Mad Movies: Aux Frontières de l'aube - Kathryn Bigelow (1987) - Mad Movies

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Aux Frontières de l'aube - Kathryn Bigelow (1987)

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Denchu Kozo 

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Posté 10 juillet 2003 - 10:08

Quand on attend depuis un bon bout de temps de voir un film que l'on vous promet mythique, autant dire que la peur de la déception est de mise au moment fatidique... Mon verdict serait donc que "Near Dark" est un grand et beau film, mais sans doute pas le meilleur de la réalisatrice.

Sur le plan thématique, c'est une véritable matrice, mais on pouvait aussi s'en douter sans l'avoir vu: l'oeuvre de Bigelow traite essentiellement du vampirisme au sens figuré, avec des héros pris dans une certaine forme de dépendance (des brulures de "Near Dark" à celle de "K.19", en passant par les transes parfois mortelles des clips de "Strange days", c'est une mème répercussion sur le corps). Il n'est donc pas étonnant de voir ses grands débuts sous le signe d'une véritable lecture personnelle du mythe. Situé en pleine amérique profonde, on serait tenté maintenant à comparer le film avec le récent "Vampires" de Carpenter, mais Bigelow s'éloigne encore plus des conventions. Pas de pieux ni une seul trace de gothique là dedans, la référence la plus évidente, s'il fallait en mettre une, étant "Mad Max".

Le début du film est proprement merveilleux, installant son histoire d'amour avec douceur et lancinance. Tombé sous le charme de Mae, Caleb suit la jeune fille jusqu'a attendre lentement sa morsure, le temps aussi qu'il se sente envahir par le monde de la nuit, qui le tiendra sous sa coupe. Le style visuel est absolument magnifique, chaque éclairage créant une émotion...

Le film est aussi chargé à ce niveau que les oeuvres de l'époque signé Steve Barron ou Russel Mulcahy, une certaine filliation avec le vidéo-clip, mais qui reste uniquement au niveau de l'esthétique. Dérrière, la réalisatrice fabrique des scène et pas seulement des images, montés frénétiquement ou agissant par gratuité. Et si comme dans le "Blue Steel" qui lui suivra, on ne retrouve pas encore la véritable maestria du mouvement, ou le sens de l'ampleur qui caractériseront les "Point Break" (qui fit de l'auteur la metteur en forme majeure du sentiment d'adrénaline) , "Strange Days" et "K.19", il y a dans ses premiers film un sens de l'embiance qui n'est plus aussi pure dans son cinéma d'aujourd'hui.

"Near Dark" est bourré de scènes sublimes: Caleb traversant son champs en cramant, les véritables scènes d'amour ou il se fait nourrir par Mae ( le personnage masculin est encore un enfant qui n'ose se nourrir par lui-mème, et le héros en revient toujours à se tourner vers sa nouvelle compagne), L'"Assaut" en pleins jours du motel des réfugiès... Le film fabrique des situations totalement inédites qui l'inscrivent irrémédiablement comme modèle du genre.

Le groupe des vampires est traité de telle manière qu'on se prend immédiatement de sympathie pour eux. Sous la direction d'un Lance Henricksen hyper charismatique, on entre dans leur logique de famille et de groupe... Le thème de la communauté va devenir récurrent aussi chez la réalisatrice. Et comme dans "Point Break", on s'attache à tous le "mauvais côté" que visite le héros, en y découvrant toute l'humanité et la détresse qu'il contient.

SPOILERS

A la fin de "Near Dark", Caleb sauve Mae du monde de la nuit de la mème manière que cette dernière l'y avait entrainé.
Une histoire d'amour à la base du film, qui en fait surtout un récit d'apprentissage. Le héros en sort plus adulte...

FIN DE SPOILER

La musique de Tangerine Dream est pour beaucoups dans l'hypnotisme que l'on a devant certaine scènes, mais je lui reprocherait d'être parfois inégale et un peu trops présente. Aujourd'hui, c'est surtout elle qui date un peu le film. C'est loin d'être aussi réussi que ce qu'a pu faire vangélis sur "Blade Runner".

