Mad Movies: Jess Franco - Ceci n'est pas du cinema - Mad Movies

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Jess Franco - Ceci n'est pas du cinema Franco pour les nuls

Sondage : Jess Franco - Ceci n'est pas du cinema (99 membre(s) ont votés)

Selon vous Franco est :

  1. un moins que rien (6 votes [6.00%])

    Pourcentage des votes : 6.00%

  2. un réalisateur de films vulgaires et putassiers, et c'est négatif (11 votes [11.00%])

    Pourcentage des votes : 11.00%

  3. un réalisateur de films vulgaires et putassiers, et c'est clairement positif (44 votes [44.00%])

    Pourcentage des votes : 44.00%

  4. un maudit, un incompris, un artiste (39 votes [39.00%])

    Pourcentage des votes : 39.00%

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#1 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 17 juillet 2006 - 22:05

Pas de topic sur le meilleur ?

Je voudrais parler de Jess Franco, aussi appelé Jess Franck, Clifford Brown, David Khune, Candy Coster et j'en passe. Ce réalisateur est le chef de file de l'émergence du cinéma fantastique espagnol au cours des années Soixante. Mais il ne restera pas en Espagne et voyagera dans toute l'europe, à n'importe quel endroit où il peut filmer, comme un véritable mercenaire de la caméra. Ancien musicien, Franco est dévoré par la passion de la pellicule, il faut qu'il filme, c'est plus fort que lui, et ce n'est sûrement pas une absence de scénario ou des comédiens médiocres qui vont l'en empêcher. Il accepte tout ce qu'on lui propose, dans une frénésie complète. Connaître la filmo de Franco relève donc de l'exploit puisqu'il a réalisé environ 200 films, sans compter les plusieurs versions d'un même film qui peuvent exister. Il opère dans le film fantastique, l'horreur, le WIP, le film érotique, le film d'aventure, bref dans toutes les nombreuses facettes du cinéma populaire. Mais ce qui intéresse vraiment Franco, c'est l'érotisme. Quelque soit le genre d'un de ses films, on peut être sûr d'y trouver des touches érotiques très prononcées. Un peu de la même façon que Joe d'Amato en Italie, Franco rajoute toujours à ses histoires des scènes érotiques plus ou moins crues, n'hésitant pas à aller parfois jusqu'au pornographique. Il tournera d'ailleurs des films strictements pornographiques durant les années 80.

Image IPBImage IPB
Image IPBImage IPB
L'érotisme selon Franco, respectivement Doriana Grey, Lilian, Sexy sisters et Justine.


Mais Franco ne se contente pas d'être un simple tacheron, réalisant des oeuvres graveleuses et vulgaires (comment ça si ?) Il cherche à faire passer ses influences, quelques idées et surtout aime expérimenter de nouvelles méthodes de réalisation.

Image IPB
franco à gauche, dans Lilian, la virgen pervertida. franco n'hésitait pas à ce mettre en scène dans de nombreux films, souvent dans des roles de simples d'esprit ou de maniaques.

Au niveau de ses influences et de ses idées, on peut citer l'apport du Marquis de Sade dont Franco adaptera d'ailleurs certains livres, le sadisme évident des films de Franco vient en partie de là, le plaisir charnel étant toujours plus fort et puissant que la vertu. Dans les films de Franco, les vertueux sont soit des innocents qui vont découvrir un plaisir coupable (Justine), soit des refoulés cachant leur vice sous leur pudibonderie (Justine toujours). Et cet élément montre l'influence qu'a pu avoir la société fasciste espagnol sur Franco lors de sa jeunesse, particulièrement la marque du catholiscisme tel qu'il était pratiqué à l'époque. Dans les films de Franco, les personnages de religieux sont toujours des sadiques, des fous (Exorcism, Les Demons). Chez Franco l'humanité va à sa perte et chacun prend plaisir à faire souffrir l'autre. Mais ce n'est pas pour autant que l'on ne doit pas se distraire, d'où des films pensés et conçus comme des BD, ou plutôt comme des romans de gare, car c'est de là que viennent la plupart des idées de Franco, du roman ou de la BD pour adulte, bon marché et mal foutu. Il a d'ailleurs été lui-même écrivain de romans de gare. Il y a une certyaine anarchie chez Franco, un rejet des conventions alimenté par ses combats avec la censure. Artistiquement Franco aime le cinema de Welles, de Lang et de Godard, c'est ce qu'il laissera transparaître dans un dialogue de Succubus et sa plus grande gloire aura été de tourner Falstaff comme réalisateur de second équipe pour Welles. Mais poussé par une boulimie filmique, il tourne pour des budgets ridicules des séries Z qu'il emballe en trois-quatre jours maximum, quand il ne les tourne pas en même temps.

Voilà un exemple : Image IPB
pour La Maldicion de Frankenstein Franco attendait une livraison de vrais squelettes, mais les squelettes n'arrivant pas il tourne la scène avec un modèle en plastique. Cheap est le mot, ridicule aussi.

Au niveau technique Franco aime expérimenter avec la caméra, filmer dans tous les angles possibles, et utiliser à fond les capacités techniques de l'engin. Une des plus grande joies de Franco est l'utilisation du zoom, il aime zoomer, sur tout et n'importe quoi, une paire de seins, un vagin ou une carafe d'eau, et si cela est possible il aime ouvrir en gros plan sur un élément (généralement une partie de l'anatomie féminine) dézoomer, se fixer sur un deuxième élément et zoomer dessus. Pour certains ce manque de goût est rédhibitoire, mais qu'ils retournent à leur classicisme et laisse les quelques déviants appréciers ces gros plans. Car le plan serré (très, très, très) serré est une autre marque de fabrique.

