Mad Movies: Le polar Rosbif - Mad Movies

Aller au contenu

  • (5 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • 3
  • Dernière »
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

Le polar Rosbif bien saignante la bidoche

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Goldanus 

  • Les fions qui m'aimaient
  • Groupe : Members
  • Messages : 3 373
  • Inscrit(e) : 17-novembre 11
  • Profil:Homme
  • Location:change de trou, ça fume

Posté 13 septembre 2012 - 14:07

Bon plutôt qu'ouvrir un topic qui sombrera dans les limbes du forum, autant ouvrir un sujet générale sur le genre du polar anglais (de Face au Frères Krays en passant par In Bruges y a de quoi faire).


La Cible hurlante (Sitting Target) de Douglas Hickox

Image IPB

Oh mon dieu que c’était bien !
Polar complétement amorale sortie en 73, le film d’Hickox (le père du fils) colle au basque d’une bombe à retardement ultra-violente, un prisonnier qui se fait la belle pour aller buter la femme qu’il aime qui l’a fait cocu en tombant en cloque pendant son séjour. Flanqué de son associé, il va en tarter des bouches pour parvenir à ses fins.


Déjà dans le rôle titre Oliver Reed est hallucinant. C'est simple on dirait un ogre, une boule de nerf qui te pète à la gueule sans prévenir(c'est salaud). Il est dans quasiment toutes les scènes et l'équilibre entre empathie et rejet que provoque le pérsonnage lui doit beaucoup, on suit quand même un mec qui veux défenestrer sa copine enceinte, et qui est pret à buter un paquet de monde (de la pègre comme de la police, pas de distinction) pour y arriver
Shooté dans un style super sec mais néanmoins assez stylisé (il y a une belle imagerie cauchemardesque sur certains passages, tu as quelques éclaires de tendresses assez déstabilisantes aussi, surtout dans le cadre d’une scène de viol), le film prend pour cadre des tours HLM aux abords des chemins de fer, t’as un aspect petit fait divers, c’est sale et on a pas à faire à des lumières mais à des hommes qui n’agissent que par l’instinct, de façon assez sauvage (voir la scène où ils braquent l’armurier de la pègre)

Du générique d’ouverture sur son personnage en train de se buter aux pompes dans sa cellule, jusqu’à la scène du parloir ou sa fureur éclate de façon ultra-flippante, le perso de Reed est filmé comme une bête en cage. Dès le début il n’est caractérisé que par sa force et sa folie destructrice. Voir la scène complétement halluciné ou il transforme une cour d'immeuble en véritable fournaise.
La scène du bain assez étrange, laisse entrevoir les fêlures de ce personnage en un seul geste. Ce geste m’a totalement cueilli, on sent l’âme en peine, la bête baisser sa garde pour pleurer. Le film alterne donc le chaud et le froid, c'est déstabilisant mais c'est carrément payant lorsqu'il s'agit de donner des textures à ses personnages qui resteront irrécupérable sans pour autant les rendre inhumain malgré les sursauts de bestialité. A côté de cet aspect étrange tu as tout le coté physique de la mise en image aussi, ou la fureur du perso de Reed éclate en grand angle le rendant plus impressionnant, Reed qui se donne physiquement à fond aussi (y a deux, trois passages ou me suis demandé comment ils avaient tourné les scènes tellement tu vois que les mecs en chie, d’un truc anodin comme une chute sur le macadam jusqu’à traverser les barbelé, l’aspect physique de la mise en image décalque bien comme il faut)

Image IPB

Magnifiquement mis en scène (la loongue scène du parloir) La Cible Hurlante c'est l’odyssée de la cuvette des chiottes, c'est est un polar rosbif au style sec mais néanmoins imagé qui trace à 100 à l’heure, partant d’un postulat simple, le film ne déviera jamais de sa route, transcendant la vulgarité de ces deux perso principaux pour réussir à les rendre attachants tout en entretenant leur aspect menaçant et tout en restant totalement amorale.