Voilà, donc Filmo Bigelow:

The Loveless: pv
Near Dark: 5,5/6
Blue Steel: 4,5/6
Point Break: 5,5/6
Strange Days: 6/6
Le Poid de l'Eau: 3/6
K.19: 6/6



#2 L'utilisateur est hors-ligne   Tom 

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Posté 10 juillet 2003 - 11:07

La référence va plutôt du côté de La Horde Sauvage que de Mad Max... Enfin, je dis ça moi, je dis rien, hein...

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Denchu Kozo 

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Posté 10 juillet 2003 - 11:21

CITATION(Tom)
La référence va plutôt du côté de La Horde Sauvage que de Mad Max... Enfin, je dis ça moi, je dis rien, hein...


J'ai pas vu le film de Peckinpah, donc c'est plus naturellement Mad max qui m'est venu en tête.

#4 L'utilisateur est hors-ligne   mike hammer 

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Posté 10 juillet 2003 - 15:06

bizzare le fait que tu dise que ce film n'est pas le meilleur de la réal car honne^tement et je parle pour moi jamais la réal n'a réussi à atteindre une telle force. Near Dark et Blue Steel pour moi sont presque parfais ou l'ombre du grand peckinpath plane avec évidence.
jamais par la suite n'avait retrouvé cette étata de grace malgré leur imperfections.
Point break et strange days était des oeuvres ambitieuses, divertissante rempli de fulgurances mais on pouvait rester quand meme etre insastisfait dans le traitement des différents sujets.
Cette maturité me semble plus présente dans le récent k 19 qui fait preuve scénaristique bc plus évidente.
Reste que le sujet est 'moins nouveau' (toute proportion gardé) que l'originalité de near dark dont il ne faut oublier l'apport non négligeables de Eric red (également scénariste de blue steel et de Hitcher)

#5 L'utilisateur est hors-ligne   bradaviel 

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Posté 10 juillet 2003 - 15:19

personnellement je trouve que l'intensité de blue steel et de near dark, tant au niveau de l'unité visuelle que scenaristique, et meme si ces intensités sont elevées, font de ces films, des oeuvers plus monocordes que point break et strange days ou, justement, l'intensité, meme si elle est legerement moins bien rendue, a plus d'impact dans le sens qu'elle est contrastée par des moments plus leger, et visuellement plus variés, ce qui aide a la structuration du recit.( oula c'est long ca comme phrase ).


K19 revient a cette intensité monocorde, mais j'ai toujours eu du mal a ressentir un quelconque suspense sur les films historiques..
Mais ca c'est un autre probleme.

Quelqu'un a vu the loveless, sinon ?

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Tom 

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Posté 10 juillet 2003 - 15:22

Je n'ai pas vu ni Blue Steel, ni Le Poids De L'Eau (dont j'ai entendu le plus grand bien) et encore moins son tout premier mais je suis d'accord pour dire que Near Dark est certainement un classique de Bigelow. À mon sens, c'est l'un de ses plus aboutis. Point Break est à mon sens un film d'action pour djeuns mode... Swayze et Reeves me sortent par les trous de nez. C'est bien efficace, bien réalisé mais bon quand on a un sujet con...
J'avais entendu beucoup de mal de Strange Days et j'ai beaucoup aimé. Encore une fois une mise en scène trés brute, trés efficace mais la fin est bizarre je crois... il y aune pirouette ou un truc trés Américain qui m'avait énervé mais je ne me souviens plus de quoi...
J'étais trés excité à l'idée de voir K19 (j'adore les films de sous-marins) mais au final, j'ai été un peu déçu... C'est bien filmé, ample et tout, mais je trouve que la Bigelow s'est laissé aller à des élans de sentimentalisme et de dramatisation franchement exagérés : de la musique tout le temps alors que dans certaines scènes un travail sur les sons d'ambiance ou du silence aurait renforcé l'impact dramatique du film, des scènes larmoyantes poussées à leurs paroxysmes... Vraiment dommage car le film est plastiquement superbe !
Donc pour moi, de ceux que j'ai vu Near dark est LE classique de Bigelow avec ce mélange de violence à la Peckinpah, de scènes intimistes, d'horreur, de désespoir des personnages principaux qui se révélent finalment trés humains malgré leur barbarie (comme chez Peckinpah)... Et même si la mis en scène est encore un peu hésitante,une fin un peu convenue gnian-gniante, cela fonctionne trés bien, je trouve le film sobre, concis, beau crépusculaire...
Sur le dvd, écouter le commentaire audio de la belle Kathryn est un véritable bonheur : elle dit pas grand chose mais alors sa voix, sa voix... Superbe !