Un exemple : Image IPB
J'ai choisi un exemple très chaste mais Franco n'hésite pas à filmer en gros plan des tétons, les lèvres d'un vagin, ou une fellation.


Le flou artistique est aussi un des péchés mignons de Franco, qui n'hésite pas dans Succubus à tourner toute une longue séquence en flou.

Exemple : Image IPB


Cela veut-il dire que Franco ne sait pas faire le point ? Non, bien au contraire il adore faire le point sur plusieurs champs dans un même cadre. Ainsi quand il filme un paysage à travers un branchage, il aime à faire le point sur une branche, puis sur une autre, et enfin sur l'arrière-plan.

Exemple : Image IPB puis hop Image IPB


Franco compense le manque de moyens en soignant ses cadres vu qu'il n'y a jamais de studio et peu d'éclairages. Mais si on lui donne des moyens, il peut aussi soigner l'éclairage, comme il le prouve dans Justine

Je m'arrête là le temps d'organiser d'autres images, mais ce topic permettra de déterrer la filmo de Franco, de séparer le bon grain de l'ivraie. Film par film je tiens à ce que toute la filmo de Franco soit traitée, et y a du boulôt ! N'hésitez pas à apposer votre pierre à l'édifice. Expliquez aussi pourquoi vous honnissez Franco ! Les "ouais Franco c'est chiant !" sont cependant priés de passer leur chemin.
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Adrienlarron 

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Posté 17 juillet 2006 - 22:07

Excellente intro, je ne passerai pas mon chemin car j'aime le cinéma de Franco (mis à part le porno, je n'en ai vu aucun de lui)
J'ai en dvd
99 Femmes (version sortie en kiosque il n'y a pas si longtemps mais cut apparement)
Justine et Eugénie de Sade (deux des meilluers parmi ceux que j'ai vus)
The bloody Judge
Exorcisme et Messes noires (un de mes préférés également)
La comtesse noire
Ilsa ultimes perversions
Le lac des morts vivants
et l'horrible docteur Orloff ( généraleme,nt j'aime pas le noir et blanc mais là c'est passé sans problème)
Si dans ce topic d'autres madnautes ont d'autres films à conseiller n'hésitez pas

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 17 juillet 2006 - 22:11

Voilà la suite et avant tout l'exemple d'éclairage très bavaesque de Justine


Franco découvre la gélatine pour les projecteurs et il s'en sert !!!

Ce film sera d'ailleurs son plus gros budget puisqu'il avoisine le million de dollars.


Franco c'est aussi une troupe, une bande de fidèles qui le suivent film après film. C'est le cas pour les bandes originales de ses films. Franco y porte d'ailleurs toujours un intérêt bien particulier de part sa formation de musicien de jazz, on le voit d'ailleurs au sein du combo de Venus in Fur. Il a travaillé notamment avec Bruno Nicolai, mais c'est surtout avec Daniel White qu'il collabore pour de nombreux films, passant de thèmes jazzy à la musique concrète, ne reculant devant aucune expérimentation. Ainsi la musique de Christina, princesse de l'érotisme est composée de cris d'oiseaux tropicaux amplifiés et décomposés.
De nombreux acteurs ont liés leur carrière à celle de Franco. Il convient de préciser que différemment des réalisateurs italiens de série B qui lui sont contemporains, Franco ne considère pas les acteurs comme des simples objets, il les dirige rapidement certes mais tout de même. L'exemple le plus frappant est celui de Howard vernon, remarqué par Franco dans Le Silence de la Mer de Melville. Vernon tournera dans de nombreux films de Franco. On retrouve aussi des acteurs comme Dennis Price, Paul Muller ou Jack Taylor. Tous jouent d'ailleurs à peu près de la même façon, très distante et sans affects pour s'intégrer dans cet univers décadent et ouaté. Klaus Kinski jouera aussi à plusieurs reprises pour Franco, celui-ci expliquera d'ailleurs qu'il n'avait aucun problème avec Kinski car justement il le dirigeait et lui donnait des indications, ce que Kinski appréciait. Franco : "Il aimait qu'on lui dise pourquoi il devait se tenir à tel endroit et pourquoi il regardait vers telle direction."

Klaus Kinski est Jack l'Eventreur.

Mais là où Franco est très fort, c'est pour dégotter des actrices, belles et prêtes à se dévêtir et parfois plus. Des actrices comme Montie Proust, Rosalba Neri, Maria Rhom, Britt Nichols.

Mais les deux actrices qui ont le plus imprégné ses films sont Soledad Miranda et Lina Romay





Soledad Miranda était une espagnole d'origine gitane, extremement belle et au tempérament fougueux. Elle mourut hélas en 1971 et ne put tourner de nombreux films. Mais Vampyros Lesbos de Franco est un film à sa gloire, elle y est resplendissante et mystérieuse.

Lina Romay suivra bien plus longtemps (elle suit toujours d'ailleurs) la carrière de celui qui est devenu son compagnon. Son premier rôle est dans La maldicion de Frankenstein est elle s'est pliée à toutes les volontés de son bisseux de mari, jouant la plupart du temps nue et n'hésitant pas à donner de sa personne dans des pornos. Moins mystérieuse que Soledad Miranda elle compense en offrant beaucoup plus de son intimité. Très typée espagnole, elle joue de sa mine boudeuse (sa seule expression !) et de ses belles rondeurs. Les années 80 sont cependant peu clémentes et on la voit s'empater dans des productions de plus en plus graveleuses. Il faut savoir que l'apparition de la classification X vers 1973 a quelque peu fait sombrer Franco, les producteurs lui demandant de corser ses films ou le faisant pour lui en y rajoutant des inserts hards.

