Mad Movies: Ténèbres - Dario Argento (1982) - Mad Movies

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Ténèbres - Dario Argento (1982)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Kissoon 

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Posté 22 mars 2011 - 15:11

TENEBRES
(Tenebre)

1982 - Italie - Un film de Dario Argento
Avec : Anthony Franciosa, Daria Nicolodi, John Saxon


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" Peter Neal, un populaire romancier Américain spécialisé dans la série noire, se rend à Rome pour la sortie de son nouveau livre "Ténèbres". Dès son arrivée, plusieurs personnes l'ayant côtoyé sont sauvagement assassinées sur le même schéma que l'intrigue se déroulant dans son roman. L'inspecteur Germani, chargé de l'affaire, essaye de résoudre l'énigme ... "


Jusqu'à "Opera" (inclus) j'ai aimé, voir adoré, tous les films de Dario Argento. Mais de cette période où les films de Argento étaient très bons, un film sortait du lot : "Ténèbres". Je n'ai jamais trop su quoi en penser, trouvant le film à la fois fascinant et raté, et m'ayant toujours paru assez décousu (surtout qu'il me semble que je l'ai vu dans 3 versions différentes ...).

Je l'ai revu hier dans sa version non-censurée, et mon avis reste le même. "Ténèbres" n'est pas un film sympa, Argento n'ayant sans doute jamais été aussi misanthrope que dans ce film où presque tout le monde ment/dissimule/trompe. Un monde joli et moderne en surface, mais pourri de l'intérieur, où le sort réservé aux êtres encore sains et sincères sera cruel, et où les autres, les infâmes, finiront comme ils doivent finir : dans le sang.

C'est un film sur le refoulement. Refoulement de ses actes, refoulement de ses pulsions, et comment ce qui est refoulé ressortira d'une manière (l'art) ou d'une autre (le meurtre). Argento le dit clairement : les pulsions refoulées nourrissent l'art, comme elles nourrissent la mise à mort, et c'est donc dans la fusion des deux que se termine le film :
Spoiler


Pour rentrer dans l'esprit de son meurtrier, Argento ose une scène de flashback (qu'on pense au début être un rêve) qui emprunte les codes du porno. Faut voir comment il filme cette fille (jouée parait-il par un travesti ...), qui dévoile ses seins, puis agenouillée entre quatre hommes cadrés à hauteur de bite, et comment le tout se termine dans un acte de violence où la fille "pénètre" la bouche d'un mec avec son talon-aiguille. Des relents de porno et d'homosexualité refoulée, qui feront écho à l'interview de Neal par un présentateur télé un peu trop fasciné par son oeuvre ... là aussi le lien entre l'oeuvre d'art et ce qu'elle transporte de refoulé est manifeste.

Argento semble s'être identifié à son écrivain Peter Neal, ce qui en dit long sur l'état dans lequel il était à l'époque ...
Il filme avec talent les différentes scènes de meurtres, avec l'aide d'une photo très travaillée. Il n'hésite pas à manipuler ses spectateurs en filmant des plans n'ayant pour seul but que de brouiller les pistes (ex: l'avion de Neal qui décolle), comme toujours chez Argento la volonté de faire ressentir prime sur l'histoire à raconter.
C'est là que le film pêche, l'histoire Argento semble s'en foutre un peu, comme dans cette première demi-heure poussive où les personnages parlent et expliquent, filmés sans relief. La différence avec les scènes de tension est très nette, faisant de ce "Ténèbres" un film bâtard, sorte de routine policière réveillée par des scènes érotiques ou de violence outrée. Un rythme qui renvoie un peu aux pornos de l'époque, quoi ...

Heureusement ce qui se ressent derrière les images, ce refoulement pulsionnel, permet au film de s'élever au-dessus des thrillers habituels. Comme le dit Delelée dans le H.S. Mad sur Argento, le film précède "Basic Instinct" sur pas mal de points (et je ne parle pas simplement des meurtres inspirés de romans), à la différence que la pulsion sexuelle est assumée chez Verhoeven, là où Argento (parle-t'il de lui ?) la convertit en giclées de sang.

Un film étrange, au rythme bâtard, aux acteurs parfois mauvais ... mais très très fascinant.
Un vrai film malade.



PS: l'histoire semble décousue à certains moments mais c'est une fausse impression : en revoyant le film on se rend compte qu'il est linéaire, Argento semant qui plus est pas mal d'indices en cours de route.

PS 2 : les mains du tueur seraient, parait-il, celles de Argento lui-même ...

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"Je modère plus rien ici, ranafout" (OrsonZ, modo)

#2 L'utilisateur est en ligne   Scalp 

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Posté 22 mars 2011 - 15:15

Je reposte :

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Vendu sur le dvd Wild Side comme le Argento le plus violent pendant 1h30 je trouvais ça bien exagéré puis les 10 dernières minutes sont un tel festival grand guignolesque que le film mérite bien sa réputation ( avec notamment l'ex madame Berlusconi qui se fait couper le bras ).

