Tesis Alejandro Amenábar - 1996
Un film sur le Snuff movie ça fait toujours envie ( faudrait que je revois 8mm que j'ai pas revu depuis le ciné ) ici Amenabar traite le sujet sans racoler ainsi la violence est beaucoup plus suggéré qu'elle n'est montré ( bon il aurait quand même pu en montrer un peu plus, un peu plus de glauque ça aurait pas fait de mal, il est radin là ).
Malheureusement le script est un peu trop prévisible et il accumule un peu trop de twist grossier : coupable, pas coupable, recoupable, plus coupable alors que clairement on devine facilement qui est le coupable, on sent pas passé les 2 heures mais par moment ça manque un peu de rythme et c'est un peu trop bavard, par contre y a un petit détail qui m'a échappé au début comment Figueroa connait l'existence de la K7 ?
La fin avec tout ces yeux rivé sur la télé ça fait pas vraiment dans la finesse, ça alourdit un peu le propos et c'est vraiment superficielle du genre vous voyez le pouvoir de l'image, dommage, par contre c'est vrai que le discours du professeur qui dit qu'il faut donner au public ce qu'il veut voir préfigure la vague de T-Porn qui a depuis déferlé sur les écrans.
Derrière la caméra Amenabar livre un travail très élégant qui fait penser à un mixe très réussi entre du De Palma ( en moins virtuose quand même ) et du Carpenter ( en plus comme Carpenter il fait lui même ces musiques ), seul petit reproche malheureusement ça fait jamais peur, a retenir la scène dans les couloirs éclairé à l'allumette foutrement efficace avec un gros travail sur le son qui rend la scène vraiment intense et claustrophobique ( ça encule à sec Blair Witch ).
Le casting tient bien la route avec un Eduardo Noriega qui s'est fait une spécialité de ce genre de rôle : le beau gosse psychopathe quoi ( par contre je le trouve assez limité niveau acting, à part ce genre de rôle je le trouvais guère convaincant ), Fele Martínez est un personnage ( très cliché fan d'horreur donc de hard rock ) auquel on peut facilement s'identifier ( il porte un tee shirt Cannibal Holocaust et crache sur le cinéma de son pays comme nous

) quand à Ana Torrent elle campe à merveille un personnage principal plus que convaincant son manque évident de charisme colle très bien à son personnage.
Parmi les fautes de gout on notera le poster d'un film pourri de Gugus Van Sant dans la chambre de Ana Torrent.
Pour un premier film c'était vraiment prometteur, Amenabar a bien confirmé depuis ( enfin sauf son dernier film carrément pompeux ).
4,5/6