Lina Romay dans La Comtesse Perverse et La Comtesse Noire
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   Seetrouy 

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Posté 17 juillet 2006 - 22:58

Haaaaaaa (râle de jouissance)

Un topic Jess Franco ! (merci proso)

Le maître ès film chiants mais funs, le chantre des cadres soignés gâchées tout à coup par un zoom venu du tréfonds de son esprit malade !

Il faut que je soie dans un état d'esprit spécial pour mettre un Franco. Du genre prêt à dormir - l'état de pré-somnolence sied bien aux film du sieur. Se laisser bercer pendant 1 heure 20 par les étranges manies de Franco c'est vraiment top.

Ce qui est vraiment drôle (ou pas) c'est que L'Horrible docteur Orloff est de loin son meilleur film (de ce que j'ai pu voir en tout cas - c'est à dire une petite quinzaine de ses oeuvres, autant dire une goutte d'eau). Photo superbe, persos marrants, ambiance tout à fait singulière, rien n'est à jeter. Pas loin d'être un chef d'oeuvre du cinéma fantastique.

Puis, le bonhomme se répète un peu dans Le Sadique baron Von Klaus (sympa quand même) et Les Femmes du docteur Jekyll (que j'ai trouvé catastrophique).

Ce que j'ai vu d'autre est assez marrant. Un Mondo Cannibale complètement eurocinesque avec des prises de vue experimentalo-gerbantes pendant les repas des messieurs de la jungle (enfin du parc de pétaouchnoque), une Vierge chez les morts-vivants plutôt réussie dans son onirisme total, un Abîme des morts-vivants assez lénifiant mais bourré de moments et de répliques sympas, ou encore un Chasseur d'hommes rythmé par des tams-tams assomants et gratifié de la présence d'un monstre tribal aux yeux exorbités et au sexe visiblement démesuré... J'en passe.

Franchement j'aime bien ce type. Ces films sont souvent ratés mais démontrent toujours un certain amour pour le ciné fantastique à l'ancienne, tout en ayant une volonté d'innover, de ne pas se contenter de poser sa caméra et d'imiter untel. Et puis faire ce qu'il a fait sous le nez de Franco (le dictateur) je dis "respect".

Jess Franco : 6/6
ses films : un peu moins icon_mrgreen.gif

#5 L'utilisateur est hors-ligne   DreamSquare 

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Posté 17 juillet 2006 - 23:13

CITATION(Seetrouy @ 17 7 2006 - 22:58) <{POST_SNAPBACK}>
Haaaaaaa (râle de jouissance)

Un topic Jess Franco ! (merci proso)

Le maître ès film chiants mais funs, le chantre des cadres soignés gâchées tout à coup par un zoom venu du tréfonds de son esprit malade !

Il faut que je soie dans un état d'esprit spécial pour mettre un Franco. Du genre prêt à dormir - l'état de pré-somnolence sied bien aux film du sieur. Se laisser bercer pendant 1 heure 20 par les étranges manies de Franco c'est vraiment top.

Ce qui est vraiment drôle (ou pas) c'est que L'Horrible docteur Orloff est de loin son meilleur film (de ce que j'ai pu voir en tout cas - c'est à dire une petite quinzaine de ses oeuvres, autant dire une goutte d'eau). Photo superbe, persos marrants, ambiance tout à fait singulière, rien n'est à jeter. Pas loin d'être un chef d'oeuvre du cinéma fantastique.

Puis, le bonhomme se répète un peu dans Le Sadique baron Von Klaus (sympa quand même) et Les Femmes du docteur Jekyll (que j'ai trouvé catastrophique).

Ce que j'ai vu d'autre est assez marrant. Un Mondo Cannibale complètement eurocinesque avec des prises de vue experimentalo-gerbantes pendant les repas des messieurs de la jungle (enfin du parc de pétaouchnoque), une Vierge chez les morts-vivants plutôt réussi dans son onirisme total, un Abîme des morts-vivants assez lénifiant mais bourré de moments et de répliques sympas, ou encore un Chasseur d'hommes rythmé par des tams-tams assomants et gratifié de la présence d'un monstre tribal aux yeux exorbités et au sexe visiblrment démesuré... J'en passe.

Franchement j'aime bien ce type. Ces films sont souvent ratés mais démontrent toujours un certain amour pour le ciné fantastique à l'ancienne, tout en ayant une volonté d'innover, de ne pas se contenter de poser sa caméra et d'imiter untel. Et puis faire ce qu'il a fait sous le nez Franco je dis "respect".

Jess Franco : 6/6
ses films : un peu moins icon_mrgreen.gif


Assez d'accord. Je ne peux pas dire que j'aime spécialement ses films, le peu que j'en ai vu c'est clairement mauvais (sauf Eugénie de Sade et la beauté éblouissante de Soledad Miranda). Un artisan du cinéma, certainement incompris.

Finalement ses interviews résument assez bien ses films... Un truc incompréhensible.

#6 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 17 juillet 2006 - 23:34

CITATION(DreamSquare @ 17 7 2006 - 23:13) <{POST_SNAPBACK}>
Finalement ses interviews résument assez bien ses films... Un truc incompréhensible.


Quelles interviews incompréhensibles ?
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#7 L'utilisateur est hors-ligne   DreamSquare 

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Posté 17 juillet 2006 - 23:38

CITATION(Prosopopus @ 17 7 2006 - 23:34) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(DreamSquare @ 17 7 2006 - 23:13) <{POST_SNAPBACK}>


Finalement ses interviews résument assez bien ses films... Un truc incompréhensible.