C'est beau, physique, halluciné, noir de chez noir et complétement infréquentable : Une bombe !

j'en veux d'autres :angry:



Edit : Pour les Parigos curieux de voir cette BOMBE, le film passe demain soir à la soirée Cinéma Bis de la Cinémathèque.

#2 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

  • Booby Lapointe
  • Groupe : Members
  • Messages : 16 561
  • Inscrit(e) : 03-décembre 07
  • Profil:Homme

Posté 13 septembre 2012 - 14:38

Dispo en dvd quelque part ?

(sinon ce serait bien que dans ce topic les films de Ritchie soient proscrit )

#3 L'utilisateur est hors-ligne   Senat. Clay Davis 

  • Docteur Quiinn
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 376
  • Inscrit(e) : 31-mai 04
  • Profil:Inconnu
  • Location:Perdu dans le vortex

Posté 13 septembre 2012 - 14:44

A la cinémathèque demain :mrgreen: :ninja:
Image IPB

#4 L'utilisateur est hors-ligne   JeetoziX 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 3 164
  • Inscrit(e) : 27-mars 11
  • Profil:Homme
  • Location:gicle-sur-yvette

Posté 13 septembre 2012 - 15:31

il a été annoncé pour une sortie imminente par warner archive (pour les states), avec une copie remasterisé, mais impossible de savoir si il y a des sous titres

Image IPB
Image IPB

#5 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

  • Bluette Prof
  • Groupe : Members
  • Messages : 22 044
  • Inscrit(e) : 24-février 03
  • Profil:Homme
  • Location:region parisienne

Posté 13 septembre 2012 - 15:38

Je remet ça ici !

The Long Good Friday de John Mackenzie (1980)

Image IPB

Harold, un gangster anglais prospère, s'apprête à régler un marché très rentable quand une série de bombes explose le plaçant dans une situation très délicate. Un mystérieux syndicat tente de se mettre en travers de son chemin et Harold va tenter de trouver son identité...

The Long Good Friday trône fièrement au côté de La Loi du Milieu parmi les polars les plus mémorables produits par le cinéma anglais et avec le temps a atteint une aura de classique culte local. Tout comme Get Carter, la force du film est de conférer une identité typiquement anglaise à un pitch classique de film de gangsters. Harold Shand (Bob Hoskins) est un gangster dirigeant d'une poigne de fer le crime londonien depuis près de dix ans. Il est sur le point de conclure un deal historique avec la mafia américaine qui donnerait un tour plus respectable à ses activités quand soudain en une journée tout s'effondre. Un ennemi mystérieux semble mettre à mal sa crédibilité face à ses nouveaux partenaires par diverses actions violentes : meurtre sanglant d'un de ses lieutenants, tentatives d'attentat contre ses établissements et de meurtre sur sa propre mère. Dès lors, Harold Shand va mettre la ville à feux et à sang pour retrouver les coupables et assouvir ses ambitions.

Image IPB

Le film produit quelques mois avant l'accession au pouvoir de Margaret Thatcher a de profondes résonances sociales. Avant d'être impitoyablement reprise en main par la Dame de Fer, l'économie du pays est en crise et dans ce contexte Harold Shand se voit investit d'une mission plus vaste qu'un simple enrichissement personnels. Issus des bas-fonds et s'étant élevé par sa seule volonté, il entend carrément restaurer la souveraineté britannique en transformant pour le meilleur (un passage lourd de sens le voit retraverser les quartiers défavorisé qu'il connaît si bien) sa ville. Il faut voir la conviction et la fierté du personnage lors d'un mémorable discours en début de film où il entérine le deal avec les américains (dont le ponte est joué par un inquiétant Eddie Constantine doublé en anglais), puis son monologue final où face au mépris de ces derniers il affirme rageusement toute la portée de la culture et de l'histoire anglais à ces yankee arrogants. Harold Shand (librement inspiré en partie des frères Kray qui dominèrent la pègre londonienne dans les années 50 et 60) dépasse ainsi le simple statut de criminel pour s'affirmer, à sa manière, comme l'étendard d'une fierté anglaise retrouvée et au centre de l'Europe face l'impérialisme américain. Cela c'est pour les (honorables) idées mais lorsque les évènements ne tourneront pas en sa faveur il retrouvera ses instincts les plus brutaux.

