Un truc que j’ai remarqué depuis quelques années, c’est que l’envers du décor dans l’industrie vidéoludique prend une place de plus en plus importante. Et qu’ici même, ça peut alimenter des conversations entières sans parfois parler du jeu lui-même.
Donc depuis quand, parle-t-on de chiffres de vente, de santé de telle ou telle société de JV, de rachat, de joint-venture, de boss qui s’est fait virer, ou encore de budget (!!) pour tel ou tel jeu ?
J’aurais tendance à dire qu’on s’en bat l’œil des chiffres, ou de la santé d’une boite de constructeur de console, de distributeurs, ou de dévs de jeux, du moment que le jeu a l’air intéressant sur le papier. Mais c’est une tare probablement héritée de l’industrie cinématographique récente, où les marketeux ont progressivement remplacés les artistes, et où le public s’est donc adapté, préférant jouer les wanabe analystes financiers plutôt que « simples joueurs ».
De même, en plus de l’aspect monétaire du business, certains concepteurs de jeux deviennent des stars internationales (Kojima, Moulinex), même si c’est un fait qui ne date pas d’hier (Eric Chahi avait eu son petit succès à l’époque d’Another World).
Mais alors que c’était plutôt rare et que ça se limitait presque exclusivement au Japon, on a à présent une flopé d’interview vidéo des développeurs, game designers, chefs de projets, etc. pour n’importe quel jeu (pourri) susceptible de sortir (je sais pas si vous avez remarqué, mais ces mecs sont tous moches sans exception d’ailleurs, et y’a jamais de nanas).
A l’époque (bénie, ça fait jamais de mal de le rappeler) des 16-32 bits, j’avais pas souvenir de cet aspect business, ou plutôt, tout le marketing et l’enrobage était sur le jeu qu’on allait vendre, et pas sur ce qu’il y a autour. Pourtant, même sans comparaison avec maintenant, l’industrie vidéoludique de cette époque était déjà bien portante (ah merde, je parle aussi comme un financier maintenant, fuck !).
Je me demandais donc à partir de quand, à peu près, on s’est mis à s’intéresser d’aussi près à la partie business. Il y a eu sûrement 2-3 facteurs déclencheurs, comme la mort de la Dreamcast en plein vol (et de Sega sur le domaine du constructeur de consoles) qui font qu’on s’interroge maintenant sur la santé financière d’une boite. Mais ça reste quand même un phénomène assez étrange et assez similaire à celui du cinoche de maintenant.
(Si je suis pas clair, c’est normal, je suis encore en mode gueule de bois du weekend précédent

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