Quelles interviews incompréhensibles ?


Celles sur les dvd de Eugénie de Sade, Abimes des morts vivants, une vierge chez les morts vivants etc... Difficile de tout comprendre. Et puis j'aime beaucoup sa remarque dans celle de l'abîme des morts vivants ou il avoue détester les zombies de Romero.

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 17 juillet 2006 - 23:52

CITATION(Seetrouy @ 17 7 2006 - 22:58) <{POST_SNAPBACK}>
Haaaaaaa (râle de jouissance)

Un topic Jess Franco ! (merci proso)

Le maître ès film chiants mais funs, le chantre des cadres soignés gâchées tout à coup par un zoom venu du tréfonds de son esprit malade !

Ce qui est vraiment drôle (ou pas) c'est que L'Horrible docteur Orloff est de loin son meilleur film (de ce que j'ai pu voir en tout cas - c'est à dire une petite quinzaine de ses oeuvres, autant dire une goutte d'eau). Photo superbe, persos marrants, ambiance tout à fait singulière, rien n'est à jeter. Pas loin d'être un chef d'oeuvre du cinéma fantastique.

Puis, le bonhomme se répète un peu dans Le Sadique baron Von Klaus (sympa quand même) et Les Femmes du docteur Jekyll (que j'ai trouvé catastrophique).

Ce que j'ai vu d'autre est assez marrant. Un Mondo Cannibale complètement eurocinesque avec des prises de vue experimentalo-gerbantes pendant les repas des messieurs de la jungle (enfin du parc de pétaouchnoque), une Vierge chez les morts-vivants plutôt réussi dans son onirisme total, un Abîme des morts-vivants assez lénifiant mais bourré de moments et de répliques sympas, ou encore un Chasseur d'hommes rythmé par des tams-tams assomants et gratifié de la présence d'un monstre tribal aux yeux exorbités et au sexe visiblrment démesuré... J'en passe.

Franchement j'aime bien ce type. Ces films sont souvent ratés mais démontrent toujours un certain amour pour le ciné fantastique à l'ancienne, tout en ayant une volonté d'innover, de ne pas se contenter de poser sa caméra et d'imiter untel. Et puis faire ce qu'il a fait sous le nez Franco je dis "respect".

Jess Franco : 6/6
ses films : un peu moins icon_mrgreen.gif


Mondo Cannibale pour le coup j'aurais du mal à le défendre laugh.gif Mais je ne suis pas d'accord pour L'Horrible Docteur Orloff et le fait qu'il se répète dans les autres. Ce film est le premier volet d'une tétralogie, la tétralogie "Holfen", du nom de ce pays imaginaire inventé par Franco pour ne pas heurter la censure espagnole. Tournés en N&B, ces films tournent autour des mêmes thèmes. L'Horrible Docteur Orloff, Le Sadique Baron Von klaus , Les Maitresses du Dr Jekyll (que curieusement j'ai préféré à Orloff car je trouve que l'aspect morbide y est plus poussé) et Le Diabolique Dr Z très sympatique. Mais je reviendrai sur ces films plus en détail pour commencer la filmographie.

L'Abime des Morts-Vivants pareil que pour Cannibale c'est assez mauvais je trouve. Mais je te conseille de découvrir les films ésotériques de Franco, des summum de torpeur incroyable : Inccubus et sa "suite" Venus in Fur (celui-là est considéré comme un des meilleurs Franco).

Si Seetrouy ou un autre tient à mettre des petites critiques sur certains films pas de problème.

CITATION(DreamSquare @ 17 7 2006 - 23:38) <{POST_SNAPBACK}>
CITATION(Prosopopus @ 17 7 2006 - 23:34) <{POST_SNAPBACK}>

CITATION(DreamSquare @ 17 7 2006 - 23:13) <{POST_SNAPBACK}>


Finalement ses interviews résument assez bien ses films... Un truc incompréhensible.


Quelles interviews incompréhensibles ?


Celles sur les dvd de Eugénie de Sade, Abimes des morts vivants, une vierge chez les morts vivants etc... Difficile de tout comprendre. Et puis j'aime beaucoup sa remarque dans celle de l'abîme des morts vivants ou il avoue détester les zombies de Romero.

Avant que ça dégénère je me permets de préciser que Franco déteste tous les zombis, pas seulement ceux de Romero, c'est un monstre qu'il trouve trop basique et crétin. Franco est de l'ancienne-garde fantastique, il veut du loup-garou, du Dracula, des monstres qui ont de la gueule.
Mouais pour le côté incompréhensible tu pinailles, je n'ai pas eu trop de problèmes pour comprendre ces interviews qui forment un long reportage, ce sont même ces interviews qui m'ont fait pleinement aimé le personnage et par le même biais ses films.
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#9 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 18 juillet 2006 - 23:23

Eh bien peu de succès pour ce topic, tandis qu'un abruti en collant s'envole à des sommets incroyables. Pourtant je pensais toucher vos instincts lubriques avec l'érotisme moite du sieur Franco et les seins ronds de yacula la comtesse noire, mais bon...