Image IPB

John Mackenzie a débuté en tant qu'assistant de Ken Loach et cela se ressent par le froid réalisme urbain qu'il confère au film. The Long Good Friday est aussi emblématique de l'Angleterre de la fin seventies que ne le sera le Scarface de De Palma pour les USA des 80's. Mackenzie orchestre son film comme une véritable descente dans la fange et la barbarie. Le début est très "bling bling" (y compris dans le score synthétique racoleur de Francis Monkman) avec aperçu des richesses de Shand, son yacht, ses beaux costumes et les tenues criardes de son épouse jouée par Helen Mirren le tout dans un Londres glamour et chic. Tout cela s'estompe progressivement pour laisser place à de mémorables débordements de violence : interrogatoire musclés à la machette, assassinat sauvage d'un traitre et surtout la cultissime scène où Shand fait face à tous les suspects dans un abattoir, suspendu à des crochets de boucher...

Image IPBImage IPB

Bob Hoskins délivre une prestation énorme, digne du James Cagney de L'Enfer est à lui. C'est une boule nerf constamment en ébullition aux accès de colère incontrôlables si ce n'est par son épouse. C'est là l'une des grandes forces du film, la relation entre Hoskins et Helen Mirren. Au départ le script de Barrie Keeffe avait fait de l'épouse une sorte de bimbo écervelée, chose que ne pouvait accepter une actrice du calibre d'Helen Mirren en acceptant le rôle. Le film prend une autre dimension avec cette femme sophistiquée, cultivée et fine psychologue qui saura tempérer l'impulsivité de Shand et est finalement une pièce maîtresse de son organisation. Toutes leur scènes commune sont chargées d'électricité notamment tel cette dispute qui révèle les angoisse de chacun et donne un moment très tendre, ou surtout lorsqu'elle calme Hoskins en furie après un meurtre atroce le tout filmé en plan séquence par Mackenzie qui aura laissé une grande part d'improvisation qui accentue l'intensité. Le reste du casting (pour partie constitué de vrais truand londonien) offre une impressionnante galerie de trognes menaçante et donne l'occasion d'apercevoir Pierce Brosnan dans une courte (et muette) mais inoubliable apparition en tueur pour son premier rôle cinéma.

Image IPBImage IPB

La nature de la menace est source d'un mémorable rebondissement qui plonge la dernière partie dans un véritable chaos de violence. La conclusion magistrale achève de donner au film une empreinte indélébile avec un long plan fixe sur le visage de Shand où les émotions se disputent : colère, peur, résignation et conscience d'avoir tout perdu... Grandiose ! La brutalité du film lui vaudra quelques problèmes avec sa société productrice effrayée qui le réduit à 80 minutes pour une diffusion TV. Heureusement le Beatles George Harrison (qui a déjà sauvé ainsi les films des Monty Pythons et le Bandits Bandits de Terry Gilliam) rachètera et distribuera le film en salle via sa société Handmad Films avec le succès public et critique que l'on sait. 5,5/6

Et le trailer qui fait mal



#6 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

  • Booby Lapointe
  • Groupe : Members
  • Messages : 16 561
  • Inscrit(e) : 03-décembre 07
  • Profil:Homme

Posté 13 septembre 2012 - 15:52

Voir le messageJeetoziX, le 13 septembre 2012 - 15:31 , dit :

il a été annoncé pour une sortie imminente par warner archive (pour les states), avec une copie remasterisé, mais impossible de savoir si il y a des sous titres

Image IPB


Aucun sous titre donc vu que c'est du warner archive.

