Que le cinéma soit né comme attraction de fête foraine, on le sait tous; qu'il ait évolué depuis, c'est une autre évidence. Il se trouve que la dimension spectaculaire (au sens étymologique du terme), qui demeure encore aujourd'hui et qui conserve toute sa légitimité, n'est effectivement pas celle qui m'intéresse le plus. Or, la projection en 3 dimensions (comme le son dolby truc machin 6.2 reloaded uncut) participe d'un regain de spectacularisation qui s'explique assez bien (le cinéma tente de conserver une spécificité face à une concurrence toujours plus importante dans le domaine de la production d'image) mais qui constitue un processus assez aléatoire. Pour un cinemascope ou un technicolor ayant fait école, combien de procédés idiots (la projection 3D jusqu'à maintenant, les sièges qui bougent, les pastilles à gratter, etc...) ont tenté leur chance?
Plein mais justement mais c'est comme pour tout le reste : 95% de merdes et de conneries pour 5% de trucs qui aboutissent vraiment à quelque chose. il me reste encore à trouver un domaine dans laquelle cette équation ne se vérifie pas.
Je ne nie pas l'importance de la technique dans l'appréciation d'un film, mais 1) je lui accorde (et je ne suis pas le seul) beaucoup moins d'importance que d'autres ici (ça à la limite on s'en fout), et 2) il ne suffit pas d'invoquer Lawrence d'Arabie et le Narcisse Noir (films sur lesquels on peut avoir un très large recul critique et même historique) pour qu'automatiquement on reconnaisse Beowulf comme appartenant à leur lignée. On frise l'invocation voire la prophétie auto-réalisatrice, là.
Ce qu'on ne frise pas par contre, parce qu'on est en plein dedans, c'est d'arriver à exposer son sentiment personnel sur une expérience vécue (la projo 3d de Béauvulfe) avec des exemples qui puissent être parlants pour des gens qui ne l'ont pas vécue.
Encore une fois, le fait que le film soit projeté avant tout en 2D et que cette question n'ait jamais été discutée jusqu'à la sortie du film (pour répondre à BB: tu as effectivement été le premier à la poser, 10 ou 12 jours avant sa sortie, donc sans doute au moment de la sortie américaine) me font sérieusement douter de la possibilité que Zemeckis ait acquis en un seul tournage la maturité d'usage d'une technique très spécifique (la projection 3D) pour faire de son film une date dans l'histoire de la grammaire cinématographique, tel qu'il l'est évoqué ici.
Or, je ne peux pas aller le vérifier par moi-même, puisque le film n'est, ô surprise, par visible en 3D près de chez moi

(Et je ne suis pas prêt à débourser les frais de déplacement qui viendraient s'ajouter au prix du billet

)
J'ajoute que, de toute façon, aucun argument déployé sur ce topic (et surtout pas "ce serait comme le Narcisse Noir en N&B" ou bien "La liste de Schindler en couleurs") ne m'a convaincu que l'enthousiasme des spectateurs repose sur autre chose que la seule excitation provoquée par la technique de projection elle-même. Mais je ne demande qu'à être détrompé (et pour le coup, le débat sur la performance capture avait vraiment fini par me mettre la puce à l'oreille, comme quoi...).
Je trouve que certains sur ce topic (parce que non tu n'es pas seul muf !) mettent une énergie remarquable à nier à la 3d un
potentiel apport au cinéma tel qu'on le connaît
[NdModo: présent!]. C'est peut être mon côté "peluche tichoux pleine d'entrain", mais je suis tout à fait prèt à laisser le bénéfice du doute à ce procédé je n'ai qui plus est aucun mal à imaginer que Zemeckis ait bien pensé son fillm pour la 3d et tant pis pour les 98% de gens qui ne le verront pas comme ça (ça me parait même inconcevable pour quelqu'un qui se lance dans une technologie pionnière d'attendre que celle ci soit implantée pour en explorer les possibilités !).
De toute façon le Cameron va mettre tout le monde d'accord
(non je ne l'ai toujours pas vu ni en 2d, ni en 3d, ni en holographique, ni rien du tout, il faut que je bouge mon cul mais comme il est assez gros ça prend du temps)