On peut dégager une typologie dans la filmographie de Franco, suivant différents genres. Un film de Franco est certes reconnaissable par sa forme filmique mais ils ont des bases différentes. On peut différencier les films d'épouvante classiques, notamment sa première période, les films comic book, comme La Maldicion de Frankenstein, les films oniriques style Venus in Fur, et les purs films d'exploitation, les WIP ou les sexploitation par exemple Midnight party ou The Story of Linda. Le plus simple est de dégager en gros des périodes chronologiques correspondant aux décennies. Les années soixante sont les années de formation du style de Franco, il part du classicisme et s'ouvre à la nouvelle vague, on retrouve déjà tous les styles auxquels il va se frotter : le film d'épouvante sérieux (la suite de films se déroulant à Holfen), le film comic book (La ciudad sine hombre), le film onirique et conceptuel (Succubus et Venus in Fur), le film érotique capiteux (Justine) et le pur film d'exploitation (99 women). Tout ce qui fait Franco est déjà là. Il suivra cette voie dans les années 70, en poussant au maximum les expérimentations, aboutissants à des monuments de nawaks soporifiques (Christina), bref il se radicalise et engrange les tournages. L'apparition de la classification X va l'amener par la force des choses à corses le contenu érotique de ses films. Ainsi il n'est pas rare que certains des films soient montés dans des versions pornos, puisque les producteurs le font de toutes façons sans son accord, il préfère sans charger et tourne des inserts hards pour certains films (souvent des fellations ou des scènes lesbiennes avec Lina Romay). Il faut bien comprendre que Franco tient à sa liberté de cinéaste, qui passe par le montage de ses films, il honnit la censure ("Ce sont des salopards" comme il le dit très justement) mais n'accepte pas plus le remontage par les producteurs. Les années 80 vont être le temps des films les plus "vulgaires" de Franco, les plus durs aussi, il tourne enfin de véritable pornos (El Ojete de Lulu, Phollastia). La période préférée des déviants en quelque sorte, cependant cela n'empêche pas Franco de récidiver parfois dans l'ésotérisme onique (le très space Macumba sessual).

Mais attardons nous pour l'instant sur les débuts classiques. Les premiers Franco s'inspirent directement du cinéma d'épouvante américain des années 30 et de la litterature d'épouvante, entre autres le gothique mais aussi le roman de gare puisque certains des scénarios sont des romans bon marché que Franco avait (encore que.....) écrit sous le pseudonyme de David Khune. Tournés dans un beau N&B et parfois dans un vrai cinemascope (Orloff et Klaus sûrement, je suis moins sûr pour les autres), Franco y prend son temps (comparativement à ce qui deviendra sa moyenne de trois-quatre jours de tournage) pour gérer les éclairages, le casting et l'ambiance. Quatre films qui forment se que j'appelerai la tétralogie Hölfen du nom de ce pays/ville imaginaire où se situe l'action. A l'époque la censure espagnole lisait les scénarii avant tournage et pointait du doigt ce qui n'allait pas. Pour Orloff ils firent remarquer que ce film d'horreur ne pouvait pas se situer en Espagne où les gens étaient trop sains et moraux icon_mrgreen.gif. Franco inventa donc ce lieu qu'il réutilisa dans ses films d'horreur suivants. Mais aussi les thématiques des films se recoupent, certains éléments narratifs font même écho sur les différents films. Malgré cela chaque film de cette tétralogie à sa propre particularité.


GRITOS EN LA NOCHE - L'Horrible Dr. Orloff - a peu près 1961



L'inquiétant Docteur (Howard Vernon). Sa créature (Riccardo Valle). Une opération rudimentaire.


Et le dr Orloff avec son assistante froide et dévouée (Perla Cristal)


L'horrible Dr Orloff, donc, veut aider sa fille à retrouver son visage après un accident qui l'a défigurée. Il tue des femmes pour leur prélever leur peau, assisté par sa chose, Morpho, sorte de zombi inquiétant et sensible. C'est le coup d'éclat de Franco, ce que d'aucun considère comme son meilleur film. Effectivement l'ambiance y est morbide, l'image très belle, et certaines idées marchent bien, comme ce Morpho qui est joué par un jeune premier défiguré alors qu'on aurait pu s'attendre à un bossu quelconque. L'assistante jouée par Perla Cristal est elle aussi un personnage très intéressant puisqu'elle s'inscrit dans le croisé amoureux de l'histoire, elle est fascinée par le Dr., lui-même attiré par sa fille, dont Morpho est amoureux. L'histoire est très proche de celle des Yeux de la nuit de Franju, jusque dans la présence de cette assistante bizarre et dévouée, mais Franco se défend d'avoir copié le film puisque le scénario du sien serait tiré d'un de ses livres, alibi plus ou moins controversé étant donné que l'on ne trouve pas trop de traces du livre. Cependant le film marque l'impulsion de ce qui va devenir l'euro-trash Ce mélange d'épouvante, d'érotisme, de sadisme et de gore va énormément influencer le cinéma italien et espagnol. Franco, au même titre que Bava, est à ce niveau un précurseur, il se sert d'éléments classiques mais y ajoute un certain modernisme qui passe notamment par la musique. Bien sûr le film n'est pas exempt de défauts, notamment au niveau de l'intrigue policière, platement menée, mais cette atmosphère lugubre et quelque peu minimaliste fond de ce film un des fleurons du fantastique européen des années soixante.


