Aussi incroyable que ça puisse paraître, y a peut-être des "savants" (quelle différence de typologie avec les "scientifiques renommés", au fait?) qui ont de bonnes raisons d'affirmer certaines impossibilités - au hasard, plusieurs siècles de recherches et d'observations scientifiques.
Je sais bien que c'est pas funky de le rappeler, que c'est rabat-joie et bassement rationnel, mais c'est comme ça: y a effectivement des choses qui ne sont tout simplement pas possibles, comme par exemple la dernière bestiole dans le premier post du topic. Vous aurez autant de chances de croiser un homme autotrophe grâce à des chloroplastes sous le bras que ce pseudo-poisson avec un crâne de mammifère terrestre, c'est-à-dire zéro. Y a des sciences (des vraies hein, pas de celles qui se pratiquent via internet ou la télé) avec des noms pas groovy genre embryologie, biologie du développement, phylogénie, qui expliquent très bien pourquoi c'est impossible (par contre, ça demande du temps et de l'effort - pas tant que ça ceci dit -, mais faut savoir ce qu'on veut. Notez que le jour où on se décidera à enseigner les sciences de l'évolution dès le collège, voire plus tôt, on aura déjà fait un grand pas en avant.)
Ceci dit, je n'ai pas souvenir de "savants" ayant déclaré que les "calamars géants" n'existaient pas. C'est de toute façon un peu le problème de la cryptozoologie - peut-être le hobby le plus absurde qui soit, en tout cas celui que je comprends le moins* -, qui, se revendiquant "scientifique" ou au moins para-scientifique (pour ce que ça veut dire...), est obligée de se nourrir de choses tout à fait banales (genre un calamar ou un requin dont la masse excède de 50% celle de la moyenne de son espèce, un peu comme le chat obèse de ma voisine) pour entretenir un semblant de crédibilité à des trucages grossiers comme les photos sus-mentionnées, ou à des témoignages hallucinés comme on en récolte 50 par mois dans mon asso ("j'ai vu un serpent jaune fluo d'au moins 3 mètres de long dans mon jardin", à traduire par "une couleuvre verte-et-jaune de 80 cm").
Variabilité phénotypique, anomalies, mutations, hybridations non viables, etc.: autant de phénomènes courants et parfaitement expliqués que les chercheurs de terrain rencontrent tous les jours (ou expérimentent en laboratoire) sans en faire un fromage (rappelons qu'on décrit des centaines de nouvelles espèces chaque année). Le problème de la cryptozoologie (entre autres ^^), c'est que l'émerveillement qu'elle cherche à susciter est paradoxalement un héritage du fixisme qui a longtemps prévalu dans l'approche de la zoologie (mais que les vrais "savants" ont abandonné depuis plusieurs décennies - à tel point d'ailleurs que la "zoologie" n'est plus vraiment une discipline scientifique à proprement parler).
De toute façon, la plupart des chercheurs évitent soigneusement de déclarer que tel ou tel phénomène "n'est pas possible". Ou s'ils le font, c'est toujours sous entendu au sens de: "dans l'état actuel des connaissances". Etat qui précise, affine et redéfinit donc légèrement et en permanence les contours du "possible". Et plus les recherches progressent, plus la probabilité d'un bouleversement total de ces contours diminue.
* Sans doute parce qu'elle n'arrive pas à choisir entre rationalité et irrationalité. Prenons par exemple le monstre du Loch Ness: qu'est-ce que les amateurs de Nessie s'attendent à trouver au fond du Loch? Soit ils imaginent un dragon des mers, et dans ce cas ils sont dans l'irrationnel (pourquoi pas, chacun ses passe-temps après tout), soit ils penchent pour un genre de gros phoque qui aurait échoué là depuis l'océan, et alors ils se contentent d'observer un des nombreux hasards de la nature, comme moi l'été dernier lorsque j'ai observé des chevaliers guignettes en pleine montagne, mais n'ai pas écrit de livre à sensations à ce sujet (par contre, on a bien sûr relayé l'observation au sein des réseaux de spécialistes, afin qu'elle contribue à une meilleure connaissance de la biologie de cet oiseau).
Je comprends mieux les passionnés d'OVNI: au moins leur motivation est claire (la fascination à l'idée d'entrer en contact avec une civilisation non humaine). Mais la cryptozoologie... Si les bestioles vous intéressent, sortez de chez vous et allez vous balader dans la nature. Et potassez un peu votre
Mark Ridley.