#7 L'utilisateur est hors-ligne   Goldanus 

  • Les fions qui m'aimaient
  • Groupe : Members
  • Messages : 3 373
  • Inscrit(e) : 17-novembre 11
  • Profil:Homme
  • Location:change de trou, ça fume

Posté 13 septembre 2012 - 15:57

Nan puis payes ton accent :unsure:

Bon je l'ai quand même vu sans sous-titres et ca va ca reste physiquement intelligible :mrgreen: , mais comme le dit Senat le film passe demain à la Cinémathèque de Paris :ninja: (et il passe aussi régulièrement sur le câble apparemment).

Mais je vous encourage grandement, vous, tous les fans de polars filmé au ras des poubelles à vous procurer cette bande tordue, c'est vraiment de la crème.

Merci Prof, et une pépite à découvrir! une! :twisted:

#8 L'utilisateur est hors-ligne   Scalp 

  • Booby Lapointe
  • Groupe : Members
  • Messages : 16 561
  • Inscrit(e) : 03-décembre 07
  • Profil:Homme

Posté 13 septembre 2012 - 15:58

Face Antonia Bird - 1997

Image IPB


Petit polar british réalisé par miss Vorace, c'est sympa mais m'attendais à un peu mieux, ça reste très classique et la fin manque de couille.
Suite à un casse, une bande de malfrat se déchire et on cherche le traitre avec une course à l'argent qui va se terminer dans un endroit très dangereux ( la scène est plutôt réussit ), le film met un peu de temps à vraiment démarrer et quand ça démarre vraiment c'est pas spécialement très bien, c'est du déjà vu et revu ( le pote qui trahit à buter, la dernière trahison ) et ça manque un peu de pèche dans la réal notamment lors d'un gunfight en pleine rue assez quelconque.
Le film essaye d'exploiter le contexte social du Londres des pauvre mais le trauma d'ex gauchiste de Carlyle ne sert strictement à rien ( les flashacks ont aucune utilité ) et au final on a script trop linéaire et trop convenu, ça manque clairement de personnalité, par contre les touches d'humour british fonctionne très bien avec la noirceur ambiante du récit.
La réal de Bird est un peu décevante comme j'ai dit ça manque d'énergie et elle rate les séquences importante du film : le casse, le gunfight et le passage clé avec Winstone ( par contre bon point pour Bird ça ne sombre pas dans le pathos et sur ce point le film est très réussit ), par contre le climax chez les flics est bien ( même si complétement sur-réaliste ).
Robert Carlyle est très bien en chef de bande sûr de lui et livre une interprétation toute en retenue exemplaire, Ray Winstone une nouvelle fois très bon et tout le casting de second rôle fait le boulot avec notamment Damon Albarn et Lena Headey plus expressive que d'habitude.
Le soundtrack à base de rock anglais est très agréable.
Une alternative sympathique au truc de Ritchie mais faut pas s'attendre à une claque comme Vorace.

[4/6

#9 L'utilisateur est hors-ligne   profondo rosso 

  • Bluette Prof
  • Groupe : Members
  • Messages : 22 044
  • Inscrit(e) : 24-février 03
  • Profil:Homme
  • Location:region parisienne

Posté 13 septembre 2012 - 16:12

Hop je déterre ça du topic Film Noir aussi

Payroll de Sidney Hayers (1961)

Image IPB

Des gangsters pillent la camionnette blindée transportant les salaires d'une compagnie. Le chauffeur est tué. Sa femme se lance dans son enquête, parallèlement à la police.