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Suite a une mésaventure avec un fan Argento se permet via son personnage de l'écrivain une mise en abîme du giallo, il joue avec les codes d'un genre qu'il connait à la perfection ( il cite Doyle notamment : «Si on élimine toutes les solutions logiques d’un problème, les illogiques si impossible qu’elles puissent être sont invariablement justes...» ), le script tient bien la route avec une intrigue type du genre puis on a le twist qu'une fois de plus j'avais pas complétement vu venir car Argento a l'art de jouer avec nous et à chaque qu'on pense tenir le coupable la scène suivante on est contredit par la mort de ce dernier et on a pas un 1 mais 2 twist
Spoiler
, d'ailleurs l'enquête ne commence réellement qu'après 1 heure de film ( faut dire qu'on a 2 scène de meurtres très étiré qui bouffe quasiment 20 minutes de métrage et qu'on a aussi 20 minutes d'intro ), j'aime bien le passage ou Argento dit via l'écrivain que les passages chiant sont nécessaire à l'avancé de l'intrigue.
Le tueur sadique avec son rasoir, ses gants noirs et sa voix fait pensé un peu au tueur de l'eventreur de New York.
Ici on ne reconnait pas le Rome du Argento des 70's il n'y a plus de coté antique mais un coté plus froid avec des rues déserte où le danger peut surgir de n'importe où ( et hop on croise un doberman et on meurt ) et ce qui est bien dans cette ville de Rome c'est que toute les femmes ne porte pas de soutien gorge :mrgreen:

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Bien entendu le film compte son lot de morceaux de bravoure avec Argento qui nous sort des scènes de meurtre très réussi ( seul le premier est assez quelconque ) et on a même une course poursuite avec un chien très bien dressé qui donne une magnifique scène nocturne ou la photo est vraiment magnifique, le plan séquence qui précède le meurtre des lesbiennes est génial est pose une putain d'ambiance avec une caméra qui fait le tour de la maison de bas en haut en longeant le mur très lentement ce calquant sur les déplacements du tueur.
On retrouve aussi bien entendu les éternels scènes en caméra subjective et une fois de plus Argento les utilise toujours judicieusement.
Le fétichisme des armes et des talons rouge donne lieu a des plans magnifiques : Image IPBImage IPB
Dommage par contre que ce soit pas filmé en scope ( dans les bonus on nous explique pourquoi ils ont pas opter pour le scope )
Le casting est pas trop mal avec un Anthony Franciosa dans le rôle de l'écrivain menacé qui s'en sort pas trop mal ( enfin c'est pas du grand acting ), Giuliano Gemma en flic chargé de l'enquête et mine de rien avec 10 ans de plus par rapport à ces westerns il gagne en consistance, Daria Nivolodi madame Argento est moins bonne que dans Profondo Rosso John Saxon a déjà été bien plus convaicant, le casting féminin a clairement été choisit pour son physique et pas pour leur talent d'actrice et ça se voit.
La BO des Goblins est comme souvent très bonne ( ptet ma préféré même ).
Du giallo très hautement recommandable avec bon script, bon bodycount, des meurtres graphiques et ingénieux, et du nibard.
En attendant de voir Phénomena, Inferno et ces 2 premiers films, Ténèbres vient de rentrer dans mon top 3 Argento ( et ptet même number one ).

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Un petit mot sur le blu ray : la copie est très belle avec une définition assez poussé pour un film a petit budget aussi vieux.

5/6


#3 L'utilisateur est hors-ligne   clivethered 

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Posté 23 mars 2011 - 22:04

J"ai du voir ce film bien 6 fois comme suspiria et inferno on va dire et je m'en lasse pas!C"est linéaire,sanglant,froid...un des meilleurs Argento pour moi!

#4 L'utilisateur est hors-ligne   Gatsu 

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Posté 15 avril 2012 - 14:32

Pour une oeuvre de Dario Argento issue des années 80, c'est pas mal et plutôt de bonne tenue.
Visiblement, son cinéma déliquescent est intervenu juste après cet opus.
Comme d'habitude, le scénario et les personnages sont plus ou moins sommaire dans leur écriture, mais l'ensemble se suit sans déplaisir, vu que le rythme est bien géré.
L'intérêt du film réside surtout dans la mise en scène du "maître". Cette dernière réserve quelques bons moments, notamment les séquences de meurtres. C'est très graphique, surtout le final. En gros, tout ce qui est relatif au point de vue du tueur c'est du tout bon (plan séquence, passages en vue subjective,...).
Ce qui m'empêche d'être enthousiaste, outre le fait que l'enquête policière soit basique, ce sont les quelques situations kitchs pour ne pas dire ridicules, qui j'ai l'impression sont inhérentes à l'univers du cinéaste. Cette fois-ci pas de scènes foirées avec des animaux. Il y a ceci dit une attaque de doberman sur une adolescente, néanmoins j'y trouve rien à redire là dessus, vu que c'est bien emballé et crédible.
Pour finir, la musique des Goblins m'a plu, mais peut-être pas autant que l'actrice au poitrail généreux, qui se balade à demi-nue dans sa baraque.

4/6

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