Certes, ses principales aventures ont pour but premier de delivrer la princesse Peach des griffes du terrible Bowser mais on peut raisonnablement soupçonner tout ceci de n'etre, non pas qu'un pretexte mais un vecteur qui permettrait à notre plombier preferé de realiser sa veritable ambition...Au commencement, il n'y avait qu'une echelle.

Enfin y'avait pas vraiment qu'une echelle. Non, en fait, y'en avait plusieurs, et deux trois autres trucs aussi. Un gorille par exemple (tout en haut de l'ecran) et une princesse notamment (tout là haut, elle aussi). Et donc y'avait Mario (tout en bas) simplement baptisé Jumpman à l'époque. Mais Jumpman (qui est un super nom de super héros amha) ne sautait pas tres haut, c'est à peine s'il passait sur les dizaines de tonneaux que Donkey lui envoyait, tres regulierement. Chaque niveau se terminait, apres que Mario ait difficilement atteint le sommet du tableau, par la fuite de Donkey et de la princesse vers d'autres hauteurs.
Tous les moyens sont bonds.

Contrairement à ceux de Jumpman, les premiers bonds effectués dans Super Mario Bros. étonnent par leur nervosité et leur aspect tout ce qu'il y a de plus concret. C'est notamment grace au soin apporté à l'animation, et à la precision des collisions avec les differents ennemis ou éléments du decors que Miyamoto donne à Mario son coté tangible (on arrive meme à sentir le poid du héros quand il retombe vers le sol). A la fois énergiques et gracieux, precis mais gigantesques (surtout pour un personnage aussi petit
... du moins, avant ingurgitation de champignon) ces bonds sont sources de jubilation aussi bien chez le joueur que chez notre héros moustachu (un bond de Mario, c'est tout un poème mais également une certaine idée de la perfection ludique). Mario bondit énormement, frenetiquement, inlassablement. Et il bondit sur tout: plateformes, jumpers, champignons de toutes sortes, tortues (volantes ou non) j'en passe et des plus zarb. Bondir, il adore ça. En temoigne les cris de joie qu'il pousse à chaque saut, depuis Mario 64 (ou le sourire de contentement qu'on lui imagine, caché sous sa moustache, des cet opus Nes). Et apres avoir peniblement grimpé aux echelles dans Donkey Kong, une des premières actions de Mario dans Super Mario Bros. est de pulveriser une brique au poing, decouvrant un peu plus du ciel bleu au dessus de sa tete. Un ciel qui domine tout l'ecran de jeu. Et j'en arrive à la veritable ambition de Mario, son but (à peine) caché: prendre de la hauteur, toujours plus et par tous les moyens possibles, à la decouverte de lieux inconnus du commun des plombiers.Quoi de plus naturel pour un personnage de jeux de plateforme, me demanderez-vous
Mais là ou Mario se distingue, c'est dans l'energie et l'inventivité qu'il deploit pour franchir chaques obstacles: entre autre grimper sur des haricots magiques, aller de plateformes en nuages, quand il ne va pas jusqu'à piquer celui de Lakitu pour encore gagner en hauteur.Les lois de la gravité ne sont pas à prendre à la légère.

Mario ne se contente pas de bondir et de grimper, il lutte egalement contre la gravité. Là encore, tous les moyens sont bons: propulsion dans les airs grace à un jet d'eau ou bien carrement en jouant les hommes canon et meme mieux que ça. Parmis les differentes transformations possibles (
) dans Super Mario 3 (et qui étaient toutes inedites jusqu'ici) la plus impressionnante et utile, dans la quete du super plombier, est celle en raton-laveur (apres recuperation d'une feuille) qui permet à Mario de prendre son envol pour la première fois (envol lors duquel, encore une fois, on peut ressentir de manière tres concrete le poid de Mario - j'insiste sur cet aspect par ce qu'il me semble que l'une des plus grandes reussites de ces jeux est de rendre ultra tangible, mieux que realiste, tous les éléments et regles qui constituent leur monde foisonnant et délirant). A partir de cette aventure là, les accessoirs lui permettant de voler n'auront de cesse de gagner en ergonomie, en legereté. Il ne sera plus question de l'encombrant costume de raton-laveur dans Super Mario World mais d'une simple cape (apres recuperation d'une plume) puis d'une casquette ailée, dans Mario 64.Toujours plus haut que quand on était plus bas, vers l'infini et au-delà de tous ces trucs.

Dans le prochain opus, Super Mario Galaxy, Mario franchira une étape significative dans sa quete des hauteurs puisqu'apres avoir passé la plupart de son temps à decrocher les étoiles (
) c'est desormais de planete en planete (les plateformes ultimes) qu'il évoluera. Les video* promettent un jeu renversant (au sens propre comme au figuré) aussi bien au niveau esthetique que du gameplay. Amha, le truc le plus hallucinant de l'E3, facile.* hop, hop (terrible, celle là) et hop (la meme en plus longue, encore mieux!).
(et une video de Super Paper Mario, tant qu'on y est: hop - tres prometteur lui aussi)
L'important donc pour Mario, ce n'est pas de sauver la princesse (ça, c'est pas un souci, ça n'a jamais été un enjeu, il le fait les doigts dans le nez). Non, la grande aventure de Mario est celle de son ascension vers les mondes inaccessibles. Une aventure ayant toujours tiré les jeux video vers le haut et dont la trajectoire pourrait, tout compte fait, etre resumée ainsi:

See you, space plumber...

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