Une redoutable série noire bien retorde qu'on retient surtout désormais pour être le premier rôle en anglais de Françoise Prévost. Le point de départ est classique. Une bande de malfrats projettent de braquer un fourgon blindé depuis longues semaines. Leurs plans sont contrecarrés par l'arrivée d'un nouveau modèle de véhicule dont la sécurité est bien plus difficile à franchir. Heureusement pour eux, il possède une taupe au sein de la compagnie avec le modeste Denis Pearson (William Lucas) qui va leur donner les plans de la camionnette afin qu'ils en trouvent les point faibles puisqu'ils sont mécaniciens dans le civil. La première partie dépeint donc la minutieuse préparation du casse et parallèlement insère des scènettes qu'on pense futiles sur le quotidien des agents de la compagnie et leur vie de famille, ainsi que des rapports orageux entre la taupe et son épouse Jackie (Françoise Prévost).

La scène de braquage, filmée au cordeau par Sidney Hayers est une merveille de tension et de violence sèche à l'issue spectaculaire. Passé ce moment, le film part dans une direction étonnante. Tout les protagonistes même les gangsters sont dépeint comme des "monsieur tout le monde". Pour les auteurs du hold-up, c'est un coup d'éclat inespéré qu'ils ne vont pas savoir gérer pour faire profil bas. L'informateur sombre dans le remord et la paranoïa tandis que son épouse par son trouble devine le fond de l'histoire et entame une liaison avec le redoutable chef de gang incarné par Michael Craig. Ce qu'ils n'avaient pas prévus, c'est la vengeance impitoyable de l'épouse d'un des convoyeurs tués. On saisit alors l'importance des apartés bucoliques du début et Billie Whitelaw femme au foyer quelconque au départ devient une veuve glaciale bien décidé à faire payer les meurtrier de son époux. Le script (adapté d'un roman de Derek Bickerton) joue intelligemment de la frêle allure du personnage en donnant un tour bien plus sournois à sa vengeance. Elle va briser psychologiquement les truands amateurs à coup de lettre anonymes, d'appel téléphonique dans le vide et de filature dans un Newcastle sinistre et grisâtre qui se prête parfaitement à cette ambiance de film noir. Billie Whitelaw est parfaite de froideur et de détermination (et un regard d'une intensité incroyable) et il est dommage que le film ne s'appuie pas plus sur elle pour laisser la place à des moments plus classiques sur l'errance et la suspicion des gangsters et aussi les manigances de Françoise Prévost un peu trop mise en avant.

Le final est redoutable d'efficacité avec notre veuve qui traque les meurtrier jusqu'à une ultime séquence jubilatoire (et qui l'absous avec un peu d'hypocrisie morale) tandis que ceux ci se seront joyeusement trahis entre eux auparavant le temps de mémorables retournements de situations. Très alerte et diablement efficace, porté par une mise en scène nerveuse de Sidney Hayers très bonne série noire. 4,5/6

Les yeux du témoin (Tiger Bay) de Jack Lee Thompson (1959)

Image IPB

Gillie, une fillette de 12 ans, a vu le jeune marin polonais Korchinsky abattre sa petite amie avec un révolver. Gillie lui subtilise l'arme, mais lorsque la police la découvre en possession du révolver, elle invente des histoires, car des liens particuliers se sont tissés entre elle et le meurtrier...

Une très belle découverte que ce déroutant mélange de thriller et de récit initiatique sur l'enfance. Le film marque la première apparition à l'écran de la jeune Hayley Mills, fille de l'acteur John Mills (également là dansle rôle de l'inspecteur de police) dont l'impressionnante performance lui vaudra une pluie de récompense et d'être l'enfant star des productions Disney du début 60's.

Tout le film est affaire de dualité, entre ombre et lumière, innocence et manipulation, attachement et rejet. Le jeune et avenant marin polonais Korchinsky revenu de mer découvre que sa fiancée l'a trompée et est entretenue par un autre homme, et face au violent rejet qu'elle lui oppose la tue dans un moment d'égarement. La jeune Gillie (Hayley Mills) témoin de la scène va parvenir suite à un concours de circonstance à s'emparer de l'arme du crime un revolver et une poursuite va alors s'engager. Le film prend alors un tour étonnant puisque passé quelques haletantes séquences à suspense le scénario cesse soudain d'opposer poursuivant et poursuivie pour les rapprocher. Des signes avant-coureurs nous auront montrés que les deux personnages incarnent finalement deux solitudes qui ne pouvait que se reconnaître. Elevé sans passion par sa tante, Gillie est une fillette livrée à elle même cachant son mal être et le rejet des autres dans une exubérance et une mythomanie mettant à rude épreuve son entourage. Quant à Korchinsky, il a vécu toute sa vie en mer et quant son seul rattachement à la terre et une vie normale le trahit cruellement, c'est un véritable déchirement.

