
Le One Piece qui donne son nom à l'oeuvre, c'est le trésor laissé quelque part dans le monde par le seigneur des pirates, Gold Roger. Avant son exécution, celui-ci a déclaré qu'il le donnait à qui le voudrait, déclenchant ainsi une grande vague de piraterie Quelques années plus tard, Luffy, un jeune garçon, part à la recherche de celui-ci. Il a une particularité : ayant mangé un fruit du démon, il possède un pouvoir particulier (il est un homme élastique) mais, en échange, ne peut plus nager.
Le scénario est classique dans un shônen manga. Mais ce qui fait la force et le succès de celui-ci (manga le plus vendu au Japon, et c'est mérité), c'est la façon dont l'auteur gère son oeuvre. Au niveau du scénario tout d'abord, après plus de 50 tomes, il n'y a pas de grosses incohérences : on sent que l'auteur a prévu les grandes lignes du développement de son manga et, comme il a du succès, les responsables éditoriaux de Jump le laissent probablement tranquilles. On connaît donc le but ultime du manga et quelques étapes décisives : il est ainsi plus que probable qu'avant la fin, Luffy et son équipage retrouveront l'équipage de Shanks, pirate qui a sauvé Luffy au début du manga et lui a donné son chapeau de paille et qu'ils s'opposeront à Barbe Noire, qui a le même objectif qu'eux.
Quant aux détails de l'intrigue proprement dite, c'est aussi une réussite : certes, on a quelques schémas redondants, comme Luffy qui s'occupe du boss alors que son équipage prend les sous-fifres. Mais le tout est plutôt bien mené et ce schéma ne s'applique plus depuis un certain nombre de volumes. Il reviendra peut-être
lorsque l'équipage sera de nouveau au complet.
L’auteur parvient à ne pas lasser, malgré déjà plus de 50 volumes (et nous n’en sommes qu’à la moitié du manga d’après l’auteur). En effet, plus que les combats, ce qui compte dans One Piece, c’est l’aventure : chaque île découverte est originale. On découvre ainsi une île préhistorique, une île désertique, une autre au style burtonien et, comme son héros, on est émerveillé par chaque découverte et on a hâte d’en apprendre davantage sur chaque monde visité. L’imagination d’Oda semble sans limite. Elle ne fait pourtant pas obstacle à la cohérence de l’ensemble de l’univers créé : des détails nous sont dévoilés tout au long du manga.
Le monde de One Piece peut être globalement divisé en 3 blocs : 4 océans, d’où viennent la plupart des héros. Puis Grand Line, le trajet qu’a suivi Gold Roger. Cet espace est beaucoup plus dangereux, avec des monstres marins mais aussi des adversaires puissants, notamment les 7 capitaines corsaires et les soldats les plus puissants de la marine, qui cherche à capturer les pirates. Enfin, le Nouveau monde dans lequel règnent les 4 empereurs, les plus puissants des pirates dont Barbe Blanche, l’homme le plus fort du monde, et Shanks. L’univers de One Piece est ainsi bien bâti et les acteurs suffisamment nombreux pour créer de multiples événements.
Les personnages, parlons-en donc : Oda sait donner énormément de charisme à des personnages qui pourraient paraître complètement idiots : Mr 2 Bon Clay (mon avatar) en est le parfait exemple. Avec un costume parfaitement ridicule et des réactions débiles, il dégage pourtant par moments un charisme monstrueux. Quant aux membres de l’équipage de Luffy, les principaux héros, ils ont tous d’énormes défauts : ainsi, Sanjy est un dragueur impénitent qui se fait manipuler en permanence par les jolies filles, et principalement Nami, la navigatrice. Zorro est un épéïste puissant qui ne pense qu’au combat et prend des risques inutiles : il se perd fréquemment et n’est pas particulièrement futé (comme tous les membres de l’équipage, Nami et Robin exceptés…). Chopper est un renne qui a mangé le fruit de l’homme : médecin surdoué au passé tragique (comme tous les membres de l’équipage d’ailleurs ; mais cela n’empêche pas une bonne humeur permannete), il est d’une naïveté et d’une crédulité extrême…
Tout cela provoque de nombreux gags et l’humour est un des points forts de l’œuvre. Les héros comme les adversaires sont souvent ridicules et certains gags resteront dans les annales : à ce titre, le tome 33 (le Davy Back Fight contre l’équipage de Foxxy) est un festival de n’importe quoi et, après l’avoir fini, j’avais mal au ventre tellement j’avais ri. Mais il y a aussi d’autres gags plus simples et qui font mouche, comme lorsque Robin imite Chopper à son entrée dans l’équipage.
Il y aurait encore des tonnes de choses à dire (sur la marine, l’histoire oubliée, les flash-backs, le coin des questions que tout le monde se pose, les rapports entre l'oeuvre d'Oda et celle de Toriyama, les fabuleux deux derniers chapitres…) mais je n’ai pas le temps pour le moment (faut quand même partir au boulot). En tout cas, je ne peux qu’encourager ceux qui ne le connaissent pas à lire ce fabuleux manga.

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