) et 1979 (Dawn of the dead) j'ai pu en recenser 21, et je suis encore loin du compte. mais force est de constater qu'entre, disons, la nuit des morts vivants, et la saga resident evil (sans vouloir cracher sur les gens qui apprécient) y'a quand même un rude fossé...
Doit-on s'attendre à voir le zombie squatter les écrans sans raison, à l'instar des vampires et autres goules, juste parce qu'en ce moment ça fait vendre?
Pas vraiment d'accord.
Le Zombie/Dawn, qui est le film-canon qui "définit" le genre et auquel tous les autres films sont comparés, est un peu particulier parce que plus "récent" que les autres films du même type et qu'il à été fait dans un contexte nettement plus politisé que les films Universal/Hammer. C'est à mon avis une erreur de considérer l'aspect politique comme faisant partie du mythe du zombie, même si ce dernier s'y prête bien. Ce qui fait peur dans le zombie, c'est d'abord l'aliénation (cf les origines vaudou ou il est plus question de vivant-morts que de mort-vivants, si vous me comprenez), ensuite ce que ca a de non-naturel et bouleversant de voir des morts qui reviennent à la vie (Un peu comme la créature de Frankenstein?), le cannibalisme (introduit/canonisé par Romero), un aspect de contamination foudroyante, et la chute quasi irrémédiable de la civilisation (contrairement aux autres grand mythes du cinéma fantastique) ou peut aller se nicher de la politique.
Bien sur les autres mythes ont connu des illustrations politisés, mais ce ne sont pas des films canons...
D'ailleurs même chez Romero cet aspect politique ("anti-capitaliste") apparait vraiment dans Zombie et LotD, il est la de maniére plus douce dans NotD (ou le fait que le héros soit noir était à la base "fortuit" même si de facto le film souléve un point politique) et DotD ou le questionnement reléve autant, si ce n'est plus, de considérations sur la nature humaine que le capitalisme en lui-même.
Et si l'on regarde l'immense majorité des films suivant Zombie, il en reprennent tout ou partie la mythologie et moult autres choses, mais beaucoup moins l'aspect politique (Dans l'Enfer des Zombies par exemple) qui est souvent réduit à l'origine de la contamination (produit toxique crée par l'homme, "incompétence" des autorités, ca s'arrete là), ce qui prouve à mon avis qu'il ne faut pas considérer cet aspect comme un élément de réussite ou non d'un film de Zombie, qui peut très bien fonctionner sur les éléments cités plus haut.
D'ailleurs à l'époque, soyons francs, la grande majorité des films de zomblards ne se sont montés que sur le fait de faire du pognon sur le nom du film de Romero (même si il n'y a pas de doutes que le film à surement fortement impressioné les esprits en proposant un spectacle vraiment angoissant), par exemple en Italie, et il n'empeche que certains de ses films sont devenus des dates importantes du genre (L'Enfer des Zombies, les Démons 1 et 2, etc...). En ce sens il ne faut pas s'inquiéter de la vague actuelle: Il y a à mon avis plus de chance de voir sortir des bons films quand il y a beaucoup de productions (pour un ratio de merde plus élevé, certes) de cette façon que lorsque il n'y a que sortie dans le genre de temps en temps. Ou pas.
Cependant, si il n'est pas forcément politique, le zombie-movie doit effectivement "choquer" et "questionner" justement parce que c'est un mythe essentiellement "contemporain": ses oeuvres majeures sont presque exclusivement des films, alors que le mythe du vampire vient de la littérature et permet en outre une certaine stylisation (gothique par exemple, c'est d'ailleurs sous cette forme qu'il à été "canonisé" au cinéma) et du glamour... A partir de moment ou on cause de cannibalisme, d'alienation, de "maladie", et de cadavres, c'est quasi-impossible de faire un film "esthétisant" ou "glamour": c'est sale, c'est crade, ca doit retourner les tripes.