LA MANO DE UN HOMBRE MUERTO - Le Sadique Baron Von Klaus - 1962


Hugo Blanco en pleine méditation. Une macabre découverte

Après quelques problèmes avec un producteur qui le faisait trop attendre pour tourner ; et un Franco qui ne peut pas tourner et un Franco qui se fane ; Franco décide de se lancer dans un nouveau film d'épouvante dans la lignée de son Dr. Orloff. Il adapte à nouveau un de ses livres, mais ce film à la différence du précédent, ne comporte pas d'éléments fantastiques. Il s'agit d'un psychokiller movie, racontant la descente vers la folie d'un homme se croyant maudit. Ce film est encore mieux tenu visuellement, le scope se marriant très bien avec un décor enneigé. La thématique du poids de la famille, chère à Franco est au centre du film, qui malgré une intrigue policière, n'hésite pas à payer son tribut au gothique : caves, squelettes, bondage et cimetière brumeux. L'influence sadienne apparaît aussi, avec une séquence de torture. Ce film marque aussi la première collaboration de Franco avec Daniel White que l'on voit jouer au début du film, compositeur phare des films de Franco. La bande-son donne un aspect moderne à ce film où l'on assassine sur fond de musique épurée et de thèmes jazzy. Howard Vernon joue le rôle titre, mais on y remarque surtout Hugo Blanco dans le rôle d'un pianiste noble et torturé. On est tout de même dans un Franco donc on peut repérer une erreur de raccord : un personnage est filmé en plan américain, de la neige tombe, il sort du cadre, plan large du même personnage, et il ne neige plus ! La censure a frappé sur ce film dont la scène de torture a été enlevée de toutes les versions (elle n'est d'ailleurs pas présente dans le dvd mad mad.gif )


EL SECRETO DEL DR. ORLOFF - Les Maîtresses du Docteur Jekyll - 1964


Hugo Blanco dans le rôle d'une machine. Une mort sexy et graphique. Etranglement.

Troisième volet de la tétralogie. Personnellement, c'est mon préféré, l'ambiance lugubre et malsaine y est poussée à son paroxysme. Pourtant ce film reprend la même forme que les deux précédents, décors de boites glauques enfumées, N&B, époque indéfinie. Mais j'y trouve un petit plus, le concept y est plus poussé, les meurtres plus sadiques et, surtout la composition d'Hugo Blanco en zombi robot réagissant au bruit est exceptionnelle. La musique de Daniel White suit en droite ligne celle du Sadique Baron von Klaus. Le docteur Jekyll avec l'aide d'un docteur Orloff (hum, hum) a ranimé la dépouille de son frère qui avait couché avec sa femme (jouée à nouveau par Perla Cristal). Transformé en robot, le frère sert de machine à tuer au docteur Jekyll, qui élimine des danseuses et des prostituées avec lesquelles il avait eu des liaisons. Sexualité honteuse, adultère, que de thèmes déprimants qui renforcent le malaise provoqué par ce film. Le docteur Jekyll est un homme effacé, qui disjoncte et se venge des femmes qu'il tient responsables de tous ses échecs, trop lache pour agir de lui même il se sert d'un substitut, son frère, qui tue à sa place, de la même façon qu'il faisait l'amour à sa place. un grand film ! Na !


MISS MUERTE - Dans les griffes du maniaque - 1966




Dernier volet. Le plus loufoque. Le classicisme s'efface peu à peu face à la loufoquerie. Désireuse de venger l'humiliation de son défunt père, une jeune cinglée se sert de divers stratagèmes pour abattre les médecins qui ont renié les théories scientifiques de son papa. Elle se sert pour cela de Miss Muerte, une danseuse libidineuse et bien habillée (photo ci-dessus). Je n'irai pas plus loin dans le résumé car le film passe d'une péripétie à une autre, avec une naïveté et une franche bonne humeur. Ce film est légèrement à part dans la tétralogie, il marque le lien entre les films d'épouvante classique et les quelques comédies d'action du début de la carrière de Franco. On y retrouve une scène poncif chez Franco, le passage dans un club, avec un spectacle érotique sur une scène, il s'en sert tout le temps (Vampyros Lesbos, Succubus, Exorcism, The Story of Linda, et plein d'autres). Mais le film se déroule à Hölfen, certaines séquences gardent ce sérieux mélange épouvante à l'ancienne et moderne et le tout est tourné en N&B. Howard Vernon est présent à l'appel(trois sur quatre tout de même), Daniel White qui joue d'ailleurs un petit rôle aussi, et Miss Muerte est jouée par Estella Blain que vos aïeux ont du voir dans Angélique et le Roi. Le film est sorti chez Mondo Macabro dans une édition pas trop mal il me semble.


Voilà pour cette tétralogie "Hölfen" en N&B (il me semble que Les Yeux d'Orloff sera aussi situé à Holfen ?). Pendant cette même période Franco a réalisé d'autres films : Chasse à la mafia, El Llanero, la muerte silba un blues, residence for Spies, vampiresas 1930, La reina del Tabarin ; films qu'hélas je n'ai pas vus, mais il semblerait qu'il s'agisse plutôt de comédies.

La suite .... La révélation de l'anarchique, du conceptuel, du cérébral SUCCUBUS !!!
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#10 L'utilisateur est hors-ligne   Spock 

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Posté 19 juillet 2006 - 18:40

il y avait déjà un topic sur Franco

topic franco du 28 août 2004

mais sur le forum Mad ce n'est pas vraiment franco qui est un réalisateur maudit, c'est plutôt Luc Besson et Georges Lucas, tout topic sur Luc Besson ou Georges Lucas est non seulement vérouillé, mais disparaît immédiatement dans les profondeurs de l'enfer, sans sommations

#11 L'utilisateur est hors-ligne   Seetrouy 

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Posté 19 juillet 2006 - 19:20

CITATION(Spock @ 19 7 2006 - 18:40) <{POST_SNAPBACK}>
il y avait déjà un topic sur Franco

topic franco du 28 août 2004

mais sur le forum Mad ce n'est pas vraiment franco qui est un réalisateur maudit, c'est plutôt Luc Besson et Georges Lucas, tout topic sur Luc Besson ou Georges Lucas est non seulement vérouillé, mais disparaît immédiatement dans les profondeurs de l'enfer, sans sommations


Yes, mais le topic se concentre essentiellement sur les sorties DVD des films de Franco (bien pour ça qu'il est judicieusement placé dans la section "DVD" du forum). Et puis entre nous, prosopopus livre sans doute un des meilleurs topics jamais créés sur le forum (avec le topic Fulci bien sûr). Donc prière aux modos de ne pas lui couper l'herbe sous le pied. Un gars qui se foule pour autre chose que pour "débattre" du cri d'Anakin ou de la couleur du slip de Superman ça fait du bien.