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Dr Rabbitfoot 

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Posté 10 juillet 2003 - 23:55

J'adore TOUT Bigelow, qui est à mon avis l'une des artistes les plus sous-estimées de Hollywood. Et si instinctivement j'ai tendance à citer "Strange Days", suivi de "Point Break", je me demande si ce "Near Dark" ("Aux Frontières de l'Aube" chez nous) n'est pas son meilleur film ...

Totalement d'accord avec ce qu'a dit Denchu Kozo, ce film regorge de scènes marquantes (celle du vampire "gamin" qui brule par amour, Mae qui nourrit son amant de son sang, ...), est visuellement sublime, et est psychologiquement complexe. Bref, une merveille.
6/6

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Azrael 

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Posté 14 juillet 2003 - 03:11

icon_twisted.gif Je viens de me prendre Near Dark en DVD et je peux dire que je suis pas déçu!Ce film est vraiment hypnotisant et sent bon les films des années 80 biggrin.gif !Non franchement j'ai vraiment aimé ce film!Mais y a juste un truc qui me titille!C'est comment peut on remedier au probleme du vampirisme par une simple transfusion?!La maladie des vampires ne provient de leur sang!Mais à part ça je n'ai rien à lui reprocher,les acteurs sont tres bons (le gamin est terrible)!Sinon etant donné que je ne connais pas cette réalisatrice,vous me conseillez quoi comme film?(apparemment d'apres vos messages ça penche du coté de "Blue Steel" et "Point Break")

#9 L'utilisateur est hors-ligne   goliath 

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Posté 14 juillet 2003 - 18:27

CITATION(Azrael)
icon_twisted.gif Je viens de me prendre Near Dark en DVD et je peux dire que je suis pas déçu!Ce film est vraiment hypnotisant et sent bon les films des années 80 biggrin.gif !Non franchement j'ai vraiment aimé ce film!Mais y a juste un truc qui me titille!C'est comment peut on remedier au probleme du vampirisme par une simple transfusion?!La maladie des vampires ne provient de leur sang!Mais à part ça je n'ai rien à lui reprocher,les acteurs sont tres bons (le gamin est terrible)!Sinon etant donné que je ne connais pas cette réalisatrice,vous me conseillez quoi comme film?(apparemment d'apres vos messages ça penche du coté de "Blue Steel" et "Point Break")



dans la filmographie de Kathryn Bigelow, il faut absolument voir BLUE STEEL, un des pls grands thrillers des années 80 au même titre que MANHUNTER !! Je l'ai revu pas très longtemps, j'avais peur que le film aurait mal vieilli, mais pas du tout !! 8)

sinon, Near Dark est un gros chef-d'oeuvre, la plus belle histoire d'amour néo-gothique que j'ai jamais vu ! :roll: :roll:

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Azrael 

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Posté 15 juillet 2003 - 00:12

icon_twisted.gif Oki Goliath!J'en profite pour te souhaiter la bienvenue (et j'aime beaucoup ton avatar=>Brazil est un putain de film!)

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Dr Rabbitfoot 

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Posté 15 juillet 2003 - 08:38

Azrael --> Les Bigelow sont tous à voir au moins une fois, tu peut y aller. Le moins bon est pour moi "Le Poids de l'Eau", et mes préférés sont "Strange Days", "Point Break" et donc "Near Dark".
Mais attention, "Strange Days" necessite que tu sois "open", car un peu spécial, et "Point Break" est souvent representé (à tort) comme un simple film d'action.

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Azrael 

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Posté 15 juillet 2003 - 18:15

icon_twisted.gif Oki doki!Merci Doc!