Le ton du film oscille ainsi constamment entre la dureté du récit policier et une certaine candeur dans la relation entre ses deux personnages. Jack Lee Thomson alterne visuellement une authenticité qui annonce le "free cinéma" anglais des 60's avec son Cardiff portuaire et cosmopolite, une stylisation typiquement "film noir" lors des séquences nocturnes où la ville prend un tour oppressant dans les yeux de la fillette (et l'esprit agité de Korchinsky) et un naturalisme tout en douceur lors de tout les échanges entre Gillie et Korchinsky. Toutes ses facettes peuvent même s'entrecroiser comme lors de ce moment ambigu (qui se renouvellera lors de la conclusion) où Korchinsky a l'occasion de se débarrasser radicalement de cette gamine gênante mais ne peut s'y résoudre. Horst Buchholz en écorché vif trop nerveux mais au coeur tendre est épatant de bout en bout et Haley Mills en petite teigne est parfaite et déploie un registre impressionnant pour son jeune âge dans un récit aussi sombre. Jack Lee Thomson envisageait d'ailleurs au départ le rôle pour un petit garçon avant d'être soufflé par les capacités de Hayley Mills.

Les repères sont si perturbés que le personnage le plus droit et équilibré du film en deviendrait presque antipathique avec l'inspecteur de police joué par John Mills traquant le coupable sans relâche. Sa pugnacité sans faille est d'ailleurs l'occasion de vingt dernière minutes soufflantes de suspense en pleine mer où Jack Lee Thomson (qui signe là un de ses tous meilleurs films) déploie des trésors d'inventions pour faire grimper la tension. Si (forcément) la morale est sauve au final, le film nous aura brillamment emmené tout du long dans des émotions inattendues. 5/6

Pour Tiger Bay le dvd zone 2 anglais est VOSTA

#10 L'utilisateur est hors-ligne   Nakadai 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 695
  • Inscrit(e) : 15-juillet 09
  • Profil:Homme

Posté 13 septembre 2012 - 17:03

c'est pas du tout pour faire le relou, mais il me semble que l'ami Cellulo avait déjà pondu un topic similaire ;)

(où Prof nous avait déjà reposté sa critique du très bon Racket :mrgreen: )
" Sans doigts on ne saurait se gratter le cul. " (proverbe Belge)

#11 L'utilisateur est hors-ligne   OrsonZ 

  • Fear Facteur
  • Groupe : The Devil's Rejects
  • Messages : 17 245
  • Inscrit(e) : 10-avril 07
  • Profil:Homme
  • Location:...fait le larron

Posté 13 septembre 2012 - 17:06

J'allais le dire.
Mais là en l’occurrence il s'agit de Polar et non de films de genre qui englobe un peu tout.

tuezlestous dit :

Il faudra du temps qu'il faudra, mais à la fin il peut être très, très mal

#12 L'utilisateur est hors-ligne   Nakadai 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 695
  • Inscrit(e) : 15-juillet 09
  • Profil:Homme

Posté 13 septembre 2012 - 17:09

c'toi l'patron :closedeyes:

(en gros le topic de Cellu est trop généraliste… yaka le fermer comme "z'avez maté quoi" :ninja: )
" Sans doigts on ne saurait se gratter le cul. " (proverbe Belge)

#13 L'utilisateur est hors-ligne   OrsonZ 

  • Fear Facteur
  • Groupe : The Devil's Rejects
  • Messages : 17 245
  • Inscrit(e) : 10-avril 07
  • Profil:Homme
  • Location:...fait le larron

Posté 13 septembre 2012 - 17:09

(j'ai failli le fusionner ceci dit)

:ninja:

tuezlestous dit :

Il faudra du temps qu'il faudra, mais à la fin il peut être très, très mal

#14 L'utilisateur est hors-ligne   Nosfé 

  • J'ai plus de vie sociale
  • Groupe : Members
  • Messages : 5 974
  • Inscrit(e) : 12-décembre 08
  • Profil:Homme
  • Location:dans les sapins.