(bravo)

#12 L'utilisateur est en ligne   Dirty Flichty 

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Posté 19 juillet 2006 - 19:22

Han, le post frontal.
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#13 L'utilisateur est hors-ligne   DreamSquare 

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Posté 19 juillet 2006 - 19:32

CITATION
Avant que ça dégénère je me permets de préciser que Franco déteste tous les zombis, pas seulement ceux de Romero, c'est un monstre qu'il trouve trop basique et crétin. Franco est de l'ancienne-garde fantastique, il veut du loup-garou, du Dracula, des monstres qui ont de la gueule.
Mouais pour le côté incompréhensible tu pinailles, je n'ai pas eu trop de problèmes pour comprendre ces interviews qui forment un long reportage, ce sont même ces interviews qui m'ont fait pleinement aimé le personnage et par le même biais ses films.


Oh oui excuse moi, mes souvenirs de cette interview est assez vague mais je crois que oui il n'aime pas le zombi tout court. Ca se comprend vu la manière dont il l'exploite ! icon_mrgreen.gif

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 20 juillet 2006 - 00:05

CITATION(Spock @ 19 7 2006 - 18:40) <{POST_SNAPBACK}>
il y avait déjà un topic sur Franco

topic franco du 28 août 2004


Comme Seetrouy l'a déjà répondu pour moi, il s'agit d'un topic sur les éditions dvd des films de Franco, et non d'une discussion sur les films eux-mêmes. ca serait donc sympa de vérifier avant de balancer des accusations dédaigneuses tongue.gif .
Mais reprenons plutôt le fil. Après Miss Muerte Franco va réaliser un Constantine Cartes sur table, puis un film d'espionnage (?) Lucky el intrepido. Pour cause de non visionnage je n'en parle pas, mais si quelqu'un les a vus, il est le bienvenu.


Passons en 1968 avec


SUCCUBUS - Necronomicon - 1968

Il me semble que ce film marque un tournant dans la carrière de Franco puisque pour la première fois il attaque l'érotisme de manière frontal. Succubus est un film érotique, se déroulant en Allemagne, mais on en doute puisque Franco prend un malin plaisir à rendre une atmosphère moite, faisant plus penser à un pays du Maghreb ou du Moyen-Orient.



Lorna, jouée par Janine Reynaud (à droite sur votre écran) qui tournera aussi dans le doublé Kiss me Monster et Sadisterotica est une stripteaseuse dans une boite légèrement SM. Elle a une relation avec Jack Taylor (à gauche) patron de cette boite, homme un peu distant qui ne répond pas aux fantasmes de Lorna. Celle-ci fait d'étranges rêves où elles se donnent à des inconnu(e)s qu'elle assassine une fois les ébats finis. Avouns le, l'histoire n'a aucun intérêt, elle est volontairement décousue et ne sert que de prétexte à Franco qui aligne les scènes autres. Le tout est baigné d'un érotisme soft et langoureux, ou plutôt lentgoureux : chaque séquence s'étire, rajoutant à la bizarerie de l'ensemble. Au niveau érotique le film ne va pas aussi loin que ce que fera Franco dans le futur, et reste assez chaste.
Le film s'ouvre par une séquence de torture, qui est en réalité un spectacle comme on le découvre lorsque la caméra s'éloigne.



Cette idée lui semblant très bonne, Franco n'hésitera pas à la reservir dans Vampyros Lesbos ou Exorcism.
C'est très bien filmé, beaux cadres, pas de zooms (ou pas trop !) et certaines séquences, les rêves, sont tournées en flou. On a donc bien six ou sept minutes de flous dans la première partie, lors du premier rêve. Mais cela va bien au film. Car Succubus n'est pas qu'un film érotique, c'est un film onirique et mystique, peut-être parmis les plus personnels de Franco. Il y a une grande liberté de ton et se permet de laisser courir ses pensées, au détour d'un dialogue ou d'une courte séquence. Finalement quand on oublie la lenteur du film, Succubus est un film très riche. Influencé par son époque Franco livre une oeuvre psychédélique et conceptuelle. On y retrouve des inspirations freudiennes par les rêves de Lorna, en fait véritables fantasmes, naissant du désir refoulé de cette femme. Sadisme et femme-objet sont aussi de la partie. Le couple Taylor-Reynaud est remarquablement étrange.




Et les séquences frantasmées... de grand moments nonsensiques, surtout la première avec Howard Vernon où le dialogue barré est des plus surprenants. Vernon lance des noms d'auteurs ou de musiciens et Lorna répond par des impressions du style : "Hemingway ?" "The wind."



Dans la même idée quand on lui dit "cinema ?" à un autre moment, elle répond en somnolant "Lang, Welles, Godard", un hommage de Franco à ceux qu'il considère comme des maitres. D'ailleurs ces scènes ne sont pas sans rappeler l'énumération de questions de BB dans le mépris de JLG, dans lequel Lang joue ....
Une autre séquence poético-onirique ressemble du Bava.