#13 L'utilisateur est hors-ligne   j.gail 

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Posté 20 août 2003 - 01:16

La vision de ce film a été une agréable surprise... On s'éloigne bcp des références liées au mythe du vampirisme et on entre un peu en terrain inconnu... La réalisatrice insuffle du sang neuf à un genre tellement exploité et nous montre une communauté de vampires à des lieues de ce qu'on avait pu voir avant...

Les deux scènes que je retiens sont l'ouverture avec ce moustique filmé en gros plan qui se nourrit de sang et surtout le passage où le groupe mené par Lance laisse ses plus bas instincts entrer en action dans un bar...

Sans oublier une mention spéciale pour le jeu de Bill Paxton et l'affiche qui offre un visuel des plus fascinants...

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Rottweiler 

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Posté 01 octobre 2003 - 11:05

Le film a quelques légers défaut mais je pense que Garth Ennis s'en est pas mal inspiré pour (entre autres) sa dépiction du personnage de Cassidy dans Preacher. Voyez mon avatar pour vous en convaincre.
Un bon film de vampires avec les effets de l'époque et monstrueusement efficace car "solide", en tous cas en ce qui concerne le milieu du métrage (le début est un peu chiant et la fin... SPOILER : disons que cette histoire de remède au vampirisme m'est apparue un peu pourrie, même si au final elle sert le propos du film). Casting balaise aussi : Lance Henriksen, Adrian Pasdar (Profit), Bill Paxton et Jenette Goldstein (Vasquez) pour les plus connus. Faut voir Henriksen dire "I fought for the South" , quel pied !
Les deux scènes que je retiendrais : bien sûr la scène du bar, qui a sont pendant dans la plupart des films de vampire moderne (le loup dans la bergerie) ainsi que la fusillade en plein Soleil, absolument géniale (et qui m'a fait penser au final de From Dusk Till Dawn).

SPOILERS AHEAD, à lire seulement si l'on a vu le film :

Il ya aussi le niveau de lecture métaphorique du film qui est assez intéressant, nottament dans deux scènes : quand Caleb se nourrit du sang de Mae sur fond de station de pompage (les inserts sur les pompes sont suffisamment bourrins pour me faire penser que ça n'est pas innocent) et quand Caleb se résoud à prendre son cheval car les pneus de son camion sont crevés, ce qui aboutit à cette image du cow boy sur fond de brume éclairée par la lune absoument magnifique.

Alors comment analyser celà ? J'aurais tendance à penser que c'est un constat sur la génération Reagan : On absorbe, on consomme, on assouvit ses pulsions sans se soucier des conséquences (les vampires donc : la scène du bar, la scène de la station de pompage puis la fusillade en plein soleil pour les conséquences. La présence de l'enfant vampire Homer (le plus vicelard des 4) a son importance aussi dans cette vision du vampirisme) ; alors que la véritable American Way, c'est la terre, le bétail et savoir apprécier ce qu l'on a déjà (la ferme familiale de Caleb, son père et sa soeur, le soleil, les chevaux). Là ou le remède au vampirisme par transfusion prend donc son importance c'est dans la possibilité de rédemption qui offerte à Caleb. Il a vu les deux revers de la médaille et au final il fait son choix en retournant parmi les vivants.
A noter la magnifique fin de Jesse (Henriksen) et Diamondback (Goldstein) qui illustre bien la phrase du Kurgan : It's better to burn out than to fade away !

Bref, j'aime ce film et je le recommande.

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Lord-Of-Babylon 

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Posté 02 octobre 2003 - 21:42

CITATION(Rottweiller)
Casting balaise aussi : Lance Henriksen, Adrian Pasdar (Profit), Bill Paxton et Jenette Goldstein (Vasquez) pour les plus connus. Faut voir Henriksen dire "I fought for the South" , quel pied !


8O

Mince j'avais meme pas fait gaffe que c'etait Vasquez. Quand j'ai vu le film je me suis dit c'est l'actrice qui joue la mere adoptive de John dans T2.

mais ???? mais alors ??? 8O 8O 8O

Mais alors la mere adoptive de John Connors c'est Vasquez ?

Ben tu m'etonne qu'avec deux meres comme ca il soit devenue le leader de l'humanité le petit pere

Bonsoir

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