Posté 13 septembre 2012 - 17:37

The Long Good Friday, ça donne foutrement envie!

Ca me fait penser à un autre bouzin, plutôt orienté espionnage, que j'ai vu en VO non sous-titrée il y a de ça quelques années:

Image IPB
Who Dares Wins de Ian Sharp (1982)
Pas un souvenir très vivace, sinon qu'on suivait un agent des SAS très OSS117 dans son côté macho-classe-suranné on se marrait parce qu'il roulait avec une Lotus Eclat qui démarrait au 1/4 de tour, ce qui est bien la preuve que le film était un peu bidon, mais passons qui avait à faire à des terroristes anti-pacifistes menés par une femme (et pas n'importe laquelle: c'est Ingrid Pitt, qui fait d'ailleurs un super discours à un moment dans leur QG qui est une église), et le tout ce finissait par un assaut en hélico sur une ambassade prise en otage. Et il y avait aussi Edward Woodward à un moment.
Bref, c'était sympa comme film, même si un peu mou du genou.

#15 L'utilisateur est hors-ligne   Kamo 

  • Wookie
  • Groupe : Members
  • Messages : 2 225
  • Inscrit(e) : 24-février 09
  • Profil:Homme
  • Location:Voir ma signature.

Posté 25 septembre 2012 - 01:11

La Loi Du Milieu - Mike Hodges

Image IPB

Jack Carter (Michael Caine, impressionnant), gangster londonien, revient à Newcastle pour enterrer son frère, mort noyé dans sa voiture dans la rivière, "drunken as a lord"...

Un bon polar, avec un Caine d'une froideur terrible, concentrée sur un et un seul objectif, se foutant totalement des dégâts qu'il fera. Le personnage est posé dès le début avec ses patrons londoniens lui enjoignant 1) de pas retourner à Newcastle parce qu'ils sont en plein deal avec une bande de là bas et 2) le prévenant qu'à Newcastle "they are killers, like you are". Hodges nous filme un Newcastle sordide, avec ses quartiers ouvrier pourris, ses apparts glauques, ses pubs dégueulasses, on est plongé dans l'ambiance tout de suite, puis le film se met en marche et on découvre un Carter qu'on voit au début comme plus ou moins sympathique qui s'avère un salaud de la pire espèce. Rien ne l'arrête, la violence est ici très froide tout en étant filmée très proche (
Spoiler
), le film se met en place tranquillement, avec Carter en chien dans un jeu de quille, jusqu'à ce que Carter comprenne de quoi il retourne et se lâche, mais alors là, les meurtres se suivent à la régularité d'un horloger, sales, crapoteux, parfois à la limite du justifiable (intradiégétiquement). Avec pour finir ce plan de Carter qui, après
Spoiler
. Ok, c'est vraiment une ordure, la mort du frangin est un prétexte. Mais il n'aura oublié personne.

Docteur Fu Manchu, Molotov, Sharkoux, MacReady, Tsointsoin, Peachy, Doc Sidious, Cirrhose, Sanjuro et Moody, à un moment ou un autre, ont tous dit :

Kamo a raison
...Et Nukeman l'a pensé.

Partager ce sujet :


  • (5 Pages)
  • +
  • 1
  • 2
  • 3
  • Dernière »
  • Vous ne pouvez pas commencer un sujet
  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet

1 utilisateur(s) en train de lire ce sujet
0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)