Bref un film riche de références et de sens incompréhensible qui va montrer la marche à suivre à Franco, qui réalisera l'année suivante un Venus in Fur dont ce Succubus semble être l'ébauche. A noter que Fritz Lang était allé voir ce film pour y voir son ami et assistant Howard Vernon, et qu'il aurait finalement dit à Franco que c'était le seul bon film érotique qu'il ait vu, ce qui est une bonne caution. Le film existe dans une édition Anchor Bay et une Extreme, mais Blue Underground a sorti une autre version remasterisée avec des bonus dont une interview de Franco, qu'hélas je n'ai pas vue.

Et pour finir Franco y va de sa petite touche contre la pratique religieuse, lors d'une fête, des convives avalent des acides en imitant la cérémonie de l'ostie. Rien que pour ça...


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#15 L'utilisateur est hors-ligne   Prosopopus 

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Posté 04 août 2006 - 22:29

Quel succès ! Non mais quel succès ! Un tout beau topic tombé si vite dans les limbes !
Je me bas, je résiste et je traite donc d'un nouveau film de la filmo du bisseux espagnol.

A la suite de Necronomicon, Franco va travailler pour Harry Alan Towers et accepte de reprendre une série, Fu Manchu.

THE BLOOD OF FU MANCHU - 1968

Harry Alan Towers va produire plusieurs des films de Franco, et lui offre avec Justine son plus gros budget. Si Franco accepte de reprendre la série des Fu Manchu, c'est par amour pour la culture populaire dont est issu ce personnage sinistre de Fu Manchu. Créé au début du XXème par l'anglais Sax Rohmer, Fu Manchu est l'archétype du mad villain, chinois vicieux souhaitant conquérir le monde. Il est reconnaisable par ses longues et fines moustaches tombantes, alors que Sax Rohmer ne lui en avait pas données ! Secondé par sa fille Fah Lo Suee, il invente les pires stratagèmes pour éradiquer la civilisation occidentale. Sir Nayland Smith est son ennemi juré et tente d'empêcher les plans diaboliques du tyran. Hors la série de romans et de nouvelles de Sax Rohmer, on retrouve des sérials, des strips, des comics et aussi des films où Fu Manchu est utilisé. Souvent associé au Péril Jaune, le personnage de Fu Manchu dénote à la base d'un léger et naïf racisme envers la civilisation chinoise. L'interprétation la plus emblématique du monstre est celle de Boris Karloff, dans The Mask of Fu Manchu en 1932.




Dans la série de cinq films produits par Towers au cours des années soixante Fu Manchu est joué par Christopher Lee. Ce film sera donc la rencontre de Franco avec cette icone du cinéma d'horreur. Ils tourneront plusieurs films ensemble par la suite.


he he he he he he he !!!


C'est aussi une première francoiste pour Maria Rohm, habituée des productions Towers, qui va tourner ensuite de nombreux films avec le réalisateur ibérique. Elle joue la nièce d'un docteur, qui aidait l'aventurier Carl Jenkins, lui même travaillant pour Smith, afin de contrer Fu Manchu, celui-ci croyant qu'un bandit de la région travaille pour Smith. Bref l'intrigue est quelque peu complexe et les personnages se télescopent sans qu'on puisse toujours comprendre qui aide qui.


Maria Rohm, perruquée à gauche et Indiana Jones dans le flou à droite.

Mais Fu Manchu s'en fiche, il a un plan... Ayant kidnapé des jolies filles et dompté un vieux secret maya, il conjugue ces deux éléments pour obtenir : des femmes aux baisers mortels, qu'il va envoyer aux quatre coins du monde pour rouler des galoches de la mort à ses ennemis, et... CONQUERIR LE MONDE !!! Un plan très con dites vous ? Oui, probablement, mais très amusant. Et Nayland Smith est touché, il doit donc retrouver Fu Manchu, dans la jungle améridienne, où sévissent des brigands mexicains (?), et où l'archéologue Carl Jenkins joue du fusil pour libérer la nièce du brave docteur... Bref vous l'aurez compris Franco livre un film foutraque, très "classique" dans cette ambiance de sérial populaire où les rebondissements sont multiples. Peu d'effets de caméras, alors que Franco sort de l'expérience Succubus, érotisme léger et sadisme soft, Franco réalise un film d'aventure, puéril et naïf.

Mais... est-ce suffisant ? Au vu du classique qu'est le film de 1932, non. La faute en partie au personnage de Fu Manchu qui est ici complètement sous-exploité, là où Boris Karloff se révêlait un tortionnaire hors-pair, Christopher Lee est quelque peu mou du genou. Et je trouve que fréquemment, on peut discerner dans certains de ses films, l'ennui et le dédain profond de Lee pour ces rôles fantastiques. Je trouve qu'ici encore il manque de charisme, en outre du fait qu'il soit quelque peu sous-exploité par Franco, qui semble-t-il lui a préféré le personnage de la fille, finalement plus sadique que son papounet. Ce n'est pas un mauvais film pour autant mais je l'ai trouvé quelque peu décevant. Je n'ai cependant pas vu les autres films de la série, notamment ceux de Don Sharp, donc je ne peux pas vraiment faire de comparaison. Franco réalisera un autre Fu Manchu l'année suivante Castle of Fu Manchu.


Blood of Fu Manchu, un film avec des cascades. Une des bombes de Fu Manchu

J'ai l'impression d'avoir un truc au milieu du front... La fille de Fu Manchu et une des prisonnières